Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


jeudi 16 juin 2011

Festen à la Clef de voute

Le 15 juin à la clef de voute.
J'aime le jazz...j'aime le jazz quand il est inventif, quand il colle à son époque sans renier ses fondamentaux.Ce soir à la clef de voute le groupe Festen nous a gâtés, il a livré un Jazz moderne teinté de multiples couleurs parmi les musiques actuelles Rock ou l'electro. C'est un jazz qui parle facilement à un public jeune, qui était, d'ailleurs, venus nombreux.

On a du mal a donner une étiquette à leur musique, dans tous les cas on sent dans leur démarche une constante créativité, la recherche de nouveaux rythmes, d'enchainements originaux, et nouvelles sources d'inspiration. Ils sont à l'aise dans la maitrise de leur technique, et sans complexe pour aller inventer leur propre univers.

Le groupe est très cohérent et complice; le "grand"Jean Kapsa est au piano, comme ont aimé à l'appeler ses acolytes, concert après concert, Jean s'affirme, dans des intros léchées et des solos ambitieux. Au Sax Danien Fleau est très convainquant surtout quand il se lâche aux points culminants de ses solos, la rythmique,elle, fait bien plus qu'accompagner les deux solistes,Olivier Degabriele à la basse et Maxime Fleau à la batterie sont solides et ingénieux.
Le répertoire aurait pu être composé en majorité de morceaux de leur très bon premier album sortie tout juste en décembre 2010, mais déjà le groupe présente de nombreuses nouvelles créations très élaborées et accrocheuses, avec notamment "Grandfather's Bed" un morceau syncopé façon JazzRock et une reprise de Trent Reznor"In Motion" plutôt dans l'univers électro qui se révèle un vrai exercice de style, pleinement réussi. Tout ça nous promet un prochaine album innovant et qui aura, en plus, bien été rodé sur scène avant son enregistrement.
Le jazz est une musique qui vit, l'énergie créatrice d'un groupe comme Festen nous rassure quand à nos prochaines émotions musicales.
A l'écoute ici

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Photos : Laurent Peix son site
JaZZmarc

lundi 6 juin 2011

PierreJean Gaucher : Melody Makers

Le 13 février 2010 au Periscope,nous avions découvert Pierrejean Gaucher qui nous présentait sa dernière création "Melody Makers", je n'avais pas fait de billet à l'époque, et en réécoutant son album je me dit qu'il faut très vite rectifier cette injustice.Un guitariste résolument jazz qui reprend quelques standards monumentaux du Rock anglais des années 70/80 et qui quelques fois joue de la guitare sur des lectures de Polars: C'est juste un concentré de tout ce que nous aimons à Jazz&Rock@communay. Radiohead,David Bowie, Police, King Crimson, Led Zeppelin, excusez du peu, sont revisités dans ce projet proposé par PierreJean Gaucher.Plus que réinterprétés façon jazz ces standards sont ré-habités par une âme jazz nourrit par des influences multiples et par ses amours,musicales, de jeunesses qui sont aussi les nôtres. La guitare et la batterie (Cédric Affre) sont des instruments évidents pour un tel projet le violoncelle(Clément Petit)l'est moins, cependant il apporte beaucoup à ce projet,plus d'émotion peut être.
Pour illustrer ce billet le choix est déchirant je vous propose ici la reprise de Radiohead "Scatterbrain" avec la tronche de Tom York en prime,et donc j'ai du écarté entre autre la version de Dinosaur de King Crimson qui est aussi splendide.

Spécial dédicace pour JC ici (oui ils sont là aussi, Qui?) où vous pourrez aussi écouter l'album dans son l'intégralité.
Le site de PierreJean Gaucher
Voir ici son projet PolarRock avec Fréderique Bruyas qui lit entre autre Marcus Malte, c'est ça : tout ce que j'aime.
Jazzmarcrock

mardi 31 mai 2011

Alfio Origlio : A tire-d'aile vers la note bleue

C'est un bel objet que nous propose le Jazz Gang mené par Alfio Origlio : "Wings and Notes". Ce nouvel album, le 4 ème d'Alfio Origlio en tant que leader, nous fait voyager à tire d'ailes vers des ambiances multiples tantôt Swing avec " Tracteur Paradise" par exemple qui ouvre le bal, tantôt ballade chaloupée avec "Viging Boat" que j'aime particulièrement ou encore vers des influences plus Jazz Moderne avec la suite " Wings and notes" part 1 et 2
La majorité des morceaux sont des compositions originales. Deux reprises de cet album sont spécialement attachantes, d'abord un "What a wonderful world" métamorphosé, heureusement on nous la tellement servi à toutes les sauces publicitaires, cette reprise là,elle, est rafraichissante, très vite elle part vers des chemins de traverse rythmés par une percussion très originale et un sax joyeux; un peu le traitement qu'en aurait pu faire Brad Mehldau. Une autre reprise notable est celle de la bluette " Una lacrima sul vizo" transformée en ballade délicieusement mélancolique.
L'élégance est le mot qui colle parfaitement à cet album et au jeu d'Alfio Origlio au piano qui a su, pour ce projet, très bien s'entourer:
Andy Barron : Batterie
Jérome Regard : Contrebasse
Eric Prost Saxophones
Stéphane Edouard : Percussions
Pour ce donner une idée sa page myspace ici
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JaZZmarc

vendredi 27 mai 2011

Yaron Herman et le Fa# à l'amphijazz de Lyon le 26 mai

J'étais très content de revoir Yaron Herman avec son nouveau trio à l'Amphi, le plus bel écrin de la région pour les pointures du jazz actuel, notre temple à nous quoi!
Nous avons, essentiellement, suivi le lapin blanc pendant les 2 sets,et plongé dans le pays merveilleux du dernier album de Yaron.
Quoi retenir de ce très beau concert, d'abord le superficiel:
Au premier morceau une note du piano se révèle ostensiblement fausse, Yaron s'en amuse au début, mais très vite il est inquiet pour la qualité de sa prestation , il en appelle à qui veut l'entendre, un docteur, Dieu, Sarkosy (quel idée?), c'est une des notes qu'il préfère dit il :un Fa#.Sur les morceaux suivants on le sent qui redoute l'approche de cette note. Dieu n'est pas intervenu sur ce coup, ni Sarko d'ailleurs mais un accordeur qui s'est fait applaudir à l'entracte (une gloire éphémère).Accessoire encore, l'attitude de Yaron Hermann avec son piano qui me fascine toujours, il semble désarticulé, il est souvent debout, la tête dans le ventre du piano, ou plié sous le piano si bien qu'on se demande s'il va bien pouvoir remonter.
Mais l'essentiel est ailleurs mais comment décrire ce qui tient plus de la magie, quelques notes (pas mal bleues), une osmose entre les musiciens, des compositions habitées,et ...ça y est je crois qu'on est arrivé : Alice! Alice!

JazzMarc

samedi 14 mai 2011

Aaron Parks : Invisible Cinema

Très beau CD que le premier d'Aaron Parks gratifié de 24 ans au moment de son enregistrement en 2008. Avec une reprise de "Harvesting dance" , écrit par lui pour Terence Blanchard, mais où la trompette de Terence est remplacée par une guitare jazz ( j'eusse aimé que Kurt le jouât samedi 7 mai ).Ce jeune pianiste a plein de mélodies en tête et l'art de l'improvisation. J'aime bien l'évidence de"Roadside distraction" ( mais où va se nicher la distraction du compositeur ?)et je donne une mention à "Peaceful warrior".Une nouvelle référence pour ma discothèque idéale, juste derrière Temime , De Bethmann et Redman(c'est dire !).

FrançoisJaZZbof

mardi 3 mai 2011

Kurt Rosenwinkel à Lyon : Le Jazz en liberté

Le 7 mai 2011 Salle Molière
C'est dans le cadre du festival 2011 du Hot Club de Lyon et dans le décor un peu Kitch de la salle Molière que se déroulait cette soirée.
Il y avait foule ce soir là, beaucoup de musiciens et amoureux de jazz étaient venus pour Kurt Rosenwinkel rare dans notre région voir même dans l'hexagone
En première partie le groupe "Midnight Voyage", quintet du hot club, a eu la bonne idée de présenter un spectacle en hommage à Michael Brecker. Ce saxophoniste magnifique, figure du Jazz Fusion des années 80/90, mort en 2007 à 57 ans. Il avait été notamment le co-leader du fameux groupe Steps Ahead, joué avec les plus grands du genre : Billy Cobham, Franck Zappa, Pat Metheny..;et fait une belle carrière en solo ou avec son frère Randy et leur groupe les "Brecker Brothers" et gagné quelques Grammy Awards au passage. (Voici une idée du son Step Ahead )
Le quintet "Midnight Voyage" assure bien le job, ils ne sont pas beaucoup aidés par une sonorisation "perfectible". Eric Prost au saxophone a bien sûr la part belle, et il est très solide, on assiste à quelques belles envolées notamment sur un morceau comme "Slings and arrows" ou de très beaux solos sur la ballade " The cost of living". Le tout reste cependant très académique et un tantinet guindé.
Derrière le quartet du guitariste Kurt Rosenwinkel, pour le coup c'est le jazz en liberté, c'est le jazz qui se lâche. Ils terminaient avec ce concert à Lyon leur tournée en Europe qui avait commencé à Genève un mois auparavant, avant de s'envoler pour l'Australie.
C'est un quartet de haut vol dont nous avons eu droit,
Aaron Parks au piano; qui à chaque solo nous emmène dans son univers n'hésitant pas à ralentir le rythme et mieux capter notre attention,
Eric Revis à la basse, et "le jeune, fantastique Justin Faulkner à la batterie" comme la présenté Kurt Rosenwinkel lui même. Ce batteur a fait forte impression, et je pèse mes mots, son jeu est varié, inspiré, et puissant. Il a des gestes amples et il participe grandement à la couleur de chaque morceau: l'afrique, le club de jazz, la bossa nova... Il nous a fait un solo de batterie époustouflant, pendant lequel il à réussi à crever la grosse caisse quand même( Du jamais vu de mémoire de Jazzfan).
Kurt Rosenwinkel, lui, est tout à son art, il est tellement concentré, fermé sur sa musique, qu'il semble autiste au reste du monde, il a mis son ego en veilleuse pour nous livrer le meilleur. Les compositions sont riches, certaines d'entre elles extraites du dernier album "Our secret Word" (et il sait de quoi il parle). Ils ont carrément mis le feu pendant le morceau juste avant le rappel, alors toute la salle debout leur a fait une ovation.
Aller un bémol, malgré l'armada de pédales dont est équipé, Kurt Rosenwinkel le son reste souvent uniforme d'aucun diront que c'est aussi ce qui fait sa singularité.

JazzMarc
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dimanche 1 mai 2011

Kyle Eastwood : Songs from the chateau

Ayant acquis l'objet le jour de sa sortie, à savoir le dernier CD de Kyle Eastwood "Songs from the chateau" (enregistré dans un chateau bordelais , Couronneau à Ligueux ), je ne peux m'empêcher de vous faire part de mes impressions après la première écoute.
D'abord le fils de Clint rend hommage à la France en intitulant son premier morceau "Marciac" ( bonne entrée en matières ma foi), suivi d'un hypnotique "Moon over Couronneau" ( ah, cette basse feutrée et métronomique !).Suivent deux titres où j'ai , je l'avoue , un peu décroché mais le 5e , intitulé "Andalucia" rappelle furieusement le "Harvesting dance" de Terence Blanchard que nous avions eu le bonheur d'écouter live en 2006 à Marciac. Beaux soli de Kyle sur le-dit morceau et sur le suivant, "Over the line". Je craque sur "Tonic" ,et "Aperitif" (le bien nommé) met le vin à la bouche .Et on termine avec un "Down at Ronnie's" où Kyle manie la basse électrique avec maestria.
Bref, le jeune homme confirme qu'il est bien plus que le fils de son père, un authentique jazzman amoureux semble-t-il de l'Aquitaine (mais qui le lui reprocherait, sûrement pas Wynston Marsalis dont la statue enorgueillit une place à Marciac )

FrançoisJaZZbof

samedi 23 avril 2011

Fink: Sort of révolution


"La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer"
Antoine de Saint-Exupery dans "Terre des hommes"
JM

mardi 19 avril 2011

samedi 2 avril 2011

Tigran Hamasyan à Villefranche : Ebouriffant !

Le 1er Avril : Tigran Hamasyan Théâtre de Villefranche ( Encore une belle salle)

On m'avait dit Attention! oui Attention gars, Tigran en quintet c'est très différent de ses prestations en solo , c'est plus du "Rock Ethnique"!!!
Waaoouu! Et bien va pour le rock Ethnique
Ce soir là ce fut juste une grande baffe, un vrai choc musical, ce concert était comme une explosion de créations musicales.
Tigran Hamassyan en quintet nous prend par la main et nous emmène dans une multitude d'ambiances très différentes, il balaie différents univers artistiques comme s'il les avait déjà digérés et qu'il nous les renvoyait à la façon: Tigran
Moi j'y ai trouvé
- du Jazz fusion à la Pat Metheny dans certains de ses projets
- Du rock progressif comme au bon vieux temps du King Crimson
- de la musique traditionnelle, j'ai pensé certaines fois à Madredeus ( groupe portugais)avec la voix magnifique de sa chanteuse et ses mélopées très hauts perchées.
- du gothique avec la chanteuse en madone statique
- du jazz rock
- etc...
Ce groupe propose des morceaux très longs 10 à 15 minutes, et typiquement dans un même morceau on peut commencer par un thème de musique traditionnelle Arménienne, partir en long solo de piano Jazz/oriental, se retrouver dans une ambiance club de jazz en trio Piano/basse/batterie, repartir en Jazz rock et revenir au thème traditionnel.
Ce patchwork reste cependant tout à fait cohérent à aucun moment on ne ressent une quelconque juxtaposition.
Dans la constitution des morceaux à rallonge, style dédale musical, il y a comme un refus de la facilité, au final tout le monde arrive quand même à bon port et le public est conquis.
Au 2ème morceau, j'ai réellement décollé, nul besoin de substances interdites, j'aurais aimé que ça dure encore et encore, cette mélopée insistante, hypnotique ...ne plus penser à rien, oublier juste un instant,...
Les musicos, tous les 5 excellents, la chanteuse Areni Agbabian utilise sa voix comme comme d'un instrument elle crée d'ailleurs des effets à l'aide d'un clavier.
La rythmique est performante: "tout terrain", et Tigran, au piano,est hyper-tonique, tout à fait à son aise, il a l'air d'avoir beaucoup de plaisir à retrouver son quintet après plusieurs concerts en solo.
Le répertoire, essentiellement tiré du dernier album "Red Hail" de 2009, au deuxième rappel il revient pour nous jouer en solo : "Someday my prince will come" et il referme la boite à musique.
Le bonheur, dit on, est une suite de moments de joie et de plaisir: Il revient quand Tigran ?

JaZZmarc