Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


vendredi 20 novembre 2015

Jeff Buckley au Bataclan: Hallelujah

J+7


Pas mieux;
et vive la France!

mardi 27 octobre 2015

Antiloops au festival Un doua de jazz

Le vendredi 23 octobre au CCO de Villeurbanne

Un festival bon enfant où on fait des crêpes à l’accueil et où les organisateurs très jeunes et très  impliqués ne se prennent pas la tête mais nous dénichent tous les ans quelques belles perles  : C'est le formidable festival Un doua de jazz. 
C'est déjà la soirée de clôture de l'édition 2015 et c'est un finish explosif qu'ils nous ont concocté avec  une programmation très électro Jazz.

Le premier groupe Antiloops nous a cueillis à froid pour nous mettre une bonne claque d'entrée avec un morceau hyper pêchu  " YEP".
Antiloops c'est d'abord Ludivine Issambourg à la flute traversière et aux compositions qui s'est entourée d'un band au service d'une musique au carrefour de plusieurs univers du Jazz au hip-hop en passant par le rock. Pour le côté hip hop Mr Gib est au scratch il complète le groove que les 3 autres musiciens nous délivrent, à la basse délicieusement Jazz Rock Timothée Robert , au claviers Nicolas Derand   et à la batterie le remplaçant du soir Martin Wangermée qui s'en sort plutôt bien pour une doublure de Maxime Zampier annoncé jusqu'à lors.

Chacun a ses références, moi immédiatement j'ai pensé à Ian Anderson le flutiste du groupe de Rock progressif des années 70 Jethro Tull  et au projet plus récent Buckshot Le Fonque de Brandford Marsalis saxophoniste de jazz.
Plus tard Ludivine nous confiera que les artistes qui l'ont certainement influencé sont en vrac et sans être  exhaustif:  chez les français Malik Mezzadri flûtiste de jazz (Magic Malik); Julien Lourau saxophoniste ou encore Laurent De Wilde dans sa période electro mais aussi, ailleurs dans le monde, des groupes comme The Cinematic Orchestra.
 Ludivine est percutante dans son jeu à la flute, elle recherche à varier les sonorités en mélangeant le son de sa voix et celui de la flûte. Elle ne recherche pas un son lisse mais un son sincère même si il est un peu "crade"; c'est elle qui  le dit.

Le groupe Antiloops tourne seulement depuis deux ans et même si on a senti un petit manque d'assurance surtout en début de concert et une sonorisation "perfectible" le groupe envoie du lourd et pour moi les frissons de plaisirs dès le début du concert sont le parfait symptôme que le groupe a touché sa cible.

Un CD est disponible, leur premier, sorti au début de l'année  "Electrochock" alors vous pouvez vous encore vous rattraper  si vous n'étiez pas là; et un deuxième est en préparation nous dit on. 

Le jazz se renouvèle sans cesse et Il se passe plein de choses rafraichissantes sur la scène jazz française : que de bonnes nouvelles alors ! YEP !

DJ JazzMarc

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Ludivine Issambourg (flûte), Martin Wangermée (batterie), Mr Gib (scratch), Nicolas Derand (clavier), Timothée Robert (basse)


Panam Panic au festival Un doua de jazz

Le vendredi 23 octobre au CCO de Villeurbanne

Pour la deuxième partie de la soirée de clôture du festival "Un doua de Jazz" pas de panique on reste dans l'electro jazz avec un autre groupe de Paname : Panam Panic.

Cette fois c'est l'artillerie lourde, un groupe formé en 2007 de musiciens très expérimentés et une sono qui est maintenant irréprochable (s'était possible alors !)

Nous voilà partis en très bonne compagnie,
le  groove est pulsé par les 2 soufflants, l'élégant Julien Allour à la trompette et l’énergique Max Pinto au saxophone ils ne sont que deux mais à certains moments on a l'impression d'être en face d'une section cuivre d'un big band.
Arnaud Renaville est à la batterie c'est le co-fondateur d'un autre groupe d'electro jazz plus ancien et plus connu  Electro Deluxe; pour les avoir vu la semaine précédente j'ai l'impression qu'il s'éclate désormais bien plus avec Panam Panic et je le comprends.

L'improvisation est dans l'ADN du groupe, aussi outre les soufflants,  Robin Notte au Fender Rhodes est particulièrement à son aise et nous ravi dans ses chorus, une séquence avec seulement la basse de Julien Herné, la batterie et le fender Rhodes nous à laissé sur le cul.  

Le répertoire est essentiellement tiré de leur deuxième album fraichement sorti: "The Black Monk", les morceaux semblent cependant parfaitement maitrisés par le groupe qui a du produire un gros travail de répétition pour afficher une telle fluidité et une cohésion aussi solide.

Pour les 3 derniers morceaux, avant le rappel, le groupe a invité le Rappeur français Mattic, bon je ne suis pas fan de rap mais dans ce cadre avec une machine de guerre comme le Panam Panic son intervention est carrément jouissive. L'ambiance déjà bouillante est encore montée d'un cran,.. oui 3 morceaux s'est bien :-)

Au rappel, le très bon "Funky cop" un morceau du premier album funky à souhait avec un magnifique solo de Julien Alour.

Bonne pioche pour cette soirée les soucis du moment se sont évaporés pour un temps, le temps d'un voyage en nirvana uniquement avec des substances licites vendus aussi sur toutes les plate-formes de téléchargements légales...
moi j'en reprendrais bien un Doua.

DJ JaZZmarc

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Robin Notte (Fender Rhodes), Max Pinto (Saxophone), Julien Alour (Trompette), Arnaud Renaville (Batterie), Julien Herné (Basse), Mattic ( voix)



mardi 13 octobre 2015

Electro Deluxe au Jack Jack de Bron

Le Jeudi 9 octobre au Jack Jack de Bron ( MJC Louis Aragon)

Le Jack Jack un bien belle salle salle au cœur de la MJC de Bron, elle fonctionne depuis un peu plus d'un an et propose des concerts plutôt pop/rock, mais ce soir l'affiche c'est Electro Deluxe et donc du Jazz Funk en prévision. Alors votre serviteur se dévoue une fois de plus pour défricher ces nouveaux espaces.

En guise de nouveauté Electro Deluxe est quand même un groupe français qui est né en 2001 et qui à déjà à son actif  5 albums dont 1 live.
Je les avais pour ma part perdu de vue depuis quelques années et gardais en têtes de fabuleux musiciens à l’énergie décapante, dénicheurs de talents qu'ils intégraient avec gourmandise a leur univers : Rappeurs, chanteurs de soul...

Le concert démarre en trombe;  l'énergie est bien intacte, et ça groove de folie.
James Copley le chanteur d'origine américaine, qui a intégré le groupe il y a 5 ans, emporte le morceau dès les premères mesures de "Devil"  avec son charisme son humour et la qualité de sa technique vocale.

Cependant rapidement je sens le malaise...
d'Electro Deluxe il ne reste que peu d'electro; et le luxe  est certainement illustré désormais par le nœud papillon du chanteur.
Mais plus gênant le groupe a changé de nature, il semble qu'une OPA  (amicale certainement), ait eu lieu; on assiste à un show à l'américaine ou le chanteur hâbleur fait monter la mayonnaise, fait trémousser et hurler les foules sentimentales. Quand j'entends "faite du bruit" dans un concert je me demande pourquoi je suis venu : Ah oui pour écouter de la musique.

Electro Deluxe propose donc maintenant des chansons à la sauce funk.
Adieu la French Touch!  bonjour le Mainstream !

Pour être juste Il y a eu quelques vrai moments d'extase musicale, quand les musiciens ont repris leur territoire et qu'ils sont partis dans des chorus délirants ...mais ça n'a pas duré hélas.

Quand j'en faisais la remarque à un ami, il m'a rétorqué qu'il en fallait pour tout le monde ! ... euh comme pour les musiques de mariage ? :-)

Je hais les musiques de mariage !

JaZZmarc Ronchon

Thomas Faure (saxophone & programmation) / Vincent Payen (trompette)/ Bertrand Luzignant (Trombone) / Jérémie Coke (basse) /Arnaud Renaville (batterie) /Gaël Cadoux (claviers) / James Copley (Chant )

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Là j'y étais, mais ça c'était avant.


dimanche 11 octobre 2015

Stacey Kent la douce au Karavan

Le Vendredi 2 octobre 2015 Stacey Kent au Karavan de Chassieu

Bon d'accord je me suis endormi sur mon fauteuil à la première chanson. Oui elle nous gonfle avec Jim son petit mari qui joue du sax et qu'elle adore... Oui elle est shooté aux Bisounours MAIS, putain quelle voix.

Je me suis réveillé à la troisième sur un air de bossa et je n'ai plus fermé l’œil... Elle était toute petite à Marciac en 2012 la dernière fois que nous l'avons vu, perdue sous cet immense chapiteau vraiment pas fait pour ses frêles épaules. Godiche dans sa robe rouge.
Le Karavan de Chassieu lui sied beaucoup mieux, on aimerait même encore plus petit, à l'amphi Jazz par exemple, et puis après dans notre salon pourquoi pas ?

Son nouvel album The Changing Lights est un hommage à la musique brésilienne (Joao Gilberto, Carlos Jobim...) qu'elle affectionne depuis toujours nous dit-elle. Jim y joue du sax ténor à la Stan Getz ou de la flûte. Stacey a besoin de lancer sa voix sur un silence ou un accord de piano qui s'éteint. Le quatuor qui l'entoure (celui de la video ci-joint) le sait et joue le jeu.

Trois rappels plus tard Stacey s'est prêtée avec un plaisir non feint à la séance des dédicaces et nous l'avons même trouvé belle. Le charme nous a vaincu c'est certain.
Dans un article récent elle dit ne pas chanter tout ce qu'elle aime et par exemple dit admirer Steeve Tyler (Aerosmith...) et si Stacey Kent n'était pas celle qu'on croit ?

JC JazzBof

mardi 22 septembre 2015

Hundred Seventy Split - Les Grosses guitares: Several years after

Le 19 Septembre  15e édition des grosses guitares a Vaugneray.

En vedette, Hundred Seventy Split, les héritiers de Ten Years After. Il n'en reste que Leo Lyons, qui aura 72 ans en novembre, mais mouille encore la chemise avec sa crinière blanche au vent. Un enfant prodige de la guitare, Joe Gooch (38 ans) assure la relève d'Alvin Lee, aux cordes en tout cas (parce que au niveau voix et charisme, c'est moins convaincant).

Et le batteur, Damon Sawyer, frappe juste et fort. Le répertoire aligné mélange à 50/50 des titres de TYA et ceux de HSS ( exemple des seconds: "Gonna dance on your tombstone").
Bien sûr, je n'ai reconnu que les premiers: 50000 miles beneath my brain, Love like a man, Good morning little schoolgirl et l'inoxydable I'm going home.


Mais la chanson que j'ai préféré réentendre date de 1971 et figurait sur l'album Space in time. Elle s'appelle "I'd love to change the world".
Et je vous en livre les dernières paroles :"Worldpollution, there's no solution /Institution,electrocution /Just black and white,rich or poor /Them and us, stop the war / I'd love to change the world ..."

A noter que HSS avait été précédé par un excellent combo, N'ando & the Snashville blues, qui nous livra entre autres une superbe version de Damn Right, I've got the blues de Buddy Guy."     


 François Rockbôf

I'd love to change the world
But i don't know what to do
So i'll leave it up to you

mardi 15 septembre 2015

Sons of Kemet au Periscope

Le mercredi  9 septembre au Périscope

C'est la première soirée de la saison pour le Périscope et elle débute en fanfare et à plus d'un titre.

La salle, dans la configuration "tout le monde debout", est pleine et la terrasse extérieure affichera également complet ...même pendant le concert :-)?
Il se trouve que le tout nouveau ( et très beau) campus de l'Université Catholique, à quelques pas de la salle, est maintenant opérationnel avec les logements étudiants qui l'accompagne. Aussi il y a désormais un nouveau public de proximité friands de bons concerts  et de convivialité.
Ce soir ils sont servis avec dans la famille Kemet : Les fils
Sons of Kemet c' est d'abord une formation improbable constituée de 2 batteurs d'un Saxophoniste et d'un ...tubiste oui monsieur un tubiste ( un type qui joue du Tuba quoi !) venue de la scène Londonienne. Avec un tel ensemble sur le papier on se demande bien quel type de musique ils vont bien pouvoir produire???
Si je voulais faire intéressant je dirais que c'est un afrobeat des caraïbes, ou alors un mélange très percussif de musique traditionnelle africaine, de jazz, de funk à tendance Vaudou.
Le côté Vaudou c'est pour les effets hypnotique de leur musique.
Le public a du mal d'ailleurs à résister aux effet secondaires de l'expérience qui sont des mouvements lascifs du bassin et erratiques des bras.  
Malgré l’attitude flegmatique du très talentueux batteur Seb Rochford  à la chevelure invraisemblable  ils mettent le feu à la salle les bougres.
Au sax Shabaka Hutchings dégage une énergie affolante, ses dialogues avec le tuba  de Theon Cross sont surprenants de vivacité pour un instrument qui pourrait sembler "limité", et le tout est soutenu par une section "batterie"  hyper tonique.


Cette musique de transe des îles nous a tous envoutés,
mais au fait comment ça c'est fini tout ça ? je ne m'en rappelle plus
Je crois qu'à un moment nous suivions un enterrement à Haïti accompagner par une fanfare déjantée.

... c'est certainement un autre effet secondaire.

Par contre en cas de nouveaux symptômes liés au manque le groupe sort un CD le 25 septembre: "Lest We Forget What We Came Here To Do"

JazzMarc
  
 Saxophone : Shabaka Hutchings / Battrerie : Seb Rochford Batterie :Tom Skinner/ Tuba: Theon Cross

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mercredi 9 septembre 2015

Je suis l'autre

L'enthousiasme de "je suis Charlie" est bien retombé,
cet élan qui nous a réunis autour d'un esprit à nouveau collectif, moins individualiste,
cette utopie d'une prise de conscience pour un mieux vivre ensemble
... tout ça semble bien loin.

Les réflexes ego-centrés sont revenus au galop dans la classe politique,
et selon un récent sondage 56% des français seraient contre le fait que la France prenne sa part dans l'accueil des réfugiés politiques.   
 
"Je suis Charlie" Bleu Blanc Rouge me semble dans tous les cas étriqué,
je fais partie d'un quartier, d'une collectivité locale, d'un pays, d'une communauté de pays, de la planète et à chaque étage il me semble important que nous réfléchissions et agissions ensemble pour notre bien commun.

Sans tomber dans l'angélisme ou la pensée philosophique bisounours, ne pourrait on pas retrouver ce qui fait juste la spécificité de l'homme face à la bête ? : son humanité. 

Je suis le père de cet enfant échoué sur une plage Grecque,
Je suis le frère de ces collégiennes transformées en esclave au Nigéria
Je suis l'autre ... ou je pourrais l'être
 
Alors je reprends le slogan qu'a utilisé Olivier Py le directeur du festival d'Avignon lors de la dernière édition, et il précisait  : "Je suis l'autre, c'est la base de l'éducation".
Désormais l'illustration de ce blog en haut à gauche change.

JE SUIS L'AUTRE

JMlautre
Ce blog est destiné à promouvoir la musique qui est le langage commun de l'humanité et pourtant je ne trouve pas d'illustration musicale à associer ici ...tant pis ( NRV)

je suis l'autre aussi, alors "come together" ? (une belle reprises de Marcus avec Kezhia Jones )
JC JazzBof


samedi 5 septembre 2015

Isn’t it a pity now Isn’t it a shame ?

Isn't it a pity Now, isn't it a shame How we break each other's hearts
And cause each other pain

How we take each other's love
Without thinking anymore
Forgetting to give back
Isn't it a pity

Some things take so long
But how do I explain
When not too many people
Can see we're all the same

And because of all their tears
Their eyes can't hope to see
The beauty that surrounds them
Isn't it a pity

Isn't it a pity
Isn't is a shame
How we break each other's hearts
And cause each other pain

How we take each other's love
Without thinking anymore
Forgetting to give back
Isn't it a pity

Forgetting to give back
Isn't it a pity
Forgetting to give back
Now, isn't it a pity


JC Harrisonien JazzBof



Article de Télérama: Il faut montrer la photo de l'enfant syrien noyé.

mardi 1 septembre 2015

le trio Kapsa / Reininger / Fleau : La ligne de Kármán

En 2011 sortait "Pharelie" le premier album du groupe et bénéficiait d'un très bon accueil de la critique; avec "La ligne de Kàrmàn" paru en avril dernier ce premier album sera à classer dans la série  "Les origines" tant  le groupe a marqué d'une personnalité forte ce deuxième opus.

La ligne de Kàrmàn élève littéralement le débat;
pour les curieux elle se situe  à 100 km au-dessus de la surface de la Terre et définit la limite entre la Terre et l'espace ! et effectivement avec ce coup gagnant le trio nous fait décoller sévère.

Il règne dans cette album comme une atmosphère d'urgence absolue qui nous prend au début avec  "l'alliance", un morceau captivant,  au niveau de la mer et nous lâchera haletant avec le "Typographe" 10 000 Km plus haut, on aura alors explosé la ligne de Kàrmàn. 

Un trio sans nom de leader, c'est un gage de cohésion d'équipe et d'enrichissement de projet.
Selon un proverbe africain, que j'affectionne particulièrement  "Seul, on va plus vite; Ensemble, on va plus loin !"
Alors même, si ici Jean Kapsa le pianiste de la bande, avait de la matière et de l'expérience à revendre, c'est bien en s'ouvrant à ses 2 complices et se "fritant" à eux que son travail se révèle et c'est en intégrant la somme des créativités qu'une œuvre telle que "La ligne de Karman" peut exister.   

En effet Jean Kapsa s'était astreint en 2013 a publier sur son site web pendant 100 jours des miniatures improvisées, ce qui a certainement développé sa capacité d'improvisation et lui a donné un stock de thèmes dans lesquels il a pioché pour cet album. Il avait ensuite tourné sur scène un solo avec ce matériau qu'il avait baptisé "Clouded mind" titre que l'on retrouve dans l'album.

On pense avec ces trois là,  au trio de  Brad Mheldau pour l'évidence des mélodies, mais aussi à ceux d'Avishai Cohen  pour la cohésion rythmique dans les séquences plus rock ou encore au vénéré E.S.T, feu Esbjörn Svensson Trio pour la fusion créatrice entre jazz et musiques actuelles.
Mais  K.R.F.T ( entendez Kapsa Reminger Fléau Trio) marque encore une fois avec cet album une véritable singularité :  des compositions "haletantes", une économie de notes au service de l'émotion, une cohésion percussive du trio.

Beaucoup de chemin parcouru par ces trois anciens élèves du CMDL en 2007 (Centre des Musiques Didier Lockwood); ils travaillent ensembles depuis lors en trio mais aussi en Quartet avec le groupe Festen. Cette complicité tourne, avec cet album, à la symbiose. 
Un vrai trio, pas uniquement un trio de circonstance, c'est 3 individualités indispensables à la création d'une quatrième entité : KRFT en l’occurrence. 
Antoine Reininger contre-bassiste de son état  assure à tous les étages, aux compositions et à la création des différentes ambiances rythmiques avec ou sans archet.   
La pulsation bienfaisante de Maxime Fleau  à la batterie est déterminante dans la mise en son de ce caractère d'urgence dans lequel baigne l'album, mais ce sont ses délires electro-syncopés qui concrétisent la fusion décomplexée du Jazz avec les musiques modernes.
Si je ne devais évoquer qu'un morceau je choisirais "Gamma" une composition super vitaminée avec des changements de rythmes ébouriffants, qui illustre magnifiquement la cohésion du groupe.

Cette album révélation vient de loin, il s'est muri d'expériences et de beaucoup de travail; les morceaux ont été longuement peaufinés avant de rentrer en studio sous l'impulsion du quatrième homme du trio Edouard Ferlet à la direction artistique.
  
Le groupe n'annonce pas encore de concert dans la région, nous espérons les voir rapidement sur nos scènes locales présenter cet album où les espaces de folie improvisée sont nombreux, ils pourront alors les étendre à souhait pour notre plus grand plaisir.

JaZZmarc

Jean Kapsa piano / Antoine Reininger contrebasse/ Maxime Fleau batterie

Sur Jazz-Rhônes-Alpes.com ce billet et les autres chroniques de la semaine   

Don't Speak Too Soon (live) from Kapsa Reininger Fleau on Vimeo.