Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


jeudi 17 janvier 2019

Le mardi 15 Janvier au Hard Métal

Le dernier passage de Shakin'Street à Lyon se fit en première partie d'Eddie & the hot rods à la salle Rameau il y a presque 42 ans jour pour jour, le 17 janvier 1977.

Son retour au Rock'n Eat, salle de hard-metal de Vaise, qui n'existait pas à l'époque, est donc un événement. La moyenne d'âge du public tourne autour de la soixantaine et l'on imagine tel catogan moins blanc ou tel ventre à bière moins proéminent qu'aujourd'hui à la fin des seventies.
En première partie, un groupe local (des environs de Bourg-en-Bresse), Salhem, chauffe l'assemblée : le bassiste a un look d'enfer et le chanteur une voix à la J.J.Goldman sur des intonations à la Bernie.

 Après ce premier set et la rotation du matos arrive le groupe vedette : celui que l'on repère le plus vite est Ross the boss, ex-guitariste solo des Dictators (remember boys !), qui a pris lui aussi quelques kilos. A tel point qu'il me cache Fabienne Shine, la chanteuse mythique du groupe dont la carrière a croisé les chemins de Jimmy Page et de Buck Dharma.
Car elle, elle est restée mince et (en tout cas de loin) juvénile. Le concert commence par le grand succès du groupe, "Solid as a rock".
Coup de baguette magique: je n'ai plus soixante-trois ans mais vingt-deux , je ne suis plus à Vaise mais aux Terreaux et en sortant,on ira boire une bière aux Negos.
Le second titre est du même calibre, "No compromise", refrain que reprend le public averti de cette soirée exceptionnelle.Tout baigne! Et puis ... au troisième morceau se manifeste une nuisance sonore, une sorte de résonance qui parasite la musique. Elle va s'en aller, puis revenir et gâcher une partie de notre plaisir.
Mais Shakin'Street continue à nous secouer, le batteur se plaignant que ses futs sont mal fixés tant il les malmène.
Le répertoire est celui du dernier disque de Fabienne et celui des classiques du groupe. Ainsi nous aurons droit à un excellent "Soul dealer", à "Every man, every woman is a star" et bien sûr à "Vampire rock".
  En rappel, les cinq musicos (j'ai oublié de vous parler du hiératique guitariste rythmique et du bassiste viking) n'hésitent pas à reprendre "I wanna be your dog" pour lequel Fabienne fait remarquer qu'elle porte le collier approprié, même si c'est à son chat qu'elle l'a pris.

Une fois descendus de scène ,les membres de Shakin'Street se mèlent volontiers à la foule de leurs admirateurs. Ainsi j'ai pu échanger quelques mots avec Ross the boss plein d'humilité qui nous dit découvrir qu'il est une star . Fabienne nous ayant avoué qu'ils n'en étaient qu'à leur 4e date,nul doute que cette popularité ne fera qu'augmenter tout au long de la tournée.
En tout cas, merci au Rock'n Eat pour cette programmation et longue vie au hard rock des seventies !

                                                        François Hardbôf

 

samedi 22 décembre 2018

Bohemian Rhapsody, biopic du groupe Queen par Bryan Singer


Rapidement, puisqu'à l'heure actuelle, vous avez sans doute tous vu ce film musical.Bryan Singer, réalisateur d'"Usual suspects" et de plusieurs X-men, s'y est collé.

Le contrat est rempli :la principale qualité de ce film est d'entendre les grands succès du groupe Queen et de réaliser la créativité des quatre musiciens qui le composaient.Citons entre autres les hymnes "We will rock you", "We are the champions" et "Another One Bites the Dust".

 Seconde qualité: ne pas tomber dans le pathos à propos de la fin tragique de Freddy Mercury (le S.I.D.A. étant juste suggéré par quelques gouttes de sang crachées dans une serviette de bain et la confession que fit le chanteur aux autres membres du groupe avant le Live Aid, concert gigantesque organisé par Bob Geldof au bénéfice de l'Afrique affamée en 1985).

Troisième atout:le mimétisme des acteurs qui incarnent les quatre musiciens: Rami Malek (dans le rôle de Freddy Mercury),Gwilym Lee (Brian May),Ben Hardy(Roger Taylor) et Joseph Mazzello (John Deacon).Le générique de fin présentant des images d'archives nous confirme ces ressemblances ahurissantes.

 De plus, quelques anecdotes savoureuses comme celle du producteur (Trident, label de la maison E.M.I.) qui se fâche avec le groupe à l'aube de son explosion parce qu'il refuse de sortir en 45 tours la chanson "Bohemian Rhapsody", trop longue (6 minutes) pour les radios américaines.
Astuce ultime: le film se termine sur la reconstitution du set de Queen au Live Aid de Wembley qui donne envie de se lever et d'applaudir (ce que ne manquèrent pas de faire certaines salles lors de la diffusion du film).
 Bref ! Un bon moment dans les salles obscures...

                                                   François Rockbôf

mardi 18 décembre 2018

jazz en hiver à Evian : le festival de la Grange au lac 2018

La grange à Evian les 14 et 15 décembre 
Programme riche que celui de ces 14, 15 et 16 décembre 2018 à Evian, dans une magnifique salle dont nous avions déjà parlé sur ce site. En l’occurrence une collaboration exceptionnelle d'Avishaï Cohen avec l'orchestre Sinfonia de la Grange au lac (17 musiciens -violon, alto, violoncelle et contrebasse-), ensemble à cordes qui va épater le bassiste israélien en adaptant l'un de ses morceaux écrit pour piano. Accompagné d'Elchin Shirinov au piano et d'Itamar Doari aux percussions, Avishaï nous fait entrer dans un monde oriental qu'il affectionne, chante et nous fait danser à l'issue de son deuxième set et remplit largement son contrat d'artiste innovateur et chaleureux.

  Que dire alors de la prestation du lendemain soir, celle du Shai Maestro Trio (l'ancien pianiste d'Avishai se faisant accompagner de Jorge Roder à la contrebasse et d'Ofri Nehemya aux percussions). Car Shai commence à vingt-heures quinze en trio et nous montre son talent de pianiste aux lisières du jazz et du classique, se refusant à nous donner sa set list et annonçant que son illustre invité arrivera en seconde partie. Puis c'est l'entracte, inévitable dans cette soirée organisée par le Royal Hotel,ses vins et son champagne sur canapés.

  Mais à la reprise,notre trio accueille celui que Shai considère comme un maestro, celui qui lui a même donné envie de jouer du saxo avant de passer au piano, cet invité tant attendu qui entre sur scène un peu avec la démarche de la panthère rose .Ce saxophoniste , c'est Joshua Redman et le morceau qui va tous nous envoyer au Nirvana, c'est "Zarafah". Et à partir de là, le concert ne sera plus le même, Joshua et ses complices nous entrainant dans leurs univers sonores, captant notre esprit par des notes que même au jardin d'Eden on ne dut pas connaitre. Impossible de vous citer les morceaux joués tant ils étaient transcendés par le quartet magique que nous avions devant nous et qui joua une bonne heure et demie.Fantastique ! Et tout cela avec une bonne humeur communicative.A vingt-trois heures quinze, repus de rythmes et de mélodies, les yeux brillants de bonheur, nous sortimes de cette Grange magnifique. Le lendemain, à quinze heures, devait encore officier l'Amazing Keystone Big Band sur le Carnaval des Animaux conté par Denis Podalydès. Pour notre part, nous nous arrêtions là, récupérant notre carosse dans une mini tempête de neige qui montrait bien que quelque chose s'était passé ce soir !

                                                      François Jazzbôf




Zarafah !



mercredi 12 décembre 2018

Un film russe pour amateurs de rock : Leto


  Si vous avez envie de redécouvrir le pouvoir subversif de la chanson "Psychokiller" des Talking Heads (un vrai film dans le film avec coloriages et gribouillages à la fois), mais aussi de découvrir la scène rock en U.R.S.S à la fin de l'ère Brejnev, courez voir l'excellent long métrage de Kirill Serebrennikov :"Leto".


Le choix du noir et blanc évoque bien ce qu'a du être cette époque pour la jeunesse soviétique. Ces clubs de rock surveillés par le pouvoir où les spectateurs assis en rang d'oignon doivent rester le plus calmes possible relèvent du supplice de Tantale.
Le réalisateur a d'ailleurs la bonne idée de représenter une sorte de conteur(un peu comme Kenneth Branagh dans "Henry V) qui introduit les scènes rétablissant ce qu'aurait dû être la réalité.

  Découverte aussi de l'influence du glam rock ( T.Rex , Lou Reed, David Bowie ) sur les musicos soviétiques du début des années 80 et des moyens de fortune dont ils disposaient pour écouter la musique qu'ils aimaient.
Touchante histoire d'un ménage à trois ( le rocker reconnu, sa femme séduisante et le nouveau rocker ) où l'amour de l'art l'emporte chez le premier sur l'amour tout court mais où la femme se révèle plus subtile que l'Eve biblique devant l'arbre de la tentation.

Quant à la bande-son, elle est excellente. Rentré chez moi, je consulte le Net et apprend sur le site de Telerama que c'est l'histoire de " Viktor Tsoï, Eurasien à la gueule d’ange ténébreux,[qui] n’est pas encore le chanteur du groupe new wave Kino, dont le tube "Changement !" a servi d’hymne à la perestroïka."
Décidément, on en apprend tous les jours .Serebrennikov est en résidence surveillée dans la Russie d'aujourd'hui tant la transparence n'est plus de mise chez Poutine.

                                           François Rockbôf

samedi 8 décembre 2018

Neneh Cherry : Broken Politics

Voilà un album qui ne me quitte pas depuis quelques jours,
il passe et repasse sur mon lecteur deezer où que je sois alors on en parle!

La musique d'abord: une fusion Pop/rock/Hiphop/Electro/ Triphop  très léchée.
Souvent se sont des boucles à la harpes au piano ou au synthé, associé à une rythmique très riches : des petites clochette délicates ou une basse electro lourde  et Neneh Cherry qui déroule avec une voix tantôt mélancolique et tantôt grave en protest song.

Ce disque et un constat de sa désillusion de la politique, ses textes évoques par exemple les migrants dans "Kong" ou de la prolifération des armes "Shot Gun Stack"  

Utile donc mais aussi carrément bon!
Cet album me fait penser à  l'univers de Brian Eno  lors notamment de sa collaboration avec  les Talking Head de "Remain in ligth" : Captivant et enivrant.


 A écouter donc de toute urgence, dans cette période tourmentée ! pour avancer les yeux bien ouverts ! 
JaZZmarc


"De pouvoir réunir toutes les pièces de mon parcours, du jazz au hiphop et j’ai l’impression que oui, tout y est. Le disque est très organique, on l’a enregistré en cinq jours seulement et ça s’est fait très naturellement. Et oui, je l’aime beaucoup." Neneh Cherry interview pour FIP










mercredi 5 décembre 2018

Kyle Eastwood à la Chapelle Sainte Trinité

Le vendredi 30 novembre à la chapelle Saint Trinité.

L'endroit est splendide le plateau annoncé l'est tout autant.
Kyle Eastwood , le beau gosse du jazz vient nous présenter son 8 ème album "in transit" dans cette magnifique chapelle du 17 ème siècle de la presqu'ile de Lyon: La Sainte Trinité.

Une fois l'effet Whaou passé, je ne m'en lasse pas de cet endroit, notre cowboy apparaît dans l'autel, il entre en scène quoi, avec son quintet haut de gamme   !
Kyle Eastwood c'est le respect de la  tradition de jazz, la modernité d'un musicien de son temps, dans le style guitar héro,  et l'évocation des grands espaces cinématographiques.
Pour la tradition les deux premiers morceaux d'influence bebop respectent le modèle bien rodé du lancement d'un thème qui laisse place à une succession de soli des différentes protagonistes. Avec le niveau du quintet du soir il est, dans tous les cas, impossible de s'ennuyer: du haut de gamme dans la virtuosité et l'inspiration.

On se rend compte très vite, et c'est une déception, qu'une chapelle n'a pas été conçue pour du son amplifié. Les sons graves, la basse surtout, en fait les frais, ce qui pour ce soir est un comble avec un contre bassiste en leader.
Pour la modernité, au troisième morceau Kyle Eastwood lance un séquenceur et prend sa guitare basse pour "Swamp to an oasis" du dernier album, le son ne s'arrange pas pour autant pour lui, mais le morceau bien enlevé  nous fait frétiller sur notre chaise.

Suit une version somptueuse de "Marrakech" de l'album "Paris Blue", mélodie implacable, ligne de basse entêtante et un solo de Brandon Allen au saxophone soprano de toute beauté.
Pour la partie cinématographique nous avons droit ce soir à une reprise de la bande originale de "Cinéma Paradisio" d'Enio Morricone : de la douceur en plan large.

Côté hommage nous avons entendu ce soir le morceau "Jarreau" composé par le très bon pianiste présent sur scène Andrew McCormack, et une reprise du fameux  « Boogie Stop Shuffle » de  Charlie Mingus.
Le son de basse s'est arrangé en fin de concert, il paraît que notre cerveau s'habitue et corrige la qualité du son perçu selon l'ingé son du soir ( Il est modeste me semble t'il)

Le dernier Album "in transit" est le résultat d'un vrai projet de groupe, il est constitué essentiellement de compositions de plusieurs membres du groupe, la restitution sur scène est alors d'une grande fluidité et cohérence, un vrai bon moment de jazz.
Le public s'est révélé bien sage au final, nous n'avons eu droit qu'à un rappel avec le très bon "Movin" 
Souhaitons bon voyage à cette tournée "in transit" qui devrait faire quelques heureux.

JazzMarc    

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Kyle Eastwood contrebasse, basses / Andrew McCormack piano / Chris Higginbottom batterie/ Quentin Collins trompette, bugle/ saxophones




Et la vision de François JaZZbof
Entre nous, on l'appelle Kyle ,tout court, sans Eastwood, tellement il nous est devenu familier. Nous l'avions déjà vu et écouté deux fois à Marciac, avec bonheur. Ce soir, il est présenté dans un écrin baroque, la chapelle de la Trinité enchassée dans le lycée Ampère à Lyon.C'est peut-être la seule erreur: car une chapelle baroque, ce n'est pas vraiment prévu pour du jazz et nous constaterons dès le premier morceau que les basses souffrent d'une réverbération qui les étouffe.C'est vrai pour le piano (mais il lui reste les aigus).C'est vrai surtout pour la contrebasse, ce qui est,reconnaissez-le, bien dommage.
  Car Kyle progresse à chaque concert, il joue sans cesse, il pousse un maximum. "Rockin' Ronnie's" ou  "Jarreau" ,compositions du dernier CD In transit, nous semblent déjà familières. "Marrakech" est enlevé de preste manière.On verse une larme sur "Cinema Paradiso"d'Ennio Morricone."Boogie Stop Shuffle" (si ma mémoire est bonne, mais je peux me tromper), de Charlie Mingus , est transcendé Et "Movin', le rappel, est une réussite.
  Or Kyle n'a que cinquante ans et reste toujours aussi fringuant (demandez à ma belle-soeur, elle en est fan). Que va-t-il nous pondre la prochaine fois? En tout cas, les musiciens dont il s'entoure ( Andrew McCormack  au piano , Brandon Allen au saxophones, Chris Higginbottom à la batterie et Quentin Collins à la trompette)  peuvent encore l'aider à aller plus loin.

                                        François Jazzbôf


samedi 10 novembre 2018

Robben Ford au Ninkao


Le dimanche 4 novembre au Ninkao.

Le lendemain de Nashville Pussy, me voilà propulsé au Ninkao à 18 heures trente. Et c'est la veille à l'envers. La première partie, assurée par un guitariste acoustique seul en scène , entre Neil Young et Cat Stevens, un certain Logar, mérite l'estime du public tant il est concentré sur son sujet.

 Puis la vedette du jour entre en scène.
Line up de Robben Ford :
- Robben Ford : chant, guitare, en jean et chemise claire;
- Casey Wasner : guitare, chant,un peu en retrait, lunettes,cheveux en bataille;
- Ryan Madora :  petit bout de bonne femme avec une énorme basse bleu-électrique;
- Derrek Phillips : batterie qui vient de terminer une tournée avec Robert Cray.

  Le son est plus propre que ma salle de bain après un nettoyage de ma femme (infirmière). Le répertoire puise aux meilleures sonorités du blues, du jazz et du rock. On pense à BB King, à Stevie( Ray Vaughan), à Kenny (Wayne Shepherd), à Larry (Carlton). L'ensemble est précis, harmonieux, inventif.
Seul reproche: que le guitariste rythmique ne joue que le rôle du bourdon. Le temps passe à toute vitesse. Aucun larsen, un nombre de décibels mesuré, nul besoin de bouchons d'oreille. Robben s'efforce même de parler en français à son public (qui compte de nombreux musiciens amateurs).

Deux mots pourraient caractériser ce concert: technique et sérénité.
Ce qui n'empêche pas qu'il y ait du rythme et de l'émotion jusqu'au bout !
  Il est 21 heures .La salle se vide.
Décidément les soirées se suivent et ne se ressemblent pas, sauf sur un point: j'ai encore pris mon pied.

                          François Jazz & Blues Bôf



Nashville Pussy au CCO : Not yet dead

 Samedi 3 novembre 2018, C.C.O. de Villeurbanne,

retour des fous furieux de Nashville Pussy.
Le public est comme d'habitude haut en couleur, même si certains cheveux longs ont blanchi et les silhouettes sont moins sveltes qu'avant.
Le merchandising est en place (T.shirts, CD, peaux de batterie dédicacées), le vendeur nous interroge sur nos groupes préférés (il nous parle même de P.F.M., rendez-vous compte) et la bière coule à flots.


  Je ne m'étendrai pas sur le groupe métal de la première partie, Y Blues, qui m'a saoulé.
Passons au plat de résistance: Nashville Pussy (je ne traduis pas). Sur la musique de "Stranglehold" de Ted Nugent, les quatre membres du groupe se pointent.
Ben Thomas, tout en muscle et cheveux, le dernier batteur en date, donne une image de puissance. Bonnie Buitrago, toute en cuir noir tendu sur ses rondeurs, qui officie depuis cinq ans à la guitare basse,reste campée sur la gauche de la scène.
 Et le couple infernal,Blaine Cartwright et sa moustache à la Lemmy, sa casquette à visière ou son chapeau à la Ronnie Van Zandt d'un côté , et Ruyters Suys, sa tignasse blonde, son décolleté de barmaid, son short en jeans et ses bas résille, de l'autre. Question look, on m'avait prévenu que je ne serais pas déçu.
  Mais là où ça se corse, c'est question musique. J'étais arrivé plein de préjugés: ouais c'est fun mais, bon, c'est plus du cirque que du vrai concert. Erreur sur toute la ligne! D'un coup de cymbales, Ben coupe la chique à Ted et le quatuor attaque "Kicked in the teeth" d'AC/DC canal historique. Putain que ça dépote et que ça fait du bien, cette voix éraillée et ces envolées de guitare sur rythmique d'enfer. Le groupe est bien en place,les éclairages rouge et or et d'emblée, le public est dedans.

  Pendant une heure et demie,les Nashville Pussy vont aligner les rocks (à un blues près).Ceux de leur composition (entre autres le fameux "Go motherfucker go !") et ceux d'autres champions :quel plaisir d'écouter "First I look at the purse" plus fort encore que celui du J.Geils Band sur leur fameux disque live !.Pas de strip-tease, quelques rasades de bourbon (du Jack, bien sûr) suivies de projections buccales, mais avant tout des guitares chauffées à blanc et des futs qui résonnent. Du vrai rock quoi ! Le public en raffole et en redemande. Bien sûr il y aura un rappel, bien entendu ils enchaîneront au moins trois morceaux et comme prévu joueront les prolongations (un peu à la Status Quo ).Ruyters y cassera même ses cordes de guitare, à l'ancienne.

 Alors ! Qui a dit que le rock'n roll était mort ?

                                                   François Southernrock Bôf

PS: le samedi 22 décembre, rebelote avec Molly Hatchet qui fêtera son quarantième anniversaire !

vendredi 19 octobre 2018

Kristle Warren à Genilac pour Rhino Jazz(s)

Photo: Jean-Pierre Jacquot
Le Dimanche 14 octobre à Genilac

C'est à Génilac un village suspendu au bord du parc du Pilat,
dans une église au style néo classique ;
que le Rhino Jazz(s) a eu la bonne idée de programmer Kristle Warren ce dimanche.

C'est une artiste atypique d'origine américaine, qui fait montre dès l'entame du concert d'une formidable puissance vocale tout en maitrise.
Cette force tranquille, qu'on a vu côtoyer quelques jazz men de ce côté de l'atlantique, qui a même participé au concert Bowie Symphonic quelques jours auparavant pour le même festival Rhino Jazz(s)  se présente ici seule à la guitare acoustique telle une folk-singer du fin fond des States.  

Le silence se fait rapidement religieux devant la grande technique vocale de l'artiste et son sens du rythme.

Le look androgyne de Kristtle Warren est désormais accentué par son crane rasé, décidément après Anne Sila la veille à Veauche j'ai peur d'une épidémie. 

Dans son cas Kristle Warren déroule une suite de compositions personnelles avec une grande aisance, elle fera participer le public tel un chef de cœur qui lance ses différents pupitres avant de partir elle même dans une improvisation vocale.

C'est une artiste rare, femme orchestre qui écrit ces propres poèmes chantés.

Elle fera une exception dans son répertoire du jour en reprenant Eleanor Rigby des Beatlles, une version singulière à la façon d'un protest song.

La difficulté d'un concert minimaliste de ce genre, une guitare / une voix sur des textes pas forcément accessibles facilement c'est de paraitre un peu uniforme;
mais bon je vais me mettre à la poésie ricaine! 
   
 JazzMarc
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mardi 9 octobre 2018

Lalo chante Joni Michell à l'esplanade Saint Vincent

Le vendredi 5 octobre à l'Esplanade Saint Vincent

Il y a des périodes où votre chroniqueur dévoué manque d'entrain,

pourquoi écrirait-il un énième billet élogieux à propos d'un artiste qu'il a lui même déjà chroniqué ?
en quoi servirait il la cause un écrivant un billet assassin ou insipide à propos d'un spectacle qu'il n'a pas aimé ?

il devient alors un chroniqueur aquoiboniste par alternance, ( j'en connais d'autres)

Et puis, et puis  il y a d'autres moments où la passion revient où les plateaux proposés par le Rhino Jazz's(s) ou l'amphi jazz par exemple sont enthousiasmants et se percutent même.
"Y en a qui ont des problèmes" :-) 

Vendredi soir justement un choix déchirant m'a fait raté Papanosh à l'amphi Jazz pour aller écouter Joni Mitchell à l'esplanade Saint-Vincent à Vienne.

 Je suis un fan absolu de Joni Mitchell, auteure, compositrice, chanteuse, musicienne canadienne qui a 74 ans aujourd'hui et qui accompagne ma vie depuis ...longtemps.
Alors l'affiche proposée par l'association de L'esplanade Saint-Vincent: Lalo chante Joni Mitchell, m'a mis en mouvement.
Non ce n'était pas Joni Mitchell elle même que j'allais voir, c'est un regret de ne pas l'avoir vu sur scène; mais le concert que lui a consacré la chanteuse Lalo (Geneviève Laloy) qui m'a complètement ravis.
Elle a attendu quelques années avant de se lancer dans ce projet nous dit elle; attendu de bien connaitre l’œuvre de l'artiste, et de pouvoir l’interpréter avec ses fils Noé à la basse et Paul Berne à la batterie (Groupe Uptake notamment)
Il faut oser s'attaquer au répertoire de la grande dame;
d'autres grandes voix s'y sont essayées avec bonheur comme Diana Krall ou Madeleine Peyroux mais avec parcimonie, en éparpillant ça et là quelques reprises dans leur discographie.

Un tour de chant uniquement consacré à ce monument est une prouesse me semble t'il : richesses harmoniques, changements de rythmes et de tonalités continuels, longueur des morceaux et des textes à retenir.
Lalo s'en sort haut la main sans choisir la facilité.
En effet les chansons choisies ne sont pas des plus faciles, le concert commence notamment par "All I want" qui ouvre l'album "Blue" sacrément périlleux pour assurer les montagnes russes en tonalités.
Les deux sets proposés vont alors dérouler une partie de la discographie de la star, une partie seulement hélas mais elle est tellement vaste que la nuit n'y aurait pas suffit.
Lalo s'avère une grande spécialiste de Joni Mitchell, elle précise tout au long du spectacle le contexte de chaque morceau, ce qui m'a permis d'apprendre pas mal de choses alors que je venais de finir la très bonne biographie que lui a consacré Edouard Graham " Songs are like tattoos" aux éditions " Le mot et le reste".
Le parti pris de Lalo pour ce projet est de restituer au mieux l'interprétation qu'en faisait Joni Mitchell elle même avec simplement quelques digressions en vocalises ou en soli.
Même le son de la guitare est parfaitement restitué par  Eliot Weingand, diablement efficace et précieux tout au long du concert.
Alors on ferme les yeux et on s'y croit "little green", " Don't interrupt the sorrow", " Court and Spark", "Coyote"  ...
Bien sûr j'ai des regrets;  j'aurais voulu entendre "river" ou "A case of you" ou encore ....bien d'autres

Il faut absolument que Lalo tourne avec ce projet , qu'elle maitrise déjà parfaitement, qu'elle le développe;
elle est tellement enthousiaste et si bien accompagnée.

JazzMarc
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