Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


mercredi 12 juin 2024

Le trio David Bressat à Saint-Fons pour French connection Vol.3

Photo: Jean-Pierre Jacquot

Le  vendredi 7 juin 2024 à la médiathèque de Saint-Fons

C'est dans une "bulle de jazz" à Saint-Fons que se produit ce soir le trio de David Bressat à l'occasion de la sortie de l'album "French connection Volume 3". Les bulles de jazz ont a été imaginées par les organisateurs du festival de Jazz et l'école de musique de Sant-Fons pour continuer à  accueillir des artistes de jazz pendant la fermeture pour travaux du Théâtre Jean-Marais, où se tient habituellement le festival.

La bulle du soir est hébergée à la médiathèque dans une salle parfaitement bien sonorisée pour la mise en valeur d'un trio de haute volée. David Bressat pianiste et compositeur est un artiste basé dans la région dont la notoriété a dépassé depuis longtemps le territoire nationale.
Ce soir il présente la suite d'un projet qu'il a débuté en 2008 avec le premier volume de la série où il revisite de grandes chansons du répertoire populaires français pour les transformer en standards de jazz contemporain.

L'exercice est assez ludique au départ on reconnait assez facilement le thème. La composition ayant été cependant reprise du sol au plafond on est rapidement happé par les cheminements et les arrangements audacieux du trio. Nous voilà en excellente compagnie d'un pure trio de jazz contemporain magnifiée par une rythmique au cordeau avec Charles Clayette à la batterie et Thomas Belin à la contrebasse; chacun se lançant à son tour dans des envolés en solos propices à la délectation. .

Ce troisième opus nous permet d'entendre, entre autre, leurs versions de "la bohème" de Charles Aznavour, "c'est si bon" chanté par Yves Montand, ou "la belle vie" de Sacha Distel, c'est deux derniers titres ayant été déjà repris outre atlantique pour devenir là-bas des standards de Jazz.
Sur la pochette de l'album David Bressat rédige d'ailleurs un texte qui donne le ton, me semble t'il de l'esprit de l'artiste, dans cet exercice de style. Il se présente comme un extrait d'un polar qui se passerait dans un club de jazz américain où tout les titres sont cités au fil du récit  et évoque  les liens entre les chansons françaises et les standard de jazz internationaux: "French connection".

Sur ce dernier volume David Bressat intègre, comme à son habitude, quelques unes de ses compositions et reprend également une composition d'Eric Satie ce qui vient encore confirmer l'étendu de son talent.

Pour le rappel le trio reprendra " Les feuilles mortes" de Joseph Kosma, chanson présente dans le premier volume de French Connection; standard ultra plébiscité par les musiciens de jazz de tous les continents.
Ils invitent à les rejoindre pour l'occasion la chanteuse  Catali Antonini bien connue de la scène jazz qui se trouve être aussi très impliquées dans l'école de musique de Saint-Fons. Elle nous offre un beau moment de lâché prise avec ses vocalises sur le thème et une très belle façon de terminer ce set .

Surveillez notre agenda le Trio David Bressat va poursuivre sa tournée de présentation de l'album avec des dates sur Paris mais aussi à Saint-Étienne et bientôt de retour à Lyon.

JazzMarc
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mardi 6 février 2024

City Life : Orchestre national de Lyon et le trio TNT

Le 2 février 2024 à l'auditorium de Lyon.

Changement de décor voir de classe pour l'équipe de Jazz-Rhone-Alpes.com ce soir. Ce n'est pas dans un club ou un festival de jazz que nous nous retrouvons mais à l'auditorium de Lyon pour entendre l'orchestre national de Lyon; oui Monsieur.
Dans le cadre de son week-end Percussions l'Auditorium présente une soirée spéciale avec au menu une composition de Stéphane Pelegri, bien connu de la scène jazz, encadrée par deux œuvres de deux compositeurs américains pionniers de la musique dite minimaliste John Adams et Steve Reich.

L'ambiance est plus solennelle ici, l'orchestre au grand complet est impressionnant le protocole aussi. Le premier violon, Jennifer Gilbert, arrive après tout le monde sous les applaudissements puis le chef d'orchestre Pierre Bleuse qui l'a salut ostensiblement on va pouvoir commencer ?

Le courant minimaliste est apparu dans les années 60 aux États-Unis; les têtes d'affiche de ce genre musicale sont Philip Glass, Steve Reich, John Adams et Arvo Pärt.
L'écriture musicale est basée sur le rythme et la pulsation. Ces pionniers introduisaient dans leur musique des boucles analogiques de sons divers bien avant l’apparition de nos "looper" numériques actuels.   
"The chairmain dances"  de John Adams, créé en 1985, sera le premier morceau interprété. La belle mécanique de l'orchestre nationale se met en action pour nous plonger dans une ambiance entêtante dans laquelle on serait resté bien au-delà des 13 minutes annoncés. L'auditorium nous offre une qualité sonore idéale pour cet ensemble acoustique; moi, certainement mal habitué par les sons amplifiés, j'aurais volontiers déboutonné le nœud papillon et poussé le potentiomètre.     

Pour l'interprétation de la création de Stéphane Pélégri, "Random Memories", l'orchestre se modifie, les percussions en fond de salle disparaissent et les timbales apparaissent désormais au premier plan, prises en main par Adrien Pineau. La création s'articule en trois mouvements qui seront des dialogues entre les timbales et l'orchestre. J'y ai vu pour ma part un échange entre le sauvage et le civilisé. Le caractère tribale des percussions avec l'utilisation de  maillets, baguettes, ballets...voir simplement des mains du musicien se confronte à l'élégance et au raffinement de l'orchestre: L'opposition du charnel et du spirituel.      

Une pause permet à l'orchestre de se modifier encore pour la composition de Steve Reich " City life". Le groupe musicale est plus resserré il est désormais amplifié. On y trouve quand même, entre autre, deux pianos et deux synthétiseurs, un technicien y est même accueilli pour les sons de la ville qui parsèment le morceau créé en 1995:Vingt minutes dans les rues de New York, rythmées par les klaxons, la sirène des pompiers les coups de freins. Steve Reich y a intégré aussi les échanges radio entre les pompiers de New York lors de l'attentat du World Trade Center de 1993. J'avoue ne pas les avoir entendu ce soir.
Contrairement à ces précédentes compositions, comme "Different trains" les sons enregistrés ne sont pas sur bandes magnétiques mais bien échantillonnés et joués en direct sur des claviers.
Une très belle expérience que d'entendre en live une telle œuvre.

C'est avec la banane au visage après ces moments d’exception qu'au sortir de la salle nous sommes accueillis dans l'atrium de l'auditorium par un trio jazz pur jus pour un "after" oui madame un "after".
Aussi nous voici dans un contexte plus familier pour nous avec le trio jazz TNT à la manœuvre.
Benoit Thevenot est au piano, magnifique musicien bien connu aussi avec son autre trio Magnétic Orchestra. Greg Theveniau est à la guitare basse au bon son groove et au slap assassin.  Hervé Humbert pilote la batterie avec beaucoup de créativité on le connait aussi pour sa participation au big band de l'Oeuf. Ce qui est bon dans les soirées impromptues c'est que tout peut arriver ! Aussi comme Stéphane Pelegri a participé grandement à l'organisation de la soirée, il lance un bœuf en prenant place au piano, invite Gaby Schenke au saxophone et Arnaud Geffray (de l'ONL lui aussi) à la trompette et c'est parti sur un thème de Wayne Shorter et un moment de grande liberté et de pur plaisir pour les spectateurs.
La chanteuse jazz Catali Antonini viendra rejoindre ce bel équipage sur un thème chanté autrefois par Claude Nougaro.

Les spectateurs avaient de quoi êtres comblés ce soir parce que bousculés, surpris et enrichis par la musique avec ou sans protocole.

Benoit Thevenot : claviers, Greg Theveniau : Guitare basse, Hervé Humbert : batterie

JazzMarc
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Pour illustrer la musique minimaliste voici un morceau emblématique de Steve Reich

Et mon chouchou du moment Arvo Pärt idéal pour les moments de lâcher prise