Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


vendredi 27 mai 2011

Yaron Herman et le Fa# à l'amphijazz de Lyon le 26 mai

J'étais très content de revoir Yaron Herman avec son nouveau trio à l'Amphi, le plus bel écrin de la région pour les pointures du jazz actuel, notre temple à nous quoi!
Nous avons, essentiellement, suivi le lapin blanc pendant les 2 sets,et plongé dans le pays merveilleux du dernier album de Yaron.
Quoi retenir de ce très beau concert, d'abord le superficiel:
Au premier morceau une note du piano se révèle ostensiblement fausse, Yaron s'en amuse au début, mais très vite il est inquiet pour la qualité de sa prestation , il en appelle à qui veut l'entendre, un docteur, Dieu, Sarkosy (quel idée?), c'est une des notes qu'il préfère dit il :un Fa#.Sur les morceaux suivants on le sent qui redoute l'approche de cette note. Dieu n'est pas intervenu sur ce coup, ni Sarko d'ailleurs mais un accordeur qui s'est fait applaudir à l'entracte (une gloire éphémère).Accessoire encore, l'attitude de Yaron Hermann avec son piano qui me fascine toujours, il semble désarticulé, il est souvent debout, la tête dans le ventre du piano, ou plié sous le piano si bien qu'on se demande s'il va bien pouvoir remonter.
Mais l'essentiel est ailleurs mais comment décrire ce qui tient plus de la magie, quelques notes (pas mal bleues), une osmose entre les musiciens, des compositions habitées,et ...ça y est je crois qu'on est arrivé : Alice! Alice!

JazzMarc

samedi 14 mai 2011

Aaron Parks : Invisible Cinema

Très beau CD que le premier d'Aaron Parks gratifié de 24 ans au moment de son enregistrement en 2008. Avec une reprise de "Harvesting dance" , écrit par lui pour Terence Blanchard, mais où la trompette de Terence est remplacée par une guitare jazz ( j'eusse aimé que Kurt le jouât samedi 7 mai ).Ce jeune pianiste a plein de mélodies en tête et l'art de l'improvisation. J'aime bien l'évidence de"Roadside distraction" ( mais où va se nicher la distraction du compositeur ?)et je donne une mention à "Peaceful warrior".Une nouvelle référence pour ma discothèque idéale, juste derrière Temime , De Bethmann et Redman(c'est dire !).

FrançoisJaZZbof

mardi 3 mai 2011

Kurt Rosenwinkel à Lyon : Le Jazz en liberté

Le 7 mai 2011 Salle Molière
C'est dans le cadre du festival 2011 du Hot Club de Lyon et dans le décor un peu Kitch de la salle Molière que se déroulait cette soirée.
Il y avait foule ce soir là, beaucoup de musiciens et amoureux de jazz étaient venus pour Kurt Rosenwinkel rare dans notre région voir même dans l'hexagone
En première partie le groupe "Midnight Voyage", quintet du hot club, a eu la bonne idée de présenter un spectacle en hommage à Michael Brecker. Ce saxophoniste magnifique, figure du Jazz Fusion des années 80/90, mort en 2007 à 57 ans. Il avait été notamment le co-leader du fameux groupe Steps Ahead, joué avec les plus grands du genre : Billy Cobham, Franck Zappa, Pat Metheny..;et fait une belle carrière en solo ou avec son frère Randy et leur groupe les "Brecker Brothers" et gagné quelques Grammy Awards au passage. (Voici une idée du son Step Ahead )
Le quintet "Midnight Voyage" assure bien le job, ils ne sont pas beaucoup aidés par une sonorisation "perfectible". Eric Prost au saxophone a bien sûr la part belle, et il est très solide, on assiste à quelques belles envolées notamment sur un morceau comme "Slings and arrows" ou de très beaux solos sur la ballade " The cost of living". Le tout reste cependant très académique et un tantinet guindé.
Derrière le quartet du guitariste Kurt Rosenwinkel, pour le coup c'est le jazz en liberté, c'est le jazz qui se lâche. Ils terminaient avec ce concert à Lyon leur tournée en Europe qui avait commencé à Genève un mois auparavant, avant de s'envoler pour l'Australie.
C'est un quartet de haut vol dont nous avons eu droit,
Aaron Parks au piano; qui à chaque solo nous emmène dans son univers n'hésitant pas à ralentir le rythme et mieux capter notre attention,
Eric Revis à la basse, et "le jeune, fantastique Justin Faulkner à la batterie" comme la présenté Kurt Rosenwinkel lui même. Ce batteur a fait forte impression, et je pèse mes mots, son jeu est varié, inspiré, et puissant. Il a des gestes amples et il participe grandement à la couleur de chaque morceau: l'afrique, le club de jazz, la bossa nova... Il nous a fait un solo de batterie époustouflant, pendant lequel il à réussi à crever la grosse caisse quand même( Du jamais vu de mémoire de Jazzfan).
Kurt Rosenwinkel, lui, est tout à son art, il est tellement concentré, fermé sur sa musique, qu'il semble autiste au reste du monde, il a mis son ego en veilleuse pour nous livrer le meilleur. Les compositions sont riches, certaines d'entre elles extraites du dernier album "Our secret Word" (et il sait de quoi il parle). Ils ont carrément mis le feu pendant le morceau juste avant le rappel, alors toute la salle debout leur a fait une ovation.
Aller un bémol, malgré l'armada de pédales dont est équipé, Kurt Rosenwinkel le son reste souvent uniforme d'aucun diront que c'est aussi ce qui fait sa singularité.

JazzMarc
Sur Jazz-Rhone-Alpes ce billet et les autres chroniques sur les concerts de la semaine dans la région

dimanche 1 mai 2011

Kyle Eastwood : Songs from the chateau

Ayant acquis l'objet le jour de sa sortie, à savoir le dernier CD de Kyle Eastwood "Songs from the chateau" (enregistré dans un chateau bordelais , Couronneau à Ligueux ), je ne peux m'empêcher de vous faire part de mes impressions après la première écoute.
D'abord le fils de Clint rend hommage à la France en intitulant son premier morceau "Marciac" ( bonne entrée en matières ma foi), suivi d'un hypnotique "Moon over Couronneau" ( ah, cette basse feutrée et métronomique !).Suivent deux titres où j'ai , je l'avoue , un peu décroché mais le 5e , intitulé "Andalucia" rappelle furieusement le "Harvesting dance" de Terence Blanchard que nous avions eu le bonheur d'écouter live en 2006 à Marciac. Beaux soli de Kyle sur le-dit morceau et sur le suivant, "Over the line". Je craque sur "Tonic" ,et "Aperitif" (le bien nommé) met le vin à la bouche .Et on termine avec un "Down at Ronnie's" où Kyle manie la basse électrique avec maestria.
Bref, le jeune homme confirme qu'il est bien plus que le fils de son père, un authentique jazzman amoureux semble-t-il de l'Aquitaine (mais qui le lui reprocherait, sûrement pas Wynston Marsalis dont la statue enorgueillit une place à Marciac )

FrançoisJaZZbof

samedi 23 avril 2011

Fink: Sort of révolution


"La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer"
Antoine de Saint-Exupery dans "Terre des hommes"
JM

mardi 19 avril 2011

samedi 2 avril 2011

Tigran Hamasyan à Villefranche : Ebouriffant !

Le 1er Avril : Tigran Hamasyan Théâtre de Villefranche ( Encore une belle salle)

On m'avait dit Attention! oui Attention gars, Tigran en quintet c'est très différent de ses prestations en solo , c'est plus du "Rock Ethnique"!!!
Waaoouu! Et bien va pour le rock Ethnique
Ce soir là ce fut juste une grande baffe, un vrai choc musical, ce concert était comme une explosion de créations musicales.
Tigran Hamassyan en quintet nous prend par la main et nous emmène dans une multitude d'ambiances très différentes, il balaie différents univers artistiques comme s'il les avait déjà digérés et qu'il nous les renvoyait à la façon: Tigran
Moi j'y ai trouvé
- du Jazz fusion à la Pat Metheny dans certains de ses projets
- Du rock progressif comme au bon vieux temps du King Crimson
- de la musique traditionnelle, j'ai pensé certaines fois à Madredeus ( groupe portugais)avec la voix magnifique de sa chanteuse et ses mélopées très hauts perchées.
- du gothique avec la chanteuse en madone statique
- du jazz rock
- etc...
Ce groupe propose des morceaux très longs 10 à 15 minutes, et typiquement dans un même morceau on peut commencer par un thème de musique traditionnelle Arménienne, partir en long solo de piano Jazz/oriental, se retrouver dans une ambiance club de jazz en trio Piano/basse/batterie, repartir en Jazz rock et revenir au thème traditionnel.
Ce patchwork reste cependant tout à fait cohérent à aucun moment on ne ressent une quelconque juxtaposition.
Dans la constitution des morceaux à rallonge, style dédale musical, il y a comme un refus de la facilité, au final tout le monde arrive quand même à bon port et le public est conquis.
Au 2ème morceau, j'ai réellement décollé, nul besoin de substances interdites, j'aurais aimé que ça dure encore et encore, cette mélopée insistante, hypnotique ...ne plus penser à rien, oublier juste un instant,...
Les musicos, tous les 5 excellents, la chanteuse Areni Agbabian utilise sa voix comme comme d'un instrument elle crée d'ailleurs des effets à l'aide d'un clavier.
La rythmique est performante: "tout terrain", et Tigran, au piano,est hyper-tonique, tout à fait à son aise, il a l'air d'avoir beaucoup de plaisir à retrouver son quintet après plusieurs concerts en solo.
Le répertoire, essentiellement tiré du dernier album "Red Hail" de 2009, au deuxième rappel il revient pour nous jouer en solo : "Someday my prince will come" et il referme la boite à musique.
Le bonheur, dit on, est une suite de moments de joie et de plaisir: Il revient quand Tigran ?

JaZZmarc

mercredi 30 mars 2011

Jazz à Vienne 2011...demandez le programme



Combinaison gagnante pour l'instant : 2,7, 10 et 12
Pour avoir une chance de le lire il faut cliquer dessus
JaZZmarc

dimanche 27 mars 2011

Contrebasse contre Contrebasse: Moutin/Ron Carter

Le samedi 26 mars
Beau combat samedi soir à A Vaulx Jazz.
1er round : Les frères jumeaux Moutin en punchers ouvrent les festivités. Hommage à Monk, en duo face à face, Louis combat à mains nues et chauffe la salle, puis hommage à Pastorius (qui à lui-même 2 fils jumeaux que François Moutin à rencontré à New York où il vit, les frères Pastorius jouent eux aussi de la batterie et…de la contrebasse) Ils mouillent la chemise ces deux là comme à leur habitude, une vraie locomotive, heureux de se retrouver, ils nous parlent de leur enfance entre deux morceaux. François bouscule littéralement son instrument dans ses derniers retranchements. Malheureusement Pierre de Bethman n’est pas dans les wagons ( ?) mauvaise surprise, il manque cruellement à l’équilibre. Ritz Margitza tente de le faire oublier, il y parvient par instant lors de belles envolées. Pas de reprise après le gong, étrange, les lumières s’allument brutalement stoppant tout rappel. Si même là on ne prend plus le temps alors…

2eme round : Ron Carter et ses 2 acolytes Mulgrew Miller (piano) et Russel Mallone (guitare). Costard noir, chemise blanche et cravate rouge pour les trois, là on ne mouille pas la chemise, pas un geste de trop mais un Jazz classique réglé comme une horloge, c’est beau, élégant comme Ron Carter lui-même, sa compagne contrebasse appuyée sur sa longue jambe gauche. Quelle harmonie dans ce couple.

Etonnant de voir ce Monsieur sans âge (il a jouait avec Monk, Cannonball Adderley, Miles Davis …) faire rayonner de sa classe ce jeune trio. Superbe.


Match nul dans l’affrontement de ces 2 Jazz aux antipodes. Nous on repart KO debout.

JC JazzBof

samedi 26 mars 2011

Eric Legnini & Krystle Warren : Ma pénitence

Le jeudi 24 Mars au théâtre des Pénitents à Montbrison.
Ma pénitence ce soir là : me régaler les oreilles, manifester mon contentement en tapant des mains,voir plus si affinité, et penser à l'écriture d'un billet de cette soirée pour Jazz-Rhône-Alpes, dure soirée en perspective.
Première surprise, le Théâtre des pénitents est une ancienne chapelle transformée en théâtre depuis une quinzaine d'année; il a gardé une très belle façade d'origine .Du Jazz dans une église c'est original.
L'ambiance ce soir est plutôt du genre cinéma de quartier, la taille de la salle en est l'illustration soit un peu plus de 200 places et ce soir bien sûr c'est plein, car Eric Legnini est venu présenter son dernier Album "The Vox". Deuxième surprise le concert commence seulement avec le trio fidèle : Franck Agulhon à la batterie et Thomas Bramerie à la basse... seulement car sur l'album Eric Legnini s'est entouré, en plus, d'une section cuivre et de guitares électriques et que dans une telle salle ça aurait pu "pulser" du tonnerre, mais bon. Çà commence plutôt plan-plan par un ancien morceau "Daahoud" le doute s'installe... et puis dès le deuxième morceau le trio déroule le nouveau répertoire et alors, alors oui tout va bien.
Eric Legnini semble toujours avoir un jeu facile,au piano ou au Fender Rhodes, ça roule, c'est du jazz virtuose et joyeux. Le trio fonctionne merveilleusement et cette entente est a son apothéose avec un morceau comme "London spot" ou Franck Agulhon nous montre toute l'étendu de ses variations à la batterie et ou chacun participe en osmose à cette pièce particulièrement syncopée. A l'écoute d'un morceau comme "Black président" on est cependant frustrés de l'absence de la section cuivre, ça manque du punch promis par la version studio.Pour la deuxième partie du spectacle Eric Legnini présente la chanteuse Krystle Warren qu'il a rencontré lors d'une émission de Manu Katché "One Shot Not". Krystle Warren est un petit bout de femme au look Garçonne avec sa casquette et ses grosses lunettes, elle a la puissance des plus grandes et pourtant son attitude est pleine d'humilité, elle ne se met jamais face au public et ne le regarde presque pas. Elle ne mesure peut être pas encore la force qu'elle dégage. Elle vient de Kansas city et plutôt de la musique folk américaine.

Elle a signé avec Eric Legnini quelques morceaux de "the vox" et son intrusion dans le jazz ressemble au cheminement de Joni Mitchell, à qui elle fait un clin d'œil appuyé avec la chanson "Canyon Lady". Ce titre dégage une forte émotion sur scène elle y joue de la guitare acoustique, c'est un peu le titre qui fait la synthèse entre les deux univers du jazz et du folk. Au final beaucoup de moment forts lors de ce concert, les artistes sont rappelés par deux fois notamment pour une reprise du standard "Where is the love" de Donny Hathaway. Alors on est pressé de les revoir avec l'armada au complet.






JaZZmarc