Coup de cœur du moment !
Tout le bien que l'on pensait de la Trompettiste Airelle Besson se confirme avec ce formidable projet: "Radio One" album sortie le 13 mai.
Airelle Besson fait visiblement l’unanimité de la profession cette année avec le prix Django Reinhardt (Meilleur musicien français de l’année) de
l’Académie du Jazz et la Victoire du Jazz, catégorie révélation : Tout va bien pour elle.
Et pour nous aussi: Créativité, prise de risques, sensibilité, sens de la mélodie...
c'est à toutes ces qualités auxquelles on pense en écoutant ces neuf compositions.
Et cette voix, une fois de plus ici nous n'avons pas à faire à une chanteuse avec Isabel Sorling mais à une VOIX. Tel un instrument de haute précision elle établi une conversation d'égal à égal avec les autres musiciens avec un avantage décisif cependant: la voix est bien l'instrument le plus sensuel!
Les paroles n'ont que peu de place dans ces compositions, elles sont juste propice a des vocalises, des chuchotements, des mélopées, des envolées mystiques.
Isabelle Sorling est le frissons nordique du projet, artiste suédoise elle participe à de nombreux projet dans son pays notamment avec le pianiste Paul Lay ( Que le monde du jazz est petit finalement) elle est aussi très présente en France.
Après le morceau titre "Radio One" qui ouvre l'album, très nerveux et saccadé, "All I want" est une invitation à un voyage onirique, on s'envole avec les vocalises et les déambulations très inspirées de la trompette d'Airelle Besson. A partir de là l'auditeur est conquis il peut dérouler sans risque sauf celui de rester scotché à cette musique.
Ce projet me fait penser notamment à celui du clarinettiste Matthieu Donarier accompagné de Poline Renou à la voix dans l'album "Kindergarten"en 2010.
Dommage Airelle Besson ne présente pas ces compositions sur les scènes de la région, elle sera quand même à Vienne le 29 juin à la soirée consacré au projet "Autour de Chet"
Tout va bien.
JazzMarc
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Isabel Sorling: voice, Benjamin Moussay: piano, keyboards, Fender Rhodes, Fabrice Moreau: drums
Airelle Besson : trumpet
et si vous doutez encore écoutez "All I want" après ça la cause sera perdue...
http://www.deezer.com/track/121917566
mardi 31 mai 2016
samedi 28 mai 2016
Paul Lay Trio à l'Amphi de l'opéra de Lyon
Avis aux amateurs de Thelonius Monk et de jazz nordique (E.S.T., Gustavsen et consorts), le pianiste Paul Lay, primé en 2014 et 2015, reprend le flambeau de la création.
Associé au bassiste Clemens Van Der Feen, dont le talent à l'archet est plus qu'évident, et du batteur Dré Pallemaerts, dont le jeu est à la fois tout en finesse et rond comme un vieux Saint-Emilion, le jeune prodige nous a offert hier soir, vendredi 28 mai 2016, un de ces concerts pour lesquels l'Amphi est réputé.
Un feu d'artifice de compositions personnelles (Letter for all,Cosas part 1 & 2,Fantasy, Promenade, Point ligne, Dance for 3) émaillé de standards revisités (comme How deep is the ocean).
Certes il ne faut pas être dérouté par l'art de la dissonance, les ruptures de rythme, les instruments indiens comme le (ou la) kenjera (sur lequel est bâti un morceau entier). Mais si on aime la créativité, les mélodies romantiques, les effets de crescendo musical suivi d'un silence ou d'une note résiliente, il faut aller écouter ce trio.
Un seul regret: le manque d'enthousiasme du public, certes attentif, applaudissant à la fin de chaque pièce, rappelant poliment le trio,mais n'encourageant pas assez les musiciens après chaque solo,ne poussant aucun cri et partant trop vite après la fin du concert.Finalement, si la qualité acoustique reste le point fort de
l'Amphi, l'ambiance ,elle, est dans les petits clubs nichés dans les caves ou les salles improbables.
JAZZBOF FROM X ROUSSE
samedi 14 mai 2016
Fred Nardin-Jon Boutellier quartet à la Clef de Voûte
Le vendredi 13 mai à la clef de voute
Vendredi 13 (mai), jour de chance : ce soir, nous allons vivre une grande expérience. Sous les yeux de son père et d'une salle pleine, le saxophoniste Jon Boutellier nous présente son album commis avec son fidèle complice le pianiste Fred Nardin.
Le premier morceau sert à se chauffer, et à vérifier la connivence avec Patrick Maradan (basse) et Romain Saron (batterie). J'en ai oublié le titre.
Mais dès le deuxième,"Round Twenty Blues", le groupe s'envole. Chabada rapide aux balais de Romain, vélocité et précision de Jon, rythme métronomique de Patrick.
Fred enchaîne un long solo au piano,bougeant les lèvres autant que les doigts.
Break aux drums, reprise au clavier, puis au sax. La machine est bien rôdée et nous sommes déjà à 3000 pieds.
Welcome to Heaven, guys !!
Au troisième titre,"Born to be blue",un trompettiste (Thierry), un tromboniste (Thibaud) et une chanteuse (Celia Kameni) rejoignent le quartet.
Elle, black,fuselée,sensuelle avec ses dreads, son short de cuir et son corsage éclatant de couleurs, possède une voix riche et complexe, entre Billie et Ella.
Elle enchainera sur "East of the sun", un standard : Fred est virtuose, Thierry fait un excellent solo de bugle.
Puis c'est "Hope" , méditatif, dédié à Joe Temperley, un musicien du grand Duke mort tout récemment. Le premier set s'achève sur "Invitation",tempo rapide, attaque franche du sax.Et le second sera à la hauteur du premier.Le public est jeune, enthousiaste, à l'image de Thibaud qui nous gratifiera de deux excellents soli. Le jazz a de l'avenir !
Jzbx+
Vendredi 13 (mai), jour de chance : ce soir, nous allons vivre une grande expérience. Sous les yeux de son père et d'une salle pleine, le saxophoniste Jon Boutellier nous présente son album commis avec son fidèle complice le pianiste Fred Nardin.
Le premier morceau sert à se chauffer, et à vérifier la connivence avec Patrick Maradan (basse) et Romain Saron (batterie). J'en ai oublié le titre.
Mais dès le deuxième,"Round Twenty Blues", le groupe s'envole. Chabada rapide aux balais de Romain, vélocité et précision de Jon, rythme métronomique de Patrick.
Fred enchaîne un long solo au piano,bougeant les lèvres autant que les doigts.
Break aux drums, reprise au clavier, puis au sax. La machine est bien rôdée et nous sommes déjà à 3000 pieds.
Welcome to Heaven, guys !!
Au troisième titre,"Born to be blue",un trompettiste (Thierry), un tromboniste (Thibaud) et une chanteuse (Celia Kameni) rejoignent le quartet.
Elle, black,fuselée,sensuelle avec ses dreads, son short de cuir et son corsage éclatant de couleurs, possède une voix riche et complexe, entre Billie et Ella.
Elle enchainera sur "East of the sun", un standard : Fred est virtuose, Thierry fait un excellent solo de bugle.
Puis c'est "Hope" , méditatif, dédié à Joe Temperley, un musicien du grand Duke mort tout récemment. Le premier set s'achève sur "Invitation",tempo rapide, attaque franche du sax.Et le second sera à la hauteur du premier.Le public est jeune, enthousiaste, à l'image de Thibaud qui nous gratifiera de deux excellents soli. Le jazz a de l'avenir !
Jzbx+
lundi 2 mai 2016
Dead again: Hubert Mounier
"La nuit / Elle ne reviendra pas /Des larmes sur un air de rumba Car
jamais elle ne mentira /La nuit /Il est trop tard c'est la nuit"
De qui sont ces paroles ? D'un groupe qui fit danser nos soirées dans les années quatre-vingt, un de ces groupes lyonnais qui agitait la scène française dans les années Mitterrand, avec un leader qui crayonnait aussi des bandes dessinées comme celui de Starshooter.
Ce combo magique,c'était l'Affaire Louis'Trio. Et le disparu d'aujourd'hui s'appelait Hubert Mounier, alias Cleet Boris.
Il connut le succès avec une victoire de la musique et un Olympia, la rupture aussi avec le deuxième membre du groupe,son propre frère, et même la mort il y a huit ans du troisième de l'Affaire,François Lebleu, alias Bronco Junior. A l'énoncé de cette triste nouvelle m'est revenu le refrain de l'un de ses succès : "non, non, tout mais pas ça!"
François le Roc Français
Amis terriens! Amies terriennes ANH ANH
J'adorais ce mec mais "succès de larmes" c'est la perle que je préfère
oui c'est triste
Et celle ci " Loin"
j'aime bien les chanson triste en fait.
"Au fil des nuits où j'ai refait le monde
En m'éloignant du tien
J'ai oublié qu'on était bien"
Marcus
De qui sont ces paroles ? D'un groupe qui fit danser nos soirées dans les années quatre-vingt, un de ces groupes lyonnais qui agitait la scène française dans les années Mitterrand, avec un leader qui crayonnait aussi des bandes dessinées comme celui de Starshooter.
Ce combo magique,c'était l'Affaire Louis'Trio. Et le disparu d'aujourd'hui s'appelait Hubert Mounier, alias Cleet Boris.
Il connut le succès avec une victoire de la musique et un Olympia, la rupture aussi avec le deuxième membre du groupe,son propre frère, et même la mort il y a huit ans du troisième de l'Affaire,François Lebleu, alias Bronco Junior. A l'énoncé de cette triste nouvelle m'est revenu le refrain de l'un de ses succès : "non, non, tout mais pas ça!"
François le Roc Français
Amis terriens! Amies terriennes ANH ANH
J'adorais ce mec mais "succès de larmes" c'est la perle que je préfère
oui c'est triste
Et celle ci " Loin"
j'aime bien les chanson triste en fait.
"Au fil des nuits où j'ai refait le monde
En m'éloignant du tien
J'ai oublié qu'on était bien"
Marcus
dimanche 1 mai 2016
Ulrich Drechsler Quartet with Tord Gustavsen: Humans & Places
Comment une musique aussi triste peut elle procurer autant de joie ?
L'album Humans & Places m'accompagne depuis quelques semaines et c'est un véritable plaisir de baigner dans cette atmosphère mélancolique et ouatée.
La mélancolie c'est le plaisir d'être triste disait Victor Hugo, alors en plus ce n'est pas la peine de culpabiliser.
C'est en suivant Tord Gustavsen que j'ai découvert cette album, où mon pianiste scandinave chouchou a rencontré Ulrich Drechsler un saxophoniste allemand qui ici excelle à la clarinette basse. C'était en 2006; depuis les deux compères ont menés bien des projets très différents.
Mais pour ce projet, qui m'avait échappé jusqu'alors: je sens comme un état de grâce.
La lenteur mélancolique de Tord Gustavsen est omniprésente, son influence est très forte sur cet album,
cependant Ulrich Drechsler est incontestablement le leader de ce projet,
ses compositions et ses arrangements sont d'une simplicité et d'une efficacité déconcertantes.
L'attaque de la note est un aspect remarquable de ce musicien, la note n'existait pas et puis elle est là , évidente, comme si elle elle l'avait toujours était.
Cette musique est un pansement de l'âme,
... un coup de mou, une période difficile a passer appuyer sur Play :
"wombat's love song" "two boys" "First Step" ... se seront vos amis fidèles.
JaZZmarc
L'album Humans & Places m'accompagne depuis quelques semaines et c'est un véritable plaisir de baigner dans cette atmosphère mélancolique et ouatée.
La mélancolie c'est le plaisir d'être triste disait Victor Hugo, alors en plus ce n'est pas la peine de culpabiliser.
C'est en suivant Tord Gustavsen que j'ai découvert cette album, où mon pianiste scandinave chouchou a rencontré Ulrich Drechsler un saxophoniste allemand qui ici excelle à la clarinette basse. C'était en 2006; depuis les deux compères ont menés bien des projets très différents.
Mais pour ce projet, qui m'avait échappé jusqu'alors: je sens comme un état de grâce.
La lenteur mélancolique de Tord Gustavsen est omniprésente, son influence est très forte sur cet album,
cependant Ulrich Drechsler est incontestablement le leader de ce projet,
ses compositions et ses arrangements sont d'une simplicité et d'une efficacité déconcertantes.
L'attaque de la note est un aspect remarquable de ce musicien, la note n'existait pas et puis elle est là , évidente, comme si elle elle l'avait toujours était.
Cette musique est un pansement de l'âme,
... un coup de mou, une période difficile a passer appuyer sur Play :
"wombat's love song" "two boys" "First Step" ... se seront vos amis fidèles.
JaZZmarc
dimanche 24 avril 2016
Nik Bärtsch's Mobile : Continuum
Voici la dernière folie de Nik Bartshs dans sa version Mobile : Continuum.
Dans la configuration "Mobile" le groupe est acoustique, exit la fameuse basse électrique de Thomy Jordi présent dans la version Ronin du groupe au profit du saxophoniste et clarinettiste Stephan Haslebacher.
Le groupe accueil pour ce projet un quintet à cordes qui brouille encore les pistes pour celui qui tenterait de classer ce type de musique.
Moi je pense toujours à un équilibre entre "primitive" et "ultra moderne";
Primitive pour les mélodie simplistes, minimalistes et Ultra moderne pour les sonorités et les rythmes distillés.
Cette musique est définitivement addictive, on l'écoute distraitement, on peut même se moquer du manque de virtuosité , et puis on la réécoute, mais j'arrête quand je veux!
et puis encore.... ça y est vous êtes accrocs.
Envoutante, hypnotique, ensorcelante... sans modération vous serez dépendants!
Marcus
dimanche 3 avril 2016
Factory Acts 4tape :un concert impromptu
Le samedi 2 avril au club St Georges
Le club St Georges est décidément un lieu où l'on ne s'ennuie jamais.
Probablement grâce à l'enthousiasme de Roger qui entretient un certain esprit convivial.
Grâce aussi à la programmation éclectique. Hier soir (2 avril), c'était un groupe de jeunes Stéphanois qui faisait le spectacle:Factory Acts 4tape avec Elodie Chapeland ( Saxophone) Hugo Velasco (Batterie) Thomas Bell (Piano)et David Mohamed ( Contrebasse).
Quand un concert commence par une reprise d'E.S.T., ça rassure. Mais quand les tout jeunes musiciens proposent leurs propres compositions, c'est encore mieux.
Chacun des membres du quartet joue ce rôle,certains (Elodie) plus souvent que les autres.Pour ma part, c'est une balade composée par Hugo qui m'a filé le frisson tant elle était belle:" Quiet Stream",je crois que c'est son titre. J'en ai versé une larme.Mais les tempos plus rapides conviennent aussi au groupe: en témoignent une reprise de Cherokee toute en pulsations et un dernier opus "proche d'Ibrahim Maalouf" (dixit David)particulièrement complexe dans sa rythmique.
Bravo à ces jeunes musiciens et rendez-vous bientôt au club pour de nouvelles aventures !
François Jazzbôf
Spunky Spraw par Jazz_Lempdes_Festival
Le club St Georges est décidément un lieu où l'on ne s'ennuie jamais.
Probablement grâce à l'enthousiasme de Roger qui entretient un certain esprit convivial.
Grâce aussi à la programmation éclectique. Hier soir (2 avril), c'était un groupe de jeunes Stéphanois qui faisait le spectacle:Factory Acts 4tape avec Elodie Chapeland ( Saxophone) Hugo Velasco (Batterie) Thomas Bell (Piano)et David Mohamed ( Contrebasse).
Quand un concert commence par une reprise d'E.S.T., ça rassure. Mais quand les tout jeunes musiciens proposent leurs propres compositions, c'est encore mieux.
Chacun des membres du quartet joue ce rôle,certains (Elodie) plus souvent que les autres.Pour ma part, c'est une balade composée par Hugo qui m'a filé le frisson tant elle était belle:" Quiet Stream",je crois que c'est son titre. J'en ai versé une larme.Mais les tempos plus rapides conviennent aussi au groupe: en témoignent une reprise de Cherokee toute en pulsations et un dernier opus "proche d'Ibrahim Maalouf" (dixit David)particulièrement complexe dans sa rythmique.
Bravo à ces jeunes musiciens et rendez-vous bientôt au club pour de nouvelles aventures !
François Jazzbôf
Spunky Spraw par Jazz_Lempdes_Festival
mardi 22 mars 2016
Saul Wiliams à A Vaux Jazz ou A Vaux Rap
Le mercredi 16 mars à A Vaux Rap
Peut être que je ne suis pas le bon candidat pour en parler, moi qui ne goutte guère le rap à quelques rares exceptions ;
cependant j'ai découvert Saul Williams à la sortie de son précédent album " Volcanic Sunlight" en 2011 et j'étais resté en arrêt à l'écoute d'une émission sur France Inter (Feu "le pont des artistes") devant l'énergie "brute" dégagée par cet artiste.
C'est un touche-à-tout insatiable, poète, acteur, compositeur, chanteur, percussionniste et j'en oublie sûrement. Il vient de New york, et séjourne de temps en temps à Paris.
Pourquoi Paris ? Pour la liberté de création, dit il, pour créer sans être enfermé dans un genre.
Effectivement on trouve dans sa musique du hip-hop, du rock, de la soul, du funk et il paraît même une pointe de jazz (je cherche encore).
Outre le côté avant-gardiste de sa musique patchwork, Saul William met toute son énergie et sa colère pour défendre les injustices qui perdurent qu'elles soient raciales ou sociales : du "protest song" du 21ème ce qui est somme toute fort louable ;
quand certains rappeurs du showbizz gesticulent en faisant dandiner des filles légèrement vêtues.
Première surprise en entrant dans la salle, la scène est vide ! Un simple micro au premier plan attend son maître, des images énigmatiques avec des textes qui le sont encore plus défilent en arrière-plan.
Bientôt un moine cagoulé au visage caché s'avance, une musique enregistrée commence à monter en puissance, le moine ânonne puis se découvre et balance sa charge.
C'est parti pour un "concert-spectacle" sans musicien, plus proche de la performance scénique que d'un concert traditionnel. Sans nul doute les spectateurs sont pris par l'énergie déployée et la somme d'informations émises, cependant au bout de quelques morceaux l'exercice de style est un peu répétitif.
Le son est très bon, très fort aussi.
Saul Williams est un vrai créateur bouillonnant adepte des nouvelles tendances de l'art contemporain, il y a du fond : sa poésie, ses messages mais aussi du décorum un peu vain destiné à l'emballage postmoderne.
Il y a dans sa prestation un vrai courage physique, il descend au sein du public et chante un moment parmi nous.
Bon on se le dit : Nous sommes aux antipodes du jazz !
D'ailleurs le paradoxe de la soirée c'est que l'artiste n'a pas en face de lui son public habituel, déjà clairsemé il est composé en parti d'habitués et d'abonnés de A Vaulx Jazz qui encaissent le coup et restent un peu à distance.
Je suis parmi ceux là et donc c'est vrai je ne suis pas le meilleur candidat pour en parler, pourtant je suis resté jusqu'à la fin et je suis très satisfait de constater que des artistes brouillent les pistes et inventent de nouveaux chemins musicaux à destination du cœur et ce même en dehors du jazz.
Le dernier album de Saul Williams "Martyr loser King" vient de sortir il constituait majoritairement le répertoire du soir.
JaZZmarc
Sur jazz-rhone-alpes.com ce billet et les autres chroniques de la semaine
Peut être que je ne suis pas le bon candidat pour en parler, moi qui ne goutte guère le rap à quelques rares exceptions ;
cependant j'ai découvert Saul Williams à la sortie de son précédent album " Volcanic Sunlight" en 2011 et j'étais resté en arrêt à l'écoute d'une émission sur France Inter (Feu "le pont des artistes") devant l'énergie "brute" dégagée par cet artiste.
C'est un touche-à-tout insatiable, poète, acteur, compositeur, chanteur, percussionniste et j'en oublie sûrement. Il vient de New york, et séjourne de temps en temps à Paris.
Pourquoi Paris ? Pour la liberté de création, dit il, pour créer sans être enfermé dans un genre.
Effectivement on trouve dans sa musique du hip-hop, du rock, de la soul, du funk et il paraît même une pointe de jazz (je cherche encore).
Outre le côté avant-gardiste de sa musique patchwork, Saul William met toute son énergie et sa colère pour défendre les injustices qui perdurent qu'elles soient raciales ou sociales : du "protest song" du 21ème ce qui est somme toute fort louable ;
quand certains rappeurs du showbizz gesticulent en faisant dandiner des filles légèrement vêtues.
Première surprise en entrant dans la salle, la scène est vide ! Un simple micro au premier plan attend son maître, des images énigmatiques avec des textes qui le sont encore plus défilent en arrière-plan.
Bientôt un moine cagoulé au visage caché s'avance, une musique enregistrée commence à monter en puissance, le moine ânonne puis se découvre et balance sa charge.
C'est parti pour un "concert-spectacle" sans musicien, plus proche de la performance scénique que d'un concert traditionnel. Sans nul doute les spectateurs sont pris par l'énergie déployée et la somme d'informations émises, cependant au bout de quelques morceaux l'exercice de style est un peu répétitif.
Le son est très bon, très fort aussi.
Saul Williams est un vrai créateur bouillonnant adepte des nouvelles tendances de l'art contemporain, il y a du fond : sa poésie, ses messages mais aussi du décorum un peu vain destiné à l'emballage postmoderne.
Il y a dans sa prestation un vrai courage physique, il descend au sein du public et chante un moment parmi nous.
Bon on se le dit : Nous sommes aux antipodes du jazz !
D'ailleurs le paradoxe de la soirée c'est que l'artiste n'a pas en face de lui son public habituel, déjà clairsemé il est composé en parti d'habitués et d'abonnés de A Vaulx Jazz qui encaissent le coup et restent un peu à distance.
Je suis parmi ceux là et donc c'est vrai je ne suis pas le meilleur candidat pour en parler, pourtant je suis resté jusqu'à la fin et je suis très satisfait de constater que des artistes brouillent les pistes et inventent de nouveaux chemins musicaux à destination du cœur et ce même en dehors du jazz.
Le dernier album de Saul Williams "Martyr loser King" vient de sortir il constituait majoritairement le répertoire du soir.
JaZZmarc
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mardi 15 mars 2016
Aka Moon "The Scarlatti book" A Vaux Jazz
Le jeudi 10 à A Vaulx Jazz
Le festival A Vaux Jazz propose pour cette édition 2016 une soirée consacrée aux "musique nomades",
en voilà un thème énigmatique pour le jazz, tant cette musique est nomade par nature.
En découvrant Aka Moon, le groupe qui ouvre le bal en cette soirée, on comprend alors combien ce thème leur sied parfaitement.
Aka Moon est un trio de musiciens venus de Belgique qui tournent depuis le début des années 90, ils ont déjà à leur actif une vingtaine d'albums et malgré cette antériorité votre modeste chroniqueur avoue qu'il les a découvert que par une belle soirée du mois de mars 2016 au festival A Vaulx Jazz. Il faut bien une première fois, mais désormais je vais les suivre de près.
Sur des fondamentaux de Jazz Fusion qui fleurent bon les années 70/80 de Weather Report ou de Return de Forever, le trio Aka Moon s'est réinventé à chacun de leur projet successif.
Le nomadisme géographique les a menés en Inde, en Afrique de l'ouest ou dans les Balkans, ils ont en tiré des albums où ils on su rester eux même et ont certainement consolidé cette cohésion qui semble indéfectible.
C'est plutôt du nomadisme temporel qu'ils ont puisé leur dernier projet, en effet toutes les compositions de leur dernier album "The Scarlatti Book" sont des variations de sonates d'un musicien Napolitain du 18 ème siècle : Domenico Scarlatti.
Ce compositeur prolixe, il a composé 550 sonates, était contemporain de Bach et de Haendel mais déjà il était jugé fantaisiste, il multipliait les dissonances, les modulations, les ruptures rythmiques et les contrastes mélodiques en voilà un magnifique terreau pour ces jazzmen nomades d'Aka Moon.
Ce qu'ils démontrent sur scène c'est une vrai intention artistique, pas de postures ni de lutte d'égo ( ça c'était pour la deuxième partie de soirée), mais plutôt une démarche ambitieuse et exigeante.
Nous avons vu ce soir des musiciens simples, virtuoses et entièrement tournés vers le projet commun.
Michel Hatzigeorgiou le bassiste m'a fait penser à Chris Squire le regretté bassiste du groupe Yes certainement parce qu'il lui ressemble un peu mais aussi parce que leur style est proche. Michel Hatzigeorgiou revendique, cependant, davantage d'influences du côté de Jaco Pastorius avec qui il a même joué: Il y a filiations moins flatteuses !
Avec Stéphane Galland à la baterie on pense à Lenny White ou David Weckl, les grands noms du jazz Rock: rien que ça. Il est de tous les échanges, follement créatif.
C'est Fabrizio Cassol le saxophoniste qui compose c'est peut être l'âme du groupe mais même lui ne fait qu'un avec le groupe tant il est fusionnel.
Tel le quatrième mousquetaire, le pianiste Fabian Fiorini complète le trio, il a participé déjà à de nombreux projets au sein d'Aka Moon aussi l'adhésion reste forte. Pour ce projet le piano fait le lien avec les instruments de l'époque, il donne tantôt les thèmes des sonates avec une grandes légèreté et élégance et tantôt il s'affirme avec force, dialoguant d'égale à égale avec la batterie, voir même en se transformant en maestro devenu fou de rage face à son instrument.
Ce qu'il a de plus excitant lors d'un concert de jazz c'est de se laisser emporter sans savoir où l'artiste aura envie d'aller. Ce soir le voyage a été foisonnant et m'a semblé encore très différent de ce que propose l'album studio.
Le champ des possibles du jazz nomade est considérable et la scène les multiplie encore à l'infini, nous voilà rassurés!
JaZZmarc
Sur jazz-rhone-alpes.com ce billet les autres chroniques de la semaine
Saxophone alto : Fabrizio Cassol / Basse : Michel Hatzigeorgiou / Batterie : Stéphane Galland / Piano : Fabian Fiorini
Le festival A Vaux Jazz propose pour cette édition 2016 une soirée consacrée aux "musique nomades",
en voilà un thème énigmatique pour le jazz, tant cette musique est nomade par nature.
En découvrant Aka Moon, le groupe qui ouvre le bal en cette soirée, on comprend alors combien ce thème leur sied parfaitement.
Aka Moon est un trio de musiciens venus de Belgique qui tournent depuis le début des années 90, ils ont déjà à leur actif une vingtaine d'albums et malgré cette antériorité votre modeste chroniqueur avoue qu'il les a découvert que par une belle soirée du mois de mars 2016 au festival A Vaulx Jazz. Il faut bien une première fois, mais désormais je vais les suivre de près.
Sur des fondamentaux de Jazz Fusion qui fleurent bon les années 70/80 de Weather Report ou de Return de Forever, le trio Aka Moon s'est réinventé à chacun de leur projet successif.
Le nomadisme géographique les a menés en Inde, en Afrique de l'ouest ou dans les Balkans, ils ont en tiré des albums où ils on su rester eux même et ont certainement consolidé cette cohésion qui semble indéfectible.
C'est plutôt du nomadisme temporel qu'ils ont puisé leur dernier projet, en effet toutes les compositions de leur dernier album "The Scarlatti Book" sont des variations de sonates d'un musicien Napolitain du 18 ème siècle : Domenico Scarlatti.
Ce compositeur prolixe, il a composé 550 sonates, était contemporain de Bach et de Haendel mais déjà il était jugé fantaisiste, il multipliait les dissonances, les modulations, les ruptures rythmiques et les contrastes mélodiques en voilà un magnifique terreau pour ces jazzmen nomades d'Aka Moon.
Ce qu'ils démontrent sur scène c'est une vrai intention artistique, pas de postures ni de lutte d'égo ( ça c'était pour la deuxième partie de soirée), mais plutôt une démarche ambitieuse et exigeante.
Nous avons vu ce soir des musiciens simples, virtuoses et entièrement tournés vers le projet commun.
Michel Hatzigeorgiou le bassiste m'a fait penser à Chris Squire le regretté bassiste du groupe Yes certainement parce qu'il lui ressemble un peu mais aussi parce que leur style est proche. Michel Hatzigeorgiou revendique, cependant, davantage d'influences du côté de Jaco Pastorius avec qui il a même joué: Il y a filiations moins flatteuses !
Avec Stéphane Galland à la baterie on pense à Lenny White ou David Weckl, les grands noms du jazz Rock: rien que ça. Il est de tous les échanges, follement créatif.
C'est Fabrizio Cassol le saxophoniste qui compose c'est peut être l'âme du groupe mais même lui ne fait qu'un avec le groupe tant il est fusionnel.
Tel le quatrième mousquetaire, le pianiste Fabian Fiorini complète le trio, il a participé déjà à de nombreux projets au sein d'Aka Moon aussi l'adhésion reste forte. Pour ce projet le piano fait le lien avec les instruments de l'époque, il donne tantôt les thèmes des sonates avec une grandes légèreté et élégance et tantôt il s'affirme avec force, dialoguant d'égale à égale avec la batterie, voir même en se transformant en maestro devenu fou de rage face à son instrument.
Ce qu'il a de plus excitant lors d'un concert de jazz c'est de se laisser emporter sans savoir où l'artiste aura envie d'aller. Ce soir le voyage a été foisonnant et m'a semblé encore très différent de ce que propose l'album studio.
Le champ des possibles du jazz nomade est considérable et la scène les multiplie encore à l'infini, nous voilà rassurés!
JaZZmarc
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Saxophone alto : Fabrizio Cassol / Basse : Michel Hatzigeorgiou / Batterie : Stéphane Galland / Piano : Fabian Fiorini
dimanche 13 mars 2016
Tres Latin Jazz au club Saint George
Samedi 12 mars au club Saint George
Le St George affiche complet pour les deux concerts que donne le trio argentin "Tres Latin Jazz" en ce samedi 12 mars 2016.
Comme le fera remarquer Roger, le pétulant manager du lieu, le public a bien fait de venir car les musiciens sont bons sur le plan musical et sur le plan humain.
Sebastian Jakimczuk, dreadlocks en étendard, maitrise à fond le clavier du piano droit. Daniel Corrado, la mine juvénile, est un remarquable batteur.
Et Federico Hilal manie la basse six cordes avec assurance et se lance dans des explications en français ou en anglais avec un accent sud-américain exquis.Mon ami Olivier lui suggère de parler espagnol: Federico n'hésite qu'un instant avant de faire chanter sa langue maternelle.
Sobrement vétus de noir,partition à l'appui, nos trois musiciens interprêtent soit leurs compositions,soit des adaptation d'Astor Piazzola.
Ils affectionnent les changements de tempo, les ruptures,les silences à peine troublés d'une note résiliente au piano ou d'une vibration de cymbale.
Leur musique est un mélange savamment équilibré de jazz et de rythmes latinos,parfois mélodieux comme de l'E.S.T,parfois syncopé comme du Bad Plus, mais toujours avec ces consonances chaudes de l'Amérique latine.
La synchronisation des trois baladins est parfaite et le temps passe trop vite. Nous ne réussirons à arracher qu'un rappel, court mais intense. C'était leur 2e passage à Lyon.
Ne les ratez pas l'an prochain.
Jazzbôf from XR
Une autre chronique du concert sur Jazz Rhône Alpes.com
Le St George affiche complet pour les deux concerts que donne le trio argentin "Tres Latin Jazz" en ce samedi 12 mars 2016.
Comme le fera remarquer Roger, le pétulant manager du lieu, le public a bien fait de venir car les musiciens sont bons sur le plan musical et sur le plan humain.
Sebastian Jakimczuk, dreadlocks en étendard, maitrise à fond le clavier du piano droit. Daniel Corrado, la mine juvénile, est un remarquable batteur.
Et Federico Hilal manie la basse six cordes avec assurance et se lance dans des explications en français ou en anglais avec un accent sud-américain exquis.Mon ami Olivier lui suggère de parler espagnol: Federico n'hésite qu'un instant avant de faire chanter sa langue maternelle.
Sobrement vétus de noir,partition à l'appui, nos trois musiciens interprêtent soit leurs compositions,soit des adaptation d'Astor Piazzola.
Ils affectionnent les changements de tempo, les ruptures,les silences à peine troublés d'une note résiliente au piano ou d'une vibration de cymbale.
Leur musique est un mélange savamment équilibré de jazz et de rythmes latinos,parfois mélodieux comme de l'E.S.T,parfois syncopé comme du Bad Plus, mais toujours avec ces consonances chaudes de l'Amérique latine.
La synchronisation des trois baladins est parfaite et le temps passe trop vite. Nous ne réussirons à arracher qu'un rappel, court mais intense. C'était leur 2e passage à Lyon.
Ne les ratez pas l'an prochain.
Jazzbôf from XR
Une autre chronique du concert sur Jazz Rhône Alpes.com
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