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| Photo: Jean-François Viaud |
Après le concert Blue Maqam de Renaud Garcia-Fons, la soirée se poursuit à l’Espace Soubeyran avec un souffle tout aussi oriental. C’est à présent le quartet d’Emile Parisien avec le projet Floating. Cette fois-ci le souffle se fait brise, le flottement évoqué plane dans l’atmosphère comme une fragrance exotique.
Le saxophoniste semble produire comme des lamentations de son soprano. Tandis que Yaron Herman au piano suit la mélodie avec un touché délicat dans les aigus. Le pianiste n’a pas un jeu percussif, sa finesse lui permet d’être plus près de la mélodie que du rythme. A la contrebasse Florent Nisse ajoute sa mélodie à celle du piano pour qu’elles s’entremêlent. Son instrument généralement dans le registre de la section rythmique est là aussi dans celui de la mélodie et de la fluidité. Seul Prabhu Edouard avec ses percussions indiennes rythme les échanges de ce soir. Il est le seul à structurer rythmiquement ce flottement proposé par le projet de la formation.
Les quatre instrumentistes ont tous une place importante dans l’interprétation. Leurs sonorités s’articulent et s’entremêlent dans différentes configurations. Ils prennent tour à tour les introductions des morceaux pour en faire une longue improvisation et une mélodie qui s’apparente à un discours. Souvent ils sont suivis par un instrument qui reprend le thème pour développer un nouveau solo. Lorsque le pianiste, le contrebassiste et le percussionniste entremêlent leurs mélodies cela créé un tapis de notes sur lequel le saxophoniste peut s’envoler et flotter vers l’improvisation. Les quatre musiciens mettent de l’intensité dans leur musique. En faisant monter le tempo crescendo comme dans le boléro de Ravel sur l’un des titres.
Le répertoire de la soirée est varié. De nombreuses compositions d’Émile Parisien sont interprétées comme 66 et Bonbon. Les compositions de Yaron Herman sont nombreuses à être jouées également, comme Nusrat par exemple en rappel. Pour le dernier titre, c’est une composition hybride du saxophoniste et du pianiste qu’il ont prit l’habitude d’interpréter en mémoire de Michel Portal. L’hommage est émouvant. En reprise, c’est un titre d’Anouar Brahem, en harmonie avec le répertoire du groupe.
Nous n’avons pas l’impression qu’il y a un leader et ses partenaires dans ce projet. Mais plutôt un équilibre entre quatre personnalités et quatre sonorités. Les percussions indiennes de Prabhu Edouard et l’improvisation collective rappellent l’esprit du Mahavishnu Orchestra. Mais au-delà de cette coloration musicale les introductions orientales et les longs solos donnent une impression de moments suspendus. De ces moments qui nous amènent en apesanteur et le flottement de ce projet nous guide vers un état méditatif.
JazzFrançois Viaud
Line Up :
Émile Parisien
(saxophone soprano) / Yaron Herman (piano) / Florent Nisse
(contrebasse) / Prabhu Edouard (percussions).
Ici sans Florent Nisse avec Linda May Han Oh à la contrebasse

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