samedi 16 novembre 2019

Pierre de Bethmann au Hot

 Le Jeudi 14 Novembre au Hot Club de LYon

 Nous étions une trentaine tant les conditions météo étaient mauvaises ce soir-là. En effet il neigeait depuis la fin de l'après-midi et le nombre des amateurs de jazz du jeudi soir avait fondu.

 Mais Pierre de Bethmann était  fidèle au poste, accompagné de Sylvain Romano à la contrebasse et de Tony Rabeson à la batterie.

Deux sets, une set liste éclectique allant de Thelonious Monk à John Scofield, de Sam Rivers à Schumann (rime avec De Bethmann).
Une improvisation brillante, un swing incontestable,une batterie qui claque, un clavier pris de folie, une contrebasse profonde.
 Bref ! de quoi oublier l'hiver et les éléments (pluie, neige et vent).Et toujours cette simplicité qui fait honneur au maître, cette image de musiciens qui se font plaisir et qui nous font plaisir, qui se sentent honorés de jouer dans un lieu historique du jazz,le Hot Club de Lyon.

 Nous sommes partis avant la jam cession, sur un morceau lent et mélodieux, sur un solo de piano qui ravissait nos oreilles pour garder de cette soirée un souvenir inoubliable.

Mais avec cette question: comment un petit club associatif et non parisien parvient-il à retomber financièrement sur ses pattes quand une telle affiche ne mobilise pas plus d'auditeurs ? Quel dommage !

                                        François Jazzbôf

lundi 11 novembre 2019

Kneebody au Crescent à Macon

Le 8 novembre au Crescent a Macon.

Ce qui me m'a mis en mouvement ce soir là en allant jusqu'à Macon et sa belle salle du Crescent c'est l'annonce du groupe Kneebody qui m'avait bien titiller tout l'été.
Découvert au hasard d'une déambulation sur Deezer le son du groupe m'avait fait tendre l'oreille : un Jazz Rock contemporain bien mâtiné d'électro dans la veine d'un Donny Mccaslin ou des anglais de Get the Blessing.
A y regarder de plus près ce groupe US né en 2001 est constitué de quelques personnalités bien connues, dont Ben Wendel au saxophone et Nate Wood à la batterie qui accompagnent notamment Tigran Hamasyan. Je garde un souvenir ému d'un bœuf avec Nate Wood et le groupe de Guillaume Perret au Jazz Mix à Vienne il y a quelques années: Somptueux.
Cet été j'écoutais "By Fire" un album récemment disponible de Kneebody où on trouve quelques belles reprises avec des chanteurs invités de très bon niveau et déjà en octobre un nouvel opus du groupe est sorti " Chapters". Un nouveau chapitre donc dégageant tout autant d'énergie avec quelques invités de prestige comme la diva Gretchen Parlato : excusez du peu !

Alors c'est chaud comme la braise que j'abordais cette soirée, et je n'ai pas été déçu du tout.
L'équipe du Crescend est toujours aussi accueillante et enthousiaste, partage et convivialité toujours en maitre-mots de leur engagement.
Les champions du soir sont de très grands professionnels, ils produisent une musique puissante pleine d'énergie mais toujours parfaitement maîtrisée. Les deux soufflants, Ben Wendel et Shane Endsley à la trompette font preuve d'une cohésion qui tient du surnaturel. Nate Wood est bluffant il est à la batterie mais aussi à la basse, "aussi" dans son cas ça veut dire en même temps. Il est gourmand mais à la batterie il est diabolique sous ses airs de ne rien y toucher.
Tous sont encadrés de pédales pour les effets en tous genre mais c'est Adam Benjamin aux claviers qui est le maestro de l'electro.

Ces 4 là nous ont ravis, et rien que pour quelques instants de nirvana quant Nate Wood déroule une séquence entêtante et que le chorus de Ben Wendel n'en fini pas de vagabonder; rien pour ça je ferais volontiers encore quelques kilomètres ( écoutez "the trip" pour vous donner une idée)

Ils n'avaient qu'une seule date en province pour cette tournée et c'était à Macon; bravo à la programmation  du Crescent.


JazzMarc
   



Ben Wendel - sax ténor, effets / Shane Endsley - trompette, effets/Adam Benjamin - rhodes, synthétiseurs/Nate Wood - batterie, basse, voix

mercredi 23 octobre 2019

Luigi Grasso Quartet au Hot

 Le mercredi 16 octobre au Hot Club.

Le flair ! Je n'ai pas regretté d'en avoir eu mercredi soir en assistant à la prestation d'un saxophoniste alto remarquable, l'Italien Luigi Grasso. Il était accompagné ce soir-là d'Olivier Truchot au piano, de Marc Michel à la batterie et de Christophe Lincontang à la contrebasse, qui lui donnaient excellemment la réplique.

   Le répertoire est classique mais de haute tenue: Johnny Hodges (le sax alto de Duke Ellington à partir de 1928, Jackie Mac Lean (le prolifique) et son maître, Charlie Parker.La soirée est patronnée par la célèbre marque d'instruments à vent Buffet Crampon, ce qui fait que l'entrée est gratuite. Ce fait, conjugué avec la virtuosité de l'Italien, a attiré nombre de musiciens , jeunes ou un peu moins (Stéphane Vincenza est dans la salle), impatients de se mesurer avec lui.

   Mais auparavant, Luigi, très classieux avec sa veste bleu marine,sa barbichette et ses cheveux bouclés, assure un set d'une heure et quart où il reprend sans aucune partition des standards endiablés.L'ambiance est comparable à celle des jam sessions de Kansas City, ce qui nous vaut un cutting contest piano/sax mémorable.Les musiciens prennent autant leur pied sur la scène que dans la salle.C'est chaud bouillant, la salle étant à son comble .

   Quand le set s'achève à 22 heures,le bar se remplit. On entend parler toutes les langues autour de la tireuse de bière. Les instruments sortent de leur sac.Ce soir, la jam session promet d'être animée. Luigi nous dédicace son CD "The Greenwich Session - Invitation au voyage", fait de compositions personnelles et enregistré à Paris en mars 2017 (à l'écoute, on songe à Charlie Mingus).Puis il retourne en salle assouvir son besoin de partager cette musique qui nous fait vibrer, LE JAZZ !

                                         François Jazzbôf


samedi 7 septembre 2019

Jazz dans les vignes 2019

 10 aout 2019: il fait bon dans la cour Domaine Rabasse Charavin à Cairanne dominé par son arbre centenaire.

Le soleil se couche sur les dentelles de Montmirail et la plaine viticole prend ses teintes chaudes et apaisantes.

C'est un des lieux magiques du festival "jazz dans les vignes" où ce soir va se produire un jeune prodige , mi pianiste,mi crooner, Pablo Campos.
 
Il est accompagné du Viking  Viktor Nyberg à la Contrebasse,du pétulant Philip Maniez à la Batterie et du ciseleur Hugo LIPPI à la guitare.
Il y aura même un invité surprise, un saxophoniste dont malheureusement j'ai oublié le nom.

Le répertoire est très classique (ex: Billie Holiday, Nat King Cole), mais Pablo y excelle. Il nous gratifiera entre autres de trois extraits de West Side Story qu'il est en train de revisiter avec l'Amazing Keystone Big Band ("bon sang ne saurait mentir").
Le jeune homme est jovial et modeste (il n'hésite pas à s'effacer pour mettre en valeur les performances de ses musiciens ).
Le son est excellent et le moment délicieux.
Tradition du festival, après le rappel, chaque spectateur se voit offrir un verre de la production du domaine, avec un petit toast préparé par les bénévoles.
Bref ! Une belle découverte.

                                                                              François Jazzbôf

mercredi 7 août 2019

Brèves 5 de jAzzLBERTVILLE : Antiloops

Le Vendredi 26 juillet Albertville Jazz Festival

18h30 Alors là, deuxième gros gros coup de cœur 💓 Ludivine Issambourg et son groupe Antiloops ! Nicolas Folmer en personne vient nous la présenter, il y tenait nous dit-il tant cette flûtiste déborde d’énergie. Elle prépare un album pour la rentrée réalisé par Éric Legnini, pour l’heure elle vient nous interpréter des titres de ses deux albums précédents. Aristote disait que la main était le prolongement de la raison, Ludivine n’est pas venue elle pour faire de la philo, la flûte traversière est le prolongement de sa main, de son corps, de son âme.







Handicapée par un pied blessé, la voici vissée sur un tabouret ce qui ne l’empêche pas de s’envoler. On l’imagine sur ses deux pieds valides....

Nicolas Durand : claviers, Thimotée Robert : Basse, Julien Sérié : batterie, sont là pour le tenir au sol et y réussissent à merveille. Nous sommes quant à nous partis bien haut avec ce Jazz electro aux limites de la transe. Une grande flûtiste extraterrestre est parmi nous, on en reparlera. Nous avons discuté un moment avec elle après le concert, elle confirme le nouvel album à la rentrée avec Éric Legnini et Stéphane Huchard... no comment.
Demain nous irons écouter Thomas Dutronc au Dôme Théâtre mais je ne suis pas sûr que cela m’inspire un billet, j’ai besoin d’oxygène. Merci Albertville, Agathe et Ludivine vont m’accompagner en vacances, sur les sommets du Beaufortin.

JC JazzBôf from Albertville



Brèves 4 de jAzzLBERTVILLE : Leila Olivesi

 Le Vendredi 26 juillet Albertville Jazz Festival

Terrasse de la Tour Sarrazine, on domine Albertville, la lumière est belle, on y mange des glaces bio, on y boit des bières fraîches.

17 heures Leila Olivesi (piano), elle nous présente son album Utopia qui rend hommage à Cyrano de Bergerac (Leila est aussi prof de philo), le Monde de Cyrano en intro puis un standard du Duke « Poupée de satin » puis nous aurons droit à une première de son prochain album prévue en septembre, la Suite Andamane.

 Un faux dernier morceau-thriller: « Black Widow » puis un vrai dernier que « nous garderons serré au creux de notre main droite et ne nous alanguirons pas »





Au chant la très jolie voix de Chloé Cailleton , Alex Terrier au sax, Yoni Zelnik à la contrebasse et Donald Kontamanou à la batterie bien sûr , je suis allé lui serrer la main à l’issue du concert pour lui dire que je l’avais vu tout petit à Marciac au club l’Atelier, un grand souvenir pour moi (pour moi seulement apparemment...) tant pis. Je vais manger une glace.

JC JazzBof





Brèves 3 de jAzzLBERTVILLE : Molly Johnson

 Le jeudi 25 juillet Albertville Jazz Festival

22h30 On change de registre avec Molly Johnson, le public lui est acquis d’avance et c’est normal après tout.

La diva de Toronto vient nous présenter son nouvel album « Meaning to tell ya » fait de compos et reprises soûls (John Coltrane, Marvin Gaye...)

Elle est accompagnée pour l’occasion d’un trio gagnant qui à lui seul valait le déplacement. Antoine Hervé au piano ( c’est tellement facile le piano avec lui) et ... les frères Moutin ! On les avait perdu en route à Marciac il y a 4 ans lors d’un concert de triste mémoire, mais alléluia , ils sont de retour, comme avant, mouillant la chemise.

Molly, « you are like a Melody that follows me » votre voix est belle et vos facéties malicieuses, vous êtes une femme engagée et vous nous avez dédicacé une chanson Protest Song, il paraît qu’on est bon dans ce domaine, nous Français.

Mais... je me suis un peu ennuyé, je pense encore à Agathe...
Rappel : Summertime, et oui c’est l’été, la nuit dehors est toujours aussi brûlante.

JC JazzBof



Brèves 2 de jAzzLBERTVILLE : Agathe da Rama


Le 25 juillet à Albertville Jazz Festilae :
Dôme Théâtre, la salle est très belle, construite en 92 pour les JO, l’acoustique est excellente et la chaleur étouffante...les éventails de fortune papillonnent de partout.

20h30 Premier gros coup de cœur  : 💓Agathe da Rama, la Toulousaine, entre en scène, short rouge et harpe celtique. A ses côtés Joris Ragel, slide guitariste aux pieds nus, se contorsionne entre pédales à effets et bottleneck. La rythmique est assurée par Dimitri à la batterie ( une seule répétition avec le groupe) et Guillaume Gendre à la contrebasse. Leur inspiration ils sont allés la chercher aux US dans un road trip qui n’en fût pas un puisqu’ils restèrent scotchés à la New Orleans .... ils en rapportèrent un blues /rock original qui ce soir nous a donné un vrai coup de frais et il fallait le faire en ces temps de canicule. La voix d’Agathe est chaude et semble avoir beaucoup de choses à dire sur son adolescence envolée (thème de leur album 7 Times), des choses graves comme le mensonge « You Know ») ou la menstruation, un vrai sujet pour elle (applaudissements) et des choses plus décalées comme « Flying blue pig » si j’ai bien compris, ça me rappelle les Pink Floyd. Le concert se termine avec « The Visitors » et « Animals have right »
Bravo à la programmation pour avoir osé ! J’attends avec impatience le nouvel album qui sera à coup sûr celui de la maturité.

Entre-acte : On ventile, on s’hydrate, la buvette va faire le vide.... pour 2 personnes : plateau fromage (énorme) de Savoie et verre de vin pour 8 €, qui fait mieux ?

JC JazzBof



Brèves 1 de jAzzLBERTVILLE : Skokiaan Brass Band

Albertville Jazz Festival du 23 au 27 Juillet 

Pour sa 5ème édition l’Albertville Jazz Festival s’était retranché au Dôme théâtre en raison du passage du Tour de France. Le festival off (particulièrement remarquable) avait quant à lui investi la Cité Médiévale et sa belle terrasse de la Tour Sarrasine.  Mais également le fort de Tamié et la Station des Saisies. Quelles belles idées ! Ce festival (réseau Spedidam) crée en 2014 par Nicolas Folmer (l’enfant du pays) prend vraiment de plus en plus d’altitude.
















23 Juillet Les Saisies : Le Skokiaan Brass Band en acoustique sur la place de la station, au soleil déclinant, nous lance sur orbite (comme mon François JazzBof) Après une petite randonnée au dessus du lac de Roselend, rien de tel pour se délasser les mollets que la musique de Nola.

François Rigaldies (sax et porte-voix) nous raconte le séjour du groupe à la Nouvelle Orléans. Ils y ont travaillé plus le mental que la technique, afin de libérer en eux l’énergie et la générosité qu’impose cette musique.
Nous avons swingué et dansé (trop peu à leur goût) au rythme du sousaphone (Christophe Garaboux), au son clair des trompettes (dont celle de Christophe Metra) et malicieux du trombone (Pierre Baldier-Mouliner), grosse caisse et caisse claire et sax baryton (Fred Gardette),

bref nous avons respiré la joie communicative de toute cette belle bande.

Bigre! Que c’était bon.


JC JazzBof




jeudi 11 juillet 2019

Snarky Puppy à Jazz à Vienne

Le jeudi 4 juillet au théâtre antique de Vienne.
Ils étaient venus pour leur première fois à Vienne en 2013,
pour ma part ça faisait très longtemps que j'avais envie de les écouter sur scène.


Cette année le collectif  Snarky Puppy made in US emmené par le bassiste Michael League tel un Géo Groovetout  vient nous présenter leur 14ème  album "Immigrance".
14 ème quand même, aussi la notion de "new génération" label de la soirée ?.... est toute relative. 

C'est une vrai machine de guerre! une puissance de feu phénoménale !
jugez en plutôt:  sur scène 2 percussionnistes, 3 claviers ( par moment), 1 basse, 1 guitare électrique et 3 soufflants.   
Une équipe de 9 experts répondant à une discipline d'enfer alors même que leur ADN c'est la musique improvisée.
C'est une musique métissée très jazz fusion à la puissance Rock qui reste cependant difficile à classer tant les influences différentes sont prégnantes.
Le groupe est à géométrie variable; les musiciens sont d'origine très différentes les uns des autres d'où cette musique toujours en  mouvement en "immigration permanente",  l’Afrique et les tropiques étant toujours très présents.
 
Ça groove précis, ça funk propre sur un son de basse profonde.
Les titres du dernier album sont à l'honneur,  "Chonks" qui ouvre l'album  se révèle un grand moment du concert. ( Un gros gros kiff) L'album est de bout en bout d'un excellent cru. Qu'on se le dise!

Ce sera, je pense, un des sommets de cette 39 ème édition de Jazz à Vienne.

Le collectif est en tournée pendant 7 mois ils seront notamment à Juan les Pins le 17 juillet: Avis!  

JazzMarc

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et on se le remet celui là



Kokoroko à Jazz à Vienne

Le jeudi 4 juillet Théâtre antique de Jazz à Vienne.

Un p'tit 31° sur les gradins, après l'épisode de canicule c'est presque frais ?!

la soirée est annoncée calienté d'ailleurs, une musique bonne pour les oreilles et pour faire bouger son  corps  nous dit on, alors ça devrait chalouper avec un plateau estampillé " New génération".

Venu de Londres le groupe Kokoroko  ouvre le bal.

A l'entame du concert une petite demoiselle saxophone en main entame un solo décoiffant  sur un rythme reggae-jazz entêtant. C'est Cassie Kinoshi qui donne le ton, merci madame!
Le leader du groupe en la présence de Sheila Maurice-Grey  à la trompette la rejoint bientôt, et quand la troisième acolyte au trombone s'en mêle ça nous donne quelques échanges de haute volée.
C'est un groupe tout à fait atypique, très coloré et féminisé nul besoin de discrimination positive en somme.
Ils sont 8 sur scène, ça percute pas mal et ça balance un max mon frère.
Ils sont effectivement de la nouvelle génération, ils ont sorti un premier Album : "Kokoroko" par Kokoroko; (il faut bien commencer par un bout ); mais ont déjà fait sensation avec un titre comme "Abusey Jonction" : ça chaloupe, ça chaloupe; un solo de guitare puis de trompette et à la fin un chœur de femme entonne une mélodie légère qu'on reprendrait bien avec elles. Yes!     
  
 Un son de trompette halluciné s'envole dans l’amphithéâtre au soleil couchant :onépamal!
Une belle découverte en somme invité à Vienne.
Bienvenue en France à Kokoroko et puis Cocorico quoi!! ( désolé c'était trop tentant)

JazzMarc
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Trumpet - Sheila Maurice-Grey (Bandleader) / Saxophone - Cassie Kinoshi /Trombone - Richie SeivWright/ Bass - Mutale Chashi / Guitar - Oscar Jerome/ Keyboards - Yohan Kebede/ Percussion - Onome Ighamre/ Drums - Ayo Salawu



 

mercredi 10 juillet 2019

Le jazz dans la peau: Milt Buckner et Jo Jones

 C'est resté gravé dans ma mémoire : un concert fabuleux qu'avait vu mon père au début des années 70, salle Rameau je crois.
Je peux me tromper sur le lieu, mais pas sur les musiciens: Milt Buckner, le brillant organiste , et Jo Jones, le prince des batteurs.

Il me l'avait si bien raconté,le paternel, que je m'y voyais. Milt Buckner, rondouillard mais agile, improvisant sur les claviers de son orgue Hammond, et Jo Jones droit comme un i, hiératique (l'anti-batteur des Muppets show !) mais dégageant un son d'enfer avec sa caisse claire et ses cymbales.

Deux musiciens qui avaient accompagné les plus grands ( Lionel Hampton pour Milt, Count Basie et Duke Ellington pour Jo ).
Et mon père était encore vibrant du swing de ce concert magique. Faut dire qu'il était un aficionado des organistes de jazz, comme Lou Bennett et surtout Jimmy Smith.


C'est à cette mamelle que j'avais été nourri toute mon enfance, et à Ray Charles aussi. Alors là, retrouver réédité sous la forme de 4 CD tous les enregistrements de "Buck and Jo" (titre du coffret), c'était trop ! J'ai craqué et je me régale à écouter "I found a new chapeau" (quel solo de batterie !) ou "Flying home" ( quelle virtuosité à l'orgue !), ou ,plus discret, "Jo's brushes".
Le pied je vous dis !


Et je repense à mon père ...

                                            François Jazzbôf

samedi 6 juillet 2019

Chilly Gonzales PianoVision: Jazz à Vienne 2019

Le samedi 29 juin au Théâtre antique de Jazz à Vienne

Les températures caniculaires n'ont pas découragées les festivaliers qui sont venus en nombre sur les pierres bien chaudes du théâtre antique face à un soleil devenu un adversaire à ce stade : Où est l'ombre s'il vous plait ?

Ils sont venus surtout découvrir les 3 plateaux du soir "spécial piano" et en ouverture un maestro : Chilly Gonzales

Ce soir il présente un nouveau projet innovant, puisqu'un écran en arrière plan montre la vision d'en haut du clavier et donc du cheminement de ses doigts sur le clavier.
L'effet est très réussi pour ceux qui ne se trouvent pas trop loin de la scène je ne sais pas quel a été le résultat pour les spectateurs tout en haut du théâtre.

Chilly commence son concert seul au piano en pantoufles et robe de chambre et captive rapidement les spectateurs du soir en déployant toute sa virtuosité, sans esbroufe, toujours en privilégiant la mélodie.
Le maestro a à son actif plusieurs albums consacrés au piano solo, il a aussi participé à de nombreux projets où il s'est confronté à des univers très différents: Les Daft Punk, Feist..
Il entame d'ailleurs son concert avec un thème de l'album Room 29 " Clara" né d'une collaboration avec le chanteur Jarvis Cooker : Une vrai merveille qui fait référence.
C'est un showman, ce soir il est aussi "Chaud man" comme il le dit lui même. Avec beaucoup de fantaisie il nous fait une petite démonstration de l'histoire de la musique en se baladant entre Bach et Kurt Cobain et fini par une chanson rap très convaincante finalement.
Dans cet exercice il est dans le même ligne qu'un Stephano Bollani : virtuose, fantaisiste et pédagogue.
  
Il est rejoint au cour du concert par une violoncelliste telle une apparition onirique et d'un batteur qui n'auront qu'un rôle limité mais qui permettront au concert de ne pas basculer dans la monotonie.

Le showman mettra le public dans sa poche en les faisant participer au spectacle avec beaucoup d'humour: pour le rythme des claquements de mains; Suivez la pantoufle! 
        
L'artiste aura déployé beaucoup d’énergie pour le grand plaisir du public qui lui a fait un très bel accueil.
    
 JazzMarc

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Chilly Gonzales (piano et voix), Stella Le Page (violoncel), Joe Flory (batterie)

  

Mental Climber : Jazz à Vienne 2019

Le 29 juin 2019 17h00 Scène de Cibelle à Jazz à Vienne.

Le chauffage est toujours à fond dehors, l'espace  Cibelle est tout de même désormais bien plein pour écouter le groupe " Mental Climber" annoncé d'origine d'île de France qui compte cependant dans ses rangs deux locaux de l'étape Étienne Renard à la contrebasse et Paul Berne à la batterie pour constituer une rythmique solide au service des 2 leaders du groupe aux compositions et à la guitare pour Batiste Ferrandis et au saxophone pour Pierre-Marie Lapprand.

Ils nous servent un jazz musclé attiré par le free,  à la recherche constante de sons.
Pour ce faire une forêt de pédales à effets est au pied du guitare et un bosquet devant le saxophoniste: Vive le jazz moderne !

Le groupe dégage un grosse énergie qui flirt avec la pop et le rock.

J'ai retenu particulièrement le dernier morceau "mental" qui commence par un thème entêtant à la guitare électrique qui vire façon rock progressif vers un autre thème pour finir par un superbe solo à la guitare : Rafraichissant !    

JazzMarc

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Baptiste Ferrandis (Guitare), Pierre-Marie Lapprand (sax), Etienne Renard (Contre basse), Paul Berne (Batterie)

Raoul Jazz Clan: Jazz à Vienne 2019

Le 29 juin 2019 16h00 Scène de Cibelle à Jazz à Vienne.

36° annoncés à l'ombre; en ressenti ça donne : laissez moi sortir du four!

Les spectateurs  sont clairsemés au début du set de 16 heures et on les comprends; quelques irréductibles sont là stoïque dont moi.

Et c'est justement au moment ou j'allais virer aquoiboniste, que la bonne surprise se pointe.
Venu du Val de Loire le Raoul Jazz Clan est un trio piano/basse/baterie avec slameur/chanteur.

Un trio précis et percutant qui accompagne des mots scandés et chantés associant poésie et puissance 

C'est le coup de fraicheur qui nous fallait pour commencer la journée au festival : BONNE PIOCHE 
Le jazz est un terrain de jeu ouvert à toutes les créativités, et ce jeune groupe ne se gène pas pour réinventer une musique qui nous est familière et pourtant en constante mutation. 

Les mots tantôt tendres tantôt rageurs percutent nos oreilles et notre cœur :
" Tableaux après tableaux ...je t'aime"
" Momo : ne les laissent pas te prendre pour un chien, tu finirais par tous les mordre"  

Les ambiances varient entre ballades et énergie déjantée; 
un gros coup de cœur en sommes pour ce nouveau clan qu'il faut absolument découvrir, ils ont été finaliste finaliste RéZZo Focal 2019 ce n'est pas un hasard.
 
JaZZmarc

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Romain Noël : piano, clavier Samuel Baudin : basse électrique Ozz Méta : voix, auteur Vincent Negrao : composition, batterie



   

vendredi 28 juin 2019

Un bouquin sur le rock: "Apathy for the devil" de Nick Kent

 Contraint de garder la chambre en raison d'une pneumopathie, je me suis plongé dans le livre "Apathy for the devil" de Nick Kent, ex-critique du New Musical Express et ex-junkie, qui n'a pas son pareil pour croquer le portrait d'artistes célèbres ou rappeler des anecdotes surprenantes.Parmi les perles que j'ai relevées, celles-ci:

-Lou Reed  "Lorsque je l'interviewe pour la première fois à l'automne dans un restaurant de Kensington,je dois me coltiner son regard de poisson mort à la Peter Lorre et ses manières rébarbatives.L'incessant concert de louanges que lui adresse à l'unisson le petit monde du glam londonien ne l'a en rien rendu plus agréable.Il passe l'essentiel de notre entretien à décortiques amèrement les arnaques dont lui, le créateur et le compositeur du Velvet Underground,se dit avoir été victime pendant des années.Parmi les coupables désignés figurent à l'en croire les Beatles, les Stones et Dylan.Son discours n'est que lamentation égotiste, grincheuse et acariâtre."

- Ron Wood "Ron Wood n'est pas la fusée éclairante la plus brillante du feu d'artifice qu'est la vie"

- Bowie (dans une interview à Play Boy en 1977) " Eh oui, je crois très fortement au fascisme.[...] Les rock stars sont des fascistes, elles aussi. Adolf Hitler a été l'une des premières rock stars."

- Led Zep (là encore en 1977) "[Robert Plant] envisage même d'abandonner la musique pour l'enseignement. Il est sûrement aussi très blessé par l'absence ,aux funérailles de son fils, de Page , de Jones et de Grant [ le manager] qui ne viennent même pas lui rendre un dernier hommage."

- Sid Vicious (de son vrai nom Beverley) "Lorsque Beverley crève l'oeil d'une jeune fille lors d'un concert au 100 club cet été-là [1976], peu de médias choisissent d'attirer l'attention sur l'incident.Mac Laren les a littéralement hypnotisés."

 Qu'il est loin le temps des hippies et du "make love,not war" !

                                                          François Jazzbôf




mardi 2 avril 2019

Encore à l'Amphi jazz grâce au polar : Musique de film


Dimanche 31 mars, 14 heures au Quai du polar

Nous n'avons pas fait la queue pour rien. Six musiciens de l'O.N.F, vont nous interpréter des musiques de films policiers.
Du Bernard Herrmann bien sûr (le musicien fétiche d'Alfred Hitchcock ), mais aussi du Michel Legrand, du Moricone, du Rota, du Schifrin.
Avec ceux-ci, on connait tous la mélodie. Le premier violon nous fait pleurer sur "Les moulins de mon coeur" et le sextet ravive nos souvenirs d'enfance quand il reprend l'indicatif de "Mannix" (difficile de faire du jazz avec une majorité d'instruments à cordes, mais quand on a du talent,ce n'est pas une mission impossible ).

  Mais le groupe, dirigé de main de maître par Didier Benetti (qui a arrangé tous les morceaux) reprend des airs plus rarement joués (comme la musique de "Basic Instinct", ou celles de Jason Bourne, étonnante sous cette forme, de Maigret ou de Sherlock Holmes). La clarinettiste dispose de deux instruments, une clarinette courante et une basse, dont elle use toujours à bon escient. Et cette heure de concert s'avère un grand moment de plaisir, salué par des salves d'applaudissements et même un court rappel ( car le temps est limité par un débat sur le "Rural noir" au même endroit à 15h30 ).

  Résultat final:a l'heure qu'il est (19h00) , nous avons toujours dans les oreilles ces musiques de film. Expérience plus que concluante . Diable !
Ce retour à l'Amphi fut vraiment un bonheur ...

                                                             François Jazzbôf
Bertrand Cervera : violon 1
Stephan Henoch : violon 2 
 Ingrid Lormand : alto
Raphael Perraud : violoncelle  
Christelle Pochet : clarinette
Didier Benetti : piano et arrangements

Melanie di Biasio à A Vaulx Jazz : à minima

Le Samedi 30 mars à A Vaulx Jazz.

Soirée de clôture pour le festival A Vaulx Jazz: il va falloir attendre deux ans maintenant pour en parler à nouveau snif snif!
Pour clôturer ce millésime le festival à inviter les extra terrestres suisses de Nik Bartsch Ronin qui nous ont retourné la tête, puis le frisson belge: Mélanie Di Biaso.

J'avais beaucoup aimé son premier album "No deal" et le concert qu'elle en avait donné à l'époque sur la scène des Nuits de Fourvière, J'ai eu plus de mal avec son dernier album  "Lilies" et j'étais curieux de retrouver la diva sombre sur scène.
Elle pose rapidement son ambiance, lumière minimum, musique minimaliste, de mélopées lentes et lugubres, des chuchotements.
Pas de bonjour, pas de sourire ?
Il semble qu'elle ait encore épuré son art, mais avec l'épure de l'épure il ne reste plus grand chose.

Peut être que dans une salle plus petite son univers intimiste et fragile passerait mieux ?  

Je vais faire pour ma part avec cette chronique le service minimum moi aussi, quelques mots, je vais laisser un peu d'espace vide ici et là                          pour faire intelligent.



et basta.
JaZZmarc.

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Michael Connely : Jazz et polar

Samedi 30 mars au Quai du polar

 Grand jour que ce samedi 30 mars 2019 qui nous permet de retrouver deux auteurs majeurs de romans policiers, Michael Connelly et James Sallis, autour d'un jeune groupe de jazz issu du Conservatoire de Lyon (le HH Quartet), composé de Xavière Breillet (chant),Dorian Janin (contrebasse),Milan Ollier (guitare) et l'excellent Elie Goulème (batterie).

Le modérateur, belge (Michel Dufranne ?),  nous prévient que pour des raisons de "pré-guerre civile" dans l'hexagone (comprenez "gilets jaunes"), Connelly devra partir plus tôt pour rejoindre son prochain lieu d'intervention mais que nous pourrons finir dans lui, Sallis étant réputé pour ses écrits sur le jazz.

  Sinon, cette rencontre est conçue comme l'alternance d'un débat littéraire et de morceaux de musique. Première remarque sur l'inextricable proximité et complémentarité d'un genre littéraire ,le polar, et d'un style musical, le jazz. Pourquoi ? Les auteurs expliquent l'analogie de construction d'un polar et d'un air de jazz, avec un thème (musical ou intrigue) dont on s'éloigne pour mieux y revenir par des chemin de traverse et avancer dans l'oeuvre. La précision du texte n'est d'ailleurs nullement l'ennemie de l'improvisation de l'auteur au cours de la rédaction du roman.

  Seconde remarque sur les citations de titres de jazz qu'écoutent les protagonistes du roman. Dans quel but ? Le mot émotion est prononcé, aussi bien celle de l'auteur qui écrit (et se met en condition) que celle du lecteur ainsi sollicité .Alors, demande le modérateur, peut-on utiliser une musique qu'on n'aime pas pour faire jaillir un personnage antipathique ou créer une situation insupportable? Pas vraiment, répond Michael,car si on l'écoute, on en vient à reconnaitre les qualités ,par exemple, d'un morceau de rap, et à en intégrer le texte dans le roman, jusqu'à ce qu'on vous réclame des droits d'auteur exorbitants!
   A quatre reprises, le quartet invité ponctue le débat d'un morceau de jazz. Le premier sera de Kenny Garrett, le second une composition personnelle du jeune combo, le troisième  une œuvre de Christian Mac Bride. Les écrivains prouvent leur respect des musiciens en refusant de rester le dos tourné à l'orchestre. Et Connelly , qui part le premier, ira serrer la main de chacun des musicos dans les coulisses. Sallis, quant à lui, a fait un aparté sur la qualité de la rythmique. Dommage que le modérateur avoue ne pas être jazzophile !Le quatrième morceau achève ce moment musico-littéraire par une reprise de la contrebassiste et chanteuse Esperanza Spalding dans laquelle Xavière, qui a fait beaucoup de scat, chante davantage et Milan produit un solo de guitare plus fourni. Felicitations au HH Quartet qui salue son public sous les applaudissements ( James Sallis n'est pas en reste pour la claque).

                                François Jazzbôf

King Crimson Projekt à A vaulx Jazz

Le jeudi 28 mars à A Vaulx Jazz.

Point de jazz ce soir au festival A Vaulx ...Jazz,
mais un gros kiff nostalgique rock progressif, musique emblématique des années 70/80.

Le King Crimson Projekt porté par 4 conservatoires de musique celui Saint-Priest, Villeurbanne, le Puy en Velay et Vaulx en Velin s'attaque à un répertoire plutôt complexe d'un groupe qui a secoué en son temps le monde rock en l’empêchant de roller en rond.

En effet des pionniers du "Prog" comme Robert Fripp fondateur du groupe King Crimson introduisaient des harmonies complexes et laisser de larges espaces instrumentaux.

Voir cette jeunesse s'emparer ce soir avec aplomb d'une partie de la notre de jeunesse au travers de cette musique si caractéristique est un vrai plaisir vertigineux.
Les équipes enseignantes méritent un grand coup de chapeau pour avoir entrainer et encadrer avec enthousiasme les élèves dans ce projet très ambitieux et peu fou, loin des chemins habituels bien balisés.
4 plateaux se sont succéder avec une organisation enseignants/élèves différentes,
Pour Vaulx en Velin le groupe principal est composé de musiciens expérimentés, des élèves même très jeunes sont invités à intervenir aux violons ou aux percussions.
Au final nous avons eu droit à de très belles versions de "Starless"  et de  "21 St Century Schizoid Man"   
 Pour les autres structures musicales, les groupes sont composés de jeunes musiciens et chanteurs d'une vingtaines d'années reprenant à leur compte avec beaucoup d'originalité le répertoire: des guitares électriques, beaucoup d'énergie et de belles voix sans complexe.
L'ensemble de Villeurbanne clôture le concert avec une grande décontraction et un déploiement d'énergie très démonstratif tout en démontrant une belle maitrise dans la cohésion entre les guitares électriques lourdes et un ensemble de cordes classiques, et une belle créativité

Nous avons entendus des morceaux d'album moins connus comme "discipline" et de bons vieux standards du groupe comme "In the court of the Crimson king" ou "red" 

Ce soir ce n'était pas le cas mais de nombreux projets de reprises du répertoire du King en jazz existent avec de belle réussites pour certains comme celui du Crimson Jazz Trio et son "King Crimson Sound Book" dans les années 2000 à découvrir pour les amateurs.

Sinon King Crimson le vrai passe le 2 juillet aux Nuits de fournières avec une moyenne d'age revue légèrement à la hausse,
pour la version jeunes pousses "Projekt" vous avez encore 2 chances le 8 juin au Puy en Velay ou le 15 à Saint-Priest.

En voilà une musique qui définitivement n'est pas éphémère! NA ! 

JazzProgMarc

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Coordination:
Romain Gayral à la coordination générale et pour le conservatoire de Vaulx en Velin
Alwin Eburdery pour le conservatoire de Saint Priest
Guillaume Fenoy pour l'ENM de Villeurbanne
et Guillaume Fontaine pour Les Ateliers des Arts / CRD du Puy-en-Velay 



   
    

jeudi 14 mars 2019

Nicolas Folmer: So Miles


Un nouvel hommage à Miles Davis, et pas des moindres

C'est un trompettiste qu'on aime à jazz&rock.com: Nicolas Folmer. Sur ce CD il se produit avec à peu près le même groupe que celui qui l'accompagnait à Marciac en 2016, à l'exception du batteur (Damien Shmitt cédant la place à Yoann Serra) et de la variété des saxophonistes (Antoine Favennec ne jouant que sur un titre, Stéphane Guillaume et Rick Margitza officiant sur les autres).
Il y a même du cor (sur quatre titres).


  Notre "trumpet hero" réinterprête à sa manière de la musique jouée par son mentor: un collage de "Blue in green" (Bill Evans) et de "Nefertiti", un "Pinocchio" de Wayne Shorter, un hommage aux arrangements de Gil Evans, une reprise de "Human nature" de Michael Jackson.

Je me rends compte que Nicolas aime les mêmes disques que moi quand il compose un "Miles from the sky" visiblement inspiré du Miles in the sky de ma discothèque. Nicolas imagine aussi ce que Miles aurait fait d'un succès de Daft Punk ("Get Lucky") s'il avait vécu assez longtemps pour les rencontrer. C'est culotté et ça fait du bien entre les deux oreilles.

 Comme toujours, Julien Herné assure à la basse et Laurent Coulondre est de plus en plus créatif aux claviers, tout comme Olivier Louvel aux guitares.
Folmer nous gratifie même d'une reprise du solo de trompette de "So what" dans Kind of blue. Sa musique est résolument branchée sur le temps présent et l'on reconnait entre mille le son de trompette qu'il a mis au point dans ses opus précédents (plus funky).

  J'avais aimé l'hommage à Chet Baker rendu par Eric Le Lann. Je m'incline devant celui rendu à Miles par Nicolas Folmer. Et pour clore cette revue de styles, je me repasse Lee Morgan interprétant "the sidewinder" et Clifford Brown jouant "Daahoud ".

                                                   François Jazzbôf

mardi 12 mars 2019

Kenny Garrett à l'Espace Novarina, Thonon-les-bains, 9 mars 2019


Le  9 mars 2019 à Thonon-les-bains,

Oserai-je l'écrire ? Je suis déçu par ce concert.

Pourtant Kenny Garrett est un champion du saxophone alto dont il a joué aux côtés de Miles Davis de 1987 à 1991.

Il met en place un groove d'enfer en quintet
(avec Vernell Brown : piano, Corcoran Holt : contrebasse, Samuel Laviso : batterie ,Rudy Bird : percussions), case un solo explosif et termine un morceau en fading avec une précision redoutable.

Il a plein d'idées, manipule les airs latinos ou africains avec brio, mélange les influences et les rythmes, chante au besoin.


 Alors , d'où vient cette insatisfaction ? Peut-être de l'absence de contact avec le public (à part un "good evening" et l'énonciation du nom de ses musiciens).

Kenny joue souvent de profil ou de dos, ne donne aucun titre de chanson, aucune référence discographique, aucun commentaire sur les sources de son inspiration.
 Les applaudissements du public sont polis,convenus. On s'ennuie un peu.

 Et puis ... Dans les trois derniers titres, il invite les gens à se lever, à danser sur des mélodies mémorisables (enfin), apostrophe l'assemblée gagnée par une transe soudaine.
Pourquoi si tard ?

                                              François Jazzbôf

dimanche 3 février 2019

"Green Book" de Peter Farelli


Deux petites pépites qui m’ont réchauffé le corps et l’âme en plein cœur de l’hiver. 2/2

Un film « Green Book » de Peter Farelli, un Road Movie dans les États conservateurs du Sud des US, dans les années 60 à Memphis on y croise peut-être Li Gran Zombi jouant de la Gibson La Moderne au fond d’un bouge.


Je ne me souviens plus très bien. Mais Tony La Tchache alias Viggo Mortensen (Énorme ! et c’est le cas de le dire) parvient à nous faire croire qu’il est rital (c’est déjà une performance, j’ai pensé à De Niro...) un peu rustre, il est aussi chauffeur de Don Shirley (Mahershala Ali) un pianiste élégant, intello et raffiné, trop noir pour jouer du Chopin.

Don Shirley est un musicien qui a existé, tout est vrai dans ce film, enfin presque. Tony l’accompagne le temps d’une tournée.

 Mais qui est le plus noir des deux ?



Green Book est un guide touristique écrit par Monsieur Green indiquant les lieux où les gens de couleurs sont admis. C’est intelligent, fin et drôle. Les routes du Sud, les visages du Sud, une bande son de Debussy à Little Richard...Un petit peu de chaleur au cœur de l’hiver. Enfin presque.




JC JazzBÔf




"Vintage" de Grégoire Hervier

Deux petites pépites qui m’ont réchauffé le corps et l’âme en plein cœur de l’hiver. 1/2

Un polar (le Quai approche...) : « Vintage » de Grégoire Hervier, un Road Trip Rockn’roll qui nous emmène de Paris à Memphis en passant par l’Ecosse. Un jeune musicien, vendeur de guitares à temps perdu, s’en va livrer une guitare à un riche  collectionneur vivant dans un manoir au bord du Lock Ness. Est-ce Jimmy Page qui va ouvrir la porte ? Je ne dirais rien, mais en tous cas on lui a volé sa Gibson, un exemplaire mythique La Moderne. Une guitare conçue pour enrayer l’ascension de Fender. Hendrix en aurait joué. Un seul guitariste la possèderait à ce jour, Billy Gibbons (ZZ Top). Mais existe-t-elle vraiment ?

Notre jeune musicien missionné par ce collectionneur  part à la recherche d’une preuve et d’un (vrai) guitariste, Li Gran Zombi, qui pourrait être un Johnny Winter. Tout est vrai dans ce polar, enfin presque... On apprend plein de choses sur la naissance du Rock’n roll, la musique de Satan, l’anagramme de « song to rest in Hell » n’est-elle pas le nom d’un grand groupe de rock (le plus grand ?)  Allez, on cherche. Facile.

 Ça m’a donné envie de revoir Blow Up et de réécouter Whole lotta Love pour verifier si Jimmy utilise bien  le thérémine sur le pont du morceau. Et je l’ai fait. Tout est vrai vous dis-je, enfin presque.


JC JazzBÔf
 

mardi 29 janvier 2019

Brad Mehldau ou presque au Hot club de lyon avec Mark Priore

 Le mercredi 23 janvier au Hot Club de Lyon

C'est à l'initiative de Zaza Desiderio que ce concert hommage à Brad Mehldau s'est monté.
Le batteur bien connu de la scène jazz régionale, toujours à la recherche de nouvelles confrontations musicales s'est entouré cette fois de deux jeunes musiciens maintenant parisiens avec comme début de projet leur amour commun pour la musique du prestigieux pianiste américain: Brad Melhdau.

C'est sur Mark Priore que porte la lourde tache d'être comparer à son illustrissime idole au piano.
L'idée du concert est de faire un mixte de musiques jouées par Brad Meldhau et de compositions personnelles proches de l'univers de Brad Melhdau.

Après une entame de concert sur une composition de Mark en mode swing qui a bien dégourdi nos 3 compères et déjà posé le niveau de l'ambition du soir, nous voilà parti sur une composition emblématique de Melhdau "Unrequited".
Le thème principale est bien là, l'esprit du compositeur initial aussi mais après,..après nous sommes dans le jazz Monsieur;  soit en totale liberté. Aussi selon l'ambiance du soir, la température du moment voir le taux d'hygrométrie, et surtout l'inspiration alimentée par quelques pensées fuguasses le "pianiste Héro" nous offrira son œuvre: Ce soir la température et l'ambiance étaient parfaites et les pensées de l'artiste devaient être forts belles.
Ce n'était pas Melhdau ce soir, il ne nous a pas manqué, car nous avons été bluffés par ces jeunes pousses nullement impressionnés, eux, ni par la star américaine ni par la scène du Hot  qui en a vu et entendu d'autre du haut de ses 70 ans.
Mark Priore s'est formé dans la région au contact de  Alfio Origlio et Mario Stantchev puis a intégré depuis le Conservatoire National Supérieur de Paris et commence à se produire sur quelques grandes scènes. On va le revoir le garçon et j'espère un peu à Lyon quand même.

Selon le théorème de Melhdau qui a théorisé jusqu'à plus soif sur l'art du trio,
"la qualité du jeu du pianiste dans un trio est directement liée à celle de ses 2 acolytes" :-)
 Alors ce soir Mark Priore est parfaitement stimulé, car ses partenaires nous impressionnent tout autant.
 Sur un morceau de Radiohead "Knives out" que Melhdau reprend sur son album "Day is done"  Zaza prend la main le voilà parti pour nous donner, à grande vitesse, sa propre vision du morceau à côté de celle, qui semble tout autre, des deux autres musiciens. Alors c'est un pur chaos magnifique qui s'installe dans lequel nous nous serions bien délectés plus longtemps.
Benoît Quentin à la contre-basse n'est pas en reste, tant dans l'ossature de certains morceaux que dans les soli qu'il délivre avec un son limpide. 
Une reprise de Chico Buerque avec "que sera" une autres des Beatles  avec "black bird" d'ailleurs ce sont  plutôt des reprises de reprises qui nous sont servis. Quoi qu'il en soit nous sommes refaits. 
Le deuxième set sera plus consacré à des compositions personnelles de Mark Priore dans le même esprit et avec beaucoup d'originalité.

Grande soirée donc proposée par le Hot, en mettant à l'affiche ceux qui transforment le jazz aujourd'hui.
Jazz will never die ...like this!

JazzMarc

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Mark Priore: Piano / Benoît Quentin: Contre-basse / Zaza Desidario 

lundi 21 janvier 2019

Fabrice Tarel Trio au Periscope

Photo: Jean-Pierre Jacquot
Le vendredi 18 janvier au Periscope.

Retour aux sources.
Retour vers une belle scène de Lyon au cœur du quartier de Perrache désormais totalement rénové. Je découvre à cette occasion une magnifique fresque monochrome en face de l'entrée du Periscope; tout un mur évoquant les fonds marins et la musique; c'est bien vu pour évoquer la mission d'un périscope scrutant avec passion les musiques vivantes. Cette fresque a été inaugurée en novembre 2018, elle a été réalisée par Krea avec la participation des enfants du quartier. Chapeau !  (Voir une vidéo sur ce projet)
Photo: Jean-Pierre Jacquot

Retour aussi pour l'occasion à la formation reine du jazz, aux bons vieux fondamentaux d'un trio Piano/contre-basse/ batterie des familles. Ce soir c'est celui de Fabrice Tarel qui présente son quatrième album sorti récemment "The Journey".
C'est d'abord le pianiste compositeur qui prend toute la lumière, Fabrice Tarel a créé ce trio en 2006 en Angleterre. Ses compositions sont très élaborées, au sein d'un même morceau le musicien sautille d'une phrase mélodique à une autre, nous entrainant ça et là dans des cheminements alternatifs improvisés.
Mais dès qu'ils ont un peu d'espace les deux autres protagonistes à la rythmique ne se contentent pas de faire de la figuration. Charles Clayette à la batterie, et Yann Phayphet à la contre-basse se révèlent être deux grosses pointures très enthousiasmants à chacune de leurs interventions en solo.          
Des titres du soir je retiendrais particulièrement "Last day" un morceau énervé aux sonorités très rock, et "True love" le dernier de l'album qui décline un thème entêtant illustrant parfaitement la maturité et la cohésion du groupe.

Un concert propice au lâché prise,
une musique accélératrice de rêves
un raccourci vers le bonheur, vers toi peut être? ...  

JazzMarc

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Fabrice Tarel : piano et compositions Yann Phayphet : contrebasse Charles Clayette : batterie    

jeudi 17 janvier 2019

Le mardi 15 Janvier au Hard Métal

Le dernier passage de Shakin'Street à Lyon se fit en première partie d'Eddie & the hot rods à la salle Rameau il y a presque 42 ans jour pour jour, le 17 janvier 1977.

Son retour au Rock'n Eat, salle de hard-metal de Vaise, qui n'existait pas à l'époque, est donc un événement. La moyenne d'âge du public tourne autour de la soixantaine et l'on imagine tel catogan moins blanc ou tel ventre à bière moins proéminent qu'aujourd'hui à la fin des seventies.
En première partie, un groupe local (des environs de Bourg-en-Bresse), Salhem, chauffe l'assemblée : le bassiste a un look d'enfer et le chanteur une voix à la J.J.Goldman sur des intonations à la Bernie.

 Après ce premier set et la rotation du matos arrive le groupe vedette : celui que l'on repère le plus vite est Ross the boss, ex-guitariste solo des Dictators (remember boys !), qui a pris lui aussi quelques kilos. A tel point qu'il me cache Fabienne Shine, la chanteuse mythique du groupe dont la carrière a croisé les chemins de Jimmy Page et de Buck Dharma.
Car elle, elle est restée mince et (en tout cas de loin) juvénile. Le concert commence par le grand succès du groupe, "Solid as a rock".
Coup de baguette magique: je n'ai plus soixante-trois ans mais vingt-deux , je ne suis plus à Vaise mais aux Terreaux et en sortant,on ira boire une bière aux Negos.
Le second titre est du même calibre, "No compromise", refrain que reprend le public averti de cette soirée exceptionnelle.Tout baigne! Et puis ... au troisième morceau se manifeste une nuisance sonore, une sorte de résonance qui parasite la musique. Elle va s'en aller, puis revenir et gâcher une partie de notre plaisir.
Mais Shakin'Street continue à nous secouer, le batteur se plaignant que ses futs sont mal fixés tant il les malmène.
Le répertoire est celui du dernier disque de Fabienne et celui des classiques du groupe. Ainsi nous aurons droit à un excellent "Soul dealer", à "Every man, every woman is a star" et bien sûr à "Vampire rock".
  En rappel, les cinq musicos (j'ai oublié de vous parler du hiératique guitariste rythmique et du bassiste viking) n'hésitent pas à reprendre "I wanna be your dog" pour lequel Fabienne fait remarquer qu'elle porte le collier approprié, même si c'est à son chat qu'elle l'a pris.

Une fois descendus de scène ,les membres de Shakin'Street se mèlent volontiers à la foule de leurs admirateurs. Ainsi j'ai pu échanger quelques mots avec Ross the boss plein d'humilité qui nous dit découvrir qu'il est une star . Fabienne nous ayant avoué qu'ils n'en étaient qu'à leur 4e date,nul doute que cette popularité ne fera qu'augmenter tout au long de la tournée.
En tout cas, merci au Rock'n Eat pour cette programmation et longue vie au hard rock des seventies !

                                                        François Hardbôf