Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


lundi 16 juillet 2018

Thomas de Pourquery et son Supersonic à Jazz à Vienne

Le mercredi 11 juillet au Théâtre antique de Vienne

Un idéal de cohésion d'équipe, meilleur encore qu'un 11 de France;
Thomas de Pourquery, auréolé de sa victoire de la musique Jazz 2017, débarque à Jazz à Vienne pour la soirée "French Touch" avec son Supersonic, un groupe de rêve dont le seul objectif ce soir est de gagner la coupe du bonheur jazzistique du théâtre antique.
Allez les jazzeux!
Le public est venu nombreux quand même,  pour une soirée certainement  moins "facile" que d'autres, peut être sont ils venus se reposer d'un trop plein de ballon rond au goût Russe.
Jazz à Vienne est une première pour cette équipe, qui ne boude pas sont bonheur, d'être là.
Ils avaient sillonnés la France dès 2014 pour présenter l'heure premier album  " Supersonic play Sun Ra" un projet déjà délirant, album de l'année aux victoires du Jazz 2014  quand même. Les voilà  sur une des plus belles scène du monde, tout à fait à leur place après la sortie de leur 2ème album " Sons of love".
Thomas de Pourquery raconte qu'il avait envie de proposer de nouveaux "terrains de jeux" à ses camarades avec ce nouveau projet.
Et sa démarre à fond de cale, façon Jazz Métal Punk, l'énergie déployée est digne d'un groupe de rock au stade de France. Edward Perraud à la batterie toujours très spectaculaire n'a pas besoin de préambule pour être à fond les manettes dans une chorégraphie à la manière d'un clown blanc.
A chacune de leur prestations je suis étonné par leur jeu collectif qui tient pour un non musicien du surnaturel.
Le leader du soir s'adresse au peuple du soleil et de la rocaille, que nous sommes avec le soleil en face sur les pierres chaudes du théâtre :" Le passé a disparu, le futur n'existe pas encore, seul le présent est éternel"   oui il est perché le monsieur, mais toujours avec un humour décalé ravageur.

Du show je retiens notamment ,outre les moments de délire communicatifs, un duo du trompettiste Fabrice Martinez, le sage de l'équipe en cravate et de Frederick Galiay à l'archer sur guitare basse pour un moment digne d'un ascenseur pour Miles           
Thomas de Pourquery entraine le public de Vienne à chanter avec lui "Simple forces" du dernier album,et ça fonctionne assez bien, effectivement le groupe n'hésite pas à chanter et même à faire quelques enchainements chorégraphiques.
 "Révolutions" le dernier morceau de l'album et du concert commence doucement par une mélodie mélancolique et finit en mode pompier façon péplum très efficace pour susciter les rappels.
Que nénni, de nouveau morceau il n'y aura pas , ils reviendront sur scène pour faire simplement une photo dos au public, pour un plaisir égocentré qui cède à la selfimania.

Ça sera la fausse note de la soirée,
 pour le reste  la coupe à été remportée haut la main.

JazzMarc
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Thomas de Pourquery (Saxophone et voix), Arnaud Roulin, (clavier), Fabrice, Martinez (trompette), Laurent Bardainne (Sax ténor), Edward Perraud (batterie), Frederick Galiay (Basse), Arnaud Pichard (son)

       

samedi 14 juillet 2018

Avishai Cohen 1970 à Jazz à Vienne

Le jeudi 5 Juillet à Jazz à Vienne

J'adore cet artiste...
et pourtant j'y suis venu à reculons ce soir.
Avishai Cohen est vrai artiste qui se renouvelle à chaque nouveau projet avec une grande fraicheur;
il est là où on ne l'attend pas . Du trio jazz moderne il passe à un groupe oriental puis à un ensemble incluant un quatuor à cordes en gardant toujours sa singularité.


Ce soir il nous présente son tour de chant?!  oui lui le contrebassiste de jazz flamboyant s'est transformé en chanteur pop à l'occasion de son dernier album "1970" sorti l'année dernière.
Cet album est déroutant pour quelques-uns de ces fans, dont je suis, car là où jusqu'à présent
sa voix se limitait à quelques vocalises et quelques rares chansons parsemées dans sa production il en fait ici la vocation première du projet.

"1970" est une collection de compositions personnelles et pas mal de reprises sans grande originalité dans les arrangements et leur interprétation. "For no one" des Beatles  et "Motherless child" relèvent même de la maltraitance à mon sens.
Alors ce serait ça Avishai Cohen 2018: un chanteur un tantinet jazzy qui souhaiterait élargir son public?

Absolument pas!
Sur scène ce soir c'est à une toute autre réalité à laquelle nous avons droit pour notre plus grand bonheur.
En effet nous assistons à un vrai concert/spectacle digne du vrai showman qu'il a toujours été.
En live les musiciens ont plus d'espace, la musique est en liberté conformément au fondamentaux du jazz. Les quelques morceaux de l'album du soir sont magnifiés, notamment le "It's been so long" qui dans une version allongée m'a complètement emballé. Avishai nous présente aussi quelques nouvelles créations enthousiasmantes comme "When I am falling".
Il est, pour cette longue tournée européenne, accompagné par un groupe au son plutôt rock. Noam David  à la batterie, Marc Kakon à la guitare et Shai Bachar aux claviers en sont l'illustration.
La très belle voix de la fidèle Karen Malka préserve l'ambiance orientale et accompagne le maestro qui chante de mieux en mieux il faut le reconnaitre.
La créativité est toujours en œuvre avec Avishai, il joue les Marcus Miller en se promenant avec sa guitare basse en mode slap, Marc Kakon, lui, se transforme l'espace d'un morceau en rappeur, en français, très convainquant.
Au premier rappel , un magnifique morceau de 2005 qu'on avait presque oublié "remenbering",
il enchaine avec le très festif " Vamonos Pa'l Monte" propice à faire lever les foules ... et ça marche.
Au deuxième rappel, oui il reste fidèle à "Alfonsina y el mar" seul à la contre-basse comme il en a l'habitude et ça fait toujours mouche.

Avishai nous a dit que Vienne était la plus belle scène du monde et nous en a envie d'y croire, et de le revoir très vite avec un autre projet qui nous étonnera encore.
J'adore cet artiste...

 JazzMarc  
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Soirée New génération à Jazz à Vienne

Le mercredi 4 juillet au théâtre antique de Vienne

Moins de quinqua-sexagénaires que d'habitude à Vienne ce mercredi 4 juillet 2018 pour accueillir la " New Generation" , ceux qui mâtinent leur jazz d'hip-hop et d'électro.



Comme ces diables de Canadiens de Badbadnotgood ( keyboardist Matthew Tavares, bassist Chester Hansen, saxophonist Leland Whitty, and drummer Alexander Sowinski ). Le sax peut sonner comme Dick Parry ou comme Brandford Marsalis, le clavier rappelle Chick Corea, le batteur parle au public et frappe sec, le bassiste a le groove.
La musique évolue entre mélodie style musique de film et rythmes urbains très contemporains. Des sonorités nouvelles, c'est toujours bon à prendre.
Et le public commence à danser à l'appel du batteur.

Moins cependant que pour le deuxième groupe de la soirée, franchement funky, qui met le feu à la salle avec une réinterprétation musclée des Bee Gees , "Staying alive", ça vous rappelle quelque chose ? Mais avec Cory Henry, ex-membre de Snarky Puppy, à l'orgue Hammond, et son band des "Funky Apostoles" qui déménage derrière, c'est autre chose qu'avec la bande à Gibb.
Mention spéciale pour les deux choristes (et danseuses) Denise Stoudmire moulée dans un body noir, et Tiffany Stevenson en short blanc , rappel aux anciens des Ikettes, et qui peuvent se flatter d'avoir aussi un beau brin de voix.
Alors sur "Proud Mary", vous comprenez ce que ça peut sonner. Le public danse encore davantage et l'ambiance  réchauffe l'air de cette soirée où le vent annonce la pluie.

Celle-ci n'arrivera qu'avec le troisième groupe, celui de Robert Glasper,"R+R = Now" qui avec les changements de plateau, ne commence qu'à vingt-trois heures vingt-cinq.

Je n'en écouterai donc qu'un morceau avant de lâchement capituler face aux éléments. Mais prometteur. Je reviendrai les voir une autre fois ! J'ai calculé tout à l'heure que ça fait 24 ans que je fréquente ce festival ...

                                      François Jazzbôf

dimanche 3 juin 2018

un fabuleux pianiste: Richie Beirach


Le numéro de mai de Jazz magazine attirait l'attention sur un enregistrement de Richie Beirach (un pianiste new-yorkais) avec les frères Brecker, intitulé "Inborn".

Cela fait plusieurs jours que je cherche ce double CD (Gibert, Fnac) sans le trouver (il faut dire que je me refuse à faire travailler Amazon).

Par hasard, je viens de tomber sur un enregistrement de 2012 de Richie Beirach avec Randy Brecker mais sans son frère Michael (malheureusement emporté par une leucémie en 2007).
Curieux de découvrir ce concert donné au Birdland de N.Y. Je l'ai donc acheté et c'est un vrai bonheur.
Richard Beirach est un pianiste fin et émouvant qui joue ici avec un violoniste très intéressant,
Le Fameux "Inborn"
Gregor Huebner.

Les autres membres du groupe, outre Randy Brecker, sont George Mraz (basse) et Billy Hart (batterie). Richie et Gregor composent trois morceaux sur six, arrangent "la Siciliana" de Bach sur un quatrième, et reprennent "Gene" de Paul et John Coltrane pour les deux derniers.

Un vrai régal qui me renforce dans l'envie d'écouter cet enregistrement de 1989 avec le saxophoniste prodige, Michael Brecker.
Si vous le trouvez, n'hésitez pas ! C'est un bon investissement culturel.

                             François Jazzbôf

mardi 22 mai 2018

Stracho Temelkovski Quartet à l'Amphi

Le jeudi 17 ami à l'Amphi Jazz 

A quoi reconnait on un artiste, un vrai ?
sans doute au fait qu'il trimballe son propre univers !?
 
L'univers musical de Stracho Temelkovski, en résidence à l'AmphiJazz cette semaine,  est baigné d'abord par la culture des Balkans, région de son enfance, il est aussi traversé par tellement d'influences qu'il en devient un objet totalement singulier.

Ce soir il pourrait s'agir d'un concert de "musiques du monde" catégorie un peu facile en guise de fourre-tout, pourtant j'aime assez cette idée dans le cas de Stracho Temelkovski tant il invente la musique d'un monde fantasmé, d'un monde idéal qui aurait vu fraterniser l'Europe, l'Orient et l'Afrique; avec le jazz comme principale vecteur de fraternisation.     

Stracho est un insatiable homme orchestre. Il est tantôt aux percussions tantôt à la  guitare basse ou à la viola voir tout à la fois. Pourquoi se limiter à un instrument quand on a 2 mains, 2 pieds et une bouche. Quand les mains sont prises par les 2 guitares, il peut faire les "percus" avec sa bouche et ses pieds. What else ?
Malgré son talent l'exercice de style pourrait tourner à la démonstration s'il ne s'était entouré de trois pointures qui ne se font nullement oublier.
Ashraf Sharif Khan est le musicien le plus exotique du quartet venu du Pakistan avec sa sitar; quelques notes de son étrange instrument suffisent à nous transporter vers son ailleurs, la fusion avec les autres semblant étonnamment naturelle.
Le duo de choc, locaux de l'étape, Jean-François Baëz à l' accordéon et Jean-Charles Richard aux  saxophones complète l'ensemble démontrant à chacune de leur interventions une entente qui tient elle du surnaturel.

Nous avons entendu ce soir des fanfares Balkanes, des musiques de mariages et des mélodies plus mélancoliques qui pourraient évoquer la nostalgie et l’exil; ainsi le voyage onirique côtoie d'autres voyages plus douloureux.
"Le miel de la vie" composition de Stracho évoque justement le fait que la vie n'a pas toujours le goût du miel, ce morceau en particulier se termine dans un délire collectif... un délicieux chaos.

Ce quartet a ravi un public clairsemé, quelques chanceux sortis les yeux encore brillants de contentement.
Stracho annonce le concert prometteur du lendemain "The Sound Braka", où le quartet devient sextet : est ce bien raisonnable? non ! alors tant mieux! 

 JaZZmarc
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mardi 1 mai 2018

Suzanne Abbuehl à L'amphi Jazz: Le monde selon Abbuehl

Le samedi 28 avril 2018 à l'Amphi

Le monde selon Abbuehl n'est que douceur, légèreté et volupté!

Pour son troisième jour de résidence à l'Amphi Suzanne Abbuehl nous propose de visiter son dernier album paru en 2017 : Princess


Dans le monde d'Abbuehl la voix n'est que chuchotement, douce mélopée et scat susurré; le public de l'amphi en est resté coi! Comme la qualité des silences a un rôle central dans l’atmosphère que pose l'artiste, ici associée à une sonorisation exceptionnelle, les conditions d'écoute sont ce soir  irréprochables.


Dans le monde d'Abbuehl  le batteur ne frappe pas les peaux, il les caresse, les effleure  et parfois même il se contente de les frôler. Øyvind Hegg-Lunde, d'origine norvégienne, plus percussionniste que batteur nous a bluffé dans cette approche singulière de son rôle. Point de baguette seules des balais voir des maillets avec beaucoup de feutre ont droit de cité ici. Des sources de son différenciés sont multiple:  des clochettes et autres petites soucoupes de métal; un vrai festival de douces percussions.
Nous avons même eu droit à un solo de batterie uniquement avec des balais: Rarissime !

Pour l'album "Princess" Suzanne Abbuhel reprend à son compte des compositions de Jimmy Giuffre, Don Cherry, Keith Jarrett et Stephan Oliva superbe pianiste complétant le trio du soir.
Un pianiste délicat qui évite les excès de virtuosité, jouant avec précision les notes absolument indispensables. “La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer.” Antoine de Saint Exupery

Parmi les perles que nous ont offert le trio, j'ai retenu la belle reprise de Keith Jarrett  " Great Bird", une version infiniment mélancolique de "What a Wonderful World" la plus triste qu'il m'est donné d'entendre à ce jour, et un échange Batterie/voix délicieux sur "Mosquito Dance" de Don Cherry.

Au premier rappel  une gourmandise qu'est "Ida Lupino" du premier album "April"  qu'elle avait déjà chanté ici même il y a une dizaine d'années.   

Suzanne Abbuehl est une grande dans le monde réel du jazz, elle est sur un chemin de crête loin des hurleuses et des standards rabâchés, elle fait son chemin en toute sincérité et singularité.

Alors ne la ratez pas !

Jazz-Marc
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samedi 7 avril 2018

Jacques l'a dit


Il le savait bien qu'il n'était "qu'un grain de poussière". Et aujourd'hui il est parti "dans le désert de la solitude d'où jamais nul ne revient".


 Il nous avait appris à
planer ("Paris-New York, New York Paris"),

rugir ("moi je veux plonger mon poing dans ta gueule ouverte"),

espérer ("qu'est-ce que j'donnerais pas pour être au chaud dans les bras de cette fille de Saint-Malo"),

déclarer notre amour ("tu es la beauté que j'adore car elle m'a appris à aimer"),

avouer nos échecs ("je ne peux plus dire je t'aime,sans donner ma langue à couper").




Aujourd'hui qu'il n'est plus "sur la terre , face aux dieux,tête en l'air".
Mais il est encore parmi nous .
"Izia,le vois-tu,l'homme oiseau, te saluer d'en haut?".

Il nous a légué "le courage de vivre" car "quoiqu'il arrive (nous dit-il) je serai toujours avec toi"

                              François Jazzbôf
                              "Hommage à Higelin"

J'suis qu'un grain de poussière


L'homme oiseau



mardi 13 mars 2018

SURYA avec Didier Lockwood en 1977

Enregistré en août 1977, le LP (comme on disait alors) de Surya est celui d'un super groupe de jazz-fusion comprenant outre Didier Lockwood au violon, son frère Francis aux claviers ,Sylvain Marc à la basse, Jean-My Truong à la batterie , Luc Plouton au synthé et Jean-Claude Agostini à la guitare.

Enregistré au studio Damiens de Boulogne par Luis Clos-Garcia, ce disque renferme plusieurs pépites jazz-rock et même une trilogie funky de cinq minutes en fin de face deux.

   Sa pochette est on ne peut plus simple: un cercle d'or sur fond blanc surmonté du nom du groupe en capitales d'imprimerie. Quelle bonne surprise de tomber dessus en fouillant les bacs de la convention du disque qui s'est tenue ce dimanche 11 mars 2018, à l'Espace Tête d'Or à Lyon.

   Signalons au passage l'amélioration de l'organisation de l'événement (davantage de place,la présence d'une célébrité - en l'occurrence Philippe Manoeuvre venu dédicacer son dernier guide et qui ne dédaigne pas chiner avec les collectionneurs ).Précisons aussi que le disquaire qui m'a vendu l'objet à un tarif raisonnable (15 euros) vu son excellent état (à peine une demi trace de doigt) est un local,puisqu'il s'agit de Music Avenue qui est établi aux Puces du Canal tous les dimanche de 9h30 à 14h30.

    Mais revenons à notre disque. Quasiment quarante ans après sa sortie, il reste d'une modernité étonnante.Sans aucun doute un tel groupe serait l'une des attractions majeures de n'importe quel festival actuel.Malheureusement,sa reformation ne pourra jamais avoir lieu comme vous le savez tous. Ecoutons donc ce vinyle magique à défaut de l'entendre en live.

                               François Jazzbôf

Théo Ceccaldi et Freaks au périscope Monstreux !

Le 9 mars au Périscope.
Monstrueux !
Oui, Freaks,  le nouveau groupe du violoniste Théo Ceccaldi est tout simplement monstrueux, même s'il faut prononcer "freuacs" s'il on en croit son leader.

Sur scène en effet c'est une entité hybride entre un groupe de Heavy Métal et un sextet de jazz raffiné. 
Un déluge de son s'abat dès l'entame du concert; un gros son produit par une bande de doux dingues bourrés de talent et d'énergie.

Le batteur Etienne Ziemniak participe grandement à cette apocalypse maitrisée, c'est un vrai batteur de rock façon John Bonham le regretté batteur de  Led Zeppelin tout en puissance et en groove, et ça frappe dure, mais que c'est bon !
C'est peut être un plaisir régressif, pourquoi pas ?! en tout cas c'est un vrai contentement de sentir ce bouillonnement de créativité et d'engagement.


Théo Ceccaldi a obtenu une victoire de la musique jazz comme révélation de l'année 2017; il participe à l'Orchestre National de Jazz, pour autant, loin de se reposer sur cette reconnaissance le voilà qui vient nous secouer dans nos certitudes sur l'ordre établi:
"tchou tchou , train train... bienvenue dans ta boite en sapin"

"Tchou tchou" c'est le premier morceau de leur  album "Amanda Dakota" sorti en février  qu'ils présentent ce soir: après ça les oreilles sont biens dégagées merci!
Les premiers moments de surprises passés, on se détend, de toute façon on sait désormais que tout peut arriver n'importe quand !
Le morceau " Coquette Rocket" arrive en fondu enchaîné comme pour nous achever avec un solo remarquable du saxophoniste Quentin Biardeau.

Le tout est d'une maitrise au cordeau comme si tout ça n'était que facilité et légèreté.
Il y a eu quelques moments d'anthologie avec des explications musclées entre  saxophone, celui de  Benjamin Dousteyssier cette fois, et batterie ou entre violon et batterie:  des vrais performances où l'économie d’énergie n'est pas une option.  

Le Périscope nous a gâté pour fêter ses dix ans, ce choix illustre bien ces dix ans de défenses de talents iconoclastes et de prises de risques.

De là haut Didier Lockwood doit être ravi de voir que des talents reprennent le flambeau du Violon jazz et abordent de nouveaux horizons comme lui n'a cessé de le faire.

JazzMarc
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Théo Ceccaldi (violon, claviers, voix), Benjamin Dousteyssier (saxophones alto & baryton), Quentin Biardeau (saxophone ténor, claviers), Giani Caserotto (guitare électrique), Etienne Ziemniak (batterie), Valentin Ceccaldi (violoncelle, horizoncelle)


mardi 6 mars 2018

Fred Nardin à l'Amphi Jazz

















 Le Samedi 3 Mars 2018 à l'Amphi jazz de Lyon

 Fred Nardin, on le suit depuis dix ans, depuis qu'il s'est produit à la Clef de voûte avec son acolyte Jon Boutellier au saxo. Fred est pianiste, comme vous le savez tous, et maîtrise à la fois la mélodie et le swing. C'est même un virtuose.

 Ce samedi 3 mars 2018, il rassemble autour de lui ses"friends".Lequel va nous étonner le plus ? Le batteur Leon Parker qui pratique"l'embodirythm" (je n'invente pas, c'est sur la pochette de leur CD,"Opening"), c'est à dire qu'il rythme non seulement avec ses caisses et sa cymbale, mais aussi avec sa voix, ses paumes et sa poitrine. 


Le percussionniste Inor Sotolongo, son parfait complice.Le bassiste  new-yorkais Or Bareket, qui semble jouer sans forcer, naturellement.
La saxophoniste Sophie Alour, que nous suivons elle aussi depuis dix ans, et dont l'élégance se manifeste autant dans son allure  que dans le phrasé de son jeu. 
Ou enfin la chanteuse Raphaëlle Brochet, tantôt à l'oeuvre en portugais sur des musiques brésiliennes, tantôt éructant onomatopées et syllabes, quand elle ne vocalise pas sur une mélopée orientale.

C'est peut être cette dernière qui remporte la palme quand elle répond au défi de Leon Parker dans un fascinant dialogue improvisé en scat,par lequel se révèle l'universalité de la phonétique et toute la créativité d'une musique vivante.En fait, on avait décollé au premier morceau du set, mais là on arrive à 8000 pieds d'altitude.

 Fred n'a que trente ans.Il a l'air très jeune comme ça. Mais quand on l'écoute,il est indubitable qu'il a déjà presque tout compris. Il dédicace le premier titre de son dernier album,intitulé "the Giant", à Mulgrew Miller,preuve qu'il respecte ses prédécesseurs. Mais il est de plus en plus actif avec ses contemporains dans l'Amazing Keystone Big Band. C'est un homme à ne pas lâcher d'une semelle.La suite de sa carrière promet d'être encore plus belle.
                            François Jazzbôf 


Un autre billet sur Jazz Rhône Alpes.com ici

samedi 3 mars 2018

Didier Lockwood :L'âme d'un violon s'est brisée

 

















L'âme d'un violon s'est brisée.
Sol Ré La Mi quatre cordes ont lâché.

Dans l'indifférence médiatique générale, Didier Lockwood, un de nos plus grands musiciens s'en est allé rejoindre Petrucciani et Grappelli. De lui on ne parlera pas de son héritage... pourtant si grand.


Nous avions échangé quelques mots à la sortie d'un concert, Il m'avait dédicacé Storyboard, nous étions de la même année.
Il s'est endormi sur sa pédale Loop et son violon tourne en boucle dans ma tête à tout jamais.

JC JazzBof






  Il n'en restait qu'un exemplaire à la FNAC République en ce début d'après-midi. Je l'ai acheté. Quoi ? Le dernier CD de Didier Lockwood, enregistré avec Antonio Farao (piano), Darryl Hall (basse) et Dédé Cerarelli (batterie).

  Nous l'avions écouté pour la dernière fois en live le 13 janvier 2017 à l'AmphiOpéra de Lyon. Une sacrée soirée ! Et je le retrouve,là, sur ma chaîne alors qu'il est au Paradis. Certes il jamme avec du beau monde (je ne vous rappellerai pas tous ces musicos qui nous ont quitté l'an passé, et avant).

Mais j'ai quand même du mal à imaginer que nous ne le reverrons jamais "en live".Il était si "vivant", plein d'humour et d'énergie ce soir-là,en totale connivence avec le reste du groupe et avec son public.
  On l'avait vu à Chassieu en 2000 et  à Vienne pour ses trente ans de scène en 2004. Il faisait partie de notre panthéon.On l'avait écouté avec Magma et Surya. J'avais acheté des vinyles de lui dans les années quatre-vingt.Et je concluerai en reprenant le titre du 11e morceau de son dernier album: "now, I really got the blues".

François Jazzbôf




Comment ça parti ?
Il m'a accompagné sur le chemin du jazz depuis quasiment le début,
la première fois sur scène c'était à Jazz à Vienne fin des années 80 avec Uzeb, je me faisais une fête de les voir réunis en live et quand ils sont rentrés sur scène un déluge de pluie s'est abattu sur le théâtre antique m'obligeant à battre retraite. Je me suis rattrapé depuis à Vienne et ailleurs avec à chaque fois  le même plaisir de se laisser charmer par ses improvisations.
J'ai adoré la période du DLG Didier Lockwood Group dans les années 90 très jazz Rock et puis il a abordé avec son violon voyageur des tas de paysages sonores que nous suivions avec bonheur.
Partis ? surement pas ! il m'accompagnera encore... avec un brin de jazz nostalgie désormais
JazzMarc

  

mardi 13 février 2018

L'album Freaks de Théo Ceccaldi


Pour vous inciter à aller les voir en concert, plutôt que de faire une chronique post concert qui j'en suis sûr va vous  donner des regrets, voici quelques mots de l'album "Freaks" que le groupe présentera le 9 mars au périscope.

Freaks c'est le projet mené par Théo Ceccaldi violoniste et compositeur, qui a déjà pas mal sévi sur la scène jazz, il fait parti notamment de l'actuel ONJ (Orchestre National de Jazz), nous l'avons écouté par ailleurs récemment avec son alter ego au piano Roberto Negro.

Pour le projet Freaks Théo Ceccaldi s'est entouré de joyeux doux dingues pour une musique qui pourrait être du Rock progressif, Jazz déstructuré: ça donne envie! non?

Alors de continue ;
Voici le jazz Frit, c'est gars là sont effectivement complètement frits, leur musique fait penser forcément à celle de Franck Zappa, pensant du coq à l'âne sans somation mais avec une grande rigueur : d'un air Hawaïen à du Heavy métal par exemple.

C'est la confrontation cette folie furieuse associée à une grosse maitrise technique qui fait de ce projet une franche réussite.

Encore des empêcheurs de jazzer en rond qui participent à donner un coup de neuf à notre musique préférée.

Le dernier argument il ne peut être que musical, aller écouter "Coquette Rocket" sur les plate-formes de streaming et prenez votre billet.

JazzMarc

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Pierrick Pédron en résidence à l'amphi de Lyon

Le  Jeudi 8 Février l'Amphi.

Des standards de Thelonious Monk repris par des musiciens de jazz en concert c'est plus qu'habituel,
il doit exister autant de versions de " 'Round Midnight" que de musiciens de jazz dans le monde; le standard des standards du grand Monk.

Pianiste et compositeur considéré comme le fondateur du Bebop, Monk compte une pléthore d'adorateurs qui triturent ses thèmes et improvisent jusqu'à satiété.

Ce soir pour sa première soirée de résidence à l'amphi Pierrick Pédron, saxophoniste alto très exposé de la scène française, propose un hommage à Monk.
Comme il lui a consacré un album en 2012 "Kubic's Monk" il déroule une partie des morceaux qu'il avait réarrangés pour l'occasion.

C'est un trio peu commun qui nous est proposé , Contrebasse, batterie et Sax Alto;  mais l'équipée est d'un sacré calibre Thomas Bramerie complice de longue date à la contrebasse et le jeune Elie Martin-Charrière à la batterie qui démontre un sacré tempérament dès qu'on lui lâche la bride.

Pour Pierrick Pédron se confronter au maître c'est comme un retour aux bases, retour aux fondamentaux.
Cet exercice se révèle parfois ardu, surtout en début du set, pour le gentil spectateur qui après sa journée de labeur n'est pas tout à fait concentré, et se surprend à rêvasser alors qu'il a complètement perdu le fil du petit argument de départ, mélodique ou rythmique, après les multiples digressions de l'artiste.
 Pour moi ça c'est arrangé au fur et à mesure du concert, les ballades plus accessibles m'ont préparées à vivre une fin de concert mémorable.
Tout d'abord avec une interprétation de " 'round midnight" remarquable de Pierrick Pédron seul au sax, complètement inspiré sur une relecture tout à fait originale qui a fait vibrer le public.
 Il avait fait l'impasse de ce morceau dans l'album; jugé certainement trop connu,  il nous l'offre sur scène pour notre plus grand plaisir et pour le sien aussi visiblement.
Et puis il y a eu  "We See" le dernier morceau avant le rappel où là ils se sont lâchés les bandits, une rythmique d'enfer une énergie fabuleuse, le batteur sur un volcan... là ça pouvait durer!
Hélas après un dernier thème très connu "Who Knows" c'était bien fini alors que étions à peine chauds.

Nous nous sommes retrouvés aux portes de l'opéra déjà en Monk.

JazzMarc

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Très belle reprise de Depeche Mode mais ça c'était le lendemain à l'Amphi 


  

mercredi 7 février 2018

Steven Wilson au Transbordeur

 Le mardi 6 Février au Transbordeur

Steven Wilson, le guitariste britannique aux pieds nus, le leader du groupe Porcupine Tree, c'est d'abord le son, puissant mais maîtrisé, truffé de mélodies familières et de déluges rythmiques crimsoniens type "Red", un son qui capte l'attention et ne la lâche plus.




Mais c'est aussi une mise en scène parfaite: un rideau de tulle transparent tendu devant les musiciens permet de projeter des images en premier plan comme cette choriste (Ninet Tayeb ?)ou cette danseuse démultipliée. Un autre écran en fond de scène prend le relais: y défilent des images surréalistes, ou des explosions de couleurs psychédéliques, ou encore des films de famille en super-8 quand ce ne sont pas des courts métrages d'animation.
Le spectacle est total.

  Steven Wilson, c'est aussi un citoyen du monde, qui n'hésite pas à vilipender le terrorisme religieux et à déplorer la mort des migrants (ah! La délicatesse de ces images d'une mer agitée et d'une plage jonchée d'objets familiers, une photo, un manteau,une paire de lunettes,etc).
C'est un être humain qui s'interroge sur la société où il vit, la solitude des citadins, l'angoisse de la mort.
  
Tous les musiciens sont à la hauteur du projet de leur leader. Il ne cite leur nom qu'une seule et unique fois, ce qui m'a empêché de les retenir. Les deux morceau du rappel sont magnifiques: "Harmony Korine" (le premier titre d'Insurgentes ) et "The Raven that refused to sing"(titre phare du CD eponyme).

On se retrouve sur le trottoir, ivre de musique et de lumière malgré la nuit.
                            François Progbôf

lundi 15 janvier 2018

Résidence Roberto Negro à l'amphi jazz

Le vendredi 12 janvier à L'amphi Jazz de Lyon.

"Y avait comme un goût amer en nous, comme un goût de poussière dans tout..."
pourtant l'appel de l'amphi jazz était trop fort ce soir ... Évidemment !

Mais qui est l'inconscient qui a donné une carte de blanche à Roberto Negro ?
ce pianiste est complètement barré on vous avez pourtant prévenu !
Lors d'une résidence ici même, il y a quelques années,  il nous avait déjà mis la tête à l'envers avec sa création "Loving suite pour Birdy so" qui embarquait avec bonheur la chanteuse Elise Caron.
Ce soir lors du premier set accompagné de son acolyte Théo Ceccaldi au violon il nous propose "Danse de salon".
Comme ils l'avaient fait, tous les deux déjà, autour du prétexte "Mozart"dans une précédente création,
de danse de salon, ici, il n'en est question qu'à l’extrême marge.
Oui çà et là  on entend bien un bout de menuet, de valse voir de danse country; mais la ficelle est grosse Messieurs! tout ça n'est que prétexte pour nous prendre en apnée au début du morceau et nous laisser une heure après ébahis, j'en convient, après nous avoir entrainés dans un voyage musical ahurissant.
Deux enfants turbulents qui prennent un plaisir jubilatoire de leurs fantaisies voilà ce que nous avons vu ce soir. Il sont bourrés de talent les bougres et font preuve en plus, en toute simplicité, d'une grande rigueur.
Est ce du jazz? certainement; de la musique contemporaine ? pourquoi pas, qui embraquerait alors   beaucoup d'autres styles musicaux : du rock, du folklore entre autre.
Ces garnements se sont nourris de toutes ces musiques pour nous délivrer une matière ébouriffante qui nous laisse béats.
J'aime beaucoup, pour ma part,  les musiques qui ne sont pas prévisibles qui sont capables de nous surprendre à chaque instant; nous voilà servis; ici on n'a pas bien le temps de rêvasser : Tout est possible tout le temps !
 Au deuxième set Vincent Courtois au violoncelle et Julian Sartorius à la batterie les ont rejoints pour une splendide déambulation d'environ trois quart d'heure aussi. Deux nouveaux musiciens d'exception, tout autant fantaisistes, faisant de ce quartet une fantastique source de créativité instantanée 
Les enchainements se révèlent quelquefois plus mélancoliques dans cette deuxième partie; de belles séquences de musiques répétitives y sont également introduites. Le tout emballe le public qui les ovationne en fin de set et obtient un rappel magnifique d'une composition tout en progression vers un pur moment d'apothéose.
"Si le bonheur existe, c'est une épreuve d'artiste" Michel Berger
JaZZmarc

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