Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


vendredi 27 juillet 2018

Endangered Blood au Péristyle

Lundi 23 juillet au Péristyle de Lyon

Du jazz new-yorkais au Peristyle ce soir, le groupe Endangered Blood y pose ses valises pour 3 jours, alors on y court pour gouter à l'avant garde de la planète jazz , c'est du moins ce que j'avais en tête en arrivant.
Les deux premiers morceaux sont plutôt classiques, un swing tourmenté puis une musique de fanfare entrainante; ce qui surprend surtout à l'entame du concert c'est le batteur Jim Black.
Il a un nom qui claque comme un musicos de rock et effectivement il frappe fort, très fort. C'est peut être ça alors le côté avant-gardiste ?
Passé ce moment de surprise et d’appréhension pour mes oreilles, le groupe s'est révélés avec des morceaux plus élaborés;  les 2 saxophonistes se complétant à merveille, Alto pour Oscar Noriega et Tenor pour Chris Speed ( encore un nom prédestiné).
Quand ce dernier décide de s'occuper de sa clarinette basse et que le contre-bassite , Trevor Dunn déroule sa partition à l'archet le groupe démontre de grandes qualités dans les compositions et dans les arrangements. On est en bonne compagnie dans un club de New-York où d'ailleurs de toutes façon on a décollé on ne sait plus où on est.
 Retour au peristyle, Jim Black nous rappelle à l'ordre, il est finalement très affuté et en osmose complète avec le groupe mais décidément c'est souvent trop fort à mon goût... Ok je me recule

Au set de 22 heures ils sont encore plus détendus, ils attaques des morceaux plus déstructurés, on ne parle plus de l'abstraction de la mélodie mais de l'abstraction de l'abstraction heureusement que la bière à fait son effet.   

Le groupe a publier deux albums dont le dernier "Work Your Magic" est paru en 2013, leur complicité et leur plaisir à jouer ensemble est palpable alors ça devrait durer.

 Jean-Marc Aguirre

mardi 24 juillet 2018

Hearing Things au peristyle

Le Jeudi 19 au Peristyle de Lyon

La bande originale d'un film de David Lynch au péristyle ce soir : vintage à souhait, un tantinet décalée et diablement attachante.
Matt Bauder saxophoniste et compositeur new-yorkais est programmé sur la scène du Peristyle pour 3 jours avec son projet Hearing Things: Un objet musical inclassable
Les musiciens outre atlantique sont, semble t'il, moins cloisonnés qu'ici; ainsi Matt Bauder qui intervient aussi sur la scène jazz propose avec ce projet une musique oscillant entre rock des années 60/70, ethio-jazz et pop.
Le son de l'orgue Hammond sous le contrôle de JP Schlegelmilch participe grandement à cette ambiance vintage  à la manière d'un Ray Manzarek des Doors.
Le look est lui aussi daté, le groupe est en costume blanc à bords noirs; excepté Ava Mendoza à la guitare électrique, seul élément féminin du groupe, qui est, elle, en noir : certainement en signe d'une confrontation sexiste.     
Ce soir là j'avais juste l'intention de passer une tête au Peristyle et j'ai finalement assister aux 3 sets. Cette musique hybride qui embarque des rythmes rock cinglants, des mélodies chaloupées entêtantes et des échanges solides et inspirés entre les solistes est décidément captivante.

A la fin des sets; et à l'heure de la dématérialisation généralisée,  le groupe propose à la vente leur dernier ...45 tours: Un tantinet décalée non ? 

La nouvelle programmation du Péristyle portée cette année par Olivier Conan élargie la scène à d'autres horizons musicaux et géographiques; les amoureux du jazz pourraient s'en désoler, mais ils sont, pour beaucoup, surtout sensibles à la bonne musique, le jazz en étant un des vecteurs,  alors amis jazzeux jugeons sur pièce et profitons de cette belle scène.

Jean-Marc Aguirre

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saxophones :Matt Bauder / guitare: Ava Mendoza / orgue : JP Schlegelmilch / batterie: Vinnie Sperrazza

lundi 16 juillet 2018

Thomas de Pourquery et son Supersonic à Jazz à Vienne

Le mercredi 11 juillet au Théâtre antique de Vienne

Un idéal de cohésion d'équipe, meilleur encore qu'un 11 de France;
Thomas de Pourquery, auréolé de sa victoire de la musique Jazz 2017, débarque à Jazz à Vienne pour la soirée "French Touch" avec son Supersonic, un groupe de rêve dont le seul objectif ce soir est de gagner la coupe du bonheur jazzistique du théâtre antique.
Allez les jazzeux!
Le public est venu nombreux quand même,  pour une soirée certainement  moins "facile" que d'autres, peut être sont ils venus se reposer d'un trop plein de ballon rond au goût Russe.
Jazz à Vienne est une première pour cette équipe, qui ne boude pas sont bonheur, d'être là.
Ils avaient sillonnés la France dès 2014 pour présenter l'heure premier album  " Supersonic play Sun Ra" un projet déjà délirant, album de l'année aux victoires du Jazz 2014  quand même. Les voilà  sur une des plus belles scène du monde, tout à fait à leur place après la sortie de leur 2ème album " Sons of love".
Thomas de Pourquery raconte qu'il avait envie de proposer de nouveaux "terrains de jeux" à ses camarades avec ce nouveau projet.
Et sa démarre à fond de cale, façon Jazz Métal Punk, l'énergie déployée est digne d'un groupe de rock au stade de France. Edward Perraud à la batterie toujours très spectaculaire n'a pas besoin de préambule pour être à fond les manettes dans une chorégraphie à la manière d'un clown blanc.
A chacune de leur prestations je suis étonné par leur jeu collectif qui tient pour un non musicien du surnaturel.
Le leader du soir s'adresse au peuple du soleil et de la rocaille, que nous sommes avec le soleil en face sur les pierres chaudes du théâtre :" Le passé a disparu, le futur n'existe pas encore, seul le présent est éternel"   oui il est perché le monsieur, mais toujours avec un humour décalé ravageur.

Du show je retiens notamment ,outre les moments de délire communicatifs, un duo du trompettiste Fabrice Martinez, le sage de l'équipe en cravate et de Frederick Galiay à l'archer sur guitare basse pour un moment digne d'un ascenseur pour Miles           
Thomas de Pourquery entraine le public de Vienne à chanter avec lui "Simple forces" du dernier album,et ça fonctionne assez bien, effectivement le groupe n'hésite pas à chanter et même à faire quelques enchainements chorégraphiques.
 "Révolutions" le dernier morceau de l'album et du concert commence doucement par une mélodie mélancolique et finit en mode pompier façon péplum très efficace pour susciter les rappels.
Que nénni, de nouveau morceau il n'y aura pas , ils reviendront sur scène pour faire simplement une photo dos au public, pour un plaisir égocentré qui cède à la selfimania.

Ça sera la fausse note de la soirée,
 pour le reste  la coupe à été remportée haut la main.

JazzMarc
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Thomas de Pourquery (Saxophone et voix), Arnaud Roulin, (clavier), Fabrice, Martinez (trompette), Laurent Bardainne (Sax ténor), Edward Perraud (batterie), Frederick Galiay (Basse), Arnaud Pichard (son)

       

samedi 14 juillet 2018

Avishai Cohen 1970 à Jazz à Vienne

Le jeudi 5 Juillet à Jazz à Vienne

J'adore cet artiste...
et pourtant j'y suis venu à reculons ce soir.
Avishai Cohen est vrai artiste qui se renouvelle à chaque nouveau projet avec une grande fraicheur;
il est là où on ne l'attend pas . Du trio jazz moderne il passe à un groupe oriental puis à un ensemble incluant un quatuor à cordes en gardant toujours sa singularité.


Ce soir il nous présente son tour de chant?!  oui lui le contrebassiste de jazz flamboyant s'est transformé en chanteur pop à l'occasion de son dernier album "1970" sorti l'année dernière.
Cet album est déroutant pour quelques-uns de ces fans, dont je suis, car là où jusqu'à présent
sa voix se limitait à quelques vocalises et quelques rares chansons parsemées dans sa production il en fait ici la vocation première du projet.

"1970" est une collection de compositions personnelles et pas mal de reprises sans grande originalité dans les arrangements et leur interprétation. "For no one" des Beatles  et "Motherless child" relèvent même de la maltraitance à mon sens.
Alors ce serait ça Avishai Cohen 2018: un chanteur un tantinet jazzy qui souhaiterait élargir son public?

Absolument pas!
Sur scène ce soir c'est à une toute autre réalité à laquelle nous avons droit pour notre plus grand bonheur.
En effet nous assistons à un vrai concert/spectacle digne du vrai showman qu'il a toujours été.
En live les musiciens ont plus d'espace, la musique est en liberté conformément au fondamentaux du jazz. Les quelques morceaux de l'album du soir sont magnifiés, notamment le "It's been so long" qui dans une version allongée m'a complètement emballé. Avishai nous présente aussi quelques nouvelles créations enthousiasmantes comme "When I am falling".
Il est, pour cette longue tournée européenne, accompagné par un groupe au son plutôt rock. Noam David  à la batterie, Marc Kakon à la guitare et Shai Bachar aux claviers en sont l'illustration.
La très belle voix de la fidèle Karen Malka préserve l'ambiance orientale et accompagne le maestro qui chante de mieux en mieux il faut le reconnaitre.
La créativité est toujours en œuvre avec Avishai, il joue les Marcus Miller en se promenant avec sa guitare basse en mode slap, Marc Kakon, lui, se transforme l'espace d'un morceau en rappeur, en français, très convainquant.
Au premier rappel , un magnifique morceau de 2005 qu'on avait presque oublié "remenbering",
il enchaine avec le très festif " Vamonos Pa'l Monte" propice à faire lever les foules ... et ça marche.
Au deuxième rappel, oui il reste fidèle à "Alfonsina y el mar" seul à la contre-basse comme il en a l'habitude et ça fait toujours mouche.

Avishai nous a dit que Vienne était la plus belle scène du monde et nous en a envie d'y croire, et de le revoir très vite avec un autre projet qui nous étonnera encore.
J'adore cet artiste...

 JazzMarc  
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Soirée New génération à Jazz à Vienne

Le mercredi 4 juillet au théâtre antique de Vienne

Moins de quinqua-sexagénaires que d'habitude à Vienne ce mercredi 4 juillet 2018 pour accueillir la " New Generation" , ceux qui mâtinent leur jazz d'hip-hop et d'électro.



Comme ces diables de Canadiens de Badbadnotgood ( keyboardist Matthew Tavares, bassist Chester Hansen, saxophonist Leland Whitty, and drummer Alexander Sowinski ). Le sax peut sonner comme Dick Parry ou comme Brandford Marsalis, le clavier rappelle Chick Corea, le batteur parle au public et frappe sec, le bassiste a le groove.
La musique évolue entre mélodie style musique de film et rythmes urbains très contemporains. Des sonorités nouvelles, c'est toujours bon à prendre.
Et le public commence à danser à l'appel du batteur.

Moins cependant que pour le deuxième groupe de la soirée, franchement funky, qui met le feu à la salle avec une réinterprétation musclée des Bee Gees , "Staying alive", ça vous rappelle quelque chose ? Mais avec Cory Henry, ex-membre de Snarky Puppy, à l'orgue Hammond, et son band des "Funky Apostoles" qui déménage derrière, c'est autre chose qu'avec la bande à Gibb.
Mention spéciale pour les deux choristes (et danseuses) Denise Stoudmire moulée dans un body noir, et Tiffany Stevenson en short blanc , rappel aux anciens des Ikettes, et qui peuvent se flatter d'avoir aussi un beau brin de voix.
Alors sur "Proud Mary", vous comprenez ce que ça peut sonner. Le public danse encore davantage et l'ambiance  réchauffe l'air de cette soirée où le vent annonce la pluie.

Celle-ci n'arrivera qu'avec le troisième groupe, celui de Robert Glasper,"R+R = Now" qui avec les changements de plateau, ne commence qu'à vingt-trois heures vingt-cinq.

Je n'en écouterai donc qu'un morceau avant de lâchement capituler face aux éléments. Mais prometteur. Je reviendrai les voir une autre fois ! J'ai calculé tout à l'heure que ça fait 24 ans que je fréquente ce festival ...

                                      François Jazzbôf

dimanche 3 juin 2018

un fabuleux pianiste: Richie Beirach


Le numéro de mai de Jazz magazine attirait l'attention sur un enregistrement de Richie Beirach (un pianiste new-yorkais) avec les frères Brecker, intitulé "Inborn".

Cela fait plusieurs jours que je cherche ce double CD (Gibert, Fnac) sans le trouver (il faut dire que je me refuse à faire travailler Amazon).

Par hasard, je viens de tomber sur un enregistrement de 2012 de Richie Beirach avec Randy Brecker mais sans son frère Michael (malheureusement emporté par une leucémie en 2007).
Curieux de découvrir ce concert donné au Birdland de N.Y. Je l'ai donc acheté et c'est un vrai bonheur.
Richard Beirach est un pianiste fin et émouvant qui joue ici avec un violoniste très intéressant,
Le Fameux "Inborn"
Gregor Huebner.

Les autres membres du groupe, outre Randy Brecker, sont George Mraz (basse) et Billy Hart (batterie). Richie et Gregor composent trois morceaux sur six, arrangent "la Siciliana" de Bach sur un quatrième, et reprennent "Gene" de Paul et John Coltrane pour les deux derniers.

Un vrai régal qui me renforce dans l'envie d'écouter cet enregistrement de 1989 avec le saxophoniste prodige, Michael Brecker.
Si vous le trouvez, n'hésitez pas ! C'est un bon investissement culturel.

                             François Jazzbôf

mardi 22 mai 2018

Stracho Temelkovski Quartet à l'Amphi

Le jeudi 17 ami à l'Amphi Jazz 

A quoi reconnait on un artiste, un vrai ?
sans doute au fait qu'il trimballe son propre univers !?
 
L'univers musical de Stracho Temelkovski, en résidence à l'AmphiJazz cette semaine,  est baigné d'abord par la culture des Balkans, région de son enfance, il est aussi traversé par tellement d'influences qu'il en devient un objet totalement singulier.

Ce soir il pourrait s'agir d'un concert de "musiques du monde" catégorie un peu facile en guise de fourre-tout, pourtant j'aime assez cette idée dans le cas de Stracho Temelkovski tant il invente la musique d'un monde fantasmé, d'un monde idéal qui aurait vu fraterniser l'Europe, l'Orient et l'Afrique; avec le jazz comme principale vecteur de fraternisation.     

Stracho est un insatiable homme orchestre. Il est tantôt aux percussions tantôt à la  guitare basse ou à la viola voir tout à la fois. Pourquoi se limiter à un instrument quand on a 2 mains, 2 pieds et une bouche. Quand les mains sont prises par les 2 guitares, il peut faire les "percus" avec sa bouche et ses pieds. What else ?
Malgré son talent l'exercice de style pourrait tourner à la démonstration s'il ne s'était entouré de trois pointures qui ne se font nullement oublier.
Ashraf Sharif Khan est le musicien le plus exotique du quartet venu du Pakistan avec sa sitar; quelques notes de son étrange instrument suffisent à nous transporter vers son ailleurs, la fusion avec les autres semblant étonnamment naturelle.
Le duo de choc, locaux de l'étape, Jean-François Baëz à l' accordéon et Jean-Charles Richard aux  saxophones complète l'ensemble démontrant à chacune de leur interventions une entente qui tient elle du surnaturel.

Nous avons entendu ce soir des fanfares Balkanes, des musiques de mariages et des mélodies plus mélancoliques qui pourraient évoquer la nostalgie et l’exil; ainsi le voyage onirique côtoie d'autres voyages plus douloureux.
"Le miel de la vie" composition de Stracho évoque justement le fait que la vie n'a pas toujours le goût du miel, ce morceau en particulier se termine dans un délire collectif... un délicieux chaos.

Ce quartet a ravi un public clairsemé, quelques chanceux sortis les yeux encore brillants de contentement.
Stracho annonce le concert prometteur du lendemain "The Sound Braka", où le quartet devient sextet : est ce bien raisonnable? non ! alors tant mieux! 

 JaZZmarc
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mardi 1 mai 2018

Suzanne Abbuehl à L'amphi Jazz: Le monde selon Abbuehl

Le samedi 28 avril 2018 à l'Amphi

Le monde selon Abbuehl n'est que douceur, légèreté et volupté!

Pour son troisième jour de résidence à l'Amphi Suzanne Abbuehl nous propose de visiter son dernier album paru en 2017 : Princess


Dans le monde d'Abbuehl la voix n'est que chuchotement, douce mélopée et scat susurré; le public de l'amphi en est resté coi! Comme la qualité des silences a un rôle central dans l’atmosphère que pose l'artiste, ici associée à une sonorisation exceptionnelle, les conditions d'écoute sont ce soir  irréprochables.


Dans le monde d'Abbuehl  le batteur ne frappe pas les peaux, il les caresse, les effleure  et parfois même il se contente de les frôler. Øyvind Hegg-Lunde, d'origine norvégienne, plus percussionniste que batteur nous a bluffé dans cette approche singulière de son rôle. Point de baguette seules des balais voir des maillets avec beaucoup de feutre ont droit de cité ici. Des sources de son différenciés sont multiple:  des clochettes et autres petites soucoupes de métal; un vrai festival de douces percussions.
Nous avons même eu droit à un solo de batterie uniquement avec des balais: Rarissime !

Pour l'album "Princess" Suzanne Abbuhel reprend à son compte des compositions de Jimmy Giuffre, Don Cherry, Keith Jarrett et Stephan Oliva superbe pianiste complétant le trio du soir.
Un pianiste délicat qui évite les excès de virtuosité, jouant avec précision les notes absolument indispensables. “La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer.” Antoine de Saint Exupery

Parmi les perles que nous ont offert le trio, j'ai retenu la belle reprise de Keith Jarrett  " Great Bird", une version infiniment mélancolique de "What a Wonderful World" la plus triste qu'il m'est donné d'entendre à ce jour, et un échange Batterie/voix délicieux sur "Mosquito Dance" de Don Cherry.

Au premier rappel  une gourmandise qu'est "Ida Lupino" du premier album "April"  qu'elle avait déjà chanté ici même il y a une dizaine d'années.   

Suzanne Abbuehl est une grande dans le monde réel du jazz, elle est sur un chemin de crête loin des hurleuses et des standards rabâchés, elle fait son chemin en toute sincérité et singularité.

Alors ne la ratez pas !

Jazz-Marc
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samedi 7 avril 2018

Jacques l'a dit


Il le savait bien qu'il n'était "qu'un grain de poussière". Et aujourd'hui il est parti "dans le désert de la solitude d'où jamais nul ne revient".


 Il nous avait appris à
planer ("Paris-New York, New York Paris"),

rugir ("moi je veux plonger mon poing dans ta gueule ouverte"),

espérer ("qu'est-ce que j'donnerais pas pour être au chaud dans les bras de cette fille de Saint-Malo"),

déclarer notre amour ("tu es la beauté que j'adore car elle m'a appris à aimer"),

avouer nos échecs ("je ne peux plus dire je t'aime,sans donner ma langue à couper").




Aujourd'hui qu'il n'est plus "sur la terre , face aux dieux,tête en l'air".
Mais il est encore parmi nous .
"Izia,le vois-tu,l'homme oiseau, te saluer d'en haut?".

Il nous a légué "le courage de vivre" car "quoiqu'il arrive (nous dit-il) je serai toujours avec toi"

                              François Jazzbôf
                              "Hommage à Higelin"

J'suis qu'un grain de poussière


L'homme oiseau



mardi 13 mars 2018

SURYA avec Didier Lockwood en 1977

Enregistré en août 1977, le LP (comme on disait alors) de Surya est celui d'un super groupe de jazz-fusion comprenant outre Didier Lockwood au violon, son frère Francis aux claviers ,Sylvain Marc à la basse, Jean-My Truong à la batterie , Luc Plouton au synthé et Jean-Claude Agostini à la guitare.

Enregistré au studio Damiens de Boulogne par Luis Clos-Garcia, ce disque renferme plusieurs pépites jazz-rock et même une trilogie funky de cinq minutes en fin de face deux.

   Sa pochette est on ne peut plus simple: un cercle d'or sur fond blanc surmonté du nom du groupe en capitales d'imprimerie. Quelle bonne surprise de tomber dessus en fouillant les bacs de la convention du disque qui s'est tenue ce dimanche 11 mars 2018, à l'Espace Tête d'Or à Lyon.

   Signalons au passage l'amélioration de l'organisation de l'événement (davantage de place,la présence d'une célébrité - en l'occurrence Philippe Manoeuvre venu dédicacer son dernier guide et qui ne dédaigne pas chiner avec les collectionneurs ).Précisons aussi que le disquaire qui m'a vendu l'objet à un tarif raisonnable (15 euros) vu son excellent état (à peine une demi trace de doigt) est un local,puisqu'il s'agit de Music Avenue qui est établi aux Puces du Canal tous les dimanche de 9h30 à 14h30.

    Mais revenons à notre disque. Quasiment quarante ans après sa sortie, il reste d'une modernité étonnante.Sans aucun doute un tel groupe serait l'une des attractions majeures de n'importe quel festival actuel.Malheureusement,sa reformation ne pourra jamais avoir lieu comme vous le savez tous. Ecoutons donc ce vinyle magique à défaut de l'entendre en live.

                               François Jazzbôf