Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


dimanche 3 février 2019

"Green Book" de Peter Farelli


Deux petites pépites qui m’ont réchauffé le corps et l’âme en plein cœur de l’hiver. 2/2

Un film « Green Book » de Peter Farelli, un Road Movie dans les États conservateurs du Sud des US, dans les années 60 à Memphis on y croise peut-être Li Gran Zombi jouant de la Gibson La Moderne au fond d’un bouge.


Je ne me souviens plus très bien. Mais Tony La Tchache alias Viggo Mortensen (Énorme ! et c’est le cas de le dire) parvient à nous faire croire qu’il est rital (c’est déjà une performance, j’ai pensé à De Niro...) un peu rustre, il est aussi chauffeur de Don Shirley (Mahershala Ali) un pianiste élégant, intello et raffiné, trop noir pour jouer du Chopin.

Don Shirley est un musicien qui a existé, tout est vrai dans ce film, enfin presque. Tony l’accompagne le temps d’une tournée.

 Mais qui est le plus noir des deux ?



Green Book est un guide touristique écrit par Monsieur Green indiquant les lieux où les gens de couleurs sont admis. C’est intelligent, fin et drôle. Les routes du Sud, les visages du Sud, une bande son de Debussy à Little Richard...Un petit peu de chaleur au cœur de l’hiver. Enfin presque.




JC JazzBÔf




"Vintage" de Grégoire Hervier

Deux petites pépites qui m’ont réchauffé le corps et l’âme en plein cœur de l’hiver. 1/2

Un polar (le Quai approche...) : « Vintage » de Grégoire Hervier, un Road Trip Rockn’roll qui nous emmène de Paris à Memphis en passant par l’Ecosse. Un jeune musicien, vendeur de guitares à temps perdu, s’en va livrer une guitare à un riche  collectionneur vivant dans un manoir au bord du Lock Ness. Est-ce Jimmy Page qui va ouvrir la porte ? Je ne dirais rien, mais en tous cas on lui a volé sa Gibson, un exemplaire mythique La Moderne. Une guitare conçue pour enrayer l’ascension de Fender. Hendrix en aurait joué. Un seul guitariste la possèderait à ce jour, Billy Gibbons (ZZ Top). Mais existe-t-elle vraiment ?

Notre jeune musicien missionné par ce collectionneur  part à la recherche d’une preuve et d’un (vrai) guitariste, Li Gran Zombi, qui pourrait être un Johnny Winter. Tout est vrai dans ce polar, enfin presque... On apprend plein de choses sur la naissance du Rock’n roll, la musique de Satan, l’anagramme de « song to rest in Hell » n’est-elle pas le nom d’un grand groupe de rock (le plus grand ?)  Allez, on cherche. Facile.

 Ça m’a donné envie de revoir Blow Up et de réécouter Whole lotta Love pour verifier si Jimmy utilise bien  le thérémine sur le pont du morceau. Et je l’ai fait. Tout est vrai vous dis-je, enfin presque.


JC JazzBÔf
 

mardi 29 janvier 2019

Brad Mehldau ou presque au Hot club de lyon avec Mark Priore

 Le mercredi 23 janvier au Hot Club de Lyon

C'est à l'initiative de Zaza Desiderio que ce concert hommage à Brad Mehldau s'est monté.
Le batteur bien connu de la scène jazz régionale, toujours à la recherche de nouvelles confrontations musicales s'est entouré cette fois de deux jeunes musiciens maintenant parisiens avec comme début de projet leur amour commun pour la musique du prestigieux pianiste américain: Brad Melhdau.

C'est sur Mark Priore que porte la lourde tache d'être comparer à son illustrissime idole au piano.
L'idée du concert est de faire un mixte de musiques jouées par Brad Meldhau et de compositions personnelles proches de l'univers de Brad Melhdau.

Après une entame de concert sur une composition de Mark en mode swing qui a bien dégourdi nos 3 compères et déjà posé le niveau de l'ambition du soir, nous voilà parti sur une composition emblématique de Melhdau "Unrequited".
Le thème principale est bien là, l'esprit du compositeur initial aussi mais après,..après nous sommes dans le jazz Monsieur;  soit en totale liberté. Aussi selon l'ambiance du soir, la température du moment voir le taux d'hygrométrie, et surtout l'inspiration alimentée par quelques pensées fuguasses le "pianiste Héro" nous offrira son œuvre: Ce soir la température et l'ambiance étaient parfaites et les pensées de l'artiste devaient être forts belles.
Ce n'était pas Melhdau ce soir, il ne nous a pas manqué, car nous avons été bluffés par ces jeunes pousses nullement impressionnés, eux, ni par la star américaine ni par la scène du Hot  qui en a vu et entendu d'autre du haut de ses 70 ans.
Mark Priore s'est formé dans la région au contact de  Alfio Origlio et Mario Stantchev puis a intégré depuis le Conservatoire National Supérieur de Paris et commence à se produire sur quelques grandes scènes. On va le revoir le garçon et j'espère un peu à Lyon quand même.

Selon le théorème de Melhdau qui a théorisé jusqu'à plus soif sur l'art du trio,
"la qualité du jeu du pianiste dans un trio est directement liée à celle de ses 2 acolytes" :-)
 Alors ce soir Mark Priore est parfaitement stimulé, car ses partenaires nous impressionnent tout autant.
 Sur un morceau de Radiohead "Knives out" que Melhdau reprend sur son album "Day is done"  Zaza prend la main le voilà parti pour nous donner, à grande vitesse, sa propre vision du morceau à côté de celle, qui semble tout autre, des deux autres musiciens. Alors c'est un pur chaos magnifique qui s'installe dans lequel nous nous serions bien délectés plus longtemps.
Benoît Quentin à la contre-basse n'est pas en reste, tant dans l'ossature de certains morceaux que dans les soli qu'il délivre avec un son limpide. 
Une reprise de Chico Buerque avec "que sera" une autres des Beatles  avec "black bird" d'ailleurs ce sont  plutôt des reprises de reprises qui nous sont servis. Quoi qu'il en soit nous sommes refaits. 
Le deuxième set sera plus consacré à des compositions personnelles de Mark Priore dans le même esprit et avec beaucoup d'originalité.

Grande soirée donc proposée par le Hot, en mettant à l'affiche ceux qui transforment le jazz aujourd'hui.
Jazz will never die ...like this!

JazzMarc

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Mark Priore: Piano / Benoît Quentin: Contre-basse / Zaza Desidario 

lundi 21 janvier 2019

Fabrice Tarel Trio au Periscope

Photo: Jean-Pierre Jacquot
Le vendredi 18 janvier au Periscope.

Retour aux sources.
Retour vers une belle scène de Lyon au cœur du quartier de Perrache désormais totalement rénové. Je découvre à cette occasion une magnifique fresque monochrome en face de l'entrée du Periscope; tout un mur évoquant les fonds marins et la musique; c'est bien vu pour évoquer la mission d'un périscope scrutant avec passion les musiques vivantes. Cette fresque a été inaugurée en novembre 2018, elle a été réalisée par Krea avec la participation des enfants du quartier. Chapeau !  (Voir une vidéo sur ce projet)
Photo: Jean-Pierre Jacquot

Retour aussi pour l'occasion à la formation reine du jazz, aux bons vieux fondamentaux d'un trio Piano/contre-basse/ batterie des familles. Ce soir c'est celui de Fabrice Tarel qui présente son quatrième album sorti récemment "The Journey".
C'est d'abord le pianiste compositeur qui prend toute la lumière, Fabrice Tarel a créé ce trio en 2006 en Angleterre. Ses compositions sont très élaborées, au sein d'un même morceau le musicien sautille d'une phrase mélodique à une autre, nous entrainant ça et là dans des cheminements alternatifs improvisés.
Mais dès qu'ils ont un peu d'espace les deux autres protagonistes à la rythmique ne se contentent pas de faire de la figuration. Charles Clayette à la batterie, et Yann Phayphet à la contre-basse se révèlent être deux grosses pointures très enthousiasmants à chacune de leurs interventions en solo.          
Des titres du soir je retiendrais particulièrement "Last day" un morceau énervé aux sonorités très rock, et "True love" le dernier de l'album qui décline un thème entêtant illustrant parfaitement la maturité et la cohésion du groupe.

Un concert propice au lâché prise,
une musique accélératrice de rêves
un raccourci vers le bonheur, vers toi peut être? ...  

JazzMarc

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Fabrice Tarel : piano et compositions Yann Phayphet : contrebasse Charles Clayette : batterie    

jeudi 17 janvier 2019

Le mardi 15 Janvier au Hard Métal

Le dernier passage de Shakin'Street à Lyon se fit en première partie d'Eddie & the hot rods à la salle Rameau il y a presque 42 ans jour pour jour, le 17 janvier 1977.

Son retour au Rock'n Eat, salle de hard-metal de Vaise, qui n'existait pas à l'époque, est donc un événement. La moyenne d'âge du public tourne autour de la soixantaine et l'on imagine tel catogan moins blanc ou tel ventre à bière moins proéminent qu'aujourd'hui à la fin des seventies.
En première partie, un groupe local (des environs de Bourg-en-Bresse), Salhem, chauffe l'assemblée : le bassiste a un look d'enfer et le chanteur une voix à la J.J.Goldman sur des intonations à la Bernie.

 Après ce premier set et la rotation du matos arrive le groupe vedette : celui que l'on repère le plus vite est Ross the boss, ex-guitariste solo des Dictators (remember boys !), qui a pris lui aussi quelques kilos. A tel point qu'il me cache Fabienne Shine, la chanteuse mythique du groupe dont la carrière a croisé les chemins de Jimmy Page et de Buck Dharma.
Car elle, elle est restée mince et (en tout cas de loin) juvénile. Le concert commence par le grand succès du groupe, "Solid as a rock".
Coup de baguette magique: je n'ai plus soixante-trois ans mais vingt-deux , je ne suis plus à Vaise mais aux Terreaux et en sortant,on ira boire une bière aux Negos.
Le second titre est du même calibre, "No compromise", refrain que reprend le public averti de cette soirée exceptionnelle.Tout baigne! Et puis ... au troisième morceau se manifeste une nuisance sonore, une sorte de résonance qui parasite la musique. Elle va s'en aller, puis revenir et gâcher une partie de notre plaisir.
Mais Shakin'Street continue à nous secouer, le batteur se plaignant que ses futs sont mal fixés tant il les malmène.
Le répertoire est celui du dernier disque de Fabienne et celui des classiques du groupe. Ainsi nous aurons droit à un excellent "Soul dealer", à "Every man, every woman is a star" et bien sûr à "Vampire rock".
  En rappel, les cinq musicos (j'ai oublié de vous parler du hiératique guitariste rythmique et du bassiste viking) n'hésitent pas à reprendre "I wanna be your dog" pour lequel Fabienne fait remarquer qu'elle porte le collier approprié, même si c'est à son chat qu'elle l'a pris.

Une fois descendus de scène ,les membres de Shakin'Street se mèlent volontiers à la foule de leurs admirateurs. Ainsi j'ai pu échanger quelques mots avec Ross the boss plein d'humilité qui nous dit découvrir qu'il est une star . Fabienne nous ayant avoué qu'ils n'en étaient qu'à leur 4e date,nul doute que cette popularité ne fera qu'augmenter tout au long de la tournée.
En tout cas, merci au Rock'n Eat pour cette programmation et longue vie au hard rock des seventies !

                                                        François Hardbôf

 

samedi 22 décembre 2018

Bohemian Rhapsody, biopic du groupe Queen par Bryan Singer


Rapidement, puisqu'à l'heure actuelle, vous avez sans doute tous vu ce film musical.Bryan Singer, réalisateur d'"Usual suspects" et de plusieurs X-men, s'y est collé.

Le contrat est rempli :la principale qualité de ce film est d'entendre les grands succès du groupe Queen et de réaliser la créativité des quatre musiciens qui le composaient.Citons entre autres les hymnes "We will rock you", "We are the champions" et "Another One Bites the Dust".

 Seconde qualité: ne pas tomber dans le pathos à propos de la fin tragique de Freddy Mercury (le S.I.D.A. étant juste suggéré par quelques gouttes de sang crachées dans une serviette de bain et la confession que fit le chanteur aux autres membres du groupe avant le Live Aid, concert gigantesque organisé par Bob Geldof au bénéfice de l'Afrique affamée en 1985).

Troisième atout:le mimétisme des acteurs qui incarnent les quatre musiciens: Rami Malek (dans le rôle de Freddy Mercury),Gwilym Lee (Brian May),Ben Hardy(Roger Taylor) et Joseph Mazzello (John Deacon).Le générique de fin présentant des images d'archives nous confirme ces ressemblances ahurissantes.

 De plus, quelques anecdotes savoureuses comme celle du producteur (Trident, label de la maison E.M.I.) qui se fâche avec le groupe à l'aube de son explosion parce qu'il refuse de sortir en 45 tours la chanson "Bohemian Rhapsody", trop longue (6 minutes) pour les radios américaines.
Astuce ultime: le film se termine sur la reconstitution du set de Queen au Live Aid de Wembley qui donne envie de se lever et d'applaudir (ce que ne manquèrent pas de faire certaines salles lors de la diffusion du film).
 Bref ! Un bon moment dans les salles obscures...

                                                   François Rockbôf

mardi 18 décembre 2018

jazz en hiver à Evian : le festival de la Grange au lac 2018

La grange à Evian les 14 et 15 décembre 
Programme riche que celui de ces 14, 15 et 16 décembre 2018 à Evian, dans une magnifique salle dont nous avions déjà parlé sur ce site. En l’occurrence une collaboration exceptionnelle d'Avishaï Cohen avec l'orchestre Sinfonia de la Grange au lac (17 musiciens -violon, alto, violoncelle et contrebasse-), ensemble à cordes qui va épater le bassiste israélien en adaptant l'un de ses morceaux écrit pour piano. Accompagné d'Elchin Shirinov au piano et d'Itamar Doari aux percussions, Avishaï nous fait entrer dans un monde oriental qu'il affectionne, chante et nous fait danser à l'issue de son deuxième set et remplit largement son contrat d'artiste innovateur et chaleureux.

  Que dire alors de la prestation du lendemain soir, celle du Shai Maestro Trio (l'ancien pianiste d'Avishai se faisant accompagner de Jorge Roder à la contrebasse et d'Ofri Nehemya aux percussions). Car Shai commence à vingt-heures quinze en trio et nous montre son talent de pianiste aux lisières du jazz et du classique, se refusant à nous donner sa set list et annonçant que son illustre invité arrivera en seconde partie. Puis c'est l'entracte, inévitable dans cette soirée organisée par le Royal Hotel,ses vins et son champagne sur canapés.

  Mais à la reprise,notre trio accueille celui que Shai considère comme un maestro, celui qui lui a même donné envie de jouer du saxo avant de passer au piano, cet invité tant attendu qui entre sur scène un peu avec la démarche de la panthère rose .Ce saxophoniste , c'est Joshua Redman et le morceau qui va tous nous envoyer au Nirvana, c'est "Zarafah". Et à partir de là, le concert ne sera plus le même, Joshua et ses complices nous entrainant dans leurs univers sonores, captant notre esprit par des notes que même au jardin d'Eden on ne dut pas connaitre. Impossible de vous citer les morceaux joués tant ils étaient transcendés par le quartet magique que nous avions devant nous et qui joua une bonne heure et demie.Fantastique ! Et tout cela avec une bonne humeur communicative.A vingt-trois heures quinze, repus de rythmes et de mélodies, les yeux brillants de bonheur, nous sortimes de cette Grange magnifique. Le lendemain, à quinze heures, devait encore officier l'Amazing Keystone Big Band sur le Carnaval des Animaux conté par Denis Podalydès. Pour notre part, nous nous arrêtions là, récupérant notre carosse dans une mini tempête de neige qui montrait bien que quelque chose s'était passé ce soir !

                                                      François Jazzbôf




Zarafah !



mercredi 12 décembre 2018

Un film russe pour amateurs de rock : Leto


  Si vous avez envie de redécouvrir le pouvoir subversif de la chanson "Psychokiller" des Talking Heads (un vrai film dans le film avec coloriages et gribouillages à la fois), mais aussi de découvrir la scène rock en U.R.S.S à la fin de l'ère Brejnev, courez voir l'excellent long métrage de Kirill Serebrennikov :"Leto".


Le choix du noir et blanc évoque bien ce qu'a du être cette époque pour la jeunesse soviétique. Ces clubs de rock surveillés par le pouvoir où les spectateurs assis en rang d'oignon doivent rester le plus calmes possible relèvent du supplice de Tantale.
Le réalisateur a d'ailleurs la bonne idée de représenter une sorte de conteur(un peu comme Kenneth Branagh dans "Henry V) qui introduit les scènes rétablissant ce qu'aurait dû être la réalité.

  Découverte aussi de l'influence du glam rock ( T.Rex , Lou Reed, David Bowie ) sur les musicos soviétiques du début des années 80 et des moyens de fortune dont ils disposaient pour écouter la musique qu'ils aimaient.
Touchante histoire d'un ménage à trois ( le rocker reconnu, sa femme séduisante et le nouveau rocker ) où l'amour de l'art l'emporte chez le premier sur l'amour tout court mais où la femme se révèle plus subtile que l'Eve biblique devant l'arbre de la tentation.

Quant à la bande-son, elle est excellente. Rentré chez moi, je consulte le Net et apprend sur le site de Telerama que c'est l'histoire de " Viktor Tsoï, Eurasien à la gueule d’ange ténébreux,[qui] n’est pas encore le chanteur du groupe new wave Kino, dont le tube "Changement !" a servi d’hymne à la perestroïka."
Décidément, on en apprend tous les jours .Serebrennikov est en résidence surveillée dans la Russie d'aujourd'hui tant la transparence n'est plus de mise chez Poutine.

                                           François Rockbôf

samedi 8 décembre 2018

Neneh Cherry : Broken Politics

Voilà un album qui ne me quitte pas depuis quelques jours,
il passe et repasse sur mon lecteur deezer où que je sois alors on en parle!

La musique d'abord: une fusion Pop/rock/Hiphop/Electro/ Triphop  très léchée.
Souvent se sont des boucles à la harpes au piano ou au synthé, associé à une rythmique très riches : des petites clochette délicates ou une basse electro lourde  et Neneh Cherry qui déroule avec une voix tantôt mélancolique et tantôt grave en protest song.

Ce disque et un constat de sa désillusion de la politique, ses textes évoques par exemple les migrants dans "Kong" ou de la prolifération des armes "Shot Gun Stack"  

Utile donc mais aussi carrément bon!
Cet album me fait penser à  l'univers de Brian Eno  lors notamment de sa collaboration avec  les Talking Head de "Remain in ligth" : Captivant et enivrant.


 A écouter donc de toute urgence, dans cette période tourmentée ! pour avancer les yeux bien ouverts ! 
JaZZmarc


"De pouvoir réunir toutes les pièces de mon parcours, du jazz au hiphop et j’ai l’impression que oui, tout y est. Le disque est très organique, on l’a enregistré en cinq jours seulement et ça s’est fait très naturellement. Et oui, je l’aime beaucoup." Neneh Cherry interview pour FIP










mercredi 5 décembre 2018

Kyle Eastwood à la Chapelle Sainte Trinité

Le vendredi 30 novembre à la chapelle Saint Trinité.

L'endroit est splendide le plateau annoncé l'est tout autant.
Kyle Eastwood , le beau gosse du jazz vient nous présenter son 8 ème album "in transit" dans cette magnifique chapelle du 17 ème siècle de la presqu'ile de Lyon: La Sainte Trinité.

Une fois l'effet Whaou passé, je ne m'en lasse pas de cet endroit, notre cowboy apparaît dans l'autel, il entre en scène quoi, avec son quintet haut de gamme   !
Kyle Eastwood c'est le respect de la  tradition de jazz, la modernité d'un musicien de son temps, dans le style guitar héro,  et l'évocation des grands espaces cinématographiques.
Pour la tradition les deux premiers morceaux d'influence bebop respectent le modèle bien rodé du lancement d'un thème qui laisse place à une succession de soli des différentes protagonistes. Avec le niveau du quintet du soir il est, dans tous les cas, impossible de s'ennuyer: du haut de gamme dans la virtuosité et l'inspiration.

On se rend compte très vite, et c'est une déception, qu'une chapelle n'a pas été conçue pour du son amplifié. Les sons graves, la basse surtout, en fait les frais, ce qui pour ce soir est un comble avec un contre bassiste en leader.
Pour la modernité, au troisième morceau Kyle Eastwood lance un séquenceur et prend sa guitare basse pour "Swamp to an oasis" du dernier album, le son ne s'arrange pas pour autant pour lui, mais le morceau bien enlevé  nous fait frétiller sur notre chaise.

Suit une version somptueuse de "Marrakech" de l'album "Paris Blue", mélodie implacable, ligne de basse entêtante et un solo de Brandon Allen au saxophone soprano de toute beauté.
Pour la partie cinématographique nous avons droit ce soir à une reprise de la bande originale de "Cinéma Paradisio" d'Enio Morricone : de la douceur en plan large.

Côté hommage nous avons entendu ce soir le morceau "Jarreau" composé par le très bon pianiste présent sur scène Andrew McCormack, et une reprise du fameux  « Boogie Stop Shuffle » de  Charlie Mingus.
Le son de basse s'est arrangé en fin de concert, il paraît que notre cerveau s'habitue et corrige la qualité du son perçu selon l'ingé son du soir ( Il est modeste me semble t'il)

Le dernier Album "in transit" est le résultat d'un vrai projet de groupe, il est constitué essentiellement de compositions de plusieurs membres du groupe, la restitution sur scène est alors d'une grande fluidité et cohérence, un vrai bon moment de jazz.
Le public s'est révélé bien sage au final, nous n'avons eu droit qu'à un rappel avec le très bon "Movin" 
Souhaitons bon voyage à cette tournée "in transit" qui devrait faire quelques heureux.

JazzMarc    

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Kyle Eastwood contrebasse, basses / Andrew McCormack piano / Chris Higginbottom batterie/ Quentin Collins trompette, bugle/ saxophones




Et la vision de François JaZZbof
Entre nous, on l'appelle Kyle ,tout court, sans Eastwood, tellement il nous est devenu familier. Nous l'avions déjà vu et écouté deux fois à Marciac, avec bonheur. Ce soir, il est présenté dans un écrin baroque, la chapelle de la Trinité enchassée dans le lycée Ampère à Lyon.C'est peut-être la seule erreur: car une chapelle baroque, ce n'est pas vraiment prévu pour du jazz et nous constaterons dès le premier morceau que les basses souffrent d'une réverbération qui les étouffe.C'est vrai pour le piano (mais il lui reste les aigus).C'est vrai surtout pour la contrebasse, ce qui est,reconnaissez-le, bien dommage.
  Car Kyle progresse à chaque concert, il joue sans cesse, il pousse un maximum. "Rockin' Ronnie's" ou  "Jarreau" ,compositions du dernier CD In transit, nous semblent déjà familières. "Marrakech" est enlevé de preste manière.On verse une larme sur "Cinema Paradiso"d'Ennio Morricone."Boogie Stop Shuffle" (si ma mémoire est bonne, mais je peux me tromper), de Charlie Mingus , est transcendé Et "Movin', le rappel, est une réussite.
  Or Kyle n'a que cinquante ans et reste toujours aussi fringuant (demandez à ma belle-soeur, elle en est fan). Que va-t-il nous pondre la prochaine fois? En tout cas, les musiciens dont il s'entoure ( Andrew McCormack  au piano , Brandon Allen au saxophones, Chris Higginbottom à la batterie et Quentin Collins à la trompette)  peuvent encore l'aider à aller plus loin.

                                        François Jazzbôf