Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


lundi 10 août 2026

Crest Jazz festival: Emile Parisien/Yaron Herman/ Prabhu Edouard/ Florent Nisse -- Floating


Photo: Jean-François Viaud
Le 7 août à l'espace Soubeyran du Crest Jazz festival 

Après le concert Blue Maqam de Renaud Garcia-Fons, la soirée se poursuit à l’Espace Soubeyran avec un souffle tout aussi oriental. C’est à présent le quartet d’Emile Parisien avec le projet Floating. Cette fois-ci le souffle se fait brise, le flottement évoqué plane dans l’atmosphère comme une fragrance exotique.

Le saxophoniste semble produire comme des lamentations de son soprano. Tandis que Yaron Herman au piano suit la mélodie avec un touché délicat dans les aigus. Le pianiste n’a pas un jeu percussif, sa finesse lui permet d’être plus près de la mélodie que du rythme. A la contrebasse Florent Nisse ajoute sa mélodie à celle du piano pour qu’elles s’entremêlent. Son instrument généralement dans le registre de la section rythmique est là aussi dans celui de la mélodie et de la fluidité. Seul Prabhu Edouard avec ses percussions indiennes rythme les échanges de ce soir. Il est le seul à structurer rythmiquement ce flottement proposé par le projet de la formation.

Les quatre instrumentistes ont tous une place importante dans l’interprétation. Leurs sonorités s’articulent et s’entremêlent dans différentes configurations. Ils prennent tour à tour les introductions des morceaux pour en faire une longue improvisation et une mélodie qui s’apparente à un discours. Souvent ils sont suivis par un instrument qui reprend le thème pour développer un nouveau solo. Lorsque le pianiste, le contrebassiste et le percussionniste entremêlent leurs mélodies cela créé un tapis de notes sur lequel le saxophoniste peut s’envoler et flotter vers l’improvisation. Les quatre musiciens mettent de l’intensité dans leur musique. En faisant monter le tempo crescendo comme dans le boléro de Ravel sur l’un des titres.

Le répertoire de la soirée est varié. De nombreuses compositions d’Émile Parisien sont interprétées comme 66 et Bonbon. Les compositions de Yaron Herman sont nombreuses à être jouées également, comme Nusrat par exemple en rappel. Pour le dernier titre, c’est une composition hybride du saxophoniste et du pianiste qu’il ont prit l’habitude d’interpréter en mémoire de Michel Portal. L’hommage est émouvant. En reprise, c’est un titre d’Anouar Brahem, en harmonie avec le répertoire du groupe.

Nous n’avons pas l’impression qu’il y a un leader et ses partenaires dans ce projet. Mais plutôt un équilibre entre quatre personnalités et quatre sonorités. Les percussions indiennes de Prabhu Edouard et l’improvisation collective rappellent l’esprit du Mahavishnu Orchestra. Mais au-delà de cette coloration musicale les introductions orientales et les longs solos donnent une impression de moments suspendus. De ces moments qui nous amènent en apesanteur et le flottement de ce projet nous guide vers un état méditatif.

JazzFrançois Viaud 

Line Up :
Émile Parisien (saxophone soprano) / Yaron Herman (piano) / Florent Nisse (contrebasse) / Prabhu Edouard (percussions).

 Ici sans Florent Nisse avec Linda May Han Oh à la contrebasse

Crest Jazz festival: Renaud Garcia-Fons – Blue Maqam

Photo: Jean-Francois Viaud

Le 7 août à l'espace Soubeyran du Crest Jazz festival 

Un souffle de fraîcheur inattendu enveloppe l’Espace Soubeyran. Il nous procure une pause dans cette période de canicule et semble venir de la Méditerranée. L’archet du contrebassiste percute et rebondi sur les cordes, c’est le style bien particulier de Renaud Garcia-Fons. L’esprit de l’orient flotte sur l’Espace Soubeyran. Puis l’archet frotté sur les cordes donne à cet Orient un aspect mélancolique. La voix de Solea Garcia-Fons rejoint la contrebasse avec un chant en langue Grecque. Stephan Caracci au vibraphone et Jean-Luc Di Fraya aux percussions les accompagnent avec un rythme doux.

Le jeu du contrebassiste est toujours aussi varié. Les cordes sont frottées et percutées avec l’archet ou pincées en pizzicato. La contrebasse qui est habituellement un instrument à cordes frottées ou pincées devient aussi un instrument à percussion. Cette variété de jeu et de sonorités apporte beaucoup de sensations et d’émotions de voyage dans la musique. Comme à son habitude, le contrebassiste nous invite à un voyage dans les sonorités de la Méditerranée et du Moyen-Orient. Il ajoute à présent la voix dans son répertoire, et c’est sa fille qui nous conte la Méditerranée en plusieurs langues.

La jeune chanteuse interprète les chansons dans un tourbillon de langues méditerranéennes. Du grec à l’espagnol en passant par l’hébreu, l’arabe et le français. Dans chacune des langues, la voix est posée et claire, parfois sensuelle et souvent spirituelle. La chanson en hébreux et la chanson en arabe sont enchaînées à la suite l’une de l’autre sans coupure ; comme pour ne pas oublier le lien de proximité que ne devrait pas éloigner les deux peuples. Le thème est celui de la paix. Sur la dernière chanson avant le rappel, qui est chantée en français et qui évoque l’amour, est interprétée comme un poème.

Le percussionniste et le vibraphoniste apporte un accompagnement raffiné. Le percussionniste utilise délicatement ses tambours qu’il frappe souvent avec les mailloches pour créer un son de basse. Ses baguettes dansent sur les cymbales dont les sons métalliques se superposent aux sons du vibraphone. Le mélange de ces sons aigus, dialoguent et se répondent. La finesse du jeu sur les lames du vibraphone fait penser à des gouttelettes d’eau qui perlent entre les arpèges des cordes de la contrebasse. Le percussionniste frappe aussi ses tambours à mains nues, ce qui donne une impression de rythme traditionnel. Cette impression d’air traditionnel est complétée lorsque le vibraphoniste joue du marimba.

Pour le rappel, Renaud et Solea Garcia-Fons interprètent un morceau en duo. Pour cette chanson émouvante, la fille chante à nouveau en espagnol et le père rythme le thème en frottant et frappant délicatement les cordes de son instrument. L’association originale des instruments est rare dans un groupe. Cela enrichit les sonorités variées et complexes. La palette des sons et des timbres permet de mélanger les styles musicaux pour notre plus grand plaisir. L’apport sensuel et spirituel de la voix augmente la musique de Renaud Garcia-Fons.

JazzFrançois Viaud 

Line Up :
Renaud Garcia-Fons (contrebasse)/ Solea Garcia-Fons (chant)/ Stephan Caracci (vibraphone) / Jean-Luc Di Fraya (percussions). 

 

ça donne ce joli clip   

Crest Jazz festival: Erik Truffaz & Antonio Lizana – New Sketches of Spain

Photo: Franck Benedetto
Le 6 août à l'espace Soubeyran du Crest Jazz festival

C’est le concert qu’il fallait voir à Crest cet été, c’est aussi un des concerts que les festivals devaient programmer cette année ! Voici une nouvelle commémoration du centenaire de la naissance de Miles Davis. En cette année 2026, les hommages sont nombreux. Nous avons vu la tournée We Want Miles organisée par Marcus Miller et ses coéquipiers de l’album éponyme. Voir ici. Ainsi que la célébration de la collaboration du trompettiste avec son conscrit John Coltrane, par Terence Blanchard et Ravi Coltrane. Voir ici . Cette fois c’est la rencontre entre le trompettiste suisse Erik Truffaz et le saxophoniste et chanteur espagnol Antonio Lizana qui font revivre un monument créé par le trompettiste américain et le pianiste, arrangeur, compositeur et chef d'orchestre Gil Evans.

Sketches of Spain est un album de Miles Davis qui a été enregistré en deux sessions ; en novembre 1959 ainsi qu'en mars 1960. Il est sorti en juillet 1960. C’est la quatrième collaboration avec Gil Evans pour les arrangements après Birth of the cool, Miles Ahead et Porgy and Bess. Vient ensuite leur dernière collaboration avec Quiet Nights. Pour ces « esquisses d’Espagne », l’arrangeur a aussi écrit certaines compositions en complément du Concierto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo et de la Chanson du feu follet extraite du ballet-pantomime L’Amour Sorcier de Manuel de Falla. Pour ses compositions il s’est inspiré d’une chanson traditionnelle de Galice (The Pan Piper-La flûte de pan), d’une mélodie flamenco (Solea) et d’un chant religieux entonné lors des processions de la Semaine Sainte (Saeta).

C’est Pau Figueres qui ouvre ces New Sketches of Spain à la guitare flamenco. Le trompettiste le rejoint sur scène avec la mélodie du Concierto d’Aranjuez. Le morceau traditionnel prend de l’amplitude avec la section rythmique composée de Arin Keshishi à la basse électrique, Manuel de la Torre à la batterie et Vincent Thomas aux percussions. La sonorité est veloutée lorsque Antonio Lizana au saxophone alto et Renaud Gabriel Pion à la clarinette basse, rejoignent le trompettiste sur le thème. Le classique de la musique espagnole devient fougueux et moderne quand la danseuse flamenco, Sara Sanchez entre en scène accompagnée par le chant flamenco d’Antonio Lizana. Tout au long de ses interventions la danseuse dessine « ses esquisses d’Espagne » avec ses pas de danse et ses formes de corps. Souvent habillée de rouge elle trace avec sa gestuelle, les feux follets mais aussi les flammes d’un brasier ardent. Avec son chant flamenco intense et sincère, Antonio Lizana, attise ce feu spirituel. Les timbres de la batterie et des percussions sont riches et variés, surtout lorsque la sonorité sèche des baguettes du batteurs se mêlent à la sonorité sourde des mailloches du percussionniste. Leur accompagnement soutient parfaitement le solo du saxophone alto. Le retour du thème à la guitare flamenco seule, boucle le thème avec la mélodie de cette pièce maîtresse.

Photo: Franck Benedetto

Avec ce premier titre nous sommes déjà projetés dans l’ambiance exubérante de l’Espagne. Nous pouvons associer à ces esquisses musicales, les esquisses picturales du Greco pour les scènes de la vie courante ou celles de Picasso pour les scènes de tauromachie. Les esquisses littéraires de Théophile Gauthier avec son Voyage en Espagne, nous viennent également à l’esprit. Avec ses mots il peint, la chaleur, la lumière et l’esthétique de ce pays comme un exotisme. Toutes ces images se retrouvent dans les introductions à la trompette ou à la guitare, dans les solos à la flûte traversière, au saxophone alto ou à la clarinette basse. Mais aussi dans les duos. Le son velouté et grave de la clarinette basse associé à la finesse des aigus de la flûte traversière soutiennent à merveille les thèmes espagnols interprétés par le trompettiste. L’esprit flamenco est sublimé par l’association de la trompette avec la guitare mais aussi par la complémentarité de la trompette et le chant. Le mariage des aigus de la trompette avec le son de basse de la clarinette donne beaucoup de profondeur aux thèmes interprétés.

Les rythmiciens sont très présents pour fournir cette ossature rythmique qui soutient cet édifice musical où se mêlent différents styles. Les timbres de la batterie augmentés de ceux des percussions multiplient les sonorités de tambours et de cymbales. Ils donnent une couleur latine aux sonorités. Ils vont aussi permettre au bassiste d’interpréter un solo délicat et envoûtant. Lorsque qu’elle n’est pas flamenca la guitare entre dans les rangs de la section rythmique pour augmenter le rythme de ses six cordes.

La fusion entre les styles est complète ce soir. Les instruments passent par l’Espagne traditionnelle avec son flamenco incontournable imprégné d’Orient. Surtout avec la guitare, la trompette et les percussions, sans oublier le chant et la danse. Le passage par le jazz est aussi exécuté par le trompettiste lorsqu’il change de registre mais aussi avec les solos du saxophoniste alto. Nous touchons à la structure de la musique classiques avec les arrangements du clarinettiste basse, surtout lorsque qu’il revient sur le thème musical accompagné des deux autres soufflants ; la trompette et le saxophone alto ou la flûte traversière.

Ce mélange des styles est souvent présent. Pour Solea, la danseuse flamenco danse sur un solo jazz de saxophone alto. Les trois cuivres et bois interprètent le thème de manière jazz avec un trait de flamenco souligné par la guitare. Sur l’interprétation de Saeta, l’esprit de la procession est exprimé par le jeu de la trompette et un chant d’inspiration orientale. Les tambours de la batterie et des percussions martèlent le rythme de la marche. La reprise du thème par la rondeur de la clarinette basse apporte une touche classique.

Ce concert hommage, retranscrit bien la fusion du jazz, du classique et de la musique traditionnelle espagnole comme l’avaient déjà réinterprété et arrangé Miles Davis et Gil Evans. Mais il va au-delà, avec une extension du thème de la tradition espagnole comprenant le chant et la danse flamenco. Erik Truffaz et Antonio Lizana, les deux sorciers de la musique, ainsi que leur magnifique formation ont convoqué la spiritualité du jazz et du flamenco et c’est la fusion du feeling et du duende qu’ils ont parfaitement réussi.

JazzFrançois Viaud 

Line-up :
Erik Truffaz (trompette)/ Antonio Lizana (chant, saxophone alto, flûte) / Renaud Gabriel Pion (clarinette basse, cor anglais, arrangements) / Sara Sanchez (danse flamenco)/ Pau Figueres (guitare flamenco), Arin Keshishi (basse électrique) / Manuel de la Torre (batterie) / Vincent Thomas (percussions).

 

Crest Jazz festival: Mélina Tobiana Quintet

Photo: Jean-François Viaud
 Le 6 août à l'espace Soubeyran du Crest Jazz festival

C’est un jazz vocal festif que nous propose Mélina Tobiana en Quintet. On a l’impression de retrouver le festival Crest Jazz Vocal des années 90’ et 2000. Celui qui accueillait sur la scène de Soubeyran les grandes chanteuses de jazz ; Nina Simone, Dianne Reeves, Diana Krall, Patricia Barber…et tant d’autres.

La chanteuse s’appuie sur un triptyque solide pour la rythmique. Avec Edouard Monnin au piano, Thomas Posner à la contrebasse et Clément Brajtman à la batterie et au chant. Le pianiste propose tout aussi bien des envolées lyriques pour prendre des solos que des accompagnements délicats et épurés pour soutenir la voix de la chanteuse. Le contrebassiste renforce le rythme avec jeu délicat et prend des solos mélodiques dans les arpèges. Le batteur accompagne le rythme de manière énergique et s’adapte aux balades avec un jeu délicat avec les mains directement sur les peaux de ses tambours. Gustave Reichert à la guitare et au chant, vient avec son instrument prolonger la voix de la chanteuse avec des riffs jazz, rock et funky. Ce qui donne une ouverture moderne aux chansons de cette soirée.

Le répertoire est varié avec des compositions personnelles mais aussi de nombreuses reprises. Parmi les compositions originales nous retrouvons I Was Born a Woman qui est interprétée à trois voix avec le batteur, le guitariste et la chanteuse. L’interprète est aussi une jeune maman qui a écrit une chanson émouvante en français pour sa fille, La chanson d’Anouk. L’enfant écoute pour la première fois sa mère lui interpréter cette dédicace en live. Pour les reprises, il y a I Can See Clearly Now de Jimmy Cliff, Don’t Cry for Louie de Vaya Con Dios et Maraba Blue d’Abdullah Ibrahim, instrumental sur lequel la chanteuse a ajouté des paroles. Un blues est interprété en rappel.

Cette première partie est enthousiaste et joyeuse, à l’image de la voix de la chanteuse qui est enjouée et dont la prononciation de l’anglais est agréable et maitrisée. Le public accueille avec engouement ce concert dont les fondamentaux du jazz classique sont présent. On retrouve les influences du gospel et du folk dans certains morceaux. Sans oublier une ouverture vers le rock, la pop et la chanson qui apportent de la fraîcheur à ce concert.

JazzFrançois Viaud 

Line Up :
Mélina Tobiana (chant) / Gustave Reichert (chant, guitare) / Edouard Monnin (piano) / Thomas Posner (contrebasse) / Clément Brajtman (chant, batterie).

 

lundi 13 juillet 2026

Jazz à Vienne 2026: The Get down


Dans un vrombissement d’enfer, Laurent Coulondre, ouvre le concert à l’orgue Hammond B3. Il le fait ronfler comme on pousse un moteur, on a l’impression d’être dans une église à l’occasion d’un office avec un chant gospel. Arnaud Dolmen le rejoint et appui avec une frappe forte à la batterie, un rythme qui est imprégnée de l’esprit antillais. Le ton est donné pour ce concert du The Get Down des deux musiciens qui figurent sur l’album de ce projet. Seul Grégory Privat également sur l’album n’est pas présent à Vienne ce soir. The Get Down est une expression de New York qui « veut dire jouer de la musique ou danser, de manière efficace et contagieuse… et prendre du bon temps à faire la fête ». Ce peut être aussi défini comme un moment paroxystique où l’on se trouve au plus haut d’une sensation ou d’une émotion.

Le trio d’origine de The Get Down prend l’allure d’un collectif. Initialement, Laurent Coulondre et Grégory Privat partagent les claviers ; l’orgue et le piano. Ce soir la section de touches ivoires et ébènes est augmentée de Rolando Luna au piano et Mario Canonge au clavier Rhodes. Le premier apporte sa touche cubaine et le deuxième complète la touche antillaise. Il faut noter que les deux instrumentistes vont intervertir régulièrement leurs claviers dans la soirée. Avec Laurent Coulondre à l’orgue on va assister à des battles de touches, des envolées de notes et des joutes amicales entre les trois tonalités de claviers. Mais aussi des duos et des dialogues musicalement riches entre eux.

S’ajoute une section de cuivres avec Melodie Spartacus à la flûte traversière et au chant, Ferdi au saxophone alto et Yasek Manzano à la trompette. La flûte traversière a une sonorité fine et aigüe tout en étant un peu caribéenne. Le saxophoniste alto apporte le rythme puissant et rapide du jazz, tandis que le trompettiste complète avec une influence sud-américaine. Les trois instruments à vent donnent un air de fanfare à la fois New-Orleans et antillaise.

Le batteur est le véritable pivot de ce groupe. La batterie est l’instrument principal du jazz et des musiques improvisées qui doit soutenir l’édifice musical. Arnaud Dolmen remplit à merveille la mission. Originaire de la Guadeloupe, le jeu du frappeur est influencé par le gwoka, les tambours traditionnels de l’Ile.

Plusieurs titres de l’album The GetDown sont interprétés. Le concert est complété par un répertoire antillais et caribéen. De la biguine traditionnelle au Zouk enflammé, en passant par la musique cubaine c’est la fête de tout l’arc des caraïbes. Les nombreux breaks musicaux sur les contretemps relancent sans cesse la dynamique du rythme pour notre plus grand bonheur. Ce GetDown, nous fait lever pour danser tout en nous élevant l’âme. Nous prenons du bon temps et c’est véritablement contagieux !

 JazzFrançois Viaud

 Line-up :
Laurent Coulondre (orgue)
Arnaud Dolmen (batterie)
Melodie Spartacus (flûte traversière, voix)
Ferdi (saxophone alto)
Yasek Manzano (trompette)
Rolando Luna (piano, claviers)
Mario Canonge (piano, claviers)

 

Jazzà Vienne 2026 : Maria Schneider & Clasijazz big band feat. Antonio Lizana Focus Espagne

Photo: JF Viaud
 C’est sur une introduction délicate aux percussions comme des piaillements d’oiseaux avec le souffle léger des cuivres et des bois que démarre ce concert du Clasijazz Big Band. Il est composé de musiciennes et musiciens espagnols avec Antonio Lizana en invité spécial et dirigé par Maria Schneider. Ce groupe fait partie des artistes du pays invité de cette édition. Nous ne sommes pas nombreux dans l’amphithéâtre, cela devient la norme pour une soirée purement jazz et c’est particulièrement décevant pour la qualité musicale des trois sets de la soirée, dont celui-ci et le deuxième.

La chef d’orchestre a commencé l’étude de la musique classique avec la pianiste Evelyn Butler, puis poursuivit sa formation de la composition avec Bob Brookmeyer, signe ses premiers arrangements pour Mel Lewis et devient ensuite l’assistante de Gil Evans. Elle mène ce soir la formation de main de maître dans un gant de velours ou de dentelle.

L’émotion est partagée ce soir avec le soliste principal, Antonio Lizana qui alterne chant flamenco et saxophone alto. On parle beaucoup de ce jeune prodige qui est à l’affiche de nombreuses collaborations musicales cet été. Son chant est doux et peu enflammé, seulement vers les derniers morceaux son chant monte en puissance. Un échange avec l’accordéoniste sur un air inspiré du tango où se mêle le chant flamenco donne un mélange de sonorités latines. Sur un autre duo l’accordéoniste s’accompagne en sifflotant tout en jouant dans un registre aigu, accompagné par la clarinette contrebasse. Nous sommes suspendus comme en apesanteur dans une sensation de douceur.

La section de cuivre est composée de cinq trompettistes et buglistes, quatre trombonistes plus les flûtes. Il faut ajouter pour les soufflants cinq saxophonistes toutes tessitures confondues, plus l’invité à l’alto et les clarinettistes. Une telle richesse de variété des sons dans une section de cuivres et de bois et rare. Cette formation dont le nom est Clasijazz Big Band, nous fait également penser à la qualité d’un orchestre symphonique. Nous en profitons avec gourmandise quand la puissance délicate emporte le thème interprété. Certains passages font penser à une musique de film. Cette richesse sonore nous permet d’apprécier plusieurs solos ; de saxophone alto, de ténor, de baryton, de bugle, de trompette, de trombone. Tous aussi virtuoses les uns que les autres.

Tout aussi fine mais bien présente la section rythmique soutien cet édifice avec constance. La batterie n’est jamais trop forte et souvent délicate avec un jeu de cymbales et parfois de mailloches sur les tambours. Elle est augmentée de deux cajons pour les percussions qui s’accordent parfaitement au chant flamenco. Le rythme de la contrebasse est également un soutien précieux de la section qui prend un solo délicat. Tout aussi discret mais essentiels la guitare et le piano contribuent à la rythmique et sont bien présent au démarrage de titre avec une introduction chacun.

Le concert se termine sur un chant flamenco sur lequel le chanteur s’accompagne au saxophone soprano. Le mélange est surprenant avec la douceur du soprano qui semble être une extension de la voix flamenca énergique. Les cuivres et les bois viennent soutenir cette sensation. Nous ne pouvons pas en rester là devant une standing ovation du public conquis. Les musiciens reviennent pour un rappel généreux. Cette fois le chanteur interprète sa chanson en anglais et la magie reprend avec la section des instruments à vent qui enveloppent de douceur et de sons veloutés son chant.

Nous sommes invités à un voyage dans la délicatesse et le raffinement ce soir. Ce n’est pas seulement le jazz et le classique qui sont mêlés, il y aussi l’influence du flamenco et du tango. Soit, la grande musique et trois genres puisant dans l’improvisation. Et la présence d’un Big Band sur scène est toujours un ravissement, surtout quand la douceur est l’alliée de la puissance. Notre plaisir ce soir se situe à la rencontre du duende et du feeling, mots difficilement traduisibles, mais qui pour le flamenco et le jazz et le blues signifient que l’on est transporté par l’émotion.

JazzFrançois Viaud  

Line-up :
Maria Schneider (direction musicale)/Antonio Lizana (saxophone alto, voix)
Philippe Thuriot (accordéon)
Irene Reig (saxophone soprano, saxophone alto, clarinette, flûte traversière)
Tete Leal (saxophone soprano, saxophone alto, piccolo, flûte traversière, flûte alto)
Pedro Cortejosa (saxophone soprano, saxophone ténor, clarinette, flûte traversière)
Enrique Oliver (saxophone ténor)
Francisco “Latino” Blanco (saxophone baryton, clarinette, clarinette basse, flûte traversière)
Joan Mar Sauqué (trompette)
Bruno Calvo (trompette)
Pep Garau (trompette)
Voro García (trompette)
Julian Sanchez (trompette)
Tomeu Garcías (trombone)
Miguel Moisés (trombone)
Pedro Pastor (trombone)
Jose Diego Sarabia (trombone)
Jaume Llombart (guitare)
Daahoud Salim (piano)
Pablo Mazuecos (piano)
Bori Albero (contrebasse)
Carlos Cortés (cajón, percussions)
Vincent Thomas (cajón, percussions)
Andreu Pitarch (batterie)


mercredi 8 juillet 2026

Jazz à Vienne 2026: Marcus Miller " We want Miles !"

Photo: JF Viaud
Théâtre antique Jazz à Vienne le samedi 4 juillet 2026.

Deuxième hommage pour le centenaire de Miles Davis ce soir à Jazz à Vienne. Cette fois, c’est le retour à la scène du trompettiste qui est célébré avec l’album live We Want Miles de 1981. C’est aussi l’année de la première édition du festival, dans lequel la légende du jazz passera pour la première fois trois ans plus tard en 1984.

Regroupé sous le nom ou l’initiative de Marcus Miller qui a beaucoup travailler avec le maître, on retrouve également la majorité des vieux lions qui ont joué avec Miles Davis à l’époque où ils étaient des jeunes loups. Bill Evans aux saxophones, Mike Stern à la guitare et Mino Cinelu aux percussions composent le groupe de vétérans. Seul Al Foster, qui est décédé il y a un an manque à l’appel. Celui qui a joué avec Miles Davis jusqu’à la première retraite du trompettiste de 1975 est le seul compagnon à être présent au retour de 1981. Se joignent à eux de jeunes musiciens pour compléter la formation avec Brett Williams aux claviers et Anwar Marshall à la batterie. Le rôle et l’incarnation du maître incombe à Russell Gunn avec un son de trompette troublant car il est très « davisien ».

Russel Gunn fait des apparitions tout au long du set pour prendre des solos puis s’efface pour laisser les autres musiciens s’exprimer. Il incarne la mémoire de Miles Davis avec un son très proche du trompettiste originaire de l’Illinois. Comme pour les précédents hommages orchestrés par Marcus Miller, on a l’impression que l’âme de Miles Davis, qui a marqué le festival, plane sur l’amphithéâtre.

Le début du concert est particulièrement émouvant avec en voix off, celle du trompettiste qui est passé quatre fois sur cette scène. Le jeu de la trompette, les rythmes posés par les percussions et la batterie et les effets sonores aux claviers font monter l’émotion et les poils sur les bras ! Et cela démarre comme à l’époque de Miles Davis sur les chapeaux de roues avec un groove et un drive d’enfer. Le trompettiste fait le lien entre les autres musiciens comme le faisait le maître. Les dialogues sur le thème commencent entre la guitare et la trompette.

Un deuxième morceau démarre en douceur pour s’emballer avec des musiciens qui lâchent ensuite les chevaux ! Le public connaisseur de la construction des thèmes par le trompettiste historique réagit avec enthousiasme. Chaque instrumentiste se lance à fond dans le groove, tous trouvent un espace personnel d’expression comme le faisait Miles Davis en mettant en avant l’un ou l’autre de ses partenaires. Russell Gunn joue très bien son rôle et relance le thème. Il est repris par la guitare rock puis les percussions prennent le relais tandis que le saxophone soprano fait un retour au thème les claviers électriques ajoutent une touche rock en échos à la guitare. La basse et la batterie assurent un rythme robuste sur lequel l’envolée de tous les solos est possible. Comme sur le live We Want Miles, l’espace d’un instant le percussionniste lance un magnifique solo qui se termine en duo avec le batteur comme sur l’album.

On revient au calme avec un blues également joué sur l’album live. Honneur au leader de la soirée avec une intro et des solos à la basse. Le bassiste interprète le thème et le rythme à la fois. Alternativement, après plusieurs break c’est le retour à la mélodie de ce blues.

Il faut noter que le son est excellent ce soir. Les réglages sont à la fois puissants et clairs. La musique se situe dans le registre du jazz-rock mais toutes les sonorités sont précises et détachées. Dans un excellent français, le bassiste présente les trois premiers titres qui sont issus de l’album live We Want Miles. Il indique que le premier est Aïda, nom que l’on retrouve en fait sur l’album The Man With The Horn et qui est repris sur l’album live mais qui pourrait être renommé Fast Time. Le second est Fast Track sur lequel Mino Cinelu a repris son fameux solo de percussions. Le troisième est My Man's Gone Now de DuBose Heyward et George Gershwin qui est interprété sur un air de blues.

Le leader nous propose ensuite de rester dans les années 80’ avec deux titres qui ne font pas partie de l’album mais qui sont dans l’esprit de cette époque. Ce sont deux morceaux que Marcus Miller a composé pour Miles Davis. Catembe fait partie d’Amandla, album très influencé par la musique africaine et la musique antillaise de Kassav’. Les percussions et la batterie le retranscrivent bien à travers le rythme. Avec la trompette de Russell Gunn l’âme de Miles Davis plane à nouveau au-dessus de la scène. Toujours issu d’Amandla ils poursuivent avec Hannibal. L’introduction à la basse et aux percussions avec la mélodie sur les claviers nous replonge dans la mémoire des concerts des années 80’. Le thème interprété avec des notes longues par la trompette donne le son feutré et aigu de l’époque.

Le bassiste nous projette ensuite un peu plus loin vers les années 70’ avec un mélange de In A Silent Away et de Bitches Brew. Il nous fait remonter jusqu’à la période modale et la période de la création du jazz-rock. Le côté planant du premier thème est porté par la guitare, les percussions et la batterie. La mélodie envoutante est reprise par le saxophone soprano et la clarinette basse. Les claviers ajoutent des effets, tandis que le batteurs soutien le rythme dans un son feutré aux mailloches. Tout s’emballe lors du passage à Bitches Brew avec un thème très soutenu par la trompette et le saxophone soprano.


Pour terminer la soirée, Marcus Miller présente une mélodie facile et entêtante que Miles Davis aimait beaucoup et qu’il avait retravaillé. Le bassiste entraîne le public à taper dans les mains et fredonner la mélodie de Jean-Pierre. Le thème passe de la trompette au saxophone soprano puis à la guitare. Celle-ci sort du thème pour un long solo accompagné par les cymbales de la batterie et le saxophone soprano qui se termine par une standing ovation du public déchaîné.

C’est avec la composition du bassiste Tutu que le groupe accorde un rappel. Sur une rythmique puissante de la batterie et de la basse, le thème est repris par la trompette et le saxophone ténor avec des effets sonores du clavier. Les vieux lions sont de toute évidence heureux de rejouer ensemble et de retrouver leur jeunesse auprès de Miles Davis. Ce set aura fait le lien entre la période électrique des années 70’, la reprise de 1981 avec We Want Miles et les dix années suivantes un peu plus pop et variétés. Le public est décidément conquis et l’on peut affirmer avec un amphithéâtre plein à craquer que depuis toutes ces années après la disparition du Maestro, NOUS VOULONS (ENCORE ET TOUJOURS) MILES !


Setlist :

Photo: JC Viaud


Aïda
Fast Track
My Man's Gone Now
Catembe
Hannibal
In A Silent Away
Bitches Brew.
Jean-Pierre
Tutu

Line-up :
Marcus Miller (basse, clarinette basse) / Bill Evans (saxophones) / Mike Stern (guitare) / Mino Cinelu (percussions) / Russell Gunn (trompette)

 JazzFrançois Viaud 

 

 

Jazz à Vienne 2026: Terence Blanchard & Ravi Coltrane « Miles Coltrane – Legacy »

Photo: JF Viaud

 Théâtre antique Jazz à Vienne le samedi 4 juillet 2026.

Voici l’hommage au centenaire de deux conscrits. L’un peut être qualifié d’épicurien pour avoir fait évoluer considérablement la musique du XXème siècle et inventé trois ou quatre styles de jazz. L’autre peut être caractérisé de stoïcien pour avoir creusé son sillon dès qu’il a trouvé sa voie. De manière introspective, il s’est dirigé vers une musique spirituelle et mystique. Ce concert rend hommage à Miles Davis et John Coltrane et rétablit un peu d’équité car l’on ne parle que du centenaire de la naissance du trompettiste, alors que le saxophoniste avait le même âge. Cela vient sans doute du fait que John Coltrane est décédé en 1967 et que nous n’avons pas eu l’occasion de le voir en concert même si sa musique a marqué le monde du jazz. Miles Davis a fait son retour à la scène en 1981 et jusqu’à sa disparition en 1991 nous avons eu le temps de le voir en concert et notamment à quatre reprises sur la scène de l’amphithéâtre.

Pour ce témoignage, ce sont deux fils qui leur rendent hommage. Terence Blanchard à la trompette, fils spirituel de Miles Davis et Ravi Coltrane au saxophone fils de John et Alice Coltrane. Ils célèbrent surtout la complicité créatrice de ces deux géants du jazz. En attendant presque deux ans que John Coltrane soit libre de son contrat d’exclusivité pour l’intégrer à son premier quintet légendaire, Miles Davis avait déjà fait preuve d’intuition au sujet du potentiel et du talent du saxophoniste.

Sur une introduction planante à la guitare, Charles Altura démarre le concert. Il est très présent tout au long du set avec une sonorité rock. Dans ce registre Julian Pollack aux claviers et David “DJ” Ginyard à la basse l’accompagne pour la rythmique. Oscar Seaton à la batterie martèle un rythme puissant en accentuant les contre-temps. Terence Blanchard attaque ce premier titre moderne avec un style proche de celui de Miles Davis mais une sonorité complètement différente.

Pour le second morceau c’est le saxophoniste qui introduit Flamenco Sketches. Sa sonorité est franche et velouté, son jeu est fluide sur de long solo à la manière de son père. Il en fait la démonstration tout au long du concert. Le trompettiste prend le solo à son tour et se passent le thème pour ensuite se retrouver à l’unisson. Ils mixent se titre de l’album Kind Of Blue avec On Green Dolphin street et passent de l’un à l’autre. La guitare électrique aux sonorités rock entre dans les échanges pour donner une coloration moderne au thème.

Terence Blanchard, entame un nouveau titre, on reconnaît la mélodie douce de Someday My prince Will Come. Ravi Coltrane le rejoint sur le thème pour emporter l’air dans un long solo à la manière de John Coltrane. La guitare vient apporter son style jazz-rock jusqu’à un nouveau mélange de thème, cette fois-ci avec All Blues. Pour ce passage le clavier passe sur le Steinway pour interpréter le rythme. Il est suivi par la basse électrique et la guitare.

C’est sur le thème Two Bass It, de l’album Milestone qui précède chronologiquement Kind Of Blue que les musiciens vont revisiter de manière moderne ce style Be Bop. Les solos aux claviers électriques et à la basse sont d’inspiration rock, tandis que le batteur joue en décalage sur les contre-temps avec une frappe sèches et franche. Le trompettiste et le saxophoniste peuvent à présent s’exprimer dans le long solo alternatif. Sur Blue In Green les solos sont étirés par la trompette et allongés et veloutés par le saxophone. Les tambours de la batterie sont délicatement caressés par les balais.

Avec des thèmes des albums Kind of Blue et Milestone, les musiciens ont choisi un répertoire ancien et riche de la collaboration des deux légendes. Cet hommage est une réinterprétation moderne d’une musique intemporelle et c’est agréable de voir que ce patrimoine peut à nouveau être vivant et réinventé. Les effets ajoutés à la trompette par les différentes pédales donnent un son qui ne semble pas naturel. Cela éloigne le jeu de la trompette du répertoire de cette époque.


Line-up : Ravi Coltrane (saxophones) /Terence Blanchard (trompette)/ Charles Altura (guitare) /Julian Pollack (claviers)/ David “DJ” Ginyard (basse) /Oscar Seaton (batterie)

 JazzFrançois Viaud

 

mardi 7 juillet 2026

Jazz à Vienne 2026 : Expo Palimpsestes III Esprit et compagnonnage

 

Avec l’exposition Palimpsestes III, sous-titrée « Esprit et compagnonnage », Daniel Peyreplane et François Robin, reprennent leur technique de mélange de photos et de dessins pour rendre hommage à Miles Davis à leur manière. Les deux artistes viennois ont puisé dans leurs archives et repris leur production respective de photographies et de dessins de concert du festivale Jazz à Vienne. Le palimpseste est défini comme un « Parchemin dont on a effacé la première écriture pour pouvoir écrire un nouveau texte », ou comme une « Œuvre dont l'état présent peut laisser supposer et apparaître des traces de versions antérieures ». L’inclusion des photos dans les dessins et parfois l’inverse laisse bien entrevoir cet esprit de fusion.

Pour cette édition spéciale du festival Jazz à Vienne qui célèbre les cent ans de la naissance de Miles Davis le photographe et le graphiste choisissent de mettre en lumière les compagnons de notes du trompettiste qui sont passés sur la scène du théâtre antique. Cette troisième édition de Palimpseste est créée avec méthode nous explique Daniel Peyreplane. La première étape consiste à choisir des pochettes d’album de Miles Davis. Vient ensuite l’étape de sélection des photos et des dessins des musiciens qu’ils ont fait en commun. Enfin, la dernière phase de la conception consiste à réaliser la composition du tableau avec les photographies et les dessins dans l’esprit du graphisme de la pochette de l’album.

On retrouve les pochettes des albums de la dernière période musicale du trompettiste après son retour à la scène de 1981. C’est celles de l’époque où nous avons eu l’occasion de voir Miles Davis à quatre reprises à Jazz à Vienne. On retrouve les albums, We Want Miles, The Man With The Horn, Star People, Tutu, Decoy et Amandla. Le voyage musical et pictural nous amène un peu plus loin avec la période électrique de la fin des années soixante jusqu’à 1975. Nous découvrons, Nefertiti, Bitches Brew, Miles In The Sky, Get Up With It et On The Corner. A chaque pochette d’album, un musicien de Miles Davis qui est passé à Jazz à Vienne est associé au disque sur lequel il a joué.


Pour les pochettes de disque les plus anciens, on retrouve les partenaires de longue date du trompettiste comme Ron Carter, Herbie Hankock, Waine Shorter, Georges Benson et Billy Hart. Ce sont les musiciens les plus récents qui illustrent pochettes d’albums de la dernière période avec Al Foster, Mino Cinelu, John Scofield, Mike Stern et Kenny Garret.

Comme à leur habitude, les deux artistes mettent du mouvement dans leurs créations. Souvent une photo est associée à plusieurs dessins ce qui crée une dynamique et un élan dans l’œuvre. On a l’impression que je sujet est en mouvement. Dans cette série palimpseste III, on découvre également les expressions sur le visage des musiciens. Le choix de l’association des musiciens à la pochette est particulièrement judicieux. Par exemple, Georges Benson pour Miles In The Sky, album sur lequel le trompettiste l’a ajouté à son deuxième quintet historique pour interpréter le titre Paraphernalia.

Ou encore, Mino Cinelu sur l’album live We Want Milessur lequel il exécute un formidable solo de percussion en duo avec Al Foster à la batterie sur le morceau Fast Track. Et évidement, Marcus Miller pour l’album Tutu dont il a été le compositeur. En plus du caractère artistique des œuvres, l’ensemble de ces tableaux représentent l’histoire du festival Jazz à Vienne. Au fil des soirées sur la scène de l’amphithéâtre c’est aussi la mémoire d’une période de la carrière de Miles Davis, celui qui à plusieurs reprises a réinventé le jazz. L’exposition est à voir jusqu’au 11 juillet 2026, il est possible d’acquérir les œuvres exposées.

Galerie Test Du Bailler
4 Rue Testé du Bailler
38200 Vienne

Du lundi au vendredi de 18h30 à 20h00.
Samedi et dimanche de 15h00 à 19h30.

JazzFrançois Viaud  

Jazz à Vienne 2026 : L’exposition de François Robin

 

L’exposition de François Robin à l’atelier partagé, c’est un peu la saison 7 et la saison 8 à la fois ! La saison 7, pour son recueil de dessins et de chroniques de concerts Sur les ailes du jazz N°7 de 2025. Et la saison 8, pour les dessins et les chroniques qu’il prépare devant la scène tout au long des soirées de cette édition 2026 du festival et dont nous découvrirons le recueil l’année prochaine.

Cette année, l’exposition à l’Atelier partagé est composée de dessins et peintures de l’an dernier et de cette année. On retrouve des scènes de concert des différentes soirées, on reconnait avec plaisir celles auxquelles on a participé. Toujours sur papier kraft, au crayon noir et avec des réhausses de posca en blanc, on voit jouer et danser les musiciens.

 Les œuvres sont visibles jusqu’au 12 juillet 2025, tous les jours de 17h à 19h30, à l’Atelier partagé de Vienne, 7 - 9 Rue du Collège, Vienne, France, 38200

Il est possible d’acquérir une œuvre ou le recueil Sur les ailes du jazz N°7, que l’artiste se fera un plaisir de vous dédicacer. On peut aussi suivre le travail de François Robin tout au long du festival en s’abonnant à la newsletter de son site internet : https://www.francois-robin.fr/jazz/

 

JazzFrançois Viaud