Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


mardi 15 mars 2016

Aka Moon "The Scarlatti book" A Vaux Jazz

Le jeudi 10 à A Vaulx Jazz

Le festival A Vaux Jazz propose pour cette édition 2016 une soirée consacrée aux "musique nomades",
en voilà un thème énigmatique pour le jazz, tant cette musique est nomade par nature. 
En découvrant Aka Moon, le groupe qui ouvre le bal en cette soirée, on comprend alors combien ce thème leur sied parfaitement.

Aka Moon est un trio de musiciens venus de Belgique qui tournent depuis le début des années 90, ils ont déjà à leur actif une vingtaine d'albums et malgré cette antériorité votre modeste chroniqueur avoue qu'il les a découvert que par une belle soirée du mois de mars 2016 au festival  A Vaulx Jazz. Il faut bien une première fois, mais désormais je vais les suivre de près.

Sur des fondamentaux de Jazz Fusion qui fleurent bon les années 70/80 de Weather Report ou de Return de Forever,  le trio Aka Moon s'est réinventé à chacun de leur projet successif.
Le nomadisme géographique les a menés en Inde, en Afrique de l'ouest ou dans les Balkans, ils ont en tiré des albums où ils on su rester eux même et ont certainement consolidé cette cohésion qui semble indéfectible.
C'est plutôt du nomadisme temporel qu'ils ont puisé leur dernier projet, en effet toutes les compositions de leur dernier album "The Scarlatti Book" sont des variations de sonates d'un musicien Napolitain  du 18 ème siècle : Domenico Scarlatti.
Ce compositeur prolixe, il a composé 550 sonates, était contemporain de Bach et de Haendel mais déjà il était jugé fantaisiste, il multipliait les dissonances, les modulations, les ruptures rythmiques et les contrastes mélodiques en voilà un magnifique terreau pour ces jazzmen nomades d'Aka Moon.

Ce qu'ils démontrent sur scène c'est une vrai intention artistique, pas de postures ni de lutte d'égo ( ça c'était pour la deuxième partie de soirée), mais plutôt une démarche ambitieuse et exigeante.
Nous avons vu ce soir des musiciens simples, virtuoses et entièrement tournés vers le projet commun.
Michel Hatzigeorgiou le bassiste m'a fait penser à Chris Squire le regretté bassiste du groupe Yes certainement parce qu'il lui ressemble un peu mais aussi parce que leur style est proche. Michel Hatzigeorgiou revendique, cependant, davantage d'influences du côté de Jaco Pastorius avec qui il a même joué: Il y a filiations moins flatteuses !   
Avec Stéphane Galland à la baterie on pense à Lenny White ou David Weckl, les grands noms du jazz Rock: rien que ça. Il est de tous les échanges, follement créatif.
C'est Fabrizio Cassol le saxophoniste qui compose c'est peut être l'âme du groupe mais même lui ne fait qu'un avec le groupe tant il est fusionnel.
Tel le quatrième mousquetaire, le pianiste Fabian Fiorini complète le trio, il a participé déjà à de nombreux projets au sein d'Aka Moon aussi l'adhésion reste forte. Pour ce projet le piano fait le lien avec les instruments de l'époque, il donne tantôt les thèmes des sonates avec une grandes légèreté et élégance et tantôt il s'affirme avec force, dialoguant d'égale à égale avec la batterie, voir même en se transformant en maestro devenu fou de rage face à son instrument.

Ce qu'il a de plus excitant lors d'un concert de jazz c'est de se laisser emporter sans savoir où l'artiste aura envie d'aller. Ce soir le voyage a été  foisonnant et m'a semblé encore très différent de ce que propose l'album studio.
Le champ des possibles du  jazz nomade est considérable et la scène les multiplie encore à l'infini, nous voilà rassurés!    

JaZZmarc

Sur jazz-rhone-alpes.com ce billet les autres chroniques de la semaine

 Saxophone alto : Fabrizio Cassol / Basse : Michel Hatzigeorgiou / Batterie : Stéphane Galland / Piano : Fabian Fiorini

Aucun commentaire:

Publier un commentaire