Le lendemain de Nashville Pussy, me voilà propulsé au Ninkao à 18
heures trente. Et c'est la veille à l'envers. La première partie,
assurée par un guitariste acoustique seul en scène , entre Neil Young et
Cat Stevens, un certain Logar, mérite l'estime du public tant il est
concentré sur son sujet.
Puis la vedette du jour entre en scène.
Line up de Robben Ford :
- Robben Ford : chant, guitare, en jean et chemise claire;
- Casey Wasner : guitare, chant,un peu en retrait, lunettes,cheveux en bataille;
- Ryan Madora : petit bout de bonne femme avec une énorme basse bleu-électrique;
- Derrek Phillips : batterie qui vient de terminer une tournée avec Robert Cray.
Le son est plus propre que ma salle de bain après un nettoyage de ma
femme (infirmière). Le répertoire puise aux meilleures sonorités du
blues, du jazz et du rock. On pense à BB King, à Stevie( Ray Vaughan), à
Kenny (Wayne Shepherd), à Larry (Carlton). L'ensemble est précis,
harmonieux, inventif.
Seul reproche: que le guitariste rythmique ne joue
que le rôle du bourdon. Le temps passe à toute vitesse. Aucun larsen, un
nombre de décibels mesuré, nul besoin de bouchons d'oreille. Robben
s'efforce même de parler en français à son public (qui compte de
nombreux musiciens amateurs).
Deux mots pourraient caractériser ce
concert: technique et sérénité.
Ce qui n'empêche pas qu'il y ait du rythme
et de l'émotion jusqu'au bout !
Il est 21 heures .La salle se vide.
Décidément les soirées se suivent et
ne se ressemblent pas, sauf sur un point: j'ai encore pris mon pied.
retour des fous furieux
de Nashville Pussy.
Le public est comme d'habitude haut en couleur, même
si certains cheveux longs ont blanchi et les silhouettes sont moins
sveltes qu'avant.
Le merchandising est en place (T.shirts, CD, peaux de
batterie dédicacées), le vendeur nous interroge sur nos groupes préférés
(il nous parle même de P.F.M., rendez-vous compte) et la bière coule à
flots.
Je ne m'étendrai pas sur le groupe métal de la première partie, Y
Blues, qui m'a saoulé.
Passons au plat de résistance: Nashville Pussy
(je ne traduis pas). Sur la musique de "Stranglehold" de Ted Nugent, les
quatre membres du groupe se pointent.
Ben Thomas, tout en muscle et
cheveux, le dernier batteur en date, donne une image de puissance. Bonnie
Buitrago, toute en cuir noir tendu sur ses rondeurs, qui officie depuis
cinq ans à la guitare basse,reste campée sur la gauche de la scène.
Et
le couple infernal,Blaine Cartwright et sa moustache à la Lemmy, sa
casquette à visière ou son chapeau à la Ronnie Van Zandt d'un côté , et
Ruyters Suys, sa tignasse blonde, son décolleté de barmaid, son short en
jeans et ses bas résille, de l'autre. Question look, on m'avait prévenu
que je ne serais pas déçu.
Mais là où ça se corse, c'est question musique. J'étais arrivé plein
de préjugés: ouais c'est fun mais, bon, c'est plus du cirque que du vrai
concert. Erreur sur toute la ligne! D'un coup de cymbales, Ben coupe la
chique à Ted et le quatuor attaque "Kicked in the teeth" d'AC/DC canal
historique. Putain que ça dépote et que ça fait du bien, cette voix
éraillée et ces envolées de guitare sur rythmique d'enfer. Le groupe est
bien en place,les éclairages rouge et or et d'emblée, le public est
dedans.
Pendant une heure et demie,les Nashville Pussy vont aligner les rocks
(à un blues près).Ceux de leur composition (entre autres le fameux "Go
motherfucker go !") et ceux d'autres champions :quel plaisir d'écouter
"First I look at the purse" plus fort encore que celui du J.Geils Band
sur leur fameux disque live !.Pas de strip-tease, quelques rasades de
bourbon (du Jack, bien sûr) suivies de projections buccales, mais avant
tout des guitares chauffées à blanc et des futs qui résonnent. Du vrai
rock quoi ! Le public en raffole et en redemande. Bien sûr il y aura un
rappel, bien entendu ils enchaîneront au moins trois morceaux et comme
prévu joueront les prolongations (un peu à la Status Quo ).Ruyters y
cassera même ses cordes de guitare, à l'ancienne.
Alors ! Qui a dit que le rock'n roll était mort ?
François Southernrock Bôf
PS: le samedi 22 décembre, rebelote avec Molly Hatchet qui fêtera son quarantième anniversaire !
C'est à Génilac un village suspendu au bord du parc du Pilat,
dans une église au style néo classique ;
que le Rhino Jazz(s) a eu la bonne idée de programmer Kristle Warren ce dimanche.
C'est une artiste atypique d'origine américaine, qui fait montre dès l'entame du concert d'une formidable puissance vocale tout en maitrise.
Cette force tranquille, qu'on a vu côtoyer quelques jazz men de ce côté de l'atlantique, qui a même participé au concert Bowie Symphonic quelques jours auparavant pour le même festival Rhino Jazz(s) se présente ici seule à la guitare acoustique telle une folk-singer du fin fond des States.
Le silence se fait rapidement religieux devant la grande technique vocale de l'artiste et son sens du rythme.
Le look androgyne de Kristtle Warren est désormais accentué par son crane rasé, décidément après Anne Sila la veille à Veauche j'ai peur d'une épidémie.
Dans son cas Kristle Warren déroule une suite de compositions personnelles avec une grande aisance, elle fera participer le public tel un chef de cœur qui lance ses différents pupitres avant de partir elle même dans une improvisation vocale.
C'est une artiste rare, femme orchestre qui écrit ces propres poèmes chantés.
Elle fera une exception dans son répertoire du jour en reprenant Eleanor Rigby des Beatlles, une version singulière à la façon d'un protest song.
La difficulté d'un concert minimaliste de ce genre, une guitare / une voix sur des textes pas forcément accessibles facilement c'est de paraitre un peu uniforme;
mais bon je vais me mettre à la poésie ricaine!
JazzMarc
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Il y a des périodes où votre chroniqueur dévoué manque d'entrain,
pourquoi écrirait-il un énième billet élogieux à propos d'un artiste qu'il a lui même déjà chroniqué ?
en quoi servirait il la cause un écrivant un billet assassin ou insipide à propos d'un spectacle qu'il n'a pas aimé ?
il devient alors un chroniqueur aquoiboniste par alternance, ( j'en connais d'autres)
Et puis, et puis il y a d'autres moments où la passion revient où les plateaux proposés par le Rhino Jazz's(s) ou l'amphi jazz par exemple sont enthousiasmants et se percutent même. "Y en a qui ont des problèmes" :-)
Vendredi soir justement un choix déchirant m'a fait raté Papanosh à l'amphi Jazz pour aller écouter Joni Mitchell à l'esplanade Saint-Vincent à Vienne.
Je suis un fan absolu de Joni Mitchell, auteure, compositrice, chanteuse, musicienne canadienne qui a 74 ans aujourd'hui et qui accompagne ma vie depuis ...longtemps.
Alors l'affiche proposée par l'association de L'esplanade Saint-Vincent: Lalo chante Joni Mitchell, m'a mis en mouvement.
Non ce n'était pas Joni Mitchell elle même que j'allais voir, c'est un regret de ne pas l'avoir vu sur scène; mais le concert que lui a consacré la chanteuse Lalo (Geneviève Laloy) qui m'a complètement ravis.
Elle a attendu quelques années avant de se lancer dans ce projet nous dit elle; attendu de bien connaitre l’œuvre de l'artiste, et de pouvoir l’interpréter avec ses fils Noé à la basse et Paul Berne à la batterie (Groupe Uptake notamment)
Il faut oser s'attaquer au répertoire de la grande dame;
d'autres grandes voix s'y sont essayées avec bonheur comme Diana Krall ou Madeleine Peyroux mais avec parcimonie, en éparpillant ça et là quelques reprises dans leur discographie.
Un tour de chant uniquement consacré à ce monument est une prouesse me semble t'il : richesses harmoniques, changements de rythmes et de tonalités continuels, longueur des morceaux et des textes à retenir.
Lalo s'en sort haut la main sans choisir la facilité.
En effet les chansons choisies ne sont pas des plus faciles, le concert commence notamment par "All I want" qui ouvre l'album "Blue" sacrément périlleux pour assurer les montagnes russes en tonalités.
Les deux sets proposés vont alors dérouler une partie de la discographie de la star, une partie seulement hélas mais elle est tellement vaste que la nuit n'y aurait pas suffit.
Lalo s'avère une grande spécialiste de Joni Mitchell, elle précise tout au long du spectacle le contexte de chaque morceau, ce qui m'a permis d'apprendre pas mal de choses alors que je venais de finir la très bonne biographie que lui a consacré Edouard Graham " Songs are like tattoos" aux éditions " Le mot et le reste".
Le parti pris de Lalo pour ce projet est de restituer au mieux l'interprétation qu'en faisait Joni Mitchell elle même avec simplement quelques digressions en vocalises ou en soli.
Même le son de la guitare est parfaitement restitué par Eliot Weingand, diablement efficace et précieux tout au long du concert.
Alors on ferme les yeux et on s'y croit "little green", " Don't interrupt the sorrow", " Court and Spark", "Coyote" ...
Bien sûr j'ai des regrets; j'aurais voulu entendre "river" ou "A case of you" ou encore ....bien d'autres
Il faut absolument que Lalo tourne avec ce projet , qu'elle maitrise déjà parfaitement, qu'elle le développe;
elle est tellement enthousiaste et si bien accompagnée.
JazzMarc
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Bien sûr la curiosité !
celle de l'association Bowie et Jazz qui la suscité!
David Bowie l'étoile noire, icône rock s'il en est, a quitté
notre scène en 2016 déjà;
Bowie n'a jamais était frontalement dans le jazz, pourtant nombreux sont les musiciens de jazz qui ont repris ces compositions, lui même en a embarqués quelques uns dans ces différents projets. Pour le dernier d'entre eux " Black star" il s'était entouré de Jason Lindner aux claviers, Donny McCaslin au saxophone, Mark Guiliana à la batterie et Tim Lefebvre à la basse excusez du peu ...de jazz !
Désormais ce groupe se produit sur scène sous le nom de Donny McCaslin Blackstar Band et prolonge l'esprit de cette album fusion, et la lumière de l'étoile Bowie.
La curiosité donc quand le festival Rhino Jazz(s) propose pour la deuxième année des créations autour de l'artiste aux yeux vairons.
Avant le "Bowie symphonic" du samedi 6 octobre ce soir c'est le "Bowie acoustic".
Le projet est porté à la direction artistique par Daniel Yvinec dont la volonté affirmée est de proposer l’œuvre de Bowie selon un point de vue original avec de nouvelles couleurs.
Effectivement nous avons eu ce soir à une création inédite construite autour de quelques morceaux choisis de la star, loin des rythmes rock mais à distance également du jazz.
Le parti pris est la lenteur et le minimaliste, ce qui au début est fort déroutant. On devine quelques fois avec difficulté les chansons métamorphosées! "Ashes to Ashes", "Space oddity" , "heroes", "Life on mars"
Le groupe réunis pour ce projet est organisé autour de la chanteuse Sandra Nkaké , (Révélation au victoires du jazz 2012), qui s'est entouré d'un de ses partenaires de longue date Jî Drû à la Flûte traversière, de Guillaume Latil au Violoncelle et plus étonnant de Babx au piano qui n'est pas un habitué des scènes jazz.
C'est la première fois qu'était donné ce spectacle et il m'a semblé percevoir quelques hésitations voir de l'intimidation à s'attaquer à ce monument de Bowie.
Les meilleurs moments pour moi ont été lorsque Sandra Nkaké s'est lâchée en laissant apercevoir toute la puissance qu'elle a sous le pied, ou encore les séquences où Babx nous l'a joue pianiste/chanteur décadent à la Tom Waits
Pour finir le groupe propose une version des plus étonnantes d'un morceau que tout le monde connait; qui commence comme ça "Put on your red shoes and dance the blues" mais tellement ralenti qu'il a fallu un peu de temps pour reconnaitre le fameux "Lets dance" ici peu propice à la danse.
Déroutant c'est certain à la première écoute mais diablement bien travaillé
Au delà de la curiosité désormais, on aurait envie de réécouter ces versions originales pour mieux les capter après l'effet de surprise et se les approprier.
Pour ce faire souhaitons que ce projet ne reste pas une création éphémère et qu'il ait l'occasion de se déployer.
JaZZmarc
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le vendredi 5 octobre 2018 au St Georges pour le 5e anniversaire du club
Le St Georges affiche complet ce soir, Terez Montcalm se produit devant
50 privilégiés à 19h et fera un 2e set devant 50 autres veinards à 21h.
Roger s'est mis sur son 31, Jazz Rhône-Alpes a dépéché un envoyé spécial
et Benjamin Tanguy himself (le directeur des programmes de Jazz à
Vienne) s'est déplacé. Il faut dire que l'affiche vaut le coup.
La
chanteuse canadienne au délicieux accent du Québec est entourée de
Jean-Marie Ecay à la guitare, Christophe Walemme à la basse électrique et
Pierre Alain Tocanier à la batterie. Hasard du calendrier: Charles
Aznavour a eu droit aux honneurs de la République le matin même et Terez
tient à commencer son concert par une chanson du maître.Elle chante
l'amour à merveille.Puis elle alterne "les compos et les covers", comme
elle le dit elle-même après nous avoir annoncé qu'elle allait nous
livrer le contenu de son futur CD prévu pour l'année prochaine.
Exemple
de ces paires gagnantes: une compo enlevée sur la Grosse Pomme ("Drive
to New-York") suivie par le "Black Trombone" de Serge Gainsbourg dans
lequel elle fait passer l'émotion de sa voix inimitable. Jean-Marie Ecay
tourne des soli de qualité pendant que la rythmique tourne comme une
montre. Le public ne peut pas résister non plus au charisme de la
Canadienne, passée maîtresse dans l'humour et le clin d'oeil.
Elle ira
jusqu'à nous avouer qu'elle se sent seule au milieu de tous ces Français
mais qu'elle apprécie notre bonne compagnie. Un seul regret: celui que
le concert fût trop court. D'autant que
la chanteuse nous a expliqué que le meilleur restait à venir, au second set !
François Jazzbôf
Le billet de Christian Ferreboeuf sur Jazz Rhône Alpes
Pendant que certains hantent les sites grandioses du Far-West ,
d'autres se contentent de découvrir de nouveaux groupes musicaux sur les
places de France.
Cette année fut en ce domaine fertile.
Le Jessica Rock
Trio avec la jeune Jessica au piano, accompagnée de Maurizio Congiu à
la contrebasse et Thomas Domene à la batterie nous interprète son CD "A
1550", titre d'un morceau éponyme assez réussi pour être cité (beau solo
à l'archet) et qui n'est pas le seul (refrain entêtant sur une autre
compo, "Rouge" ). Le paradigme E.S.T. est évident même si le fruit n'est
pas encore tout à fait mûr.
Dans un genre différent (folk), un autre trio se distingue sur les
routes de l'été: les Picky Banshees, soit Samuel Chaffange qui chante et
joue de la guitare (rock ou folk), Aurélien Le Bihan à la basse et à la
contrebasse et Cindy Ladakis au chant et aux percussions. Les trois
compères nous transportent sans l'aide d'Airbus ni de Boeing sur les
pistes que nos amis sont en train de visiter. Là encore il s'agit de
compos du groupe qui montrent que les Grenoblois ont acquis ce truc qui
nous fait penser à Lone justice ou à Linda Ronstadt.
Autre guitariste doté d'une chaude voix soul, le brésilien Clebson
capable de passer de "My girl" des Temptations à "Thriller" de qui vous
savez. Excellent guitariste aussi comme en témoigne son solo sur
"Supersticious" de Stevie Wonder. Mais le morceau qui emporte l'adhésion
de tous est celui de Paul Young "Everytime you go away" auquel la voix
de Clebson colle à merveille.
A part ça, il nous est possible de revenir en Drôme sur des valeurs
sûres avec le festival Parfum de jazz. Pour ma part, je suis allé
écouter l'expérimentée Michèle Hendicks,une pro du scat, ne serait-ce
que pour avoir le plaisir d'écouter les soli ravageurs d'Olivier Temime
qui, tel un Chateauneuf-du-pape,devient de plus en plus goûteux à chaque
année qui passe.
Bref ! L'été fut caniculaire mais la chaleur profita à la musique, aux musiciens et aux mélomanes.
Après un road trip de 3 semaines au Far west cet été quel pourrait être mon billet musical ?
Nous avons été câliné au son d'une radio thématique dans la Chevrolet grand format du type "classic Rock" qui passait tous les standards qui ont réjouis notre adolescence soit en vrac ! Eagles, Neil Young, Styx ( je l'ai avaient oubliés ceux là), les Who, Beatles, Elo et j'en passe et du très bon on a même entendu Yes. Nous étions déjà dans le film, au moins dans les décors somptueux de l'ouest américain et avions la bande son qui allait bien avec. Nous avons même trouvé l'hotel California au cœur de Death Valley ...but you can never leave !
Nous avons bien été dans le très chouette club de jazz à San Francisco le " Boom, Boom, Boom" voir un bon groupe de rock groove dont j'ai oublié le nom;
mais c'est dans la rue que nous avons eu nos plus beaux coups de cœur; à Page notamment dans l'Arizona , the place to be pour la musique, avec un groupe qui jouait tous les standards de rocks/Folk des années 60 sans complexe ni prétention pour ceux à qui il restait des oreilles en mangeant des Ribs bien grasses et bien bourratives;
nous avons été scotchés aussi à la terrasse du bowling de Page où se produisait un groupe de hard bien gras lui aussi et tout à fait réjouissant.
Mais c'est à San Francisco dans le quartier de Union Square que nous avons été arrêtés net par un groupe, qui s'y produit régulièrement ( je l'ai appris plus tard) The Backyard Party Kings un ensemble plutôt funk, jazz, R'nB à la géométrie très variable accompagné cette fois par la chanteuse Parris Lane : Whaou ! quelle voix et quel sens magnifique de l'impro.
Du jazz new-yorkais au Peristyle ce soir, le groupe Endangered Blood y pose ses valises pour 3 jours, alors on y court pour gouter à l'avant garde de la planète jazz , c'est du moins ce que j'avais en tête en arrivant.
Les deux premiers morceaux sont plutôt classiques, un swing tourmenté puis une musique de fanfare entrainante; ce qui surprend surtout à l'entame du concert c'est le batteur Jim Black.
Il a un nom qui claque comme un musicos de rock et effectivement il frappe fort, très fort. C'est peut être ça alors le côté avant-gardiste ?
Passé ce moment de surprise et d’appréhension pour mes oreilles, le groupe s'est révélés avec des morceaux plus élaborés; les 2 saxophonistes se complétant à merveille, Alto pour Oscar Noriega et Tenor pour Chris Speed ( encore un nom prédestiné).
Quand ce dernier décide de s'occuper de sa clarinette basse et que le contre-bassite , Trevor Dunn déroule sa partition à l'archet le groupe démontre de grandes qualités dans les compositions et dans les arrangements. On est en bonne compagnie dans un club de New-York où d'ailleurs de toutes façon on a décollé on ne sait plus où on est.
Retour au peristyle, Jim Black nous rappelle à l'ordre, il est finalement très affuté et en osmose complète avec le groupe mais décidément c'est souvent trop fort à mon goût... Ok je me recule
Au set de 22 heures ils sont encore plus détendus, ils attaques des
morceaux plus déstructurés, on ne parle plus de l'abstraction de la
mélodie mais de l'abstraction de l'abstraction heureusement que la bière
à fait son effet.
Le groupe a publier deux albums dont le dernier "Work Your Magic" est paru en 2013, leur complicité et leur plaisir à jouer ensemble est palpable alors ça devrait durer.
La bande originale d'un film de David Lynch au péristyle ce soir : vintage à souhait, un tantinet décalée et diablement attachante.
Matt Bauder saxophoniste et compositeur new-yorkais est programmé sur la scène du Peristyle pour 3 jours avec son projet Hearing Things: Un objet musical inclassable
Les musiciens outre atlantique sont, semble t'il, moins cloisonnés qu'ici; ainsi Matt Bauder qui intervient aussi sur la scène jazz propose avec ce projet une musique oscillant entre rock des années 60/70, ethio-jazz et pop.
Le son de l'orgue Hammond sous le contrôle de JP Schlegelmilch participe grandement à cette ambiance vintage à la manière d'un Ray Manzarek des Doors.
Le look est lui aussi daté, le groupe est en costume blanc à bords noirs; excepté Ava Mendoza à la guitare électrique, seul élément féminin du groupe, qui est, elle, en noir : certainement en signe d'une confrontation sexiste.
Ce soir là j'avais juste l'intention de passer une tête au Peristyle et j'ai finalement assister aux 3 sets. Cette musique hybride qui embarque des rythmes rock cinglants, des mélodies chaloupées entêtantes et des échanges solides et inspirés entre les solistes est décidément captivante.
A la fin des sets; et à l'heure de la dématérialisation généralisée, le groupe propose à la vente leur dernier ...45 tours: Un tantinet décalée non ?
La nouvelle programmation du Péristyle portée cette année par Olivier Conan élargie la scène à d'autres horizons musicaux et géographiques; les amoureux du jazz pourraient s'en désoler, mais ils sont, pour beaucoup, surtout sensibles à la bonne musique, le jazz en étant un des vecteurs, alors amis jazzeux jugeons sur pièce et profitons de cette belle scène.
Jean-Marc Aguirre
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