Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


lundi 21 septembre 2026

Claire Michaël Quintet au festival Jazz sur les places à Lyon

 Le samedi 19 septembre place Benoît Crepu Lyon 5e

L’espace en plein air de jazz sur les places, à Lyon 5ème place Benoît Crepu, est bondé pour le concert de clôture ce samedi à 20h30 avec le quintet de Claire Michaël ! Cet engouement pour la 16ème édition de ce festival entièrement gratuit est pleinement mérité. Nous le devons à l’engagement et à l’opiniâtreté de Philippe Dechevre, alias Phil-Saint-Georges. Il porte ce festival avec beaucoup de conviction et se bat pour boucler son budget et pour qu’il reste gratuit.

Le quintet de Claire Michaël est présenté comme jazz moderne, mais il a aussi un esprit Bop et s’aventure sur des inspirations coltraniennes avec de belles reprises en guise d’hommage. La saxophoniste et flutiste propose un groupe avec comme deuxième soufflant Hermon Mehari à la trompette pour le seconder dans les duos mélodiques et les solos. Pour la section rythmique, Jean Michel Vallet au piano intervient beaucoup dans les harmonies du groupe. Patrick Chartol à la basse électrique apporte un son rond, rock et funk avec jeu de slap sur les cordes. Enfin, Zaza Désiderio à la batterie que nous connaissons bien à Lyon donne une coloration latine avec son jeu léger sur les cymbales.

Le duo piano et saxophone ténor ouvrent le concert avec Pursuance de l’album A love supreme de John Coltrane. Ce qui donne le ton de la suite du set avec les solos fougueux de la saxophoniste. Sur In Walked Wayne de Wayne Shorter la rythmique du quintet est pleinement lancée. Le pianiste avec un jeu percussif joue sur les harmoniques. Le bassiste le suit avec un son électrique. Le batteur ajoute une frappe rapide et énergique sur les tambours et ponctue cette rythmique sur ses cymbales. Le trompettiste vient compléter le jeu de la saxophoniste en s’inscrivant dans le thème. Les deux instrumentistes à vents vont associer leurs différents sons tout au long du set. En effet, dans la gamme des bois, la leader joue du saxophone ténor mais aussi de l’alto et du soprano. Ce qui donne une large variété de tessiture. Mais Claire Michaël joue aussi de la flute traversière. Ce qui donne une possibilité supplémentaire d’association avec la trompette dans un registre plus doux cette fois. Cette large palette d’instruments multiplie les possibilités d’associations sonores pour encore plus de richesse émotionnelle.

Une des plus touchante association est celle de la trompette avec le saxophone soprano. Les dialogues musicaux sont de hautes volées avec des échanges de solos puis des retours à l’unisson des deux musiciens sur le thème. Cette liberté créative est permise par le soutien des rythmiciens. Le pianiste souligne le thème et en sort parfois pour rentrer également dans les échanges avec la saxophoniste. Le bassiste électrique contribue à l’assise rythmique en arpège souvent et parfois en slap délicat sur ses cordes. Le batteur appui le rythme qui donne la scansion au trio de rythmiciens. Il exécute un solo précis et délicat sur la caisse claire et les tambours, ponctué par sa cymbale charleston. Le concert est jalonné de plusieurs bandes sonores originales. On entendra entre autres, l’extrait du fameux discours I have a dream de Martin Luther King.

Pour boucler cet agréable concert la saxophoniste nous ramène vers l’amour suprême de John Coltrane avec Acknowledgement en rappel. La reprise est à la fois fidèle et personnelle. La basse suit le piano avec un rythme méthodique, tandis que la batterie le souligne avec un jeu aérien sur les cymbales et des rebonds de baguettes sur les peaux des tambours. C’est le gros son du ténor qui donne la mélodie lancinante de ce thème modal. Les dialogues on lieu entre la saxophoniste et le trompettiste qui transcrit le thème pour son instrument, mais aussi entre le pianiste qui sort du thème rythmique pour improviser avec la saxophoniste. Le bassiste sort à son tour de son schéma rythmique pour un échange musical avec le trompettiste. Le batteur accentue le rythme sur la caisse claire et les cymbales. Pour terminer le ténor et la trompette se retrouvent à l’unisson sur le thème. La saxophoniste qui a chanté sur plusieurs morceaux de la soirée termine avec le chant doux et lancinant « A love supreme » comme sur l’enregistrement original. Ce final donne un caractère spirituel et de l’intensité à ce concert enthousiasmant.

JazzFrançois Viaud  

Musiciens :
Claire Michaël : sax, flûte,
Jean Michel Vallet : piano,
Hermon Mehari : trompette.
Patrick Chartol : basse,
Zaza Désiderio : batterie.