Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


mardi 9 mai 2023

Ramdam Fatal au Périscope

Photo: Jean-Pierre Jacquot
 Le 6 mai au Périscope de Lyon

Ils sont venu de leur massif central pour faire du ramdam au périscope de Lyon et ils ont fort bien fait.
Ils nous ont régalé et bien dégagé les oreilles pour l'occasion.

Ramdam Fatal est un groupe né de la fusion du trio Utra Zook et de membres de la compagnie "L'Excentrale"  avec l'ambition d'une musique totalement déconfinée osant des grand écarts entre les musiques traditionnelles d'Auvergne, le rock, les musiques improvisées, le jazz...
Le raccourci possible serait la "bourrée progressive" mais en tentant de définir leur projet on ne dit rien de l'énergie festive qu'ils dégagent et du bouillonnement créatif qui les anime.

Les textes sont décalés, la musique est pleine de syncopes et de "stop and go" avec des montées progressives vers des moments de pure d'hystérie bienfaisante.

En les écoutant je pense, moi, à une filiation entre "Franck Zappa" et "Ange" bon d'accord ça date un peu mais la bourrée aussi.

Leur spectacle est tout à fait singulier, on assiste à une grande parade qui annonce ce qui sera peut être un bal " Cavalier Per l'Ecir", ou à un colloque pour analyser "22 propositions pour sortir de l'impasse" tout aussi loufoques les unes que les autres.
Ce sont 2 titres de leur album qui vient de sortir et qu'ils présentaient ce soir pour la 1ère fois.

Les musiciens sont tous formidables, c'est plus le choc entre les styles qui cohabitent sur une même scène qui est le plus remarquable. Entre par exemple les sons de l'espace sortant du clavier Benjamin Bardiaux est le violon de bal de Clémence Cognet qui rythme la cadence avec ses pieds.

A la fin du dernier morceau, l'hystérie finale est à son comble, un cri primal s'est alors fait entendre  poussé par une Clémence Cognet semblant en transe qui nous à laissé béats.  

Le périscope n'était pas plein ce soir, c'est quand même un regret face à autant de talent et d'énergie et au final à une telle production de plaisir brut. c'est dommage! Mais vous pouvez-vous rattraper, le disque est disponible désormais et d'autres dates sont d'ores et déjà annoncées.

Jazzmarc

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 Félix Gibert (Direction, trombone) – François Arbon (Saxophone basse, trombone) – Clémence Cognet (violon,voix, pieds, trombone) – Romain « Wilton » Maurel (violon, voix)
& le trio Ultra Zook : Benjamin Bardiaux (claviers, voix) – Rémi Faraut (batterie, voix) – Manu Siachoua (guitare, basse, voix).


samedi 22 avril 2023

Nicole Mitchell & Silvia Bolognesi au Périscope

Photo: Jean-Pierre Jacquot
Le 19 Avril 2023 au Périscope de Lyon

Un, deux,trois soleil...
Dans la cours de récréation qu'est devenue la scène du Périscope ce soir deux musiciennes de haut vol jouent et s'amusent surtout beaucoup. 


Entre la flutiste américaine Nicole Mitchell et la contrebassiste italienne Silvia Bolognesi, c'est la marelle, cache cache ou chat perché c'est la création en temps réel de mondes imaginaires merveilleux qu'elles se créent pour un instant. 

C'est le dialogue entre deux continents,
- entre le grave et le léger
- entre la terre et ciel, la terre pour la contrebasse ancrée dans la terre et la flute qui s'envole tel le rossignol
- entre la rigueur et la fantaisie
voir le chaos et l'ordre associé à l'une ou l'autre selon les cas.

Au début du set on a l'impression que chacune part pour une improvisation qui lui est propre et puis doucement les possibilités de synchronisation s’effleurent, le jeu s'installe entre elles. Le cadre posé de chaque morceau semble ténu mais il suffit de se laisser aller, de lâcher prise alors on peut partager le plaisir qu'elles ont, elles, à jouer ensemble.

Nous sommes proche de la performance expérimentale avec des artistes cependant qui sont passées maitres en la matière. Chacune utilise son instrument selon toutes les méthodes possibles et elles ne sont pas toutes répertoriées dans les manuels.
Silvia Bolognesi pince, frotte, percute son instrument tant qu'elle peut, le son de sa contrebasse est parfait. Ses solos ne sont jamais ennuyeux, et quand son instrument ne suffit pas elle fait des percussions avec d'autres jouets à elle, voir elle nous harangue des "What's good in music ?"
Nicole Mitchell mélange,elle, allégrement le son de sa flute avec des vocalises, du chant, du souffle bref elle donne tout avec générosité. 

Il m'est arrivé de perdre le fil, peut être même l'ont elles perdu elles aussi, rien d'étonnant tellement la prise de risque est importante.  

C'est une musique qui, dans tous les cas, convient moins à une écoute d'un enregistrement dans son salon mais plus en live dans une salle de concert voir dans une autre cours de récréation.
Et maintenant on dirait que tu serais un cosmonaute et moi une fleur...

JazzMarc  

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samedi 15 avril 2023

EST le retour ! Home.s et Rymden

15 ans déjà que Esbjörn Svensson disparaissait dans un tragique accident de plongée,
journée tragique aussi pour le monde de la musique qui s'est depuis assombri sans cette lumière musicale incandescente.

Et puis en septembre dernier l'album "Home.s" a été publié constitué d'inédits de Esbjörn au piano solo.
Je suis resté collé à cet album pendant plusieurs semaines et je mis replonge avec délice régulièrement encore. C'est bon de retrouver des nouvelles d'un proche d'être bercé par ces cheminements mélodieux intimes et imparables.

 

Il n'y aura pas d'autre Esbjörn Svensson mais ses enregistrements pourront nous enthousiasmer et nous apaiser encore longtemps. Et puis son héritage est aussi porté par ses deux compères le bassiste Dan Berglund et le batteur Magnus Öström qui constituaient la rythmique enflammée du Trio EST.
 

La deuxième formidable nouvelle c'est que ces deux là, après des expériences chacun de leur côté,  ont eu la bonne idée de reconstituer un trio avec le formidable pianiste et compositeur norvégien Bugge Wesseltoft qui arrive avec son univers et sa longue expérience. J'aime beaucoup son album de 2016 "somewere in Between"  une rétrospective de quelques 20 ans de son expérience musicale  et celui de 2017 en piano intimiste " Everybody loves angels"  et puis et puis ...en fait j'aime beaucoup cet artiste.
Et voilà donc Rymden le nouveau trio qui permet à la rythmique mythique de feu EST de ce reconstituer autour de ce pianiste exceptionnel.

Deux album studio sont déjà disponibles depuis la constitution du groupe, plus des "live" plus un album de reprises (déjà) avec un orchestre symphonique.
Voici un extrait de l'album "Space Sailors" paru en 2020: c'est bon de retrouver cette pulsation, c'est bon d'être en bonne compagnie !

 

JazzMarc

lundi 23 janvier 2023

Octotrip à la Salle Molière à Lyon


Le 19 Janvier à la Salle Molière
  
La salle Molière est en effervescence en attendant Octotrip sur la scène, visiblement les connaisseurs étaient déjà sur le coup, et parmi eux beaucoup de musiciens des conservatoires de musique de la région.

Le trombone n'est pourtant pas l'instrument le plus populaire pour faire bouger les foules, il est souvent un très bon compagnons d'ensembles musicaux.
Dans le cas d'Octotrip, le Trombone en est la vedette et tous les à priori tombent, tellement l'étendu de ce qu'ils démontrent est vaste.
Ils sont bien huit musiciens, comme le suggère leur nom, dont 6 trombonistes, 1 joueur de Tuba et un d'
Euphonium (ou Tuba ténor) et ils nous entrainent dans un Trip totalement inédit.

Ce soir ils présentent pour la première fois leur nouveau projet: "Atrahasis"  qu'ils ont créé pendant leur récente résidence à Vienne.
A l'entame du concert le groupe arrive depuis la salle des 2 côtés de la scène, les 2 groupes se répondant pour une première pièce d'un certain JS Bach écrite pour des violoncelles à l'origine. Étonnamment on les entend vraiment les violoncelles.
Pour ce projet le groupe a invité deux artistes, la chanteuse Leïla Martial et la percussionniste Anissa Nehari.
Dés le 2 ème morceau les 2 invités sont en première ligne, l'ambiance a radicalement changé tout est plus percussif les trombones y compris. 
C'est la première fois, j'avoue que je voyais Leila Martial sur scène et je pense que cette femme est folle. Il semble que les différentes langues à sa dispositions étaient trop contraignantes trop limitées, alors elle a inventé des sons avec sa voix qui constituent son vocabulaire musical. En associant cette maitrise avec son agilité dans l'improvisation  elle en devient une artiste redoutable de la musique vivante. Sa folie est bien sûr magnifique, réconfortante, tout est alors possible sur scène.
Tantôt elle est une indigène sauvage dans la jungle, tantôt elle est lyrique, dans le morceau "Jérusalem"   au pied du mur des lamentations elle en devient même céleste.  

Le groupe fait preuve d'une énorme rigueur et de beaucoup d' humour c'est la marque du talent. Comment pourrait on classer leur musique alors qu'on entend un ensemble polymorphe : un orchestre de chambre puis une orchestre symphonique voir un ensemble tribal

Ces huit là se sont rencontré au Conservatoire Supérieur de Musique de Lyon. Leur recherche de sons et d'expressions musicales est passionnante. Le prestation est 100% acoustique, pourtant les effets produit par les différentes embouchures sont multiples.

Les compositions pour ce projet sont de François Chapuis et Robinson Khoury parmi les trombonistes et de  Pierre Tereygeol .
Robinson est bien connu de la scène jazz française, il est né à Lyon , il mène une carrière riche en collaborations ( Ibrahim Maalouf, Marcus Miller) en projets de groupe (Octotrip, Uptake, Aarab..) et personnels (déjà 2 albums )
Pour ce projet "Atrahasis" on le sent complètement dans son éléments lui qui a une formation classique à la base et qui s'est toujours dit très influencé par le chant.
Pour les 2 derniers morceaux il a lâché son trombone et s'est lancer dans des vocalises avec Leila Martial et Victor Auffray

 En 2018 Octotrip a déjà sorti un très bon premier album nous avons hâtes désormais de pouvoir écouter ce nouveau projet très prochainement.   

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JazzMarc

Jules Boittin, Alexis Lahens, François Chapuis, Nicolas Vazquez, Robinson Khoury, Charlie Maussion : trombones
Victor Auffray : euphonium
Lucas Dessaint : tuba
Leïla Martial : voix
Anissa Nehari : percussions

Octotrip Premier album


Leila Martial


lundi 16 janvier 2023

2 légendes d'Uzeb au club de Savoie à Chambery

 Le 14 janvier 2023 au Jazz Club de Savoie à Chambéry
Le Jazz Club de Chambery fête ses 45 ans d'existence ça valait bien un concert d’exception qui m'a mis en mouvement pour faire le déplacement vers ce lieu que je ne connaissais pas encore.
Rien de moins que 2 ex UZEB,  célèbre groupe de Jazz Rock Québecois des années 70/80, à nouveau sur une scène française. Je veux parler d'Alain Caron (mon héros) à la basse  et de Paul Brochu à la batterie eux même.
Le club d'abord est situé dans un lieux improbable dans un environnement plutôt industriel en rénovation où ce bâtiment largement tagué fait office de résistant. On s'attend à voir un panneau " Démolition imminente"
L'intérieur cependant est constitué d'un bel espace avec une très bonne acoustique aussi ...pourvu que ça dure. Des concerts y sont organisés tous les vendredis avec de beaux plateaux...à venir y compris au vu du programme de janvier.(voir ici)
 
J'ai mis les deux légendes d'Uzeb en avant cependant le projet est celui d'un sextet piloté par Pierre Bertrand (saxophone et flûte traversière) et Ron Di Lauro ( Trompette et Bugle) associés à Denis Leloup (trombone) et Alfio Origlio (piano).
Soit une des meilleures rythmiques du monde avec une élite de solistes. ( Je m'emballe)
Il s'agit aussi d'un échange entre le Québec et la France, Ron Di Lauro venant aussi de l'autre côté de l'atlantique.
Avec un tel plateau la difficulté est de choisir un répertoire parmi les compositions et les coups de cœur de chacun. Aussi nous avons entendu du Duke Ellington pour mettre tout le monde d'accord et de belles compositions d' Alfio Origlio, d'Alain Caron et de Denis Leloup.
Une très belle compagnie que ces 7 là donc, qui ont fait preuve de beaucoup de cohésion artistique et de bonne entente ( pas d'égo ostentatoire malgré le grand talent de chacun d'entre eux). Ils ont emballé la salle de connaisseurs qui leur a fait un accueil chaleureux.
Même si Alain Caron confirme sa place de héros pour moi, j'ai redécouvert la qualité du jeux de Paul Brochu à la batterie avec une inventivité et une présence de tous les instants. Là où certains batteurs peuvent se mettre en "pilotage automatique" lui il est un partenaire hors paire qui pousse tout le monde vers l'excellence.
La tournée du sextet en France ne compte que 3 dates: ils étaient à Grenoble le 12 à Chambery le 14 et seront au Sunside à Paris le 17.
 
Deux autres chroniques sont disponibles sur Jazz Rhone alpes.com
 pour Grenoble et pour Chambery.

Longue vie au Jazz Club de Savoie
 
JazzMarc

vendredi 15 juillet 2022

Robert Glasper au théâtre antique de Vienne

Jazz à Vienne le 8 juillet 2022

L'étoile montante du Jazz progressif américain est sur la scène du théâtre antique de Vienne pour sa 41 ème édition.
Robert Glasper est un pianiste et compositeur autodidacte qui participe a créer des passerelles entre des mondes musicaux qui ont l'habitude, au moins, de s'ignorer : Le Gospel, le Jazz, le hip-hop et le R&B.
Il a déjà remporté 4 Grammy Award.
Dans son dernier Album "Black Radio 3" il  poursuit son projet d'ouverture en invitant des artistes des différentes univers comme la chanteuse Lala Hathaway le rappeur Common, ou l'artiste de jazz Esperanza Splading pour ne citer qu'eux.

Ce soir il ne présente pas ce troisième opus de Black Radio pour lequel il est plus producteur que musicien, il nous offre ici une prestation dédiée à la scène où il est lui, en avant en tant que musicien, chanteur et surtout improvisateur avec tous les risques de l'exercice.

Le concert démarre avec un DJ qui se met derrière ses machines et lance ses samples et boucles en tous genres, "What's up Jazz à Vienne ?" nous harangue t'il. Mais les musicos tardent à arriver, et je ne suis pas prêt à assister à un concert avec un type qui bricole des machines.( Old school certainement)
Enfin le roi de la fête est annoncé en grande pompe ce qui rapidement tranche avec l'ambiance crée par le groupe à l'entame du concert. C'est un rythme lent, cool qui s'installe avec la voix de Glasper qui susurre doucement. Il est là où en ne l'attend pas.
Ça va groover comme ça tout au long du concert.
Chaque membre du groupe est exceptionnel. Le batteur Chris Dave parait en osmose avec son leader, il est placé d'ailleurs de façon à ce qu'ils puissent s'observer tous les deux.
Le DJ
Jahi Sundance prend tout son rôle dans ce collectif il est étonnant dans le lancement des samples et autres sons qu'il a préparé pour chaque morceau et c'est un vrai enrichissement.
Burniss Travis à la basse six cordes est impressionnant, sans esbroufe il assure un soutien rythmique rigoureux mais lorsqu'on le laisse partir un solo il est bluffant.  

Les thèmes de chaque morceau seront de Glasper ou des reprises. On reconnaitra des musiques de  Nirvana , Tears for Fears ou Phil Colins il sont toujours l'occasion pour le musicien de les reprendre à son compte dans son univers et délivrer toute sa créativité dans ses soli.
Cette prestation m'a fait penser son album "Covered"  qui date de 2015 enregistré en club, en trio piano/basse/batterie où dans une ambiance plus feutré il reprenait des morceaux de Radiohead ou de Joni Mitchell et les triturait de la même façon pour nous emmener dans ses impros entêtantes.

A la fin du concert le DJ remet le disque( "Why We speak" du dernier album), ce qui empêche le public de réclamer le rappel, c'est un peu étrange, le groupe sort de scène....et revient contre toute attente alors que déjà pas mal de spectateurs ont quitté les lieux.
Un autre petit morceau et puis s'en vont à nouveau, ont gardera encore longtemps les   "Good vibration" que ces avant-gardistes nous ont offert. 

JazzMarc

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Robert Glasper - Clavier
Burniss Travis - Basse

Chris Dave - Batterie

Jahi Sundance - DJ

Nubya García au Théatre antique de Vienne

 


Le 8 Juillet 2022 à Jazz à Vienne 

En deuxième partie de la soirée "New generation" le festival à invité Nubia Garcia une jeune artiste Anglaise née dans le quartier de  Camden à Londres d'une mère Guyanaise et d'un père... anglais.
 Après quelques EP cette saxophoniste et compositrice de jazz a sorti son premier album en 2020 "Source". Ce n'était pas la meilleure période pour présenter l'album sur scène alors c'est une bonne occasion ce soir.
La prêtresse arrive en costume pourpre et lunettes fumées roses, c'est la classe.
Rapidement on découvre que c'est vraiment la grande classe aussi au niveau de la prestation scénique.
Ça démarre sur un rythme reggae qui chaloupe doucement et annonce immédiatement le niveau.
Le set sera court aussi le groupe donne tout dès le premier morceau, le saxophone avec son effet de reverb prend le leadership, la rythmique est efficace avec un vrai batteur Sam Jones  ( chic) et un contrebassiste Daniel Casimir new generation lui aussi surement.
Mais c'est le pianiste, Joe Armon-Jones qui impressionne à l’entame de ce concert quand il part dans un solo endiablé comme si on était au 2 ème rappel ( il n'y en aura pas, il a bien fait).
C'est une musique festive aux influences sud américaines et africaine qui fait du bien, a l'image du morceau  "La cumbia me hasta llamado " du dernier album. Il s'étire avec bonheur jusqu'à une apothéose,  pur moment de partage débridé avec le public. La Cumbia nous a tous appelés alors on y est allé.  

Nubya Garcia au saxophone montre beaucoup d'autorité dans son jeu, elle est solide, ses chorus sont nets et très inspirés. Tel un Guillaume Perret elle utilise pas mal d'effets avec son sax, sans excès cependant, ils  enrichissent encore son jeu et confirment sa position dans le jazz d'avant garde.       

Le concert a semblé trop court les conditions du festival avec 3 plateaux sont drastiques, il n'y aura donc pas de rappel. Le public est déçu bien sûr mais les artistes certainement aussi.
En voilà une belle découverte à revoir donc en longueur !    

JazzMarc

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Nubia Garcia - Saxophone
Joe Armon-Jones - Clavier
Daniel Casimir - Contrebasse
Sam Jones - Batterie

Blue Lab Beat à Jazz à Vienne

Le 8 juillet 2022 

"New generation" ce soir au théâtre antique, et la jauge n'est pas à son maximum,
pourtant Benjamin Tanguy annonce lors de son message de lancement que c'est le point d'orgue du festival. Les soirées de Blues à papa feraient elles plus recette que celles dédiés aux nouveaux acteurs de la scène jazz ?
Ce soir place à l'avant garde du jazz ou au moins celle qui braconne sur le terrain du Hip-Hop ou d'autres musiques urbaines.

Le duo londonien Blue Lab Beat ouvre les festivité.
Il s'agit du multi-instrumentiste David Mrakpor ( Mr-DM) et du claviériste  Namali Kwaten (NK-OK) qui délivrent une musique aux influences hip-pop et afrobeat mais reste bien campée dans le jazz.
Même si à l'entame du set on pouvait en douter les deux gaillards étant plantés derrière leur console, et qu'une voix synthétique fait les présentations....

Les thèmes sont lancés, a bases de samples ou de boucles rythmiques les chorus alors peuvent s'enchaîner. Mr-DM prend sa guitare à l'occasion, le dispositif est aussi rapidement compléter par deux Guest au saxophone et la  trompette

Et ça groove frère ! 

NK-OK s'occupe notamment de la batterie sur son pad électronique, et j'avoue que mes oreilles ont souffert du cadencement en Hyper Basse (heureusement la boutique propose des boules Quies).

En 2022 le groupe à sorti son album " Motherland journey" dans lequel apparaissent  de nombreux invités de la scène britannique.

Mr-DM alias David Mrakpo parle d'“ Un projet visant à guérir et donner espoir à ceux qui sont épuisés par le racisme et les préjugés. Une musique qui célèbre la résilience, rassure et suscite la joie.”

La résilience je ne sais pas mais la joie j'en suis sûr.

 Jazz-Marc

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Namali Kwaten - Clavier électronique
David Mrakpor - Guitare + guests


jeudi 7 juillet 2022

TùCA à Cybèle Jazz à Vienne

 

Le 7 Juillet 2022 Cybèle 

 Tùca ça veut dire dune en Gascon, et nous voici parti avec un nouveau groupe de 5 jeunes impétueux  venus de Bordeaux pour un nouveau set dans le cadre du tremplin Rezzo.
 

Une trompette encadrée de 2 guitares électriques soutenues par une contrebasse et une batterie, voici le dispositif en présence.
On s'attend à ce que "ça envoi du bois" tout de suite mais le band est plutôt en retenu, me semble t'il respectueux des codes du jazz.


Tous les morceaux sont des compositions personnelles avec des ballades en hommages aux paysages du sud ouest  "Camis" ( le chemin) ou à des proches "Planus" et "Hélène". Les morceaux sont  parsemés de soli surtout des 2 guitaristes.


Le son atmosphérique des guitares accompagne les autres solistes, celui de la contrebasse est claire est précis. 


Au dernier morceau "Rumination", le groupe se lâche un peu plus et parait plus authentique.
Derrière la dune...de beaux paysages musicaux en devenir.  

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 JazzMarc

Espace Impair à Cybèle Jazz à Vienne

 Le 7 Juillet 2022 Cybèle

Espace Impair finaliste du tremplin Rezzo est un groupe singulier venu de Lille.
Singulier du fait de sa constitution : Un violoncelle, une flute traversière et un piano entrainant une singularité dans les compositions elles mêmes à mi-chemin entre classique et jazz.


La flute est aérienne et fluide dans ce bel après-midi de juillet où le retour à la vraie vie, pour Cybèle aussi, nous fait un bien fou. 


Les héros du moment nous offrent un beau moment de musique issu d'un projet original sur une ligne de crête loin de toutes facilités.


Tous les fondamentaux du jazz sont là; l'improvisation en premier lieu où chacun y prend goulument sa part. Les combinaisons instrumentales sont multiples, le Violoncelle de Matthieu Buchaniek se fait contrebasse avec aisance, les percussions peuvent être assurées par Frédéric Volanti sur son piano et Gérald Lacharrière sur sa flute et les vocalises prises en bouche avec par Matthieu également avec succès.


Les compositions s'enchainent nous entrainant dans des paysages rythmiques différents, nous voilà "Plaza de Espana", en "mer morte" ou dans la "Toundra" autant de titres énigmatiques. Nous sommes parti aussi dans les Balkans le temps d'un autre morceau. Ces cheminements m'ont fait penser à certains moment aux déambulations entêtantes de Steve Reich. 

Ces jeunes musiciens se sont créé un espace musical à part; "impair" certainement

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JazzMarc