Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


jeudi 6 août 2015

Sur la route de Marciac : Le joueur d'echecs qui perd la vue

Les rencontres sont les évènements les plus marquants de notre vie,
certaines peuvent nous laisser indifférents, il y en a en revanche qui sont des pierres blanches, elles nous donnent à réfléchir et qu'on le veuille ou non participent à faire ce que nous sommes.


Sur la route de Marciac, en vacances, un brin plus détendus, on se trouve plus ouvert plus disponible à l'autre et à la rencontre ?

le Joueur d’échecs:
Son histoire pourrait être la toile de fond d'un polar américain ou d'un roman de John Irving.
Dans un restaurant aux abords de Marciac, nous nous trouvons à la même table qu'un couple d'environ soixante dix ans.
 
Il est né en Roumanie, accordeur de Piano de métier,
Elle est d'origine Française, et était infirmière
Ils ont vécu 25 ans aux États-Unis, à New York et sont revenus qen France vivre leur retraite.

Il est féru d’échecs, a gagné pas mal de concours, et ils se retrouvent dans la région pour une rencontre entre spécialistes des Échecs.
Il a entrainé sa femme dans cette passion, pour partager, mais aussi pour qu'elle l'assiste. Car depuis plusieurs années ils perd progressivement la vue. Il a consulté des spécialistes de tous poils mais aucun n'a de diagnostic à poser sur son mal insidieux.
Et puis il parle de l’Amérique, de  New York, comme un bon patriote d'un pays que la France ne comprend pas tout à fait. Et nous, quand même, on a envie de savoir s'ils y étaient ce maudit 11 septembre.

Elle était ce jour là dans son hôpital dans le Queens, et d'où elle était elle voyait à la fenêtre les tours jumelles qui s’effondraient en même temps que la télévision montrait les images: Le monde, ce jardin.

Il entrait juste dans Manathan en voiture pour un rendez-vous, quand l'alerte fut donnée. Ce que j'ai appris c'est que à un moment donné dans la matinée les autorités ont donné un quart d'heure aux véhicules pour sortir avant de boucler l'île. Ce qu'il a fait.
Il a des trémolos dans la voix quand il raconte, son émotion est palpable, il avoue tout de même que ça lui fait du bien d'en parler.
Pour lui cette poussière, nauséabonde et macabre partout dans la ville, et ceci pendant quelques jours, doit être pour quelque chose dans le mal qui le ronge aujourd'hui.
Et si cette journée avait eu sur lui des effets psychosomatiques ? A l'évocation de cette thèse il admet que c'est une hypothèse plausible.

Un amoureux de la vie qui ne voudrait plus voir la cruauté du monde et la bêtise des hommes;
 un accordeur de piano qui deviendrait aveugle pour rejoindre la situation de beaucoup de ses confrères et s'approcher d'encore plus près la musique comme d'un échappatoire.

Nous devions nous retrouver plus tard sur un stand à Marciac pendant le festival et nous nous sommes manqués alors que nous n'avions pas beaucoup parlé musique ensemble: Pour un nouveau contact n'hésitez pas à laisser un commentaire ici (c'était en 2012 mais on peut rêver)

Une rencontre comme une pierre blanche.
JaZZmarc

Et si on écoutez Esbjorn Svensson?

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