1/ Courtney Barnett,
Un "unplugged live at Melbourne" parfait en cette période, si vous ne la
connaissez pas encore, c'est une porte d’entrée interessante. Sa voix
trainante est faite pour cette reprise magnifique de So Long Marianne
qui me donne la chair de poule.
Ensuite vous pouvez écouter et c’est de circonstance le bel album (rock) "sometimes I sit and think and sometimes I just sit "
2/ Marc Perrenoud Trio ,
L’album Morphée pour tomber dans ses bras quand la soirée anxiogène et
son décompte macabre arrive sur nos chaines de télévision.
Ça commence comme du Brad Meldhau et ça finit... comme du Tord Gustavsen peut-être...
3/ Arbouretum,
Album : Let it all in
Un album qui me rend heureux.
Je ne peux pas m’empêcher de penser à mon pote Neil Young, les amis ça
compte en ce moment… (mais lui ne me quitte jamais de toute façon)
Voilà mes remèdes du moments non pas contre ce satané virus mais contre les effets du confinement.
1: Pour le télétravail en mode ZEN
Une collaboration Fraternelle entre Roger et Brian Eno, je passe et me repasse ce "Mixing colors" qui vient de paraître qui se révèle un excellent antidote à l'ambiance anxiogène du moment.
cool ....
2: Pour la poésie et un peu de réflexion ...prémonitoire
Cyril Mokaeich vient de sortir un nouvel album après un voyage à Beyrouth où il a retrouvé une partie des ses racines.
Un bon dosage de révolte sur notre condition d'humain qui nous déprime et de tendresse qui donne de l'espoir
3: Le Jazz cool du moment
La BO du Film "Brooklyn Affairs" en France ( Brooklyn Motherless ailleurs). Superbe BO comme le film. Un grand moment de cinéma comme un hymne pour l'amour du jazz
Wynton Marsalis en bonne pace mais aussi une pépite chantée par Tom Yorke
Le Jazz le grand remède ... à tous les maux d'ailleurs
En ces temps apocalyptiques où nous nous retrouvons tous sur the
highway to hell, il peut être parfois salutaire de se plonger dans la
musique pour décompresser (bien sûr, cela dépend de chacun).
Et pour
échanger sur autre chose que la catastrophe sanitaire qui nous frappe,
je vous propose ma playlist.
Je sais, c'est bien dérisoire, mais si ça
peut sortir la tête de l'eau...
Ma liste:
-Jon Boutellier ("on both sides of the Atlantic" ) ...titre prémonitoire
- Pierre de Bethmann Trio ("essais,volume 3")... et sa reprise de "Dark Blue" de John Scofield
- Samy Thiebault ("Rebirth") ... pour anticiper l'après-crise
- Chet Baker (tout) ...la trompette adoucit l'anxiété
- Miles Davis ("in the sky")... pour planer un peu
- Oscar Peterson ("the sound of the trio")... le piano aussi,ça détend,surtout à ce niveau de virtuosité,
et une pincée de Jesus Volt (un blues bien lourd comme "I'm a jerk")
En souhaitant ne pas avoir été trop "léger" à tes yeux.
François Jazzbôf
Tel David Vincent cherchant son chemin, votre dévoué chroniqueur était parti ce soir là au club de jazz à la recherche d'un petit bout de mélodie que jamais il ne trouva.
Le périscope accueillait en résidence la saxophoniste Maria Valencia dans le cadre d'un échange avec la Colombie sous les auspices de l'Unesco. Pour l'occasion l’organisation s'est mis au vert, fini les bouteilles en plastiques pour les artistes chacun désormais a sa bouteille en inox avec son prénom dessus : c'est chic non ?
Lors de sa résidence Maria a travaillé avec quelques autres soufflants locaux avec qui elle parle le même langage...pas le notre.
Trombone, Euphonium, clarinettes et sax en tout genre magnifiés par des pointures locales qu'on retrouve au sein d'autres projets tout aussi enthousiasmants comme le Spang ou The Very Big Experimental Toubifri Orchestra.
Ils ont pris forme humaine mais ils sont d'ailleurs, complètement perchés ils font fi de la mélodie, d'un quelconque swing ou d'une trace de groove et ...ça marche.
Les compositions sont majoritairement celles de Maria Valencia, quand il y a composition car l'improvisation c'est leur dope leur nirvana leur trip quoi.
Pour l'avant dernier morceau Maria fait face aux 6 soufflants; pour chacun elle lui indique un chiffre de sa main qui correspond à un module, un mini thème, quelle pourra interchanger au grès de son feeling ou les mettre tous à l'unisson. OUF ! étonnant comme exercice de style et plutôt efficace.
Pour le morceau suivant un nouveau niveau d'abstraction est atteint, oui c'est possible, c'est Benjamin Nid qui propose cette forme de composition en temps réel avec simplement un langage gestuel qui est adressé à chaque musicien : Le Sound Painting.
La création est infinie ... c'était une première pour moi et j'ai trouvé ça très "prometteur".
Maintenant il me faut convaincre un monde incrédule, qu'ils sont là et vont envahir le monde ( du jazz au moins) avec leurs langages et leurs rites.
Et puis ils sont repartis dans leur soucoupe volante,
je les ai accompagné accroc que je suis devenu à leur folie, et c'est d'ailleurs de là bas que je vous écris.
Kisses from Jazz Là bas
Jean-Marc Aguirre
Sur jazzRhoneAlpes.com cette chronique et les autres news de la semaine
María Valencia: Alto Sax, clarinette, clarinette basse
Benjamin Nid: Saxophone Alto
Gregory Sallet: Saxophone alto et soprano
Aymeric Sache: Saxophone ténor et soprano, clarinette basse
Eugéne Gaumeton: Saxophone soprano, ténor, baryton et clarinette
Victor Auffray: Euphonium
Simon Girard: Trombone
Raphaël Ginzburg : Violoncelle ( en première partie)
Entrez, Entrez messieurs dames ! le grand spectacle va commencer !
Venez retrouverez le grand Barnum du Toubifri Orchestra le plus fêlé des grands orchestres,
avec dans ses rangs la femme à barbe qui joue de la guitare, le capitaine Sax avec son bel uniforme et bien d'autres musiciens complètement déjantés eux aussi!
Ils se donnent ce soir à l'Opéra, oui parfaitement, non pas dans les bas fond de l'underground réservé aux jaaazz et musiques du monde, non, non c'est bien dans la grande salle de l'Opéra de Lyon.
N'hésitez pas mesdames ce soir ils sont accompagnés d'un poète rêveur au grand cœur qui va faire chavirer le votre.
Ça pourrait être le mariage de la carpe et du lapin cette association entre cet ensemble surpuissant du Very Big Experimental Toubifri Orchestra qui sous des apparences de légèreté et de déconnade potache cache une maitrise au cordeau de leur art;
et le chanteur poète Loïc Lantoine qui distille des textes souvent tendres, teintés de nostalgie, tantôt impertinents et militants contre les puissants.
Les chansons de Loïc Lantoine pourraient se suffire d'une guitare acoustique pour les accompagner, ça a déjà été le cas , avec succès d'ailleurs, et pourtant confrontées à cette puissance sous contrôle c'est un vrai bonheur.
Le spectacle est total, il faut dire que les artistes se donnent du mal, chants à capella, pas de danse, des tableaux humains en mouvement, ... tout est magnifié avec une grande facilité...apparente.
Le Toubifri Orchestra est né en 2006 à Lyon sous l'impulsion de Grégoire Gensse, musicien et compositeur, qui a été aussi à l'initiative de la rencontre avec Loïc Lantoine avant de disparaitre brutalement en 2016.
De cette rencontre est né un projet "Nous" qui est désormais un double CD avec 25 chansons dont une partie compose le spectacle de ce soir.
Les CD sont très réussis mais rien ne vaut la scène!
C'est vrai, cependant, pendant le concert il est difficile d'entendre tous les mots, il y en a beaucoup, et il y a tant à écouter de l'orchestre et tant à regarder que l'écoute des CD est un complément pour une deuxième couche de plaisir.
Les chansons ont des pouvoirs euphorisant, ici elles font mouche en direction du cœur "tu me vieux?", " La nouvelle" ," Je cours"
Chacun aura sa propre comparaison avec d'autres grands chanteurs français ou belge?
Moi une chanson comme " Décalé tout le temps" qui à fait l'objet d'une grande mise en scène , cotillons, ballons et j'en passe m'a fait beaucoup penser au grand Pierre Vassiliu.
Un grand, grand concert donc où la notion de genre a été complètement oubliée: Rock, jazz, variété, opéra ...Céline Dion ... peu importe c'est du bonheur.
"La vie est belle! c'est un choix." ( Loic Lantoine)
Nous étions une trentaine tant les conditions météo étaient mauvaises
ce soir-là. En effet il neigeait depuis la fin de l'après-midi et le
nombre des amateurs de jazz du jeudi soir avait fondu.
Mais Pierre de Bethmann était fidèle au poste, accompagné de Sylvain
Romano à la contrebasse et de Tony Rabeson à la batterie.
Deux sets, une
set liste éclectique allant de Thelonious Monk à John Scofield, de Sam
Rivers à Schumann (rime avec De Bethmann).
Une improvisation brillante,
un swing incontestable,une batterie qui claque, un clavier pris de
folie, une contrebasse profonde.
Bref ! de quoi oublier l'hiver et les éléments (pluie, neige et
vent).Et toujours cette simplicité qui fait honneur au maître, cette
image de musiciens qui se font plaisir et qui nous font plaisir, qui se
sentent honorés de jouer dans un lieu historique du jazz,le Hot Club de
Lyon.
Nous sommes partis avant la jam cession, sur un morceau lent et
mélodieux, sur un solo de piano qui ravissait nos oreilles pour garder
de cette soirée un souvenir inoubliable.
Mais avec cette question:
comment un petit club associatif et non parisien parvient-il à retomber
financièrement sur ses pattes quand une telle affiche ne mobilise pas
plus d'auditeurs ? Quel dommage !
Ce qui me m'a mis en mouvement ce soir là en allant jusqu'à Macon et sa belle salle du Crescent c'est l'annonce du groupe Kneebody qui m'avait bien titiller tout l'été.
Découvert au hasard d'une déambulation sur Deezer le son du groupe m'avait fait tendre l'oreille : un Jazz Rock contemporain bien mâtiné d'électro dans la veine d'un Donny Mccaslin ou des anglais de Get the Blessing.
A y regarder de plus près ce groupe US né en 2001 est constitué de quelques personnalités bien connues, dont Ben Wendel au saxophone et Nate Wood à la batterie qui accompagnent notamment Tigran Hamasyan. Je garde un souvenir ému d'un bœuf avec Nate Wood et le groupe de Guillaume Perret au Jazz Mix à Vienne il y a quelques années: Somptueux.
Cet été j'écoutais "By Fire" un album récemment disponible de Kneebody où on trouve quelques belles reprises avec des chanteurs invités de très bon niveau et déjà en octobre un nouvel opus du groupe est sorti " Chapters". Un nouveau chapitre donc dégageant tout autant d'énergie avec quelques invités de prestige comme la diva Gretchen Parlato : excusez du peu !
Alors c'est chaud comme la braise que j'abordais cette soirée, et je n'ai pas été déçu du tout.
L'équipe du Crescend est toujours aussi accueillante et enthousiaste, partage et convivialité toujours en maitre-mots de leur engagement.
Les champions du soir sont de très grands professionnels, ils produisent une musique puissante pleine d'énergie mais toujours parfaitement maîtrisée. Les deux soufflants, Ben Wendel et Shane Endsley à la trompette font preuve d'une cohésion qui tient du surnaturel. Nate Wood est bluffant il est à la batterie mais aussi à la basse, "aussi" dans son cas ça veut dire en même temps. Il est gourmand mais à la batterie il est diabolique sous ses airs de ne rien y toucher.
Tous sont encadrés de pédales pour les effets en tous genre mais c'est Adam Benjamin aux claviers qui est le maestro de l'electro.
Ces 4 là nous ont ravis, et rien que pour quelques instants de nirvana quant Nate Wood déroule une séquence entêtante et que le chorus de Ben Wendel n'en fini pas de vagabonder; rien pour ça je ferais volontiers encore quelques kilomètres ( écoutez "the trip" pour vous donner une idée)
Ils n'avaient qu'une seule date en province pour cette tournée et c'était à Macon; bravo à la programmation du Crescent.
Le flair ! Je n'ai pas regretté d'en avoir eu mercredi soir en assistant
à la prestation d'un saxophoniste alto remarquable, l'Italien Luigi
Grasso. Il était accompagné ce soir-là d'Olivier Truchot au piano, de
Marc Michel à la batterie et de Christophe Lincontang à la contrebasse,
qui lui donnaient excellemment la réplique.
Le répertoire est classique mais de haute tenue: Johnny Hodges (le
sax alto de Duke Ellington à partir de 1928, Jackie Mac Lean (le
prolifique) et son maître, Charlie Parker.La soirée est patronnée par la
célèbre marque d'instruments à vent Buffet Crampon, ce qui fait que
l'entrée est gratuite. Ce fait, conjugué avec la virtuosité de
l'Italien, a attiré nombre de musiciens , jeunes ou un peu moins
(Stéphane Vincenza est dans la salle), impatients de se mesurer avec
lui.
Mais auparavant, Luigi, très classieux avec sa veste bleu marine,sa
barbichette et ses cheveux bouclés, assure un set d'une heure et quart
où il reprend sans aucune partition des standards endiablés.L'ambiance
est comparable à celle des jam sessions de Kansas City, ce qui nous vaut
un cutting contest piano/sax mémorable.Les musiciens prennent autant
leur pied sur la scène que dans la salle.C'est chaud bouillant, la salle
étant à son comble .
Quand le set s'achève à 22 heures,le bar se remplit. On entend parler
toutes les langues autour de la tireuse de bière. Les instruments
sortent de leur sac.Ce soir, la jam session promet d'être animée. Luigi
nous dédicace son CD "The Greenwich Session - Invitation au voyage",
fait de compositions personnelles et enregistré à Paris en mars 2017 (à
l'écoute, on songe à Charlie Mingus).Puis il retourne en salle assouvir
son besoin de partager cette musique qui nous fait vibrer, LE JAZZ !
10 aout 2019: il fait bon dans la cour Domaine Rabasse Charavin à
Cairanne dominé par son arbre centenaire.
Le soleil se couche sur les
dentelles de Montmirail et la plaine viticole prend ses teintes chaudes
et apaisantes.
C'est un des lieux magiques du festival "jazz dans les
vignes" où ce soir va se produire un jeune prodige , mi pianiste,mi
crooner, Pablo Campos.
Il est accompagné du Viking Viktor Nyberg à la
Contrebasse,du pétulant Philip Maniez à la Batterie et du ciseleur Hugo LIPPI à la
guitare.
Il y aura même un invité surprise, un saxophoniste dont
malheureusement j'ai oublié le nom.
Le répertoire est très classique (ex:
Billie Holiday, Nat King Cole), mais Pablo y excelle. Il nous
gratifiera entre autres de trois extraits de West Side Story qu'il est
en train de revisiter avec l'Amazing Keystone Big Band ("bon sang ne
saurait mentir").
Le jeune homme est jovial et modeste (il n'hésite pas à
s'effacer pour mettre en valeur les performances de ses musiciens ).
Le
son est excellent et le moment délicieux.
Tradition du festival, après le
rappel, chaque spectateur se voit offrir un verre de la production du
domaine, avec un petit toast préparé par les bénévoles.
Bref ! Une belle
découverte.
18h30 Alors là, deuxième gros gros coup de cœur 💓 Ludivine Issambourg
et son groupe Antiloops ! Nicolas Folmer en personne vient nous la
présenter, il y tenait nous dit-il tant cette flûtiste déborde
d’énergie. Elle prépare un album pour la rentrée réalisé par Éric
Legnini, pour l’heure elle vient nous interpréter des titres de ses deux
albums précédents. Aristote disait que la main était le prolongement de
la raison, Ludivine n’est pas venue elle pour faire de la philo, la
flûte traversière est le prolongement de sa main, de son corps, de son
âme.
Handicapée par un pied blessé, la voici vissée sur un tabouret ce
qui ne l’empêche pas de s’envoler. On l’imagine sur ses deux pieds
valides....
Nicolas Durand : claviers, Thimotée Robert : Basse, Julien Sérié :
batterie, sont là pour le tenir au sol et y réussissent à merveille.
Nous sommes quant à nous partis bien haut avec ce Jazz electro aux
limites de la transe. Une grande flûtiste extraterrestre est parmi nous,
on en reparlera. Nous avons discuté un moment avec elle après le
concert, elle confirme le nouvel album à la rentrée avec Éric Legnini et
Stéphane Huchard... no comment.
Demain nous irons écouter Thomas Dutronc au Dôme Théâtre mais je ne suis
pas sûr que cela m’inspire un billet, j’ai besoin d’oxygène. Merci
Albertville, Agathe et Ludivine vont m’accompagner en vacances, sur les
sommets du Beaufortin.