Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


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vendredi 28 juin 2019

Un bouquin sur le rock: "Apathy for the devil" de Nick Kent

 Contraint de garder la chambre en raison d'une pneumopathie, je me suis plongé dans le livre "Apathy for the devil" de Nick Kent, ex-critique du New Musical Express et ex-junkie, qui n'a pas son pareil pour croquer le portrait d'artistes célèbres ou rappeler des anecdotes surprenantes.Parmi les perles que j'ai relevées, celles-ci:

-Lou Reed  "Lorsque je l'interviewe pour la première fois à l'automne dans un restaurant de Kensington,je dois me coltiner son regard de poisson mort à la Peter Lorre et ses manières rébarbatives.L'incessant concert de louanges que lui adresse à l'unisson le petit monde du glam londonien ne l'a en rien rendu plus agréable.Il passe l'essentiel de notre entretien à décortiques amèrement les arnaques dont lui, le créateur et le compositeur du Velvet Underground,se dit avoir été victime pendant des années.Parmi les coupables désignés figurent à l'en croire les Beatles, les Stones et Dylan.Son discours n'est que lamentation égotiste, grincheuse et acariâtre."

- Ron Wood "Ron Wood n'est pas la fusée éclairante la plus brillante du feu d'artifice qu'est la vie"

- Bowie (dans une interview à Play Boy en 1977) " Eh oui, je crois très fortement au fascisme.[...] Les rock stars sont des fascistes, elles aussi. Adolf Hitler a été l'une des premières rock stars."

- Led Zep (là encore en 1977) "[Robert Plant] envisage même d'abandonner la musique pour l'enseignement. Il est sûrement aussi très blessé par l'absence ,aux funérailles de son fils, de Page , de Jones et de Grant [ le manager] qui ne viennent même pas lui rendre un dernier hommage."

- Sid Vicious (de son vrai nom Beverley) "Lorsque Beverley crève l'oeil d'une jeune fille lors d'un concert au 100 club cet été-là [1976], peu de médias choisissent d'attirer l'attention sur l'incident.Mac Laren les a littéralement hypnotisés."

 Qu'il est loin le temps des hippies et du "make love,not war" !

                                                          François Jazzbôf




mardi 2 avril 2019

Encore à l'Amphi jazz grâce au polar : Musique de film


Dimanche 31 mars, 14 heures au Quai du polar

Nous n'avons pas fait la queue pour rien. Six musiciens de l'O.N.F, vont nous interpréter des musiques de films policiers.
Du Bernard Herrmann bien sûr (le musicien fétiche d'Alfred Hitchcock ), mais aussi du Michel Legrand, du Moricone, du Rota, du Schifrin.
Avec ceux-ci, on connait tous la mélodie. Le premier violon nous fait pleurer sur "Les moulins de mon coeur" et le sextet ravive nos souvenirs d'enfance quand il reprend l'indicatif de "Mannix" (difficile de faire du jazz avec une majorité d'instruments à cordes, mais quand on a du talent,ce n'est pas une mission impossible ).

  Mais le groupe, dirigé de main de maître par Didier Benetti (qui a arrangé tous les morceaux) reprend des airs plus rarement joués (comme la musique de "Basic Instinct", ou celles de Jason Bourne, étonnante sous cette forme, de Maigret ou de Sherlock Holmes). La clarinettiste dispose de deux instruments, une clarinette courante et une basse, dont elle use toujours à bon escient. Et cette heure de concert s'avère un grand moment de plaisir, salué par des salves d'applaudissements et même un court rappel ( car le temps est limité par un débat sur le "Rural noir" au même endroit à 15h30 ).

  Résultat final:a l'heure qu'il est (19h00) , nous avons toujours dans les oreilles ces musiques de film. Expérience plus que concluante . Diable !
Ce retour à l'Amphi fut vraiment un bonheur ...

                                                             François Jazzbôf
Bertrand Cervera : violon 1
Stephan Henoch : violon 2 
 Ingrid Lormand : alto
Raphael Perraud : violoncelle  
Christelle Pochet : clarinette
Didier Benetti : piano et arrangements

Michael Connely : Jazz et polar

Samedi 30 mars au Quai du polar

 Grand jour que ce samedi 30 mars 2019 qui nous permet de retrouver deux auteurs majeurs de romans policiers, Michael Connelly et James Sallis, autour d'un jeune groupe de jazz issu du Conservatoire de Lyon (le HH Quartet), composé de Xavière Breillet (chant),Dorian Janin (contrebasse),Milan Ollier (guitare) et l'excellent Elie Goulème (batterie).

Le modérateur, belge (Michel Dufranne ?),  nous prévient que pour des raisons de "pré-guerre civile" dans l'hexagone (comprenez "gilets jaunes"), Connelly devra partir plus tôt pour rejoindre son prochain lieu d'intervention mais que nous pourrons finir dans lui, Sallis étant réputé pour ses écrits sur le jazz.

  Sinon, cette rencontre est conçue comme l'alternance d'un débat littéraire et de morceaux de musique. Première remarque sur l'inextricable proximité et complémentarité d'un genre littéraire ,le polar, et d'un style musical, le jazz. Pourquoi ? Les auteurs expliquent l'analogie de construction d'un polar et d'un air de jazz, avec un thème (musical ou intrigue) dont on s'éloigne pour mieux y revenir par des chemin de traverse et avancer dans l'oeuvre. La précision du texte n'est d'ailleurs nullement l'ennemie de l'improvisation de l'auteur au cours de la rédaction du roman.

  Seconde remarque sur les citations de titres de jazz qu'écoutent les protagonistes du roman. Dans quel but ? Le mot émotion est prononcé, aussi bien celle de l'auteur qui écrit (et se met en condition) que celle du lecteur ainsi sollicité .Alors, demande le modérateur, peut-on utiliser une musique qu'on n'aime pas pour faire jaillir un personnage antipathique ou créer une situation insupportable? Pas vraiment, répond Michael,car si on l'écoute, on en vient à reconnaitre les qualités ,par exemple, d'un morceau de rap, et à en intégrer le texte dans le roman, jusqu'à ce qu'on vous réclame des droits d'auteur exorbitants!
   A quatre reprises, le quartet invité ponctue le débat d'un morceau de jazz. Le premier sera de Kenny Garrett, le second une composition personnelle du jeune combo, le troisième  une œuvre de Christian Mac Bride. Les écrivains prouvent leur respect des musiciens en refusant de rester le dos tourné à l'orchestre. Et Connelly , qui part le premier, ira serrer la main de chacun des musicos dans les coulisses. Sallis, quant à lui, a fait un aparté sur la qualité de la rythmique. Dommage que le modérateur avoue ne pas être jazzophile !Le quatrième morceau achève ce moment musico-littéraire par une reprise de la contrebassiste et chanteuse Esperanza Spalding dans laquelle Xavière, qui a fait beaucoup de scat, chante davantage et Milan produit un solo de guitare plus fourni. Felicitations au HH Quartet qui salue son public sous les applaudissements ( James Sallis n'est pas en reste pour la claque).

                                François Jazzbôf

dimanche 3 février 2019

"Vintage" de Grégoire Hervier

Deux petites pépites qui m’ont réchauffé le corps et l’âme en plein cœur de l’hiver. 1/2

Un polar (le Quai approche...) : « Vintage » de Grégoire Hervier, un Road Trip Rockn’roll qui nous emmène de Paris à Memphis en passant par l’Ecosse. Un jeune musicien, vendeur de guitares à temps perdu, s’en va livrer une guitare à un riche  collectionneur vivant dans un manoir au bord du Lock Ness. Est-ce Jimmy Page qui va ouvrir la porte ? Je ne dirais rien, mais en tous cas on lui a volé sa Gibson, un exemplaire mythique La Moderne. Une guitare conçue pour enrayer l’ascension de Fender. Hendrix en aurait joué. Un seul guitariste la possèderait à ce jour, Billy Gibbons (ZZ Top). Mais existe-t-elle vraiment ?

Notre jeune musicien missionné par ce collectionneur  part à la recherche d’une preuve et d’un (vrai) guitariste, Li Gran Zombi, qui pourrait être un Johnny Winter. Tout est vrai dans ce polar, enfin presque... On apprend plein de choses sur la naissance du Rock’n roll, la musique de Satan, l’anagramme de « song to rest in Hell » n’est-elle pas le nom d’un grand groupe de rock (le plus grand ?)  Allez, on cherche. Facile.

 Ça m’a donné envie de revoir Blow Up et de réécouter Whole lotta Love pour verifier si Jimmy utilise bien  le thérémine sur le pont du morceau. Et je l’ai fait. Tout est vrai vous dis-je, enfin presque.


JC JazzBÔf
 

jeudi 18 décembre 2014

CHET BAKER by JOHN HARVEY




La poésie donne souvent des réponses aux énigmes les plus folles, comme celle de la mort de Chet Baker par exemple, dont on a déjà parlé ici (polar de Bill Moody).

Voici un poème de John Harvey (Recueil : Bluer than this) que je viens de découvrir en lisant The Drop un polar de Mickael Conelly de 2011

( "Ceux qui tombent" en français) .








Chet Baker

Looks out from this hotel room
across the Amstel to the girl
cycling by the canal who lifts
her hand and waves and when
she smiles he is back in times
when every Hollywood producer
wanted to turn his life
into that bittersweet story
here he falls badly, but only
in love with Pier Angeli
Carol Lynley, Natalie Wood;
That day he strolled into the studio
Fall of fifty-two and played
those perfect lines across
the chords of My Funny Valentine
and now when he looks up from
his window and her passing smile
into the blue of a perfect sky
he knows this is one of thoser
are days when he can truly fly.

Voilà, ça me plait bien !

JC JazzBof

Et pour finir, une chanson douce pour endormir le petit Timéo et pour son JMAbuelo