Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


mercredi 12 décembre 2018

Un film russe pour amateurs de rock : Leto


  Si vous avez envie de redécouvrir le pouvoir subversif de la chanson "Psychokiller" des Talking Heads (un vrai film dans le film avec coloriages et gribouillages à la fois), mais aussi de découvrir la scène rock en U.R.S.S à la fin de l'ère Brejnev, courez voir l'excellent long métrage de Kirill Serebrennikov :"Leto".


Le choix du noir et blanc évoque bien ce qu'a du être cette époque pour la jeunesse soviétique. Ces clubs de rock surveillés par le pouvoir où les spectateurs assis en rang d'oignon doivent rester le plus calmes possible relèvent du supplice de Tantale.
Le réalisateur a d'ailleurs la bonne idée de représenter une sorte de conteur(un peu comme Kenneth Branagh dans "Henry V) qui introduit les scènes rétablissant ce qu'aurait dû être la réalité.

  Découverte aussi de l'influence du glam rock ( T.Rex , Lou Reed, David Bowie ) sur les musicos soviétiques du début des années 80 et des moyens de fortune dont ils disposaient pour écouter la musique qu'ils aimaient.
Touchante histoire d'un ménage à trois ( le rocker reconnu, sa femme séduisante et le nouveau rocker ) où l'amour de l'art l'emporte chez le premier sur l'amour tout court mais où la femme se révèle plus subtile que l'Eve biblique devant l'arbre de la tentation.

Quant à la bande-son, elle est excellente. Rentré chez moi, je consulte le Net et apprend sur le site de Telerama que c'est l'histoire de " Viktor Tsoï, Eurasien à la gueule d’ange ténébreux,[qui] n’est pas encore le chanteur du groupe new wave Kino, dont le tube "Changement !" a servi d’hymne à la perestroïka."
Décidément, on en apprend tous les jours .Serebrennikov est en résidence surveillée dans la Russie d'aujourd'hui tant la transparence n'est plus de mise chez Poutine.

                                           François Rockbôf

samedi 8 décembre 2018

Neneh Cherry : Broken Politics

Voilà un album qui ne me quitte pas depuis quelques jours,
il passe et repasse sur mon lecteur deezer où que je sois alors on en parle!

La musique d'abord: une fusion Pop/rock/Hiphop/Electro/ Triphop  très léchée.
Souvent se sont des boucles à la harpes au piano ou au synthé, associé à une rythmique très riches : des petites clochette délicates ou une basse electro lourde  et Neneh Cherry qui déroule avec une voix tantôt mélancolique et tantôt grave en protest song.

Ce disque et un constat de sa désillusion de la politique, ses textes évoques par exemple les migrants dans "Kong" ou de la prolifération des armes "Shot Gun Stack"  

Utile donc mais aussi carrément bon!
Cet album me fait penser à  l'univers de Brian Eno  lors notamment de sa collaboration avec  les Talking Head de "Remain in ligth" : Captivant et enivrant.


 A écouter donc de toute urgence, dans cette période tourmentée ! pour avancer les yeux bien ouverts ! 
JaZZmarc


"De pouvoir réunir toutes les pièces de mon parcours, du jazz au hiphop et j’ai l’impression que oui, tout y est. Le disque est très organique, on l’a enregistré en cinq jours seulement et ça s’est fait très naturellement. Et oui, je l’aime beaucoup." Neneh Cherry interview pour FIP










mercredi 5 décembre 2018

Kyle Eastwood à la Chapelle Sainte Trinité

Le vendredi 30 novembre à la chapelle Saint Trinité.

L'endroit est splendide le plateau annoncé l'est tout autant.
Kyle Eastwood , le beau gosse du jazz vient nous présenter son 8 ème album "in transit" dans cette magnifique chapelle du 17 ème siècle de la presqu'ile de Lyon: La Sainte Trinité.

Une fois l'effet Whaou passé, je ne m'en lasse pas de cet endroit, notre cowboy apparaît dans l'autel, il entre en scène quoi, avec son quintet haut de gamme   !
Kyle Eastwood c'est le respect de la  tradition de jazz, la modernité d'un musicien de son temps, dans le style guitar héro,  et l'évocation des grands espaces cinématographiques.
Pour la tradition les deux premiers morceaux d'influence bebop respectent le modèle bien rodé du lancement d'un thème qui laisse place à une succession de soli des différentes protagonistes. Avec le niveau du quintet du soir il est, dans tous les cas, impossible de s'ennuyer: du haut de gamme dans la virtuosité et l'inspiration.

On se rend compte très vite, et c'est une déception, qu'une chapelle n'a pas été conçue pour du son amplifié. Les sons graves, la basse surtout, en fait les frais, ce qui pour ce soir est un comble avec un contre bassiste en leader.
Pour la modernité, au troisième morceau Kyle Eastwood lance un séquenceur et prend sa guitare basse pour "Swamp to an oasis" du dernier album, le son ne s'arrange pas pour autant pour lui, mais le morceau bien enlevé  nous fait frétiller sur notre chaise.

Suit une version somptueuse de "Marrakech" de l'album "Paris Blue", mélodie implacable, ligne de basse entêtante et un solo de Brandon Allen au saxophone soprano de toute beauté.
Pour la partie cinématographique nous avons droit ce soir à une reprise de la bande originale de "Cinéma Paradisio" d'Enio Morricone : de la douceur en plan large.

Côté hommage nous avons entendu ce soir le morceau "Jarreau" composé par le très bon pianiste présent sur scène Andrew McCormack, et une reprise du fameux  « Boogie Stop Shuffle » de  Charlie Mingus.
Le son de basse s'est arrangé en fin de concert, il paraît que notre cerveau s'habitue et corrige la qualité du son perçu selon l'ingé son du soir ( Il est modeste me semble t'il)

Le dernier Album "in transit" est le résultat d'un vrai projet de groupe, il est constitué essentiellement de compositions de plusieurs membres du groupe, la restitution sur scène est alors d'une grande fluidité et cohérence, un vrai bon moment de jazz.
Le public s'est révélé bien sage au final, nous n'avons eu droit qu'à un rappel avec le très bon "Movin" 
Souhaitons bon voyage à cette tournée "in transit" qui devrait faire quelques heureux.

JazzMarc    

Sur Jazzrhonealpes.com cette chronique et les autres news de la semaine 
 
Kyle Eastwood contrebasse, basses / Andrew McCormack piano / Chris Higginbottom batterie/ Quentin Collins trompette, bugle/ saxophones




Et la vision de François JaZZbof
Entre nous, on l'appelle Kyle ,tout court, sans Eastwood, tellement il nous est devenu familier. Nous l'avions déjà vu et écouté deux fois à Marciac, avec bonheur. Ce soir, il est présenté dans un écrin baroque, la chapelle de la Trinité enchassée dans le lycée Ampère à Lyon.C'est peut-être la seule erreur: car une chapelle baroque, ce n'est pas vraiment prévu pour du jazz et nous constaterons dès le premier morceau que les basses souffrent d'une réverbération qui les étouffe.C'est vrai pour le piano (mais il lui reste les aigus).C'est vrai surtout pour la contrebasse, ce qui est,reconnaissez-le, bien dommage.
  Car Kyle progresse à chaque concert, il joue sans cesse, il pousse un maximum. "Rockin' Ronnie's" ou  "Jarreau" ,compositions du dernier CD In transit, nous semblent déjà familières. "Marrakech" est enlevé de preste manière.On verse une larme sur "Cinema Paradiso"d'Ennio Morricone."Boogie Stop Shuffle" (si ma mémoire est bonne, mais je peux me tromper), de Charlie Mingus , est transcendé Et "Movin', le rappel, est une réussite.
  Or Kyle n'a que cinquante ans et reste toujours aussi fringuant (demandez à ma belle-soeur, elle en est fan). Que va-t-il nous pondre la prochaine fois? En tout cas, les musiciens dont il s'entoure ( Andrew McCormack  au piano , Brandon Allen au saxophones, Chris Higginbottom à la batterie et Quentin Collins à la trompette)  peuvent encore l'aider à aller plus loin.

                                        François Jazzbôf


samedi 10 novembre 2018

Robben Ford au Ninkao


Le dimanche 4 novembre au Ninkao.

Le lendemain de Nashville Pussy, me voilà propulsé au Ninkao à 18 heures trente. Et c'est la veille à l'envers. La première partie, assurée par un guitariste acoustique seul en scène , entre Neil Young et Cat Stevens, un certain Logar, mérite l'estime du public tant il est concentré sur son sujet.

 Puis la vedette du jour entre en scène.
Line up de Robben Ford :
- Robben Ford : chant, guitare, en jean et chemise claire;
- Casey Wasner : guitare, chant,un peu en retrait, lunettes,cheveux en bataille;
- Ryan Madora :  petit bout de bonne femme avec une énorme basse bleu-électrique;
- Derrek Phillips : batterie qui vient de terminer une tournée avec Robert Cray.

  Le son est plus propre que ma salle de bain après un nettoyage de ma femme (infirmière). Le répertoire puise aux meilleures sonorités du blues, du jazz et du rock. On pense à BB King, à Stevie( Ray Vaughan), à Kenny (Wayne Shepherd), à Larry (Carlton). L'ensemble est précis, harmonieux, inventif.
Seul reproche: que le guitariste rythmique ne joue que le rôle du bourdon. Le temps passe à toute vitesse. Aucun larsen, un nombre de décibels mesuré, nul besoin de bouchons d'oreille. Robben s'efforce même de parler en français à son public (qui compte de nombreux musiciens amateurs).

Deux mots pourraient caractériser ce concert: technique et sérénité.
Ce qui n'empêche pas qu'il y ait du rythme et de l'émotion jusqu'au bout !
  Il est 21 heures .La salle se vide.
Décidément les soirées se suivent et ne se ressemblent pas, sauf sur un point: j'ai encore pris mon pied.

                          François Jazz & Blues Bôf



Nashville Pussy au CCO : Not yet dead

 Samedi 3 novembre 2018, C.C.O. de Villeurbanne,

retour des fous furieux de Nashville Pussy.
Le public est comme d'habitude haut en couleur, même si certains cheveux longs ont blanchi et les silhouettes sont moins sveltes qu'avant.
Le merchandising est en place (T.shirts, CD, peaux de batterie dédicacées), le vendeur nous interroge sur nos groupes préférés (il nous parle même de P.F.M., rendez-vous compte) et la bière coule à flots.


  Je ne m'étendrai pas sur le groupe métal de la première partie, Y Blues, qui m'a saoulé.
Passons au plat de résistance: Nashville Pussy (je ne traduis pas). Sur la musique de "Stranglehold" de Ted Nugent, les quatre membres du groupe se pointent.
Ben Thomas, tout en muscle et cheveux, le dernier batteur en date, donne une image de puissance. Bonnie Buitrago, toute en cuir noir tendu sur ses rondeurs, qui officie depuis cinq ans à la guitare basse,reste campée sur la gauche de la scène.
 Et le couple infernal,Blaine Cartwright et sa moustache à la Lemmy, sa casquette à visière ou son chapeau à la Ronnie Van Zandt d'un côté , et Ruyters Suys, sa tignasse blonde, son décolleté de barmaid, son short en jeans et ses bas résille, de l'autre. Question look, on m'avait prévenu que je ne serais pas déçu.
  Mais là où ça se corse, c'est question musique. J'étais arrivé plein de préjugés: ouais c'est fun mais, bon, c'est plus du cirque que du vrai concert. Erreur sur toute la ligne! D'un coup de cymbales, Ben coupe la chique à Ted et le quatuor attaque "Kicked in the teeth" d'AC/DC canal historique. Putain que ça dépote et que ça fait du bien, cette voix éraillée et ces envolées de guitare sur rythmique d'enfer. Le groupe est bien en place,les éclairages rouge et or et d'emblée, le public est dedans.

  Pendant une heure et demie,les Nashville Pussy vont aligner les rocks (à un blues près).Ceux de leur composition (entre autres le fameux "Go motherfucker go !") et ceux d'autres champions :quel plaisir d'écouter "First I look at the purse" plus fort encore que celui du J.Geils Band sur leur fameux disque live !.Pas de strip-tease, quelques rasades de bourbon (du Jack, bien sûr) suivies de projections buccales, mais avant tout des guitares chauffées à blanc et des futs qui résonnent. Du vrai rock quoi ! Le public en raffole et en redemande. Bien sûr il y aura un rappel, bien entendu ils enchaîneront au moins trois morceaux et comme prévu joueront les prolongations (un peu à la Status Quo ).Ruyters y cassera même ses cordes de guitare, à l'ancienne.

 Alors ! Qui a dit que le rock'n roll était mort ?

                                                   François Southernrock Bôf

PS: le samedi 22 décembre, rebelote avec Molly Hatchet qui fêtera son quarantième anniversaire !

vendredi 19 octobre 2018

Kristle Warren à Genilac pour Rhino Jazz(s)

Photo: Jean-Pierre Jacquot
Le Dimanche 14 octobre à Genilac

C'est à Génilac un village suspendu au bord du parc du Pilat,
dans une église au style néo classique ;
que le Rhino Jazz(s) a eu la bonne idée de programmer Kristle Warren ce dimanche.

C'est une artiste atypique d'origine américaine, qui fait montre dès l'entame du concert d'une formidable puissance vocale tout en maitrise.
Cette force tranquille, qu'on a vu côtoyer quelques jazz men de ce côté de l'atlantique, qui a même participé au concert Bowie Symphonic quelques jours auparavant pour le même festival Rhino Jazz(s)  se présente ici seule à la guitare acoustique telle une folk-singer du fin fond des States.  

Le silence se fait rapidement religieux devant la grande technique vocale de l'artiste et son sens du rythme.

Le look androgyne de Kristtle Warren est désormais accentué par son crane rasé, décidément après Anne Sila la veille à Veauche j'ai peur d'une épidémie. 

Dans son cas Kristle Warren déroule une suite de compositions personnelles avec une grande aisance, elle fera participer le public tel un chef de cœur qui lance ses différents pupitres avant de partir elle même dans une improvisation vocale.

C'est une artiste rare, femme orchestre qui écrit ces propres poèmes chantés.

Elle fera une exception dans son répertoire du jour en reprenant Eleanor Rigby des Beatlles, une version singulière à la façon d'un protest song.

La difficulté d'un concert minimaliste de ce genre, une guitare / une voix sur des textes pas forcément accessibles facilement c'est de paraitre un peu uniforme;
mais bon je vais me mettre à la poésie ricaine! 
   
 JazzMarc
Sur Jazz-Rhone-alpes.com cette chronique et les autres news de la semaine  




mardi 9 octobre 2018

Lalo chante Joni Michell à l'esplanade Saint Vincent

Le vendredi 5 octobre à l'Esplanade Saint Vincent

Il y a des périodes où votre chroniqueur dévoué manque d'entrain,

pourquoi écrirait-il un énième billet élogieux à propos d'un artiste qu'il a lui même déjà chroniqué ?
en quoi servirait il la cause un écrivant un billet assassin ou insipide à propos d'un spectacle qu'il n'a pas aimé ?

il devient alors un chroniqueur aquoiboniste par alternance, ( j'en connais d'autres)

Et puis, et puis  il y a d'autres moments où la passion revient où les plateaux proposés par le Rhino Jazz's(s) ou l'amphi jazz par exemple sont enthousiasmants et se percutent même.
"Y en a qui ont des problèmes" :-) 

Vendredi soir justement un choix déchirant m'a fait raté Papanosh à l'amphi Jazz pour aller écouter Joni Mitchell à l'esplanade Saint-Vincent à Vienne.

 Je suis un fan absolu de Joni Mitchell, auteure, compositrice, chanteuse, musicienne canadienne qui a 74 ans aujourd'hui et qui accompagne ma vie depuis ...longtemps.
Alors l'affiche proposée par l'association de L'esplanade Saint-Vincent: Lalo chante Joni Mitchell, m'a mis en mouvement.
Non ce n'était pas Joni Mitchell elle même que j'allais voir, c'est un regret de ne pas l'avoir vu sur scène; mais le concert que lui a consacré la chanteuse Lalo (Geneviève Laloy) qui m'a complètement ravis.
Elle a attendu quelques années avant de se lancer dans ce projet nous dit elle; attendu de bien connaitre l’œuvre de l'artiste, et de pouvoir l’interpréter avec ses fils Noé à la basse et Paul Berne à la batterie (Groupe Uptake notamment)
Il faut oser s'attaquer au répertoire de la grande dame;
d'autres grandes voix s'y sont essayées avec bonheur comme Diana Krall ou Madeleine Peyroux mais avec parcimonie, en éparpillant ça et là quelques reprises dans leur discographie.

Un tour de chant uniquement consacré à ce monument est une prouesse me semble t'il : richesses harmoniques, changements de rythmes et de tonalités continuels, longueur des morceaux et des textes à retenir.
Lalo s'en sort haut la main sans choisir la facilité.
En effet les chansons choisies ne sont pas des plus faciles, le concert commence notamment par "All I want" qui ouvre l'album "Blue" sacrément périlleux pour assurer les montagnes russes en tonalités.
Les deux sets proposés vont alors dérouler une partie de la discographie de la star, une partie seulement hélas mais elle est tellement vaste que la nuit n'y aurait pas suffit.
Lalo s'avère une grande spécialiste de Joni Mitchell, elle précise tout au long du spectacle le contexte de chaque morceau, ce qui m'a permis d'apprendre pas mal de choses alors que je venais de finir la très bonne biographie que lui a consacré Edouard Graham " Songs are like tattoos" aux éditions " Le mot et le reste".
Le parti pris de Lalo pour ce projet est de restituer au mieux l'interprétation qu'en faisait Joni Mitchell elle même avec simplement quelques digressions en vocalises ou en soli.
Même le son de la guitare est parfaitement restitué par  Eliot Weingand, diablement efficace et précieux tout au long du concert.
Alors on ferme les yeux et on s'y croit "little green", " Don't interrupt the sorrow", " Court and Spark", "Coyote"  ...
Bien sûr j'ai des regrets;  j'aurais voulu entendre "river" ou "A case of you" ou encore ....bien d'autres

Il faut absolument que Lalo tourne avec ce projet , qu'elle maitrise déjà parfaitement, qu'elle le développe;
elle est tellement enthousiaste et si bien accompagnée.

JazzMarc
Sur Jazz-Rhone-alpes.com cette chronique et les autres news de la semaine 

  

Bowie acoustic pour le Rhino Jazz(s)

Le jeudi 4 au FIL à Saint Étienne

Bien sûr la curiosité !
celle de l'association Bowie et Jazz qui la suscité!

David Bowie l'étoile noire,  icône rock s'il en est, a quitté notre scène en 2016 déjà;

Bowie n'a jamais était frontalement dans le jazz, pourtant nombreux sont les musiciens de jazz qui ont repris ces compositions, lui même en a embarqués quelques uns dans ces différents projets. Pour le dernier d'entre eux " Black star" il s'était entouré de Jason Lindner aux claviers, Donny McCaslin au saxophone, Mark Guiliana à la batterie et Tim Lefebvre à la basse excusez du peu ...de jazz !
Désormais ce groupe se produit sur scène sous le nom de Donny McCaslin Blackstar Band et prolonge l'esprit de cette album fusion, et la lumière de l'étoile Bowie.

La curiosité donc quand le festival Rhino Jazz(s) propose pour la deuxième année des créations autour de l'artiste aux yeux vairons.
Avant le "Bowie symphonic" du samedi 6 octobre ce soir c'est le "Bowie acoustic".
Le projet est porté à la direction artistique par Daniel Yvinec dont la volonté affirmée est de proposer l’œuvre de Bowie selon un point de vue original avec de nouvelles couleurs.

Effectivement nous avons eu ce soir à une création inédite construite autour de quelques morceaux  choisis de la star, loin des rythmes rock mais à distance également du jazz.
Le parti pris est la lenteur et le minimaliste, ce qui au début est fort déroutant.  On devine quelques fois avec difficulté les chansons métamorphosées! "Ashes to Ashes",  "Space oddity" , "heroes", "Life on mars"

Le groupe réunis pour ce projet est organisé autour de la chanteuse Sandra Nkaké , (Révélation au victoires du jazz 2012), qui s'est entouré d'un de ses partenaires de longue date Jî Drû  à la  Flûte traversière, de Guillaume Latil au Violoncelle et plus étonnant de Babx au piano qui n'est pas un habitué des scènes jazz.

C'est la première fois qu'était donné ce spectacle et il m'a semblé percevoir quelques hésitations voir  de l'intimidation à s'attaquer à ce monument de Bowie.
Les meilleurs moments pour moi ont été lorsque Sandra Nkaké s'est  lâchée en laissant apercevoir toute la puissance qu'elle a sous le pied, ou encore les séquences où Babx nous l'a joue pianiste/chanteur décadent à la Tom Waits

Pour finir le groupe propose une version  des plus étonnantes d'un morceau que tout le monde connait; qui commence comme ça "Put on your red shoes and dance the blues" mais tellement ralenti qu'il a fallu  un peu de temps pour reconnaitre le fameux "Lets dance" ici peu propice à la danse.
Déroutant c'est certain à la première écoute  mais diablement bien travaillé

Au delà de la curiosité désormais, on aurait envie de réécouter ces versions originales pour mieux les capter après l'effet de surprise et se les approprier.
Pour ce faire souhaitons que ce projet ne reste pas une création éphémère et qu'il ait l'occasion de se déployer.

JaZZmarc

Sur Jazz-Rhone-alpes.com ce billet et les autres news de la semaine  

Sur Culture Box un petit aperçu

Donny McCaslin et Bowie




dimanche 7 octobre 2018

Terez Montcalm au St Georges pour le 5e anniversaire du club

le vendredi 5 octobre 2018 au St Georges pour le 5e anniversaire du club

Le St Georges affiche complet ce soir, Terez Montcalm se produit devant 50 privilégiés à 19h et fera un 2e set devant 50 autres veinards à 21h. Roger s'est mis sur son 31, Jazz Rhône-Alpes a dépéché un envoyé spécial et Benjamin Tanguy himself (le directeur des programmes de Jazz à Vienne) s'est déplacé. Il faut dire que l'affiche vaut le coup.

La chanteuse canadienne au délicieux accent du Québec est entourée de Jean-Marie Ecay à la guitare, Christophe Walemme à la basse électrique et Pierre Alain Tocanier à la batterie. Hasard du calendrier: Charles Aznavour a eu droit aux honneurs de la République le matin même et Terez tient à commencer son concert par une chanson du maître.Elle chante l'amour à merveille.Puis elle alterne "les compos et les covers", comme elle le dit elle-même après nous avoir annoncé qu'elle allait nous livrer le contenu de son futur CD prévu pour l'année prochaine.
Exemple de ces paires gagnantes: une compo enlevée sur la Grosse Pomme ("Drive to New-York") suivie par le "Black Trombone" de Serge Gainsbourg dans lequel elle fait passer l'émotion de sa voix inimitable. Jean-Marie Ecay tourne des soli de qualité pendant que la rythmique tourne comme une montre. Le public ne peut pas résister non plus au charisme de la Canadienne, passée maîtresse dans l'humour et le clin d'oeil.

Elle ira jusqu'à nous avouer qu'elle se sent seule au milieu de tous ces Français mais qu'elle apprécie notre bonne compagnie. Un seul regret: celui que le concert fût trop court. D'autant que
la chanteuse nous a expliqué que le meilleur restait à venir, au second set !

                                                     François Jazzbôf

Le billet de Christian Ferreboeuf sur Jazz Rhône Alpes

En 2016 ça donnait déjà ça

jeudi 30 août 2018

Concerts d'été en Drôme provençale

 Pendant que certains hantent les sites grandioses du Far-West , d'autres se contentent de découvrir de nouveaux groupes musicaux sur les places de France.

Cette année fut en ce domaine fertile.
Le Jessica Rock Trio avec la jeune Jessica au piano, accompagnée de Maurizio Congiu à la contrebasse et Thomas Domene à la batterie nous interprète son CD "A 1550", titre d'un morceau éponyme assez réussi pour être cité (beau solo à l'archet) et qui n'est pas le seul (refrain entêtant sur une autre compo, "Rouge" ). Le paradigme E.S.T. est évident même si le fruit n'est pas encore tout à fait mûr.

 Dans un genre différent (folk), un autre trio se distingue sur les routes de l'été: les Picky Banshees, soit Samuel Chaffange qui chante et joue de la guitare (rock ou folk), Aurélien Le Bihan à la basse et à la contrebasse et Cindy Ladakis au chant et aux percussions. Les trois compères nous transportent sans l'aide d'Airbus ni de Boeing sur les pistes que nos amis sont en train de visiter. Là encore il s'agit de compos du groupe qui montrent que les Grenoblois ont acquis ce truc qui nous fait penser à Lone justice ou à Linda Ronstadt.

  Autre guitariste doté d'une chaude voix soul, le brésilien Clebson capable de passer de "My girl" des Temptations à "Thriller" de qui vous savez. Excellent guitariste aussi comme en témoigne son solo sur "Supersticious" de Stevie Wonder. Mais le morceau qui emporte l'adhésion de tous est celui de Paul Young "Everytime you go away" auquel la voix de Clebson colle à merveille.

  A part ça, il nous est possible de revenir en Drôme sur des valeurs sûres avec le festival Parfum de jazz. Pour ma part, je suis allé écouter l'expérimentée Michèle Hendicks,une pro du scat, ne serait-ce que pour avoir le plaisir d'écouter les soli ravageurs d'Olivier Temime qui, tel un Chateauneuf-du-pape,devient de plus en plus goûteux à chaque année qui passe.

  Bref ! L'été fut caniculaire mais la chaleur profita à la musique, aux musiciens et aux mélomanes.

                               François Jazzbôf