Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


dimanche 1 mai 2016

Ulrich Drechsler Quartet with Tord Gustavsen: Humans & Places

Comment une musique aussi triste peut elle procurer autant de joie ?

L'album Humans & Places m'accompagne depuis quelques semaines et c'est un véritable plaisir de baigner dans cette atmosphère mélancolique et ouatée.


La mélancolie c'est le plaisir d'être triste disait Victor Hugo, alors en plus ce n'est pas la peine de culpabiliser.

C'est en suivant Tord Gustavsen que j'ai découvert cette album, où mon pianiste scandinave chouchou a rencontré Ulrich Drechsler un saxophoniste allemand qui ici excelle à la clarinette basse. C'était en 2006; depuis les deux compères ont menés bien des  projets très différents.
Mais pour ce projet, qui m'avait échappé jusqu'alors:  je sens comme un état de grâce.
     
La lenteur mélancolique de Tord Gustavsen est omniprésente, son influence est très forte sur cet album,
cependant Ulrich Drechsler est incontestablement le leader de ce projet,
ses compositions et ses arrangements sont d'une simplicité et d'une efficacité déconcertantes.
L'attaque de la note est un aspect remarquable de ce musicien, la note n'existait pas et puis elle est là , évidente,  comme si elle elle l'avait toujours était.

Cette musique est un pansement de l'âme,
... un coup de mou, une période difficile a passer appuyer sur Play :
"wombat's love song"   "two boys" "First Step" ... se seront vos amis fidèles.

JaZZmarc




dimanche 24 avril 2016

Nik Bärtsch's Mobile : Continuum



Voici la dernière folie de Nik Bartshs dans sa version Mobile : Continuum.
Dans la configuration "Mobile" le groupe est acoustique, exit la fameuse basse électrique de Thomy Jordi présent dans la version Ronin  du groupe au profit du saxophoniste et clarinettiste   Stephan Haslebacher.
Le groupe accueil pour ce projet un quintet à cordes qui brouille encore les pistes pour celui qui tenterait de classer ce type de musique.
Moi je pense toujours à un équilibre entre "primitive" et "ultra moderne";
Primitive pour les mélodie simplistes, minimalistes et Ultra moderne pour les sonorités et les rythmes distillés.

 Cette musique est définitivement addictive, on l'écoute distraitement, on peut même se moquer du manque de virtuosité , et puis on la réécoute, mais j'arrête quand je veux!
 et puis encore.... ça y est vous êtes accrocs.

Envoutante, hypnotique, ensorcelante... sans modération vous serez dépendants!

Marcus  




dimanche 3 avril 2016

Factory Acts 4tape :un concert impromptu

Le samedi 2 avril au club St Georges

Le club St Georges est décidément un lieu où l'on ne s'ennuie jamais.
Probablement grâce à l'enthousiasme de Roger qui entretient un certain esprit convivial.

Grâce aussi à la programmation éclectique. Hier soir (2 avril), c'était un groupe de jeunes Stéphanois qui faisait le spectacle:Factory Acts 4tape avec Elodie Chapeland ( Saxophone) Hugo Velasco (Batterie) Thomas Bell (Piano)et David Mohamed ( Contrebasse).

Quand un concert commence par une reprise d'E.S.T., ça rassure. Mais quand les tout jeunes musiciens proposent leurs propres compositions, c'est encore mieux.

Chacun des membres du quartet joue ce rôle,certains (Elodie) plus souvent que les autres.Pour ma part, c'est une balade composée par Hugo qui m'a filé le frisson tant elle était belle:" Quiet Stream",je crois que c'est son titre. J'en ai versé une larme.Mais les tempos plus rapides conviennent aussi au groupe: en témoignent une reprise de Cherokee toute en pulsations et un dernier opus "proche d'Ibrahim Maalouf" (dixit David)particulièrement complexe dans sa rythmique.

Bravo à ces jeunes musiciens et rendez-vous bientôt au club pour de nouvelles aventures !

                                            François Jazzbôf


Spunky Spraw par Jazz_Lempdes_Festival

mardi 22 mars 2016

Saul Wiliams à A Vaux Jazz ou A Vaux Rap

 Le mercredi 16 mars à A Vaux Rap
 Peut être que je ne suis pas le bon candidat pour en parler, moi qui ne goutte guère le rap à quelques rares exceptions ;
cependant j'ai découvert Saul Williams à la sortie de son précédent album " Volcanic Sunlight" en 2011 et j'étais resté en arrêt à l'écoute d'une émission sur France Inter (Feu "le pont des artistes") devant l'énergie "brute" dégagée par cet artiste.
C'est un touche-à-tout insatiable, poète, acteur, compositeur, chanteur, percussionniste et j'en oublie sûrement. Il vient de New york, et séjourne de temps en temps à Paris.
Pourquoi Paris ? Pour la liberté de création, dit il, pour créer sans être enfermé dans un genre.
Effectivement on trouve dans sa musique du hip-hop, du rock, de la soul, du funk et il paraît même une pointe de jazz (je cherche encore).

Outre le côté avant-gardiste de sa musique patchwork, Saul William met toute son énergie et sa colère pour défendre les injustices qui perdurent qu'elles soient raciales ou sociales : du "protest song" du 21ème ce qui est somme toute fort louable ;
quand certains rappeurs du showbizz gesticulent en faisant dandiner des filles légèrement vêtues.

Première surprise en entrant dans la salle, la scène est vide ! Un simple micro au premier plan attend son maître, des images énigmatiques avec des textes qui le sont encore plus défilent en arrière-plan.
Bientôt un moine cagoulé au visage caché s'avance, une musique enregistrée commence à monter en puissance, le moine ânonne puis se découvre et balance sa charge.
C'est parti pour un "concert-spectacle" sans musicien, plus proche de la performance scénique que d'un concert traditionnel. Sans nul doute les spectateurs sont pris par l'énergie déployée et la somme d'informations émises, cependant au bout de quelques morceaux l'exercice de style est un peu répétitif.
Le son est très bon, très fort aussi.

Saul Williams est un vrai créateur bouillonnant adepte des nouvelles tendances de l'art contemporain, il y a du fond : sa poésie, ses messages mais aussi du décorum un peu vain destiné à l'emballage postmoderne.
Il y a dans sa prestation un vrai courage physique, il descend au sein du public et chante un moment parmi nous.
Bon on se le dit : Nous sommes aux antipodes du jazz !
D'ailleurs le paradoxe de la soirée c'est que l'artiste n'a pas en face de lui son public habituel, déjà clairsemé il est composé en parti d'habitués et d'abonnés de A Vaulx Jazz qui encaissent le coup et restent un peu à distance.
Je suis parmi ceux là et donc c'est vrai je ne suis pas le meilleur candidat pour en parler, pourtant je suis resté jusqu'à la fin et je suis très satisfait de constater que des artistes brouillent les pistes et inventent de nouveaux chemins musicaux à destination du cœur et ce même en dehors du jazz.

Le dernier album de Saul Williams "Martyr loser King" vient de sortir il constituait majoritairement le répertoire du soir.

JaZZmarc


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mardi 15 mars 2016

Aka Moon "The Scarlatti book" A Vaux Jazz

Le jeudi 10 à A Vaulx Jazz

Le festival A Vaux Jazz propose pour cette édition 2016 une soirée consacrée aux "musique nomades",
en voilà un thème énigmatique pour le jazz, tant cette musique est nomade par nature. 
En découvrant Aka Moon, le groupe qui ouvre le bal en cette soirée, on comprend alors combien ce thème leur sied parfaitement.

Aka Moon est un trio de musiciens venus de Belgique qui tournent depuis le début des années 90, ils ont déjà à leur actif une vingtaine d'albums et malgré cette antériorité votre modeste chroniqueur avoue qu'il les a découvert que par une belle soirée du mois de mars 2016 au festival  A Vaulx Jazz. Il faut bien une première fois, mais désormais je vais les suivre de près.

Sur des fondamentaux de Jazz Fusion qui fleurent bon les années 70/80 de Weather Report ou de Return de Forever,  le trio Aka Moon s'est réinventé à chacun de leur projet successif.
Le nomadisme géographique les a menés en Inde, en Afrique de l'ouest ou dans les Balkans, ils ont en tiré des albums où ils on su rester eux même et ont certainement consolidé cette cohésion qui semble indéfectible.
C'est plutôt du nomadisme temporel qu'ils ont puisé leur dernier projet, en effet toutes les compositions de leur dernier album "The Scarlatti Book" sont des variations de sonates d'un musicien Napolitain  du 18 ème siècle : Domenico Scarlatti.
Ce compositeur prolixe, il a composé 550 sonates, était contemporain de Bach et de Haendel mais déjà il était jugé fantaisiste, il multipliait les dissonances, les modulations, les ruptures rythmiques et les contrastes mélodiques en voilà un magnifique terreau pour ces jazzmen nomades d'Aka Moon.

Ce qu'ils démontrent sur scène c'est une vrai intention artistique, pas de postures ni de lutte d'égo ( ça c'était pour la deuxième partie de soirée), mais plutôt une démarche ambitieuse et exigeante.
Nous avons vu ce soir des musiciens simples, virtuoses et entièrement tournés vers le projet commun.
Michel Hatzigeorgiou le bassiste m'a fait penser à Chris Squire le regretté bassiste du groupe Yes certainement parce qu'il lui ressemble un peu mais aussi parce que leur style est proche. Michel Hatzigeorgiou revendique, cependant, davantage d'influences du côté de Jaco Pastorius avec qui il a même joué: Il y a filiations moins flatteuses !   
Avec Stéphane Galland à la baterie on pense à Lenny White ou David Weckl, les grands noms du jazz Rock: rien que ça. Il est de tous les échanges, follement créatif.
C'est Fabrizio Cassol le saxophoniste qui compose c'est peut être l'âme du groupe mais même lui ne fait qu'un avec le groupe tant il est fusionnel.
Tel le quatrième mousquetaire, le pianiste Fabian Fiorini complète le trio, il a participé déjà à de nombreux projets au sein d'Aka Moon aussi l'adhésion reste forte. Pour ce projet le piano fait le lien avec les instruments de l'époque, il donne tantôt les thèmes des sonates avec une grandes légèreté et élégance et tantôt il s'affirme avec force, dialoguant d'égale à égale avec la batterie, voir même en se transformant en maestro devenu fou de rage face à son instrument.

Ce qu'il a de plus excitant lors d'un concert de jazz c'est de se laisser emporter sans savoir où l'artiste aura envie d'aller. Ce soir le voyage a été  foisonnant et m'a semblé encore très différent de ce que propose l'album studio.
Le champ des possibles du  jazz nomade est considérable et la scène les multiplie encore à l'infini, nous voilà rassurés!    

JaZZmarc

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 Saxophone alto : Fabrizio Cassol / Basse : Michel Hatzigeorgiou / Batterie : Stéphane Galland / Piano : Fabian Fiorini

dimanche 13 mars 2016

Tres Latin Jazz au club Saint George

Samedi 12 mars au club Saint George

 Le St George affiche complet pour les deux concerts que donne le trio argentin "Tres Latin Jazz" en ce samedi 12 mars 2016.
Comme le fera remarquer Roger, le pétulant manager du lieu, le public a bien fait de venir car les musiciens sont bons sur le plan musical et sur le plan humain.

Sebastian Jakimczuk, dreadlocks en étendard, maitrise à fond le clavier du piano droit. Daniel Corrado, la mine juvénile, est un remarquable batteur.
 Et Federico Hilal manie la basse six cordes avec assurance et se lance dans des explications en français ou en anglais avec un accent sud-américain exquis.Mon ami Olivier lui suggère de parler espagnol: Federico n'hésite qu'un instant avant de faire chanter sa langue maternelle.
Sobrement vétus de noir,partition à l'appui, nos trois musiciens interprêtent soit leurs compositions,soit des adaptation d'Astor Piazzola.
Ils affectionnent les changements de tempo, les ruptures,les silences à peine troublés d'une note résiliente au piano ou d'une vibration de cymbale.
Leur musique est un mélange savamment équilibré de jazz et de rythmes latinos,parfois mélodieux comme de l'E.S.T,parfois syncopé comme du Bad Plus, mais toujours avec ces consonances chaudes de l'Amérique latine.
La synchronisation des trois baladins est parfaite et le temps passe trop vite. Nous ne réussirons à arracher qu'un rappel, court mais intense. C'était leur 2e passage à Lyon.
Ne les ratez pas l'an prochain.
                                       Jazzbôf from XR
Une autre chronique du concert sur Jazz Rhône Alpes.com

mardi 1 mars 2016

ONJ Europa Belin : A Vaulx Jazz

Le Jeudi 25 à l'épicerie Moderne de Feyzin.

L'Orchestre National de Jazz qui se présente en deuxième partie de soirée, fête ses trente ans et paradoxalement c'est un orchestre éphémère , puisqu'il se renouvelle tous les 3 ou 4 ans.
Olivier Benoit en a pris la tête en 2014  avec un projet d'ouverture à l'international. Le nouveau groupe va pendant les 4 ans rendre hommage à quelques grandes villes Européennes; à l'issue de chaque résidence des compositions auront été écrites et un album viendra rendre compte de leur travail.
En 2014 sortait l'album "Europa Paris" et c'est "Europa Berlin" publié en 2015 que le groupe présente ce soir en soirée d'ouverture d' "A Vaulx Jazz 2016"

Tout de suite l'ambition du projet s'impose à nous:
ils sont 11 sur scène, les compostions sont amples, les arrangements audacieux et quand ils envoient ça touche juste!

L'album et le concert commencent par "L’effacement des traces" et finit par "Persistance de l'oubli" ça pourrait ressembler à un plaidoyer pour l’éphémère, et pourtant même si une soirée de jazz est par définition unique ce projet gagnerait à être connu et à rester dans les mémoires .

Le son de la guitare distordue ouvre le premier morceau, inquiétante, elle invitera tous les musiciens à rentrer progressivement dans cette composition qui monte crescendo.

" Métonymie" le deuxième morceau est une marche funèbre dans un matin brumeux, le violon de Théo Ceccaldi lutte contre les éléments de son son plaintif, c'est une progression vers quelques chose inéluctablement tragique et puis c'est l'enchainement vers une composition jubilatoire : " Révolution" C'était donc ça qui couvait : une révolution capable de faire tomber les murs.
Une boucle s'installe d'abord au synthé, puis au piano; la batterie, elle, est toujours présente, puis la trompette de Fabrice Martinez se lance dans un solo qui nous amènera dans un paroxysme sauvage, puis tout le monde entre dans ce morceau qui se révèle hyper jouissif.

La batterie ronde est lourde d'Eric Echampard, très efficace, participe grandement à la cohérence de l'ensemble me semble t'il. 

Ce n'était peut être pas l'intention d'Olivier Benoit quand il l'a composé mais ce "Berlin" de l'ONJ me fait penser à la période Berlinoise de David Bowie une des périodes les plus créatives de l'artiste.

 Résolument moderne, loin des académismes, l'ONJ n'est pas le musée du jazz français mais un vrai laboratoire artistique, il est à l'avant garde du jazz et donc complètement adaptée à une soirée d'ouverture  

JaZZmarc
     
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Composition, guitare : Olivier Benoit / Clarinettes : Jean Dousteyssier / Saxophones : Alexandra Grimal, Hugues Mayot / Trombone : Fidel Fourneyron / Trompette : Fabrice Martinez / Violon : Théo Ceccaldi / Piano : Sophie Agnel / Fender rhodes, synthétiseur basse : Paul Brousseau / Basse : Sylvain Daniel / Batterie : Eric Echampard

Révolution

Concert en entier

 

CHROMB ! A Vaulx Jazz !

Le Jeudi 25 à l'épicerie Moderne de Feyzin
A Vaulx Jazz 2016 c'est parti !
Le clap de début à eu lieu jeudi à l’Épicerie Moderne de Feyzin,
avec pour cette soirée d'ouverture du festival "Hors les murs" du jazz oui! mais du jazz contemporain Mesdames et Messieurs.

En première parti le groupe Chromb! m'avait été  annoncé comme proposant un Jazz Rock Noisy;
si ça veut dire musique forte c'est bon; ça joue très fort,
mais si la musique sans passion c'est du bruit, et ce quelques soit la musique, eux ils en débordent de passion aussi ils nous livrent avec sincérité et enthousiasme un projet musical inclassable.
Ici le jazz c'est plutôt l'origine et pas l'objectif,  les musiciens du groupe viennent du jazz mais pour le projet Chromb! leur musique brutale est plus proche de l'esprit Rock, voir Rock Progressif par certains côtés: Ruptures de rythme, saccades, mélodie chantée à plusieurs voix.

Ils s'autorisent tout ces effrontés, aussi ce jazz dégénéré ( qui a évolué en s'éloignant considérablement de sa forme d'origine) vagabonde sur des terrains allant des envolées Crimsoniennes ( King Crimson) aux riffs violents du punk décadent des Sex pistol.

Le groupe fait preuve d'une vrai recherche de sons et d'enchainements inattendus, il entraine son public avec  bonheur dans des délires proche du psychédélique.    

Encore une illustration d'un chemin très personnel que suit ce groupe loin des standards attendus.
Merci A vaulx jazz de les mettre en lumière !!!! et !

JaZZmarc

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Batterie: Léo Dumont!  / Claviers, piano, chœurs : Camille Durieux! / Basse, effets, chœurs : Lucas Hercberg! / Sax alto, voix, synthés : Antoine Mermet!



mardi 16 février 2016

Andy Emler en Impro-Land à l'amphi Jazz

Le jeudi 11 février à l'Amphi Jazz.
Au deuxième set Andy Emler nous a pris par la main pour un voyage enchanté en Impro-Land.
C'est une expérience sensorielle qui nous a été offerte un moment d'extase à vivre si on accepte de lâcher prise. Rien que ça !



Andy Emler s'est entouré pour ce nouveau trio de Xavier Desandre-Navarre aux percussions et Emmanuelle Zagoria à la voix; oui Andy Emler n'aime pas les chanteuses mais il aime les voix, et Emmanuelle improvise et utilise sa voix comme une vraie soliste.

Pour commencer le set Emmanuelle psalmodie en utilisant le piano à queue comme caisse de résonance,  c'est un chant sacré venu d'on sait où peut être des hautes montagnes tibétaines. C'est une musique mystique, de transe, qui se lance et nous prend; les deux instrumentistes suivent et alimentent la montée progressive,   je me tiens moi même à ma chaise pour ne pas décoller ( sans blague ?) et les frissons de plaisir m'envahissent (et ça c'est vrai).
Actrice, adepte de l’improvisation,  compositrice et chanteuse la toute jeune Emmanuelle Zagoria se livre sur scène sans retenue avec un naturel déconcertant.
Xavier Desandre-Navarre aux percussions utilise un "kit batterie" personnalisé, il a agencé un poste de pilotage à lui, il est assis sur un Cajon et se sert d'une pédale de grosse caisse à l'envers, le reste est constitué de trucs et de machins qu'il utilise avec enthousiasme et beaucoup de créativité.

A l'issue des deux premiers morceaux Andy Emler nous confie qu'il nous avait emmenés dans des mondes lointains où on ne savait même pas si on avait pieds; c'est dire si on est parti loin.
Il y a même cassé une corde de piano c'est dire s'il a tout donné.

Un espace de liberté est laissé alors à Emmanuelle, qui se transforme en une pseudo handicapée du langage, qui veut dire des choses mais qui ne peut pas, qui s’interrompt, qui chante , qui reprend qui rechante
"Comment tu me trouv..?; chut!.. on prends des vacances.. , Chut!..je t'aim... "
Est ce une scène de ménage, une déclaration d'amour qui dégénère et se transforme en hystérie à moitié chantée en tout cas c'est beau !
Suivront une chanson plus légère et pour finir un délire autour de la chanson de Grace Jones "Slave to the Rhythm" 

C'est une sacrée expérience de spectacle vivant, ces artistes font preuve d'une audace folle et dégagent quelques chose de très euphorisant et de rassurant quand à la création loin des modèles tout fait du mainstream.   
 
Euh ! Monsieur; Monsieur Euh  c'était quoi exactement ce qu'on a vu là ?
Ché pas!  tais toi et rêve!

JaZZmarc
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Xavier Desandre-Navarre, batterie/percussions / Emmanuelle Zagoria, Voix / Andy Emler, piano

 

Andy Emler et les tubistes à l'amphi Jazz

Le Jeudi 11 février à l'Amphi Jazz
Andy Emler compositeur, chef d'orchestre et pianiste est un gros gourmand... de musiques et de créations.

 En résidence à l'amphi jazz pendant quatre jours il nous propose chaque soir 2 trios différents ce qui est une vrai performance et une première.
Il annonce qu'il s'agit d'un hommage qu'il se fait à lui même, mais malgré ses propos on sait que ce n'est nullement son égo qui le motive mais la passion pour son art et la volonté de mettre en avant d'autres artistes avec qui il aime travailler; il n'a en effet plus grand chose à prouver tant il a déjà été reconnu par ses pairs et son public.

Pour le premier set de cette première soirée, Andy Emler nous invite à découvrir un trio original constitué du piano du maître de cérémonie  et de deux tubas celui François Thuiller et celui d'Anthony Caillet ce dernier étant un tuba ténor ou Euphonium.
En voyant ces deux instruments au physique de pachyderme on se dit que la musique pourrait être, elle aussi, lourdingue, c'est sans compter l'agilité de ses deux experts et la richesse des compositions d' Andy Emler.
La grande difficulté  du chroniqueur à ce stade est de vouloir catégoriser le style de musique proposée par notre héros du soir; elle est a ranger, si vraiment il faut s'y résoudre, parmi les musiques improvisées sans nul doute, mais au delà de cette formulation il y a tant de références à des univers sonores différents qu'il vaut mieux s'en tenir là: Andy Emler est un gourmand... insatiable.

Les projets proposés ce soir sont uniques, ils n'ont jamais étaient présentés sur scène avant, c'est de la création "in vivo", pleine de fantaisie, d'humour et de prise de risque.
L'humour est partout, dans les titres " 2 toubibs pour un pianiste",  dans les intros délirantes aussi, voir dans les parenthèses musicales où on entend "le boléro" de Ravel, "ne me quitte pas" et j'en passe.

Un morceau est annoncé entre Folk et musique de la Renaissance ce qui semble à priori être  vraiment un grand écart cependant à l'écoute on se dit qu'après tout s'était bien vu, on a même entendu du heavy métal avec deux Tubas ça fait rêver quand même.

 La musique est tout de même très écrite mais quand Andy Emler part en impro tout seul le spectateur bienveillant le sent bien passé : virtuosité mais aussi énergie, créativité et lâcher prise. 

Mais ça c'était avant, c'était seulement le premier set...

JaZZmarc

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François Thuillier, tuba / Anthony Caillet, euphonium / Andy Emler, piano