| Photo: Jean-Francois Viaud |
Le 7 août à l'espace Soubeyran du Crest Jazz festival
Un souffle de fraîcheur inattendu enveloppe l’Espace Soubeyran. Il nous procure une pause dans cette période de canicule et semble venir de la Méditerranée. L’archet du contrebassiste percute et rebondi sur les cordes, c’est le style bien particulier de Renaud Garcia-Fons. L’esprit de l’orient flotte sur l’Espace Soubeyran. Puis l’archet frotté sur les cordes donne à cet Orient un aspect mélancolique. La voix de Solea Garcia-Fons rejoint la contrebasse avec un chant en langue Grecque. Stephan Caracci au vibraphone et Jean-Luc Di Fraya aux percussions les accompagnent avec un rythme doux.
Le jeu du contrebassiste est toujours aussi varié. Les cordes sont frottées et percutées avec l’archet ou pincées en pizzicato. La contrebasse qui est habituellement un instrument à cordes frottées ou pincées devient aussi un instrument à percussion. Cette variété de jeu et de sonorités apporte beaucoup de sensations et d’émotions de voyage dans la musique. Comme à son habitude, le contrebassiste nous invite à un voyage dans les sonorités de la Méditerranée et du Moyen-Orient. Il ajoute à présent la voix dans son répertoire, et c’est sa fille qui nous conte la Méditerranée en plusieurs langues.
La jeune chanteuse interprète les chansons dans un tourbillon de langues méditerranéennes. Du grec à l’espagnol en passant par l’hébreu, l’arabe et le français. Dans chacune des langues, la voix est posée et claire, parfois sensuelle et souvent spirituelle. La chanson en hébreux et la chanson en arabe sont enchaînées à la suite l’une de l’autre sans coupure ; comme pour ne pas oublier le lien de proximité que ne devrait pas éloigner les deux peuples. Le thème est celui de la paix. Sur la dernière chanson avant le rappel, qui est chantée en français et qui évoque l’amour, est interprétée comme un poème.
Le percussionniste et le vibraphoniste apporte un accompagnement raffiné. Le percussionniste utilise délicatement ses tambours qu’il frappe souvent avec les mailloches pour créer un son de basse. Ses baguettes dansent sur les cymbales dont les sons métalliques se superposent aux sons du vibraphone. Le mélange de ces sons aigus, dialoguent et se répondent. La finesse du jeu sur les lames du vibraphone fait penser à des gouttelettes d’eau qui perlent entre les arpèges des cordes de la contrebasse. Le percussionniste frappe aussi ses tambours à mains nues, ce qui donne une impression de rythme traditionnel. Cette impression d’air traditionnel est complétée lorsque le vibraphoniste joue du marimba.
Pour le rappel, Renaud et Solea Garcia-Fons interprètent un morceau en duo. Pour cette chanson émouvante, la fille chante à nouveau en espagnol et le père rythme le thème en frottant et frappant délicatement les cordes de son instrument. L’association originale des instruments est rare dans un groupe. Cela enrichit les sonorités variées et complexes. La palette des sons et des timbres permet de mélanger les styles musicaux pour notre plus grand plaisir. L’apport sensuel et spirituel de la voix augmente la musique de Renaud Garcia-Fons.
JazzFrançois Viaud
Line Up :
Renaud Garcia-Fons
(contrebasse)/ Solea Garcia-Fons (chant)/ Stephan Caracci
(vibraphone) / Jean-Luc Di Fraya (percussions).
ça donne ce joli clip
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