Enregistré en août 1977, le LP (comme on disait alors) de Surya est
celui d'un super groupe de jazz-fusion comprenant outre Didier Lockwood
au violon, son frère Francis aux claviers ,Sylvain Marc à la basse,
Jean-My Truong à la batterie , Luc Plouton au synthé et Jean-Claude
Agostini à la guitare.
Enregistré au studio Damiens de Boulogne par Luis
Clos-Garcia, ce disque renferme plusieurs pépites jazz-rock et même une
trilogie funky de cinq minutes en fin de face deux.
Sa pochette est on ne peut plus simple: un cercle d'or sur fond blanc
surmonté du nom du groupe en capitales d'imprimerie. Quelle bonne
surprise de tomber dessus en fouillant les bacs de la convention du
disque qui s'est tenue ce dimanche 11 mars 2018, à l'Espace Tête d'Or à
Lyon.
Signalons au passage l'amélioration de l'organisation de l'événement
(davantage de place,la présence d'une célébrité - en l'occurrence
Philippe Manoeuvre venu dédicacer son dernier guide et qui ne dédaigne
pas chiner avec les collectionneurs ).Précisons aussi que le disquaire
qui m'a vendu l'objet à un tarif raisonnable (15 euros) vu son excellent
état (à peine une demi trace de doigt) est un local,puisqu'il s'agit de
Music Avenue qui est établi aux Puces du Canal tous les dimanche de
9h30 à 14h30.
Mais revenons à notre disque. Quasiment quarante ans après sa
sortie, il reste d'une modernité étonnante.Sans aucun doute un tel
groupe serait l'une des attractions majeures de n'importe quel festival
actuel.Malheureusement,sa reformation ne pourra jamais avoir lieu comme
vous le savez tous. Ecoutons donc ce vinyle magique à défaut de
l'entendre en live.
François Jazzbôf
mardi 13 mars 2018
Théo Ceccaldi et Freaks au périscope Monstreux !
Le 9 mars au Périscope.
Monstrueux !
Oui, Freaks, le nouveau groupe du violoniste Théo Ceccaldi est tout simplement monstrueux, même s'il faut prononcer "freuacs" s'il on en croit son leader.
Sur scène en effet c'est une entité hybride entre un groupe de Heavy Métal et un sextet de jazz raffiné.
Un déluge de son s'abat dès l'entame du concert; un gros son produit par une bande de doux dingues bourrés de talent et d'énergie.
Le batteur Etienne Ziemniak participe grandement à cette apocalypse maitrisée, c'est un vrai batteur de rock façon John Bonham le regretté batteur de Led Zeppelin tout en puissance et en groove, et ça frappe dure, mais que c'est bon !
C'est peut être un plaisir régressif, pourquoi pas ?! en tout cas c'est un vrai contentement de sentir ce bouillonnement de créativité et d'engagement.
Théo Ceccaldi a obtenu une victoire de la musique jazz comme révélation de l'année 2017; il participe à l'Orchestre National de Jazz, pour autant, loin de se reposer sur cette reconnaissance le voilà qui vient nous secouer dans nos certitudes sur l'ordre établi:
"tchou tchou , train train... bienvenue dans ta boite en sapin"
"Tchou tchou" c'est le premier morceau de leur album "Amanda Dakota" sorti en février qu'ils présentent ce soir: après ça les oreilles sont biens dégagées merci!
Les premiers moments de surprises passés, on se détend, de toute façon on sait désormais que tout peut arriver n'importe quand !
Le morceau " Coquette Rocket" arrive en fondu enchaîné comme pour nous achever avec un solo remarquable du saxophoniste Quentin Biardeau.
Le tout est d'une maitrise au cordeau comme si tout ça n'était que facilité et légèreté.
Il y a eu quelques moments d'anthologie avec des explications musclées entre saxophone, celui de Benjamin Dousteyssier cette fois, et batterie ou entre violon et batterie: des vrais performances où l'économie d’énergie n'est pas une option.
Le Périscope nous a gâté pour fêter ses dix ans, ce choix illustre bien ces dix ans de défenses de talents iconoclastes et de prises de risques.
De là haut Didier Lockwood doit être ravi de voir que des talents reprennent le flambeau du Violon jazz et abordent de nouveaux horizons comme lui n'a cessé de le faire.
JazzMarc
Sur Jazz-Rhone-alpes.com ce billet et les autres news de la semaine
Théo Ceccaldi (violon, claviers, voix), Benjamin Dousteyssier (saxophones alto & baryton), Quentin Biardeau (saxophone ténor, claviers), Giani Caserotto (guitare électrique), Etienne Ziemniak (batterie), Valentin Ceccaldi (violoncelle, horizoncelle)
Monstrueux !
Oui, Freaks, le nouveau groupe du violoniste Théo Ceccaldi est tout simplement monstrueux, même s'il faut prononcer "freuacs" s'il on en croit son leader.
Sur scène en effet c'est une entité hybride entre un groupe de Heavy Métal et un sextet de jazz raffiné.
Un déluge de son s'abat dès l'entame du concert; un gros son produit par une bande de doux dingues bourrés de talent et d'énergie.
Le batteur Etienne Ziemniak participe grandement à cette apocalypse maitrisée, c'est un vrai batteur de rock façon John Bonham le regretté batteur de Led Zeppelin tout en puissance et en groove, et ça frappe dure, mais que c'est bon !
C'est peut être un plaisir régressif, pourquoi pas ?! en tout cas c'est un vrai contentement de sentir ce bouillonnement de créativité et d'engagement.
Théo Ceccaldi a obtenu une victoire de la musique jazz comme révélation de l'année 2017; il participe à l'Orchestre National de Jazz, pour autant, loin de se reposer sur cette reconnaissance le voilà qui vient nous secouer dans nos certitudes sur l'ordre établi:
"tchou tchou , train train... bienvenue dans ta boite en sapin"
"Tchou tchou" c'est le premier morceau de leur album "Amanda Dakota" sorti en février qu'ils présentent ce soir: après ça les oreilles sont biens dégagées merci!
Les premiers moments de surprises passés, on se détend, de toute façon on sait désormais que tout peut arriver n'importe quand !
Le morceau " Coquette Rocket" arrive en fondu enchaîné comme pour nous achever avec un solo remarquable du saxophoniste Quentin Biardeau.
Le tout est d'une maitrise au cordeau comme si tout ça n'était que facilité et légèreté.
Il y a eu quelques moments d'anthologie avec des explications musclées entre saxophone, celui de Benjamin Dousteyssier cette fois, et batterie ou entre violon et batterie: des vrais performances où l'économie d’énergie n'est pas une option.
Le Périscope nous a gâté pour fêter ses dix ans, ce choix illustre bien ces dix ans de défenses de talents iconoclastes et de prises de risques.
De là haut Didier Lockwood doit être ravi de voir que des talents reprennent le flambeau du Violon jazz et abordent de nouveaux horizons comme lui n'a cessé de le faire.
JazzMarc
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Théo Ceccaldi (violon, claviers, voix), Benjamin Dousteyssier (saxophones alto & baryton), Quentin Biardeau (saxophone ténor, claviers), Giani Caserotto (guitare électrique), Etienne Ziemniak (batterie), Valentin Ceccaldi (violoncelle, horizoncelle)
mardi 6 mars 2018
Fred Nardin à l'Amphi Jazz
Le Samedi 3 Mars 2018 à l'Amphi jazz de Lyon
Fred Nardin, on le suit depuis dix ans, depuis qu'il s'est produit à la Clef de voûte avec son acolyte Jon Boutellier au saxo. Fred est pianiste, comme vous le savez tous, et maîtrise à la fois la mélodie et le swing. C'est même un virtuose.
Ce samedi 3 mars 2018, il rassemble autour de lui ses"friends".Lequel va nous étonner le plus ? Le batteur Leon Parker qui pratique"l'embodirythm" (je n'invente pas, c'est sur la pochette de leur CD,"Opening"), c'est à dire qu'il rythme non seulement avec ses caisses et sa cymbale, mais aussi avec sa voix, ses paumes et sa poitrine.
Le percussionniste Inor Sotolongo, son parfait complice.Le bassiste new-yorkais Or Bareket, qui semble jouer sans forcer, naturellement.
La saxophoniste Sophie Alour, que nous suivons elle aussi depuis dix ans, et dont l'élégance se manifeste autant dans son allure que dans le phrasé de son jeu.
Ou enfin la chanteuse Raphaëlle Brochet, tantôt à l'oeuvre en portugais sur des musiques brésiliennes, tantôt éructant onomatopées et syllabes, quand elle ne vocalise pas sur une mélopée orientale.
C'est peut être cette dernière qui remporte la palme quand elle répond au défi de Leon Parker dans un fascinant dialogue improvisé en scat,par lequel se révèle l'universalité de la phonétique et toute la créativité d'une musique vivante.En fait, on avait décollé au premier morceau du set, mais là on arrive à 8000 pieds d'altitude.
Fred n'a que trente ans.Il a l'air très jeune comme ça. Mais quand on l'écoute,il est indubitable qu'il a déjà presque tout compris. Il dédicace le premier titre de son dernier album,intitulé "the Giant", à Mulgrew Miller,preuve qu'il respecte ses prédécesseurs. Mais il est de plus en plus actif avec ses contemporains dans l'Amazing Keystone Big Band. C'est un homme à ne pas lâcher d'une semelle.La suite de sa carrière promet d'être encore plus belle.
François Jazzbôf
Un autre billet sur Jazz Rhône Alpes.com ici
samedi 3 mars 2018
Didier Lockwood :L'âme d'un violon s'est brisée
L'âme d'un violon s'est brisée.
Sol Ré La Mi quatre cordes ont lâché.
Dans l'indifférence médiatique générale, Didier Lockwood, un de nos plus grands musiciens s'en est allé rejoindre Petrucciani et Grappelli. De lui on ne parlera pas de son héritage... pourtant si grand.
Nous avions échangé quelques mots à la sortie d'un concert, Il m'avait dédicacé Storyboard, nous étions de la même année.
Il s'est endormi sur sa pédale Loop et son violon tourne en boucle dans ma tête à tout jamais.
JC JazzBof
Il n'en restait qu'un exemplaire à la FNAC République en ce début d'après-midi. Je l'ai acheté. Quoi ? Le dernier CD de Didier Lockwood, enregistré avec Antonio Farao (piano), Darryl Hall (basse) et Dédé Cerarelli (batterie).
Nous l'avions écouté pour la dernière fois en live le 13 janvier 2017 à l'AmphiOpéra de Lyon. Une sacrée soirée ! Et je le retrouve,là, sur ma chaîne alors qu'il est au Paradis. Certes il jamme avec du beau monde (je ne vous rappellerai pas tous ces musicos qui nous ont quitté l'an passé, et avant).
Mais j'ai quand même du mal à imaginer que nous ne le reverrons jamais "en live".Il était si "vivant", plein d'humour et d'énergie ce soir-là,en totale connivence avec le reste du groupe et avec son public.
On l'avait vu à Chassieu en 2000 et à Vienne pour ses trente ans de scène en 2004. Il faisait partie de notre panthéon.On l'avait écouté avec Magma et Surya. J'avais acheté des vinyles de lui dans les années quatre-vingt.Et je concluerai en reprenant le titre du 11e morceau de son dernier album: "now, I really got the blues".
François Jazzbôf
Comment ça parti ?
Il m'a accompagné sur le chemin du jazz depuis quasiment le début,
la première fois sur scène c'était à Jazz à Vienne fin des années 80 avec Uzeb, je me faisais une fête de les voir réunis en live et quand ils sont rentrés sur scène un déluge de pluie s'est abattu sur le théâtre antique m'obligeant à battre retraite. Je me suis rattrapé depuis à Vienne et ailleurs avec à chaque fois le même plaisir de se laisser charmer par ses improvisations.
J'ai adoré la période du DLG Didier Lockwood Group dans les années 90 très jazz Rock et puis il a abordé avec son violon voyageur des tas de paysages sonores que nous suivions avec bonheur.
Partis ? surement pas ! il m'accompagnera encore... avec un brin de jazz nostalgie désormais
JazzMarc
mardi 13 février 2018
L'album Freaks de Théo Ceccaldi
Pour vous inciter à aller les voir en concert, plutôt que de faire une chronique post concert qui j'en suis sûr va vous donner des regrets, voici quelques mots de l'album "Freaks" que le groupe présentera le 9 mars au périscope.
Freaks c'est le projet mené par Théo Ceccaldi violoniste et compositeur, qui a déjà pas mal sévi sur la scène jazz, il fait parti notamment de l'actuel ONJ (Orchestre National de Jazz), nous l'avons écouté par ailleurs récemment avec son alter ego au piano Roberto Negro.
Pour le projet Freaks Théo Ceccaldi s'est entouré de joyeux doux dingues pour une musique qui pourrait être du Rock progressif, Jazz déstructuré: ça donne envie! non?
Alors de continue ;
Voici le jazz Frit, c'est gars là sont effectivement complètement frits, leur musique fait penser forcément à celle de Franck Zappa, pensant du coq à l'âne sans somation mais avec une grande rigueur : d'un air Hawaïen à du Heavy métal par exemple.
C'est la confrontation cette folie furieuse associée à une grosse maitrise technique qui fait de ce projet une franche réussite.
Encore des empêcheurs de jazzer en rond qui participent à donner un coup de neuf à notre musique préférée.
Le dernier argument il ne peut être que musical, aller écouter "Coquette Rocket" sur les plate-formes de streaming et prenez votre billet.
JazzMarc
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Pierrick Pédron en résidence à l'amphi de Lyon
Le Jeudi 8 Février l'Amphi.
Des standards de Thelonious Monk repris par des musiciens de jazz en concert c'est plus qu'habituel,
il doit exister autant de versions de " 'Round Midnight" que de musiciens de jazz dans le monde; le standard des standards du grand Monk.
Pianiste et compositeur considéré comme le fondateur du Bebop, Monk compte une pléthore d'adorateurs qui triturent ses thèmes et improvisent jusqu'à satiété.
Ce soir pour sa première soirée de résidence à l'amphi Pierrick Pédron, saxophoniste alto très exposé de la scène française, propose un hommage à Monk.
Comme il lui a consacré un album en 2012 "Kubic's Monk" il déroule une partie des morceaux qu'il avait réarrangés pour l'occasion.
C'est un trio peu commun qui nous est proposé , Contrebasse, batterie et Sax Alto; mais l'équipée est d'un sacré calibre Thomas Bramerie complice de longue date à la contrebasse et le jeune Elie Martin-Charrière à la batterie qui démontre un sacré tempérament dès qu'on lui lâche la bride.
Pour Pierrick Pédron se confronter au maître c'est comme un retour aux bases, retour aux fondamentaux.
Cet exercice se révèle parfois ardu, surtout en début du set, pour le gentil spectateur qui après sa journée de labeur n'est pas tout à fait concentré, et se surprend à rêvasser alors qu'il a complètement perdu le fil du petit argument de départ, mélodique ou rythmique, après les multiples digressions de l'artiste.
Pour moi ça c'est arrangé au fur et à mesure du concert, les ballades plus accessibles m'ont préparées à vivre une fin de concert mémorable.
Tout d'abord avec une interprétation de " 'round midnight" remarquable de Pierrick Pédron seul au sax, complètement inspiré sur une relecture tout à fait originale qui a fait vibrer le public.
Il avait fait l'impasse de ce morceau dans l'album; jugé certainement trop connu, il nous l'offre sur scène pour notre plus grand plaisir et pour le sien aussi visiblement.
Et puis il y a eu "We See" le dernier morceau avant le rappel où là ils se sont lâchés les bandits, une rythmique d'enfer une énergie fabuleuse, le batteur sur un volcan... là ça pouvait durer!
Hélas après un dernier thème très connu "Who Knows" c'était bien fini alors que étions à peine chauds.
Nous nous sommes retrouvés aux portes de l'opéra déjà en Monk.
JazzMarc
Sur jazz-rhone-Alpes.com ce billet et les autres chroniques de la semaine
Très belle reprise de Depeche Mode mais ça c'était le lendemain à l'Amphi
Des standards de Thelonious Monk repris par des musiciens de jazz en concert c'est plus qu'habituel,
il doit exister autant de versions de " 'Round Midnight" que de musiciens de jazz dans le monde; le standard des standards du grand Monk.
Pianiste et compositeur considéré comme le fondateur du Bebop, Monk compte une pléthore d'adorateurs qui triturent ses thèmes et improvisent jusqu'à satiété.
Ce soir pour sa première soirée de résidence à l'amphi Pierrick Pédron, saxophoniste alto très exposé de la scène française, propose un hommage à Monk.
Comme il lui a consacré un album en 2012 "Kubic's Monk" il déroule une partie des morceaux qu'il avait réarrangés pour l'occasion.
C'est un trio peu commun qui nous est proposé , Contrebasse, batterie et Sax Alto; mais l'équipée est d'un sacré calibre Thomas Bramerie complice de longue date à la contrebasse et le jeune Elie Martin-Charrière à la batterie qui démontre un sacré tempérament dès qu'on lui lâche la bride.
Pour Pierrick Pédron se confronter au maître c'est comme un retour aux bases, retour aux fondamentaux.
Cet exercice se révèle parfois ardu, surtout en début du set, pour le gentil spectateur qui après sa journée de labeur n'est pas tout à fait concentré, et se surprend à rêvasser alors qu'il a complètement perdu le fil du petit argument de départ, mélodique ou rythmique, après les multiples digressions de l'artiste.
Pour moi ça c'est arrangé au fur et à mesure du concert, les ballades plus accessibles m'ont préparées à vivre une fin de concert mémorable.
Tout d'abord avec une interprétation de " 'round midnight" remarquable de Pierrick Pédron seul au sax, complètement inspiré sur une relecture tout à fait originale qui a fait vibrer le public.
Il avait fait l'impasse de ce morceau dans l'album; jugé certainement trop connu, il nous l'offre sur scène pour notre plus grand plaisir et pour le sien aussi visiblement.
Et puis il y a eu "We See" le dernier morceau avant le rappel où là ils se sont lâchés les bandits, une rythmique d'enfer une énergie fabuleuse, le batteur sur un volcan... là ça pouvait durer!
Hélas après un dernier thème très connu "Who Knows" c'était bien fini alors que étions à peine chauds.
Nous nous sommes retrouvés aux portes de l'opéra déjà en Monk.
JazzMarc
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Très belle reprise de Depeche Mode mais ça c'était le lendemain à l'Amphi
mercredi 7 février 2018
Steven Wilson au Transbordeur
Le mardi 6 Février au Transbordeur
Steven Wilson, le guitariste britannique aux pieds nus, le leader du groupe Porcupine Tree, c'est d'abord le son, puissant mais maîtrisé, truffé de mélodies familières et de déluges rythmiques crimsoniens type "Red", un son qui capte l'attention et ne la lâche plus.
Mais c'est aussi une mise en scène parfaite: un rideau de tulle transparent tendu devant les musiciens permet de projeter des images en premier plan comme cette choriste (Ninet Tayeb ?)ou cette danseuse démultipliée. Un autre écran en fond de scène prend le relais: y défilent des images surréalistes, ou des explosions de couleurs psychédéliques, ou encore des films de famille en super-8 quand ce ne sont pas des courts métrages d'animation.
Le spectacle est total.
Steven Wilson, c'est aussi un citoyen du monde, qui n'hésite pas à vilipender le terrorisme religieux et à déplorer la mort des migrants (ah! La délicatesse de ces images d'une mer agitée et d'une plage jonchée d'objets familiers, une photo, un manteau,une paire de lunettes,etc).
C'est un être humain qui s'interroge sur la société où il vit, la solitude des citadins, l'angoisse de la mort.
Tous les musiciens sont à la hauteur du projet de leur leader. Il ne cite leur nom qu'une seule et unique fois, ce qui m'a empêché de les retenir. Les deux morceau du rappel sont magnifiques: "Harmony Korine" (le premier titre d'Insurgentes ) et "The Raven that refused to sing"(titre phare du CD eponyme).
On se retrouve sur le trottoir, ivre de musique et de lumière malgré la nuit.
François Progbôf
Steven Wilson, le guitariste britannique aux pieds nus, le leader du groupe Porcupine Tree, c'est d'abord le son, puissant mais maîtrisé, truffé de mélodies familières et de déluges rythmiques crimsoniens type "Red", un son qui capte l'attention et ne la lâche plus.
Mais c'est aussi une mise en scène parfaite: un rideau de tulle transparent tendu devant les musiciens permet de projeter des images en premier plan comme cette choriste (Ninet Tayeb ?)ou cette danseuse démultipliée. Un autre écran en fond de scène prend le relais: y défilent des images surréalistes, ou des explosions de couleurs psychédéliques, ou encore des films de famille en super-8 quand ce ne sont pas des courts métrages d'animation.
Le spectacle est total.
Steven Wilson, c'est aussi un citoyen du monde, qui n'hésite pas à vilipender le terrorisme religieux et à déplorer la mort des migrants (ah! La délicatesse de ces images d'une mer agitée et d'une plage jonchée d'objets familiers, une photo, un manteau,une paire de lunettes,etc).
C'est un être humain qui s'interroge sur la société où il vit, la solitude des citadins, l'angoisse de la mort.
Tous les musiciens sont à la hauteur du projet de leur leader. Il ne cite leur nom qu'une seule et unique fois, ce qui m'a empêché de les retenir. Les deux morceau du rappel sont magnifiques: "Harmony Korine" (le premier titre d'Insurgentes ) et "The Raven that refused to sing"(titre phare du CD eponyme).
On se retrouve sur le trottoir, ivre de musique et de lumière malgré la nuit.
François Progbôf
lundi 15 janvier 2018
Résidence Roberto Negro à l'amphi jazz
Le vendredi 12 janvier à L'amphi Jazz de Lyon.
"Y avait comme un goût amer en nous, comme un goût de poussière dans tout..."
pourtant l'appel de l'amphi jazz était trop fort ce soir ... Évidemment !
Mais qui est l'inconscient qui a donné une carte de blanche à Roberto Negro ?
ce pianiste est complètement barré on vous avez pourtant prévenu !
Lors d'une résidence ici même, il y a quelques années, il nous avait déjà mis la tête à l'envers avec sa création "Loving suite pour Birdy so" qui embarquait avec bonheur la chanteuse Elise Caron.
Ce soir lors du premier set accompagné de son acolyte Théo Ceccaldi au violon il nous propose "Danse de salon".
Comme ils l'avaient fait, tous les deux déjà, autour du prétexte "Mozart"dans une précédente création,
de danse de salon, ici, il n'en est question qu'à l’extrême marge.
Oui çà et là on entend bien un bout de menuet, de valse voir de danse country; mais la ficelle est grosse Messieurs! tout ça n'est que prétexte pour nous prendre en apnée au début du morceau et nous laisser une heure après ébahis, j'en convient, après nous avoir entrainés dans un voyage musical ahurissant.
Deux enfants turbulents qui prennent un plaisir jubilatoire de leurs fantaisies voilà ce que nous avons vu ce soir. Il sont bourrés de talent les bougres et font preuve en plus, en toute simplicité, d'une grande rigueur.
Est ce du jazz? certainement; de la musique contemporaine ? pourquoi pas, qui embraquerait alors beaucoup d'autres styles musicaux : du rock, du folklore entre autre.
Ces garnements se sont nourris de toutes ces musiques pour nous délivrer une matière ébouriffante qui nous laisse béats.
J'aime beaucoup, pour ma part, les musiques qui ne sont pas prévisibles qui sont capables de nous surprendre à chaque instant; nous voilà servis; ici on n'a pas bien le temps de rêvasser : Tout est possible tout le temps !
Au deuxième set Vincent Courtois au violoncelle et Julian Sartorius à la batterie les ont rejoints pour une splendide déambulation d'environ trois quart d'heure aussi. Deux nouveaux musiciens d'exception, tout autant fantaisistes, faisant de ce quartet une fantastique source de créativité instantanée
Les enchainements se révèlent quelquefois plus mélancoliques dans cette deuxième partie; de belles séquences de musiques répétitives y sont également introduites. Le tout emballe le public qui les ovationne en fin de set et obtient un rappel magnifique d'une composition tout en progression vers un pur moment d'apothéose.
"Si le bonheur existe, c'est une épreuve d'artiste" Michel Berger
JaZZmarc
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"Y avait comme un goût amer en nous, comme un goût de poussière dans tout..."
pourtant l'appel de l'amphi jazz était trop fort ce soir ... Évidemment !
Mais qui est l'inconscient qui a donné une carte de blanche à Roberto Negro ?
ce pianiste est complètement barré on vous avez pourtant prévenu !
Lors d'une résidence ici même, il y a quelques années, il nous avait déjà mis la tête à l'envers avec sa création "Loving suite pour Birdy so" qui embarquait avec bonheur la chanteuse Elise Caron.
Ce soir lors du premier set accompagné de son acolyte Théo Ceccaldi au violon il nous propose "Danse de salon".
Comme ils l'avaient fait, tous les deux déjà, autour du prétexte "Mozart"dans une précédente création,
de danse de salon, ici, il n'en est question qu'à l’extrême marge.
Oui çà et là on entend bien un bout de menuet, de valse voir de danse country; mais la ficelle est grosse Messieurs! tout ça n'est que prétexte pour nous prendre en apnée au début du morceau et nous laisser une heure après ébahis, j'en convient, après nous avoir entrainés dans un voyage musical ahurissant.
Deux enfants turbulents qui prennent un plaisir jubilatoire de leurs fantaisies voilà ce que nous avons vu ce soir. Il sont bourrés de talent les bougres et font preuve en plus, en toute simplicité, d'une grande rigueur.
Est ce du jazz? certainement; de la musique contemporaine ? pourquoi pas, qui embraquerait alors beaucoup d'autres styles musicaux : du rock, du folklore entre autre.
Ces garnements se sont nourris de toutes ces musiques pour nous délivrer une matière ébouriffante qui nous laisse béats.
J'aime beaucoup, pour ma part, les musiques qui ne sont pas prévisibles qui sont capables de nous surprendre à chaque instant; nous voilà servis; ici on n'a pas bien le temps de rêvasser : Tout est possible tout le temps !
Au deuxième set Vincent Courtois au violoncelle et Julian Sartorius à la batterie les ont rejoints pour une splendide déambulation d'environ trois quart d'heure aussi. Deux nouveaux musiciens d'exception, tout autant fantaisistes, faisant de ce quartet une fantastique source de créativité instantanée
Les enchainements se révèlent quelquefois plus mélancoliques dans cette deuxième partie; de belles séquences de musiques répétitives y sont également introduites. Le tout emballe le public qui les ovationne en fin de set et obtient un rappel magnifique d'une composition tout en progression vers un pur moment d'apothéose.
"Si le bonheur existe, c'est une épreuve d'artiste" Michel Berger
JaZZmarc
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samedi 23 décembre 2017
Paris sera toujours Paris: Gibert Joseph et Samy Thiebault
Encore une occasion de vérifier le pouvoir d'attraction de la planète
jazz parisienne. Je lisais il y a un mois Jazz Magazine numéro 700 et à
la page 108, la célèbre revue recommandait le passage au rayon import de
Gibert Joseph du quartier latin. Qu'à cela ne tienne ! J'étais à Paris
ce mardi 12 décembre.
Direction le 34 du boulevard St Michel, au sous-sol. Et là ,c'est la caverne d'Ali Baba. Chaque artiste a droit à un ensemble de CD proprement hallucinant. En particulier des imports japonais. Impossible de ne pas craquer (j'ai trouvé sous le label Hi Hat trois perles - deux Tony Williams, conseillés d'ailleurs par Jazzmag, et un Oscar Peterson live ).Et si je n'avais pas été accompagné, j'y aurais passé l'après-midi.
Ensuite, soirée rue des Lombards avec apéro sur la terrasse chauffée du Sunset/Sunside, puis concert du saxophoniste Samy Thiebault au Duc des Lombards (qui nous interprète en quintet et même sextet son dernier opus, Carribbean Stories). Si les deux concerts ne s'étaient pas chevauchés, j'aurais pu écouter Christophe Wallemme au Sunset en sortant.
Vous me direz qu'à Lyon, on n'a pas à se plaindre, entre l'Amphi et les petits clubs. C'est ce qu'on a dit à un type de La Rochelle qui déplorait les carences jazzistiques des Charentes.
On a aussi un Gibert Joseph, même s'il est moins fourni en imports que celui de Paris (ah, le plaisir de chiner).
Mais enfin, y'a pas à dire: Paris sera toujours Paris.
François Jazzbôf
Direction le 34 du boulevard St Michel, au sous-sol. Et là ,c'est la caverne d'Ali Baba. Chaque artiste a droit à un ensemble de CD proprement hallucinant. En particulier des imports japonais. Impossible de ne pas craquer (j'ai trouvé sous le label Hi Hat trois perles - deux Tony Williams, conseillés d'ailleurs par Jazzmag, et un Oscar Peterson live ).Et si je n'avais pas été accompagné, j'y aurais passé l'après-midi.
Ensuite, soirée rue des Lombards avec apéro sur la terrasse chauffée du Sunset/Sunside, puis concert du saxophoniste Samy Thiebault au Duc des Lombards (qui nous interprète en quintet et même sextet son dernier opus, Carribbean Stories). Si les deux concerts ne s'étaient pas chevauchés, j'aurais pu écouter Christophe Wallemme au Sunset en sortant.
Vous me direz qu'à Lyon, on n'a pas à se plaindre, entre l'Amphi et les petits clubs. C'est ce qu'on a dit à un type de La Rochelle qui déplorait les carences jazzistiques des Charentes.
On a aussi un Gibert Joseph, même s'il est moins fourni en imports que celui de Paris (ah, le plaisir de chiner).
Mais enfin, y'a pas à dire: Paris sera toujours Paris.
François Jazzbôf
mardi 5 décembre 2017
BABX Cristal Automatique
De la mélancolie encore !
des mots
de la poésie
de la musique envoutante
Avec son album "cristal automatique" Babx musicien, compositeur et chanteur nous prend à la gorge avec un art qu'il invente.
Il redonne vie à des poèmes majeurs qu'on avait trop vite vitrifié par dévotion ou crainte de ne pas être à la hauteur.
Lui il les prend et les interprète avec la musique qui leur colle parfaitement et nous les offre à déguster: Alors on n'a plus qu'à déguster
Baudelaire, Genet, Miron, Tom Waits....
Enjoy!
JazzMarc
"Parfois je m'assois par pitié de moi
J'ouvre mes bras à la croix des sommeils
Mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
Avec mes doigts à la ficelle des souvenirs perdus
Je n'attends pas demain... je t'attends
Je n'attends pas la fin du monde... je t'attends
Dégagé de la fausse auréole de ma vie".
Gaston Miron
des mots
de la poésie
de la musique envoutante
Avec son album "cristal automatique" Babx musicien, compositeur et chanteur nous prend à la gorge avec un art qu'il invente.
Il redonne vie à des poèmes majeurs qu'on avait trop vite vitrifié par dévotion ou crainte de ne pas être à la hauteur.
Lui il les prend et les interprète avec la musique qui leur colle parfaitement et nous les offre à déguster: Alors on n'a plus qu'à déguster
Baudelaire, Genet, Miron, Tom Waits....
Enjoy!
JazzMarc
"Parfois je m'assois par pitié de moi
J'ouvre mes bras à la croix des sommeils
Mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
Avec mes doigts à la ficelle des souvenirs perdus
Je n'attends pas demain... je t'attends
Je n'attends pas la fin du monde... je t'attends
Dégagé de la fausse auréole de ma vie".
Gaston Miron
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