mardi 29 avril 2014

Le western n'est pas mort ! " My Sweet Pepperland"

Quel est le film où l'on peut à la fois écouter du hang, instrument suisse de la famille des idiophones ( Instrument fétiche du Portico Quartet ), et une chanson d'Elvis Presley, sans oublier diverses musiques orientales et même un blues de la plus belle facture?

Et bien, c'est un OVNI, un film "Canada Dry" (ça ressemble à... mais c'en est pas), un "eastern" (néologisme pour désigner un western qui se déroulerait à l'Est).

Vous aimez les histoires qui commencent dans une bourgade poussiéreuse au milieu des montagnes, les hommes armés portant des chapeaux à larges bords, les faciès mal rasés et les moustaches tombantes, les bars improbables peuplés uniquement d'hommes où la beauté d'une belle jeune femme semble incongrue,les réglements de compte à coups de flingue,ceux qui en ont et celles qui leur en remontrent. 

Alors,ruez vous sur " My Sweet Pepperland", le film d'Hiner Saleem : ça se passe en pays Kurde, côté irakien mais tout près de la frontière turque, de nos jours. Korkmaz Arslan joue le rôle du "shérif" ( un nouveau commandant de police chargé de faire régner l'ordre dans ce trou perdu) et la belle Golshifteh Farahani y est l'institutrice venue lutter contre l'obscurantisme dans une société patriarcale qui la rejette.

 C'est excellemment bien joué et, en plus, exprimant un message malheureusement toujours actuel : trop de sociétés traditionnelles placent l'honneur dans la virginité et la soumission des jeunes femmes, tout en tolérant sans sourciller tous les trafics imaginables, la collaboration avec des régimes corrompus et la violence gratuite.

A cet égard, le film d'Hiner Saalem traduit bien le malaise de la jeunesse proche-orientale qui étouffe dans un carcan moral dont elle voudrait sortir ( ce qu'a fait, dans la vraie vie, la courageuse Golshifteh ).

                                            François Jazzéfilmbôf

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